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Château-musée de Boulogne-sur-Mer

château fort français
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le musée. Pour le monument, voir Château de Boulogne-sur-Mer.
Château-musée de Boulogne-sur-Mer
Boulogne chateau cote.jpg
Le château vu de côté
Informations générales
Type
Site web
Collections
Collections
Céramiques grecques, art inuit et océanien, antiquités égyptiennes et romaines, art médiévial et de la Renaissance
Bâtiment
Article dédié
Protection
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Rue de Bernet
62200 Boulogne-sur-Mer
Coordonnées

Le château-musée de Boulogne-sur-Mer est un musée municipal d'art et d'archéologie, situé à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.

Le musée, fondé en 1825, présente des collections archéologiques variées, constituant le premier ensemble de France (hors Paris) pour les céramiques grecques, et un ensemble d'art inuit parmi les plus importants au monde.

SituationModifier

 
Le château et ses douves

Le musée est installé depuis 1988 dans le château comtal de Boulogne-sur-Mer, devenu propriété de la ville depuis cette même année, située dans sa vieille-ville. Cet ancien château comtal est intégré aux remparts du XIIIe siècle superposés aux enceintes de l'ancien camp romain, datant de la Classis Britannica.

Présentation généraleModifier

Le musée comprend quatre départements[1] : archéologie méditerranéenne, ethnographie extra-européenne, des beaux-arts et des arts décoratifs, histoire locale.

Le département d'archéologie méditerranéenne[2] présente la collection égyptienne avec ses sarcophages et sa momie qui avait inspiré à Auguste Mariette sa vocation d'égyptologue. Il regroupe également la collection de céramiques grecques constituée de près de 450 pièces de qualité comme le « Suicide d'Ajax » attribué à Exékias.

Le département d'ethnographie extra-européenne[3] qui rassemble une collection d'objets provenant de diverses régions du monde.

Le département des beaux-arts et des arts décoratifs[4] propose des peintures italiennes et flamandes des XVe au XVIIe siècle, une collection de peintures et sculptures françaises du XIXe siècle, regroupant entre autres Courbet, Corot, Boudin, Sisley, Rodin, Carpeaux ou encore Gallé, ainsi qu'un ensemble d'œuvres d'artistes de la Côte d'Opale du XIXe siècle. Le parcours se termine par un ensemble de tableaux donné par l'artiste abstrait d'origine boulonnaise, Georges Mathieu.

Le département d'histoire locale[5] présente le patrimoine et l'histoire de la Bononia antique et ses richesses gallo-romaines, la ville médiévale, jusqu'au camp de Boulogne.

Collections permanentesModifier

Département d'archéologie méditerranéenneModifier

Égypte ancienneModifier

 
Momie d'homme, Thèbes, XXIe-XXVIe dynastie. Achat 1837.

L'origine du fond égyptien coïncide avec la création du musée en 1825. Peu importante en nombre, cette collection comprend pourtant des objets d'un grand intérêt[non neutre].

Le Boulonnais Auguste Mariette fut un pionnier de l'égyptologie moderne, et il n'eut de cesse de poursuivre l'œuvre de Champollion. Outre de nombreuses découvertes prestigieuses, on lui doit une grande partie des collections du Musée du Louvre, ainsi que la fondation du Musée du Caire en Égypte et la mise en place d'une législation pour la protection du patrimoine égyptien. Mariette n'oublie cependant pas sa ville natale et a fait don d'environ 150 objets au musée municipal.

En octobre 2018, le musée prête le cercueil en bois de Néhemsimontou au musée de Grenoble dans le cadre de l'exposition Servir les dieux d'Égypte, permettant ainsi de le présenter côte à côte avec le cartonnage en toile de lin du même Néhemsimontou conservé par le musée de Grenoble[6].

Grèce antiqueModifier

 
Suicide d'Ajax, vase à figures noires attribué à Exékias, Athènes, vers -530.

L'importante collection de céramiques grecques et italiques est issue du rachat, en 1861, de la collection privée de Charles-Louis-Fleury Panckoucke (1780-1844), qui ne comportait pas moins de 476 pièces, et de divers legs comprenant notamment des œuvres chypriotes et corinthiennes. C'est la deuxième plus grande collection de France de vases grecs en nombre et qualité après le Louvre[7]. Parmi les pièces que compte cette collection, on trouve une œuvre du grand peintre du VIe siècle av. J.-C. Exékias représentant le Suicide d'Ajax.

Département des beaux-artsModifier

Peinture, sculptureModifier

La collection de beaux-arts, legs de Charles Lebeau (1842-1916) en 1916, comprend des tableaux de Maarten de Vos (Le Martyre de Saint Sébastien), Adriaen Brouwer, Pieter Lastman (Laban cherchant ses idoles, 1622), François Boucher (Vue fantastique de Tivoli), Giovanni Paolo Pannini (deux pendants : Ruines avec personnages), Pierre-Narcisse Guérin (Portrait de petite fille), Louis-Léopold Boilly, Camille Corot (six toiles), Théodore Rousseau, Eugène Boudin (neuf toiles), Gustave Courbet (Marée montante), Alfred Sisley (Le Pont de Moret-sur-Loing), Henri Fantin-Latour, Eugène Carrière, Henri Le Sidaner, Charles Camoin ou Maurice de Vlaminck, Francis Tattegrain (La femme aux épaves), et des sculptures d'Antonio Canova, Jean-Baptiste Carpeaux, Auguste Rodin (deux petits bronzes), François Pompon et Jules Dalou.

Département d'histoire localeModifier

 
Carreau de pavement orné d'un homme genou à terre, provenant des fouilles de la cathédrale de Thérouanne. Don de Camille Enlart, 1926.
 
Tête de Vierge, provenant de l'ancienne cathédrale Notre-Dame de Cambrai. Pierre polychrome, XIVe siècle. Don de Camille Enlart, 1926.

Antiquité romaineModifier

La collection d'antiquités romaines témoigne de l'histoire locale. On peut voir les souterrains gallo-romains et les vestiges des fortifications du castrum[8].

Moyen Âge et RenaissanceModifier

Camille Enlart a fait don au musée de plus de 1 000 pièces de sa collection personnelle d’objets du Moyen Âge et de la Renaissance.

Département d'ethnographie extra-européenneModifier

Les collections d'arts premiers océanien et inuit proviennent de diverses donations à partir de celle du chevalier de Barde[9].

Arts d'OcéanieModifier

L’ordonnance royale du 16 octobre 1825 a autorisé l'achat de l'ensemble du cabinet de curiosités du chevalier Alexandre Isidore Leroy de Barde (1777-1828) qui a constitué le noyau du Muséum de Boulogne-sur-Mer. Le Muséum a été créé par la Société d'Agriculture, de Commerce et des Arts. Il est ouvert le 4 novembre 1825 dans les anciens bâtiments du séminaire. La collection de Barde était constituée essentiellement d'objets provenant des Mers du Sud. Elle a été le noyau de la collection océanienne. Les 2 640 objets de la collection de Bard se répartissait entre 2 192 spécimens d'histoire naturelle, 80 vases et objets d'antiquité et 288 « curiosités des sauvages tels qu'instruments de musique, armes, habillement, ustensiles, étoffes ». La famille du chevalier de Barde s'était réfugiée à Londres à partir de 1792. C'est là qu'il a pu voir différentes collections de curiosités et acquérir les pièces de sa collection. Sur les 264 numéros de ses curiosités, 62 proviennent des Mers du Sud : Îles de la Société avec Tahiti, Nouvelle-Guinée, îles Marquises, îles Australes, Nouvelle-Calédonie.

La collection océanienne a été enrichie par des donateurs anglais venant en villégiature à Boulogne. W. P. Newenham propose de vendre au Muséum en 1831 des objets rapportés par le capitaine Cook. William Hamilton (? — 1818) ambassadeur à la Cour de Naples et consul de Grande-Bretagne à Boulogne-sur-Mer de 1828 à 1873, a donné des objets océaniens[10].

En 1841, l'amiral de Rosamel a donné une trentaine d'objets océaniens au musée. Les relations de l'amiral lui ont permis de faire parvenir au Muséum des objets qui ont été ramenés des voyages de circumnavigation faits par des navires français alors qu'il était ministre de la Marine et des Colonies :

Les interventions de l'amiral de Rosamel ont permis de constituer au Muséum de Boulogne une collection particulièrement riche d'objets océaniens.

En 1873, Ernest Hamy est nommé à la chaire d'anthropologie. Il va donner des objets océaniens au Muséum de Boulogne. Il va organiser des échanges qui vont permettre de faire entrer de nouveaux objets au musée. Nommé en 1880 au futur Musée d'ethnographie du Trocadéro, il va faire des dons au musée entre 1880 et 1895 et va le mettre en contact avec des participants aux missions scientifiques de l'Instruction Publique, en particulier Alphonse Pinart et Maurice Maindron.

Arts de l'AlaskaModifier

Originaire de Marquise, Alphonse Pinart est issu d'une famille d'industriels. Il a dix-neuf ans lorsqu'il part pour « l'Amérique russe » au printemps 1871, en quête des preuves linguistiques du peuplement du Nouveau Monde.

Après un long périple le long des côtes de l’Alaska en kayak qui le mène jusqu’au détroit de Béring, le jeune français s’installe six mois à Kodiak, parmi les Sugpiat, et à Afognak, principal village de l’île voisine. Il s’intéresse à la langue, mais aussi à tous les aspects de la culture. Il interroge les habitants sur leurs mythes, leurs rites. Les relations qu’il noue avec ses hôtes lui permettent d’obtenir des informations sur les festivals d’hiver pour lesquels étaient fabriqués les masques qu’il collecte au moment où les Sugpiat abandonnent cette tradition.

En effet Alphonse Pinart arrive à Kodiak à un moment clé : les colons Russes se retirent peu à peu et les Américains, qui leur ont acheté l'Alaska cinq ans plus tôt, ne sont pas encore totalement implantés. En 1871, il devait donc être plus facile d'observer les coutumes sugpiat et de collecter des masques et objets. À son retour en France, en 1875, il dépose l'ensemble au musée de Boulogne-sur-Mer.

Les festivals d'hiver étaient des cérémonies de chasse qui avaient pour fonction d’assurer la prospérité et l’abondance du gibier pour la saison de chasse suivante. Ils débutaient en novembre, après la saison de la pêche au saumon et duraient tout l’hiver jusqu’à épuisement des réserves de nourriture. Ces cérémonies qui pouvaient regrouper des invités de plusieurs villages permettaient d’entrer en contact avec le monde des esprits, de les honorer et de commémorer les actions des ancêtres. Les danses masquées se succédaient au son des tambours, accompagnées de récits, de chants et de chorégraphies. A la fin des cérémonies, les masques étaient brûlés, cassés, jetés, ou bien conservés dans des grottes éloignées pour préserver les gens de leurs forts pouvoirs.

Aujourd'hui, le partenariat qui lie l’Alutiiq Museum de Kodiak et le Musée de Boulogne-sur-Mer s’impose donc. Il a pour objectif de développer les recherches et les échanges d'objets entre les deux musées par l’organisation d’expositions, d’échanges scientifiques et de voyages d’artistes. Depuis la mise en place du partenariat entre Boulogne et Kodiak, la création contemporaine sugpiaq tend à se diversifier.

La certitude d'avoir accès aux objets de leur passé, a libéré les artistes qui peuvent faire évoluer leurs créations pour que leur culture soit une culture vivante ancrée dans le présent.

Comme bien peu de masques subsistent aujourd'hui en Alaska, ceux de Boulogne sont primordiaux pour la connaissance de la culture Sugpiaq passée.

Expositions temporairesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Musée de Boulogne-sur-Mer : Quatre grands départements
  2. Musée de Boulogne-sur-Mer : Archéologie méditerranéenne
  3. Musée de Boulogne-sur-Mer : Ethnographie extra-européenne
  4. Musée de Boulogne-sur-Mer : Beaux arts Arts décoratifs
  5. Musée de Boulogne-sur-mer : Histoire locale
  6. « Le plus puissant temple d'Égypte antique exposé à Grenoble », sur www.la-croix.com, (consulté le 2 janvier 2019)
  7. La Voix du Nord, Au Château-musée de Boulogne, il était une fois..., 13 mars 2016, page 39
  8. Musée de Boulogne-sur-Mer : Souterrains gallo-romains
  9. Roger Boulay, Les collections océaniennes du musée de Boulogne-sur-Mer, p. 29-34, Journal de la Société des océanistes, année 1990, no 90 (lire en ligne)
  10. Roger Boulay, « Les collections océaniennes du musée de Boulogne-sur-Mer », Journal de la Société des océanistes, vol. 90, no 90,‎ , p. 29-34 (DOI 10.3406/jso.1990.2864, lire en ligne)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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