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Histoire et étymologieModifier

Le terme scientifique gyrus vient du latin gyrus « cercle », venant lui-même du grec γυ̃ρος « cercle ». Le pluriel du terme latin est gyri mais la forme plurielle en gyrus en français est très courante et légitime dans la mesure où le terme n'est plus considéré comme du latin scientifique mais est inclus dans le lexique français.

À la Renaissance, les plissements du cerveau étaient comparés à un enchevêtrement de macaronis, et ce n'est qu'au XIXe siècle que les anatomistes commencèrent à reconnaître à la surface du cortex les figures constantes formées par les lobes et les circonvolutions. L'anatomiste Louis Pierre Gratiolet (1815-1865) fut un des premiers à les décrire et les nommer. Sa nomenclature est encore utilisée actuellement.

L'avènement de l'imagerie cérébrale à la fin du XXe a permis à la neuroanatomie descriptive de devenir la langue commune des neurosciences cognitives (Houdé et als[1], 2002).

La délimitation des circonvolutions par les sillonsModifier

Une caractéristique évolutive majeure des mammifères est le développement extraordinaire du cortex cérébral. Le cortex le plus récent sur le plan de l'évolution (ou néocortex) n'est qu'à l'état d'ébauche chez les reptiles et n'est encore qu'une couche lisse et mince chez les oiseaux. Le cortex des mammifères rongeurs (rats, souris) est encore lisse mais l'augmentation notable de sa surface à l'intérieur de la boîte crânienne l'oblige à former des plis chez les carnivores (chiens, chats). Avec l'espèce humaine, le cortex préfrontal connaît un développement relatif remarquable. La surface totale du cortex humain atteint alors environ 2 200 cm2 alors qu'elle n'est que de 490 cm2 chez le chimpanzé.

La topologie fine des dépressions du cortex humain est très variable d'un individu à l'autre mais il est possible d'identifier des figures constantes se retrouvant chez tous les sujets[2], capables de caractériser les sillons cérébraux. Ce sont ces sillons constants qui serviront à définir une parcellisation des hémisphères en lobes et en gyri.

C'est donc en partant de la définition des principaux sillons qu'on peut délimiter les circonvolutions ou gyri (voir l'article sillons). La présentation ci-dessous est inspirée de Houdé et als[1].

 
(fig. 1) Gyrus de la face externe
 
(fig. 2) Gyrus de la face inféro-interne
 
(fig. 3) Gyrus de la face inférieure (dessin d'après une pièce anatomique)
 
(fig. 4) Gyrus de la face supérieure
 
(fig.5) Coupe coronale au niveau de la tête de l'hippocampe
(dessin d'après une pièce anatomique de D. Hasboun)
 
(fig. 6) Face supérieure du gyrus temporal supérieur
après résection d'une partie des lobes frontal et pariétal
 
(fig. 7) Coupe sagittale

Gyrus du lobe frontalModifier

Le lobe frontal est divisé en cinq gyri principaux, un vertical, le long du sillon de Rolando, trois longitudinaux et antéro-postérieurs et un sur la face inférieure :

Gyrus du lobe pariétalModifier

Le lobe pariétal est divisé en quatre parties, un gyrus vertical, deux lobules longitudinaux, sur la face externe de l'hémisphère et un gyrus sur la face interne, de faible étendue :

Gyrus du lobe occipitalModifier

Le lobe occipital a la forme d'une pyramide triangulaire dont un sommet est dirigé vers l'arrière, centré sur le pôle occipital. Il est divisé en six parties :

Gyrus du lobe temporalModifier

Le lobe temporal présente deux faces, l'une externe divisée en trois gyrus, une autre inférieure :

Le gyrus temporal supérieur T1 présente une face non visible latéralement et qui s'enfonce profondément jusqu'à l'insula dans le sillon latéral. Elle est subdivisée en trois régions (fig. 5 et 6) :

  • le planum polare, en avant.
  • le gyrus de Heschl ou gyrus temporaux transverses antérieur et postérieur, zone du cortex auditif primaire.
  • le planum temporale PT, plus en arrière.

Gyrus du lobe limbiqueModifier

Le lobe limbique traite les informations émotionnelles et végétatives. Il est divisé dans les régions suivantes :

Gyrus du lobe de l'insulaModifier

L'insula est la partie du cortex située dans la profondeur de la scissure latérale et entièrement recouverte par les lobes frontal, pariétal et temporal. La partie antérieure du lobe de l'insula joue un rôle dans la production du langage et sa partie postérieure contient des aires somatosensorielles secondaires intégrant des informations en provenance de différentes modalités.

Le sillon central de l'insula sépare les cinq gyrus de l'insula en deux gyrus antérieurs et trois postérieurs.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Olivier Houdé, Bernard Mazoyer, Nathalie Tzourio-Mazoyet, Cerveau et psychologie Introduction à l'imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle, puf,
  2. Ono, Kubick, Abernathey, Atlas of the Cerebral Sulci, Thieme Medical Publishers, Stuttgart,

SourcesModifier

  • Olivier Houdé, Bernard Mazoyer, Nathalie Tzourio-Mazoyet, Cerveau et psychologie Introduction à l'imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle, puf,
  • Vincent Di Marino, Yves Etienne, Maurice Niddam, Atlas photographique en couleur du système nerveux central, Spinger, , 286 p.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier