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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guerre punique (homonymie).
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Guerres puniques
Description de l'image Domain changes during the Punic Wars.gif.
Informations générales
Date 264 av. J.-C. à 146 av. J.-C.
Lieu Italie, Sicile, Hispanie, Gaule cisalpine, Gaule transalpine, Afrique, Grèce
Issue Victoire romaine décisive
Belligérants
République romaineCarthage

Paysage de la première guerre punique : depuis la colline d'Eryx, vue sur Trapani moderne, où l'ancienne Drépane s'avance dans la mer, et les îles Égates site de la bataille où se termine le conflit
Buste représentant Hannibal Barca selon Mommsen, chef de guerre carthaginois de la deuxième guerre punique, exposé au musée archéologique national de Naples et temporairement au musée national du Bardo en 2016
Attaque finale sur Carthage, avec le temple d'Eshmoun, vue d'artiste de 1885
Scipion Emilien et Polybe devant les ruines de Carthage, par Jacobus Buys

Les trois guerres puniques ou guerres romano-carthaginoises opposent durant plus d’un siècle la Rome antique et la civilisation carthaginoise ou civilisation punique et les Numides. Les Carthaginois sont appelés Carthaginienses ou Pœni en latin, déformation du nom des Phéniciens dont sont issus les Carthaginois, d’où le mot français « punique ».

La cause initiale des guerres puniques est le heurt des deux empires en Sicile, qui est en partie contrôlée par les Carthaginois après le cycle des trois guerres siciliennes qui mettent aux prises la cité d'Elissa et ses alliés et les cités siciliennes aux Ve siècle av. J.-C. et IVe siècle av. J.-C.. Au début de la première guerre punique, Carthage forme un vaste empire maritime et domine la mer Méditerranée, alors que Rome a conquis l'Italie péninsulaire.

La première guerre punique, d'une durée de 23 ans (entre 264 et 241 av. J.-C.), voit les opérations essentiellement maritimes aboutirent à l'amputation d'une bonne part des éléments de la thalassocratie phénico-punique. La guerre entraîne la transformation de la Rome républicaine en une puissance maritime. Carthage est mise à genoux par une paix très dure au plan financier et des pertes territoriales importantes.

Carthage se relève et étend son influence en Hispanie. La deuxième guerre punique, à l'initiative de la cité punique, dure de 218 à 202 av. J.-C. et est surtout marquée par des batailles terrestres et l'affrontement du carthaginois Hannibal Barca et du romain Scipion l'Africain. Après 15 ans de combats menés essentiellement en Italie, dont certains ont pu faire penser à une défaite romaine imminente, la guerre se porte en Afrique et mène à la capitulation de Carthage après la bataille de Zama. La paix qui suit est très dure encore financièrement et par une perte territoriale importante le territoire de Carthage se trouvant limité à l'Afrique.

Avec le relèvement de la cité punique dans la première moitié du IIe siècle Rome désire mettre fin à la menace qu'elle constitue selon elle. Par traîtrise elle désarme la cité puis lui déclare la guerre, conflit qui même très déséquilibré dure trois ans.

À la fin de la troisième guerre punique, après plus de cent ans de conflit et la mort de centaines de milliers de soldats et de civils des deux côtés, Rome parvint au prix de durs combats à conquérir les territoires carthaginois et à détruire Carthage, devenant ainsi la plus grande puissance de la Méditerranée occidentale. Simultanément, après les guerres de Macédoine et la défaite de la monarchie des Séleucides, Rome étend aussi sa domination vers la Méditerranée orientale.

Sommaire

Historiographie des guerres puniques, point sur la questionModifier

Les sources antiques qui évoquent les conflits entre Carthage et Rome n'émanent que d'un seul des deux protagonistes et sont donc partiales. Les sources favorables au vaincu existaient et sont connues par quelques fragments[1]. Les récits antiques mettent en avant la mauvaise foi punique, metus punica[2].

Les sources antiques ont également été en grande partie perdues. L'histoire naît à Rome de la première guerre punique[1].

Les sources modernes se sont surtout concentrées sur le deuxième conflit, du fait de la personnalité des principaux protagonistes et de l'incertitude sur l'issue.

Sources antiquesModifier

Pour les trois guerres, les sources antiques nous permettent de connaître différents aspects des conflits : les forces et les faiblesses de chaque belligérant, l'organisation militaire des Carthaginois et des Romains, les enjeux politiques et les négociations diplomatiques[3].

Les sources puniques existaient : existaient des annales à Carthage, ainsi qu'une longue tradition de conservation d'archives[4].

Première guerre puniqueModifier

Pour le premier conflit, Polybe fait un récit très détaillé[3] dans ses Histoires[5], un grec envoyé comme otage à Rome après la bataille de Pydna[6], et également Diodore de Sicile[7].

Polybe aurait développé la responsabilité de Carthage dans les deux premières guerres pour masquer celle de Rome dans la dernière, aveuglé par son admiration pour Rome et ses institutions[8].

Un débat existe entre Polybe et Philinos d'Agrigente qui évoque la violation d'un traité par Rome[9]. Il est fort probable que Polybe ait puisé des informations dans les œuvres de Fabius Pictor Tite-Live et Dion Cassius sont aussi des sources de connaissance et ont utilisé Philinos d'Agrigente[10].

Deuxième guerre puniqueModifier

Tite-Live offre un récit très détaillé[3] du second conflit[11] et le début du conflit est présent dans ce qui subsiste du récit de Polybe. Il a utilisé les annalistes romains[7]. Les sources favorables à Carthage, Sosylos de Lacédémone et Silénos de Calé-Acté sont perdues[7]. Les causes du conflit sont très discutées dès l'antiquité[12].

Appien, qui rapporte les faits concernant la guerre en Ibérie en grec ancien dès le IIe siècle av. J.-C. dans le Livre Ibérique, résume les grands évènements mais en commettant quelques erreurs[13]. Son récit s'appuie sur les témoignages d'acteurs du conflit, mais uniquement romains[13]. Son travail ne comporte que les événements importants et les données datées sont en majorité disparues[13].

Troisième guerre puniqueModifier

Pour le dernier conflit la source essentielle est Appien[14], auteur d'une Histoire romaine en 24 livres composée dans la seconde moitié du IIe siècle[15] mais manquant d'objectivité[16]. Polybe termine son Histoire en 145[17] : son ouvrage est important car il est témoin de la dernière guerre punique[18].

L'Histoire romaine de Dion Cassius abrégé par Jean Zonaras est importante car l'auteur, qui a longuement rassemblé des sources, intègre dans son récit des éléments méconnus par ailleurs[19].

Diodore de Sicile évoque la guerre dans son Histoire universelle[20]. Tite-Live est perdu pour ce conflit, et ses travaux ne sont connus que par les abrégés, ses travaux ont comme but de « célébrer la gloire de Rome »[21].

Sources modernesModifier

Les guerres puniques ont souvent masqué le reste de l'histoire de Carthage, passant sous silence les siècles de croissance de la cité punique et d'expansion[22].

La deuxième guerre punique a surtout retenu l'attention. Les batailles menées par Hannibal Barca ont été très étudiées, dont la bataille de Cannes[23]. La troisième guerre a été peu étudiée[24].

Les récits des guerres puniques sont souvent romano-centristes, avec un parti-pris lié aux sources utilisées[25] sauf chez Stéphane Gsell[26].

ContexteModifier

Forces en présenceModifier

 
Localisation de Carthage au centre du bassin méditerranéen.
 
Positions romaine et carthaginoise en 264 av. J.-C. avant le début de la première guerre punique. Un antagonisme qui durera plus d'un siècle.

Au IIIe siècle av. J.-C., Carthage était une cité portuaire majeure située sur la côte de l’actuelle Tunisie. Fondée par les Phéniciens à la fin du IXe siècle avant notre ère, elle était une cité-État au commerce florissant et cette prospérité perdure jusqu'à sa destruction[27]. Cette prospérité était due au commerce d'intermédiaire et également à la renommée de l'agriculture[27].

Le maillage des possessions puniques dans le bassin occidental de la Méditerranée permettait de contrôler les routes commerciales. Ces établissements parfois anciens étaient passés progressivement sous le joug de la cité située entre les deux bassins de la Méditerranée[28]. Ces établissements possédaient des institutions calquées sur celles de la principale cité et une hiérarchie existait dans leur dépendance envers elle[29]. Les populations de l'empire punique payaient l'impôt en argent ou en nature[30], et leur contribution à l'effort de guerre fut importante.

Des grandes cités-États de la Méditerranée occidentale, seule Rome constituait une rivale en matière de puissance, richesse et population. Forte de sa puissance maritime, Carthage pour son armée terrestre recourait surtout aux mercenaires[31]. La plupart des officiers qui commandaient les armées étaient des Carthaginois réputés pour leur habileté à la navigation. Beaucoup de Carthaginois de rang inférieur servaient dans la marine, ce qui leur procurait un revenu et une carrière stable. Les sources comme Polybe opposent les deux armées antagonistes[32]. L'armée de Carthage fait appel aux citoyens à certains moments de son histoire. Les citoyens carthaginois assurent l'encadrement, les troupes étant également des conscrits des territoires appartenant à la cité punique, des auxiliaires d'alliés et des mercenaires[33]. Hannibal tient son armée même en dépit de sa composition[34]. L'armée de Carthage a un fort caractère hellénistique au plan tactique et par sa composition, avec les contingents d'éléphants de guerre et la cavalerie[35]. La flotte carthaginoise reste un élément important jusqu'à la fin de la deuxième guerre punique[35].

Contrairement à Carthage, Rome possédait une armée terrestre composée presque exclusivement de citoyens romains et alliés[31]. Les plébéiens, classe populaire de la société, servaient habituellement comme fantassins dans les légions romaines alors que la classe supérieure des patriciens fournissait le corps des officiers. Les Romains ne possédant pas une flotte puissante furent donc désavantagés. Cependant, dès la Première Guerre punique, une flotte romaine commença à être développée.

Relations entre Carthage et Rome avant le cycle de guerresModifier

Les deux cités étaient très différentes, l'une « puissance continentale et européenne, la seconde une puissance maritime et africaine »[36].

Le premier traité entre les deux cités est daté de 509[37].

Un autre traité est signé en 348[37], renouvelé en 338 puis 306[5], enfin en 278[31].

Dès la fin du IVe siècle les avancées romaines en Italie ne manquent d'inquiéter Carthage. En 311 les Romains instituent deux amiraux sans disposer de flotte[38], signe de leur intérêt pour le domaine maritime[39].

Lors de la Guerre de Pyrrhus en Italie une clause du traité entre Rome et Carthage de 278 ne permettait les incursions des uns chez les autres[9], en 278[5]. Or des violations de cette clause par l'un et l'autre des protagonistes sont avérées en 272 pour Carthage, une flotte mouillant au large de Tarente[31] et en 264 pour Rome[9].

La concurrence commerciale entre Romains et Carthaginois est réelle dès le IVe siècle et augmente au début du IIIe siècle[40].

Relations entre Rome et Carthage avant le début du premier conflit
Avant le traité de 509 av. J.-C..
  • Carthaginois
  • Étrusques
  • Grecs
  • Romains
 
Traité de 509 av. J.-C..
  • Zone mixte
  • Zone tolérée pour les urgences navales romaines
  • Zone interdite à Rome
 
Entre 509 et 348 av. J.-C., Carthage a peu étendu son territoire. Au nord de Rome, les Étrusques subissent les attaques de Gaulois et des Romains[41],[42].
  • Carthaginois
  • Étrusques
  • Grecs
  • Romains
 
À la fin du IVe siècle av. J.-C., les Romains poursuivent leur expansion dans le centre de l'Italie après la guerre latine (340-338 av. J.-C.) et à la fin de la seconde guerre samnite (326-304 av. J.-C.). Les Carthaginois occupent eux la Corse.
  • Carthaginois
  • Étrusques
  • Grecs
  • Romains
 
Peu avant la première guerre punique, les Romains s'étendent en Italie centrale pendant la guerre contre Pyrrhus entre 280 et 275 av. J.-C.). 
L'Empire carthaginois au IIIe siècle av. J.-C. 

Contexte immédiat avant la première guerre puniqueModifier

Article détaillé : Guerres samnites.

En 264 av. J.-C., la République romaine prend le contrôle de la péninsule italienne au sud du .

Première guerre punique et suitesModifier

 
La puissance punique avant la première guerre punique.
Article détaillé : Première guerre punique.

D'après Cicéron, quand Pyrrhus Ier quitte la Sicile en 272 av. J.-C., il aurait dit « Quelle arène nous laissons, mes amis, aux Carthaginois et aux Romains ! »[43]. Les intérêts de Carthage pour cette île vont aller en s'accroissant dans les années qui suivent et Rome se sent sans doute peu à peu encerclée par l'empire punique[43].

C'est ainsi que débute la première guerre punique, ou guerre de Sicile[39] de 264 à 241 av. J.-C.. C'est un conflit naval et terrestre en Sicile, en Afrique et en Mer Tyrrhénienne, qui trouve son origine dans les luttes d’influence en Sicile et qui s'achève par une victoire romaine aux îles Égates[44].

Responsabilité de la guerreModifier

Selon Hours-Miédan la responsabilité de la guerre provient de l'ambition romaine pour s'étendre vers la Sicile[45] . La question de la responsabilité dans le déclenchement de la guerre a été l’objet d’études. Certains Historiens rattachent le déclenchement à une problématique de politique intérieure ou une question économique l’intérêt catégoriel pour la Sicile et l’Afrique[40]. Gilbert Charles-Picard évoque un lobby campanien[40].

Polybe (I, 11) évoque le butin potentiel[40].

Le commerce romain était important et les traités avec Carthage sont un signe de cette vitalité. La conquête du sud de la péninsule en particulier la Calabre et Brindes aurait eu une finalité économique[40]. La Sicile et la Sardaigne occupent aussi une position géographique stratégique[46].

L’historiographie en général considère que l’appel des Mamertins ennuie le Sénat qui s’en remet au consul[46].

La question recoupe le dossier de la naissance de l’impérialisme romain[47].

Opérations militairesModifier

Les Mamertins, des mercenaires osques qui occupent la ville de Messine craignent la volonté expansionniste du roi de Syracuse, Hiéron II de Syracuse et font appel à la fois à Rome et à Carthage[38]. À leur demande, une garnison carthaginoise occupe la ville[5]. Puis, ces mercenaires font une nouvelle fois appel aux Romains en 264 av. J.-C.[3]. Rome est inquiète en raison de la position de la ville située à proximité des villes grecques d’Italie qui viennent de tomber sous leur domination. Le Sénat romain, au départ réticent à des hostilités avec Carthage, décide d’intervenir[3], sous la pression des propriétaires terriens de Campanie qui espérent contrôler le détroit entre la Sicile et l’Italie. Outre la question commerciale les Romains escomptent également du butin[31]. Appius Claudius Caudex traverse et prend par surprise la garnison punique de Messine, déclenchant le début de la guerre[30] par appât du butin[40]. Il s'allie avec Hiéron II[5]. Le gouvernement de Carthage commence à regrouper ses troupes à Agrigente et Lilybée[5], mais les Romains, menés par Appius Claudius Caudex et Manius Valerius Maximus Corvinus Messalla prennent les villes de Ségeste et d’Agrigente après un siège de sept mois. Le Sénat romain ne souhaitant au départ que des opérations limitées[46].

Il s’ensuivit vingt ans de guerres avec des fortunes diverses et des « combats incertains sur terre et (...) sur mer »[31] : les premières victoires sont remportées par l’armée romaine face à des troupes puniques composées de mercenaires venus de toute la Méditerranée et de Gaule, de troupes africaines et d'alliés siciliens. À la suite des premiers revers puniques le roi de Syracuse change de camp et contribue par sa flotte à ravitailler les troupes romaines de Sicile. L’armée romaine s’était déjà victorieusement battue dans le Sud de l’Italie et avait appris les techniques de guerres grecques employées par les troupes puniques. Les Carthaginois perdent une grande partie des terres siciliennes conquises sur les Grecs. Les Puniques subissent une défaite navale d’importance en août 260 lors de la bataille de Mylae[48],[49] face à une flotte romaine construite en partie grâce à l’aide technique des Grecs de Sicile alliés à Rome et à une nouvelle arme, le « corbeau » et commandée par l'amiral Caius Duilius[50]. Ce dispositif consiste en un pont mobile articulé à partir du mât d’un navire romain, doté à l’autre extrémité de crocs métalliques qui venaient se ficher sur le pont adverse. Les navires puniques sont alors entravés dans leur tactique usuelle d’éperonnage, et les légionnaires romains, qui excellent dans le combat terrestre, peuvent aller à l'abordage[50],[51]. La flotte de 260 compred 100 quinquérèmes et 20 trirèmes[39]. Les Romains qui en 264 av. J.-C. utilisent des navires alliés pour aller en Sicile ont leurs navires trois ans après et sont maladroits longtemps (Polybe, I, 20)[47].

Batailles en Sicile pendant la première guerre punique
Trajet de l'armée punique pour occuper la ville de Messine en 265-264 av. J.-C.
Les deux phases de la bataille navale du cap d'Ecnome 

Après cette défaite, le nouveau chef des armées carthaginoises redresse la situation en menant une stratégie de raids et de guérilla, sur terre comme sur mer, en Sicile comme en Italie. L’armée punique av une meilleure technique des sièges et des fortifications apprise auprès des Grecs, et les troupes romaines n’arrivent plus à avancer dans l’Ouest sicilien.

Dans le même temps, une armée romaine, composée de 140 000 légionnaires et de 330 navires[52], dirigée par Manlius Vulso et Marcus Atilius Regulus remporte une victoire navale au cap Ecnome[50] et débarque au cap Bon à Clypea (Kélibia), puis ravage l'Afrique et après le retour en Italie du premier chef prend l'actuelle Tunis[53]. Des propositions de paix sont rejetées par Carthage car trop dures qui en appelle alors à Xanthippe qui arrive à vaincre les Romains et capture Regulus lors de la bataille de Tunis[54] en 255 av. J.-C. [49].

Une flotte est perdue par l’incompétence navale des Romains, et un autre désastre naval fut causé par une tempête en 254-253[55]. La méconnaissance romaine de la mer coûtait lourdement, mais les Campaniens, principaux intéressés par cette guerre, payèrent une nouvelle flotte comptant plusieurs centaines de vaisseaux, demandant toutefois à être remboursé par l’État romain des sommes avancées.

Les Romains sont encore battus lors de la bataille de Drépane en 249 av. J.-C.[39]. Les Carthaginois par l'intermédiaire d'Hamilcar Barca gardent le contrôle de différentes citadelles en Sicile : Heireté, Eryx et Lilybée[50].

Les opération militaires en Sicile pendant la première guerre punique
Opérations militaires en Sicile entre 264 av. J.-C. et 262 av. J.-C..
  • Territoire de Syracuse
  • Territoire de Carthage
 
Opérations militaires en Sicile entre 261 et 259 av. J.-C.
Opérations militaires en Sicile entre 258 et 256 av. J.-C.
Opérations militaires en Sicile entre 255 av. J.-C.
Opérations militaires en Sicile entre 253 et 251 av. J.-C.
Opérations militaires en Sicile entre 250 et 249 av. J.-C. 
Opérations militaires en Sicile entre 255 av. J.-C.

Fin de la guerre et paixModifier

Article détaillé : Traité de Lutatius.

Une bataille navale au large de la citadelle carthaginoise de Lilybée est décisive, les Romains en sortant victorieux grâce à leur tactique de l'abordage. Les Carthaginois gardaient Lilybée et Trapani, même si la perte de Panormos est à déplorer[55]. De 247 à 241 av. J.-C. Hamilcar Barca tient la citadelle d'Eryx (Erice)[55].

Après la victoire romaine de Lutatius Catulus lors de la bataille des îles Égates en 241 av. J.-C.[50] et avec l’accord du gouvernement carthaginois[40], le chef des armées de Sicile, Hamilcar Barca, isolé et sans espoir de ravitaillement suffisant, propose alors la paix à Rome dans ce qui est connu comme le traité de Lutatius : la Sicile est perdue, les îles entre Sicile et Italie, les Lipari[39] et une forte rançon doit être payée[56], 2 200 talents sur 20 ans[46]. Les prisonniers romains devaient être rendus, et il ne fallait rien entreprendre contre les alliés de l’autre[57]. Ces clauses sont aggravées car le peuple souhaite réduire le temps de paiement de la rançon, sur 10 ans, et augmente le montant à 3200 talents dont 1000 exigibles immédiatement, le solde en annuités de 220 talents[46]. Les indemnités n’ont pas remboursé le coût de la guerre et ont peut-être selon Tenney Frank servi à indemniser les levées fiscales[46].

Hamilcar Barca reçoit même les honneurs de ses adversaires, qui reconnaissent en lui et en ses troupes de valeureux adversaires.

La fin de cette première guerre marque donc un déclin naval de Carthage, qui n’est plus maîtresse des mers. En dépit des désastres, l'armée romaine a fait des efforts et des avancées considérables[47]. « Fruit des nécessités de la guerre », Rome est désormais une puissance navale[39],[47].

Rome s'empare de toute la Sicile, à l'exception de Messine et de Syracuse, qui devient ainsi la première province romaine[58].

Entre-deux-guerresModifier

 
Expansion romaine après leur victoire lors de la première guerre punique.

Ce conflit avait coûté très cher aux deux belligérants, et les indemnités carthaginoises perçues par Rome ne suffirent pas à couvrir les sommes englouties dans ce conflit. La Sicile devint romaine au prix de vingt ans de guerre, sans compter les précédentes guerres contre les Grecs qui avaient laissé des traces profondes.

Des Gaulois menacent Rome[49]. Rome conquiert la Gaule cisalpine entre 226 et 222, occupe Mediolanum et installe deux colonues à Crémone et Plaisance[59].

Quant aux atermoiements pour payer les vingt mille mercenaires ramenés de Sicile par petits groupes par Giscon, ils aboutirent à leur révolte (241-238). Ceux-ci, sous la conduite de Spendios et Mathos furent soutenus par une partie de la population carthaginoise, qui ne supportait plus la lourdeur des charges dues à la guerre. Les mercenaires étaient surtout des Libyques[60]. Les insurgés furent ravitaillés par des commerçants romains mais ce fut réparé et les marchands purent ravitailler Carthage seule[46].

Cette guerre civile fit des ravages, mais Hamilcar réussit à rétablir la situation par la bataille du Défilé de la Scie en 238[60]. Les derniers survivants sont massacrés à Tunis[49]. Rome, voyant Hamilcar prendre de l’ascendant sur le gouvernement carthaginois, s’empara de la Sardaigne en 236[61],[39], appelé par des mercenaires rebelles[62] par un traité additionnel auquel était adjoint de nouvelles conditions financières[62] et de la Corse, îles isolées de Carthage après la perte de la Sicile et de sa suprématie navale. Le traité additionnel fut considéré comme « un véritable brigandage » et « cause réelle de la deuxième guerre punique » y compris par un auteur favorable à Rome comme Polybe[63]. La Sardaigne fut annexée pour des raisons stratégiques ou économiques, du fait de la production de céréales ou de bois[63].

Carthage ne réagit pas mais ces annexions confortèrent la volonté de revanche des Carthaginois et de la famille des Barcides. Rome en parallèle avance vers l'Adriatique et vers la plaine du Pô en installant des colonies[61].

Les Puniques, Hamilcar en particulier s'installèrent alors dans le Sud de l’Hispanie, région aux richesses minières[64], sous la conduite des Barcides fondant l'Espagne barcide à partir de Gadès en 237[63]. Hamilcar avait été éloigné de Carthage du fait de sa popularité et sur ses idées sur la politique et l'armée[49]. L'Espagne avait connu une colonisation phénicienne ancienne en particulier à Tartessos[65]. Ils y fondèrent la ville de la Nouvelle Carthage (Qart Hadasht), actuelle Carthagène[28] et Akra Leuké, et y exploitèrent des mines en particulier d'argent[30], redonnant à Carthage sa puissance économique et commerciale. Carthage soutint cette entité, non-indépendante[66]. même si le pouvoir des Barcides comportait des éléments de pouvoir personnel comme en témoigne le monnayage[65]. Les Ibères étaient rétifs devant cette expansion, et Hamilcar périt dans un combat en 229 ; son gendre Hasdrubal le Beau le remplace[65]. Les Barcides poursuivirent les conquêtes d’Hamilcar. Leur but était de redresser financièrement Carthage tout en payant les indemnités de guerre dues aux Romains par l’apport des métaux espagnols, mais, au-delà, de prendre leur revanche sur Rome en reconstruisant la puissance militaire carthaginoise.

Le traité de l'Iber est signé entre Hasdrubal et Rome en 226-225 : Rome souhaite se garantir d'une alliance entre Celtes et Puniques, ceux-ci pouvant continuer à étendre leur influence en Ibérie. Hasdrubal meurt assassiné en 221 et est remplacé par Hannibal qui conquiert une vaste zone située au sud du fleuve[67].

Deuxième guerre punique et suitesModifier

Article détaillé : Deuxième guerre punique.
 
Situation des deux puissances de la Méditerranée occidentale avant le début de la seconde guerre punique.

La deuxième guerre punique, appelée aussi Guerre d'Hannibal[59],[26], de 218 à 201 av. J.-C., a pour sommet la campagne d’Italie qui dure plus de quinze ans[59].

Hannibal appartient à une faction importante de la cité punique, qui s’appuie sur l’Assemblée du peuple pour ne pas être éliminée. Hannibal après la mort d’Asdrubal est désigné stratègos par l’armée, confirmé par le Sénat et l’Assemblée[68]. Son pouvoir s’exerce dans le cadre de la constitution de Carthage comme peut en témoigner le texte connu comme serment d’Hannibal[69], peut-être une construction de Fabius Pictor[70].

Causes de la guerreModifier

Article détaillé : Siège de Sagonte.

Le débat sur les causes de la guerre a toujours été vif, depuis l'antiquité[12].

Le prétexte de la guerre fut le siège de Sagonte par les Carthaginois en 219 av. J.-C.[71] ou en 218 av. J.-C.[3] et la traversée de l'Ebre[12], qui, selon un traité de 226 av. J.-C., ne peuvent passer en armes le fleuve Iber. Ce fleuve cité dans le traité n’est peut-être pas l’Ebre mais un autre comme le Jucar[70].

Hannibal demande des instructions à Carthage au moment de mettre le siège devant la cité[72]. Rome était alliée de Sagonte avant 219[70].

Rome voulant se débarrasser de « sa dernière rivale en Méditerranée »[12], les négociations diplomatiques échouent[3].

La décision d'utiliser la voie terrestre est le signe de la perte de domination navale de Carthage et de l'importance des possessions hispaniques dans le dispositif[12] pour payer les indemnités de guerre[73].

Les premières batailles sont désastreuses pour Rome et Hannibal ne quitte que tard l'Italie[61].

Ce conflit concerne l'Espagne, l'Italie, la Sicile, l'Afrique et aussi le monde grec avec les guerres de Macédoine en particulier la première[61],[59].

Opérations militairesModifier

 
Stèle punique du musée de Carthage du IIIe – IIe siècle av. J.-C., calcaire, figurant un éléphant, arme emblématique de la deuxième guerre punique
 
Lieux des principales batailles de la Deuxième Guerre punique.

La flotte carthaginoise, fleuron de l'armée de Carthage jusqu'à la première guerre punique, perd sa puissance incontestée après ce premier antagonisme. La route terrestre est donc privilégiée par Hannibal[35]. Ses alliés gaulois lui sont peut-être d'un secours pour l'élaboration de son trajet en particulier la traversée des Alpes[74]. Hannibal escomptait l’aide des Cisalpins[75].

Sous la conduite d’Hannibal Barca, les troupes carthaginoises de 90 000 fantassins et 12 000 cavaliers[74], formées de Numides, d’Ibères et de Carthaginois, parties d’Hispanie traversèrent les Pyrénées, le Rhône puis les Alpes, pour envahir l’Italie. Les troupes seront épaulées par un fort contingent de Gaulois qualifiés d’alliés[75]. La route côtière est écartée pour éviter Massalia, alliée de Rome et les Ligures. Les troupes d'Hannibal franchissent l'Isère puis les Alpes en hiver, au prix de grosses pertes humaines[74], la moitié de son armée selon Hours-Miédan[71]. La traversée est inscrite comme l'événement le plus marquant[76].

Longue guerre d'ItalieModifier

Hannibal, qui hait Rome depuis son enfance et dans un esprit de revanche[49], a longtemps préparé, par la diplomatie, son passage au nord de l’Italie et a réussi à y trouver des alliés. Ainsi, des troupes gauloises se joignent aux troupes carthaginoises[74] qui traversent les Alpes notamment avec des éléphants de guerre.

Entre 218 et 215 av. J.-C., Hannibal Barca enchaine les succès (jusqu'à l'été 216 selon Beschaouch[76]) en Italie et par l'intermédiaire de ses frères en Hispanie[77]. Les Puniques et leurs alliés battent plusieurs armées romaines, notamment à la bataille du Tessin puis à La Trebbie et au lac Trasimène en 217 av. J.-C.[71]. Faute de matériel de siège[71], les Puniques hivernent en Campanie et en Apulie[78].

Hannibal souhaite la défection de Capoue et « une tête de pont avec Carthage »[79]. Dès son arrivée en Italie Hannibal n’a eu de cesse de séparer les alliés italiens de Rome, proclamant leur liberté, avec une diplomatie évoquant une vision des buts de guerre et « peut-être des projets pour l'après-guerre ». Les prisonniers italiens sont libérés après les batailles de La Trébie, Trasimène et Cannes[80]. Les traités laissaient aux cités leur autonomie, leurs institutions, Hannibal ne demandant ni tribut ni garnison punique ; Capoue aurait été la capitale de l'Italie[81].

Des zones rejoignent le camp punique, les Gaulois cisalpins se rebellent, des cités d'Italie du sud et du centre, en Sicile une armée romaine doit être envoyée pour tenir l'île, la Sardaigne se soulève et est matée[82].

Les Romains sont écrasés le lors de la bataille de Cannes, 80 sénateurs sont tués[83], un des deux consuls perdant la vie et l'autre ne la sauvant que par la fuite[23] et ravagent le Sud de la péninsule. Hannibal renonce à assiéger Rome, réputée imprenable[84], puis se retire à Capoue[71] en attendant des renforts. Hannibal signe des traités avec des villes italiennes[85]. Plusieurs villes grecques quittent l’alliance romaine. La bataille de Cannes génère dans toute l'Italie des crises multiples : économique, financière, sociale et politique[76].

Hannibal souhaite arracher un traité de paix à Rome mais les propositions menées par une délégation sont rejetées par le sénat romain[23]. Dans un discours aux prisonniers Hannibal indique ne combattre « que pour la dignitas et l'imperium », et donc rejette la destruction de son ennemie[86]. Le Barcide souhaite « renverser (...) la situation humiliante des traités de 241 et 236 »[84].

Élargissement du théâtre des opérations et retournement de situationModifier

 
Cuirasse de Ksour Esseff, élément d'armure italique du IIIe siècle av. J.-C. sans doute ramené par un vétéran d'Hannibal dans l'espace de la Tunisie actuelle où elle fut retrouvée en 1909, conservée au musée national du Bardo

Le conflit s'étend à la Sicile, l'Ibérie, la mer Égée et les Balkans[87], à l'initiative d'Hannibal[88]. Hannibal signe une alliance avec le roi de Macédoine, Philippe V de Macédoine, pour que Rome perde le protectorat sur l'Illyrie[89]. L'alliance est signée car Philippe a fait les démarches et du fait de la résistance de Rome après la défaite écrasante de Cannes ; elle est signée en 215[88]. Cependant la majorité des cités de l’Italie centrale, cœur de la République romaine, restent fidèles à Rome, d'autant plus que les armées puniques vivent sur le pays[90].

Des négociations avec le nouveau roi Hiéronyme de Syracuse aboutissent à des projets de traités, qui tournent court suite au massacre du roi et de sa famille et le siège de la ville par Rome[91].

Dans un suprême effort de guerre, Rome réussit à aligner deux cent mille hommes en armes puis rétablit peu à peu la situation, reprenant une à une les positions carthaginoises, détruisant les unes après les autres les expéditions de renfort venues de Carthage ou d’Hispanie. Hannibal n'a plus de « foudroyantes victoires » après 215, qui étaient le signe de sa domination stratégique[34].

Les victoires romaines se succèdent à Syracuse (qui voit la mort d'Archimède[92]), Agrigente (210), Capoue après un siège de deux ans[93]. Dès 213 av. J.-C., les Romains tentent un rapprochement avec Syphax, roi de la tribu numide des Massaessyles[94], qui s'est éloigné diplomatiquement des Carthaginois pour des querelles de territoire[95]. Les deux frères Scipion envoie alors trois ambassadeurs auprès de Syphax pour qu'il devienne un futur allié et que les Romains puissent préparer le terrain à un futur débarquement en Afrique[95]. Ce premier rapprochement diplomatique ne semble pas aboutir sur un traité[96]. En 210 av. J.-C., Syphax envoie à son tour une ambassade à Rome, afin de sceller un traité, après quelques succès obtenus sur les Carthaginois les années précédentes[96]. Les Carthaginois réagissent en cherchant à s'allier à l'autre tribu numide rivale de Syphax, les Massyles de Gaïa et de son fils Massinissa[94], ce qu'ils parviennent à faire et Gaïa envoie des soldats numides sur le front hispanique[94].

Les zones reconquises voient des terres confisquées et les habitants réduits en esclavage[92]. La Sicile est toute entière romaine en 209, la Sardaigne étant pacifiée entre 209 et 207 av. J.-C.[97].

L'avancée romaine est présente également en Hispanie et en dépit de désastres comme en 211[34], avec la prise de Carthagène par le futur Scipion l'Africain[87]. Avec cette victoire Rome tient deux bases maritimes majeures, Sagonte et Carthagène[34].

Deux armées puniques sont envoyées comme renforts. Le frère d'Hannibal, Hasdrubal est tué lors de la Bataille du Métaure[71] et sa tête jetée dans le camp de son frère. Le frère cadet Magon Barca ne parvient pas à fournir des renforts[87], après son débarquement en Ligurie[98].

Hannibal, invaincu militairement, est alors cantonné dans le Sud de l’Italie[87], en Calabre[71]. Sa situation est particulière car il est coupé de la Gaule et de Carthage du fait de sa faible flotte[84]. Il ne dispose jamais d'un port en Italie[34].

En 206 av. J.-C., Publius Cornelius Scipio devient en consul[98] et conquiert l'Espagne barcide après une victoire décisive lors de la bataille d'Ilipa remportée contre Hasdrubal Gisco et Magon Barca[13]. L'Hispanie ne commence à être géré par Rome qu'à partir de 200 av. J.-C., une fois la guerre terminée[13].

La guerre de Macédoine se conclut en 205 av. J.-C. par la paix de Phoinikè[99].

 
Gravure de la bataille de Zama par Cornelis Cort (1567).
 
Campagne africaine de Scipion, 204-203

Cette même année, Syphax et les Carthaginois résolvent leur querelle territoriale et le roi numide épouse la fille du carthaginois Hasdrubal, Sophonisbe[100]. Syphax est désormais l'allié de Carthage et dénonce le traité d'alliance qu'il a passé avec Scipion l'Africain[100]. Peu de temps après, Massinissa quitte l'alliance carthaginoise pour rejoindre le parti romain pour deux raisons principales : sa rivalité avec Syphax et les victoires romaines en Hispanie[101]. L'alliance entre Rome et Massinissa est conclue à l'automne 206 av. J.-C. après une entrevue secrète avec Scipion[102].

Scipion débarque en Afrique en 204 av. J.-C., sur une stratégie formulée dès 218 par les Scipions, et en passant par la Sicile[34], près d'Utique avec 25 000 soldats[98] afin d'obliger Hannibal à retourner en Afrique pour protéger ses bases arrières[77]. Il obtient des résultats mitigés de prime abord, en dépit de l'aide de Massinissa[98]. Syphax est défait par Scipion et Massinissa en 203 av. J.-C.[102]. Après la Bataille des Grandes Plaines, le Sénat de Carthage rappelle Magon puis Hannibal[71] qui débarque près d'Hadrumète[98]. Scipion s'inspire de la stratégie d'Hannibal et acquiert des soutiens en Afrique[103].

Faute d'armée suffisante[71], l’affrontement tourne à l’avantage de Scipion, surnommé alors « l’Africain », qui dispose de troupes peu nombreuses, mais aguerries, et de la cavalerie numide. Hannibal est défait à la bataille de Zama le 29 octobre[98] 202[71], probablement dans une vallée à l’ouest de l’actuelle Siliana[87]. Cette bataille n'est cependant pas une humiliation[104] pour Carthage qui capitule en octobre 202 av. J.-C.[61],[102]. Scipion et Hannibal se seraient entretenus avant l'affrontement, selon Polybe et Tite-Live[105].

Paix et conséquencesModifier

PaixModifier

Les négociations pour la paix débutent en 203[103] mais les préliminaires sont rompus[106]. Le traité est signé en 201 av. J.-C.[107], avec des conditions plus dures que celles de 241[108], un doublement de l'indemnité et une réduction du nombre de navires autorisés[103].

La défaite de Carthage entraîne la perte de l’Hispanie, la destruction de la flotte carthaginoise, sauf dix navires[83], le renoncement aux éléphants de guerre[103], l’interdiction de toute action militaire sans l’accord romain et le paiement d’une indemnité de guerre, 100 otages étant livrés[109]. Le paiement de ce tribut de 10 000 talents dure 50 ans[61],[107]. Trois mois de vivres devaient être fournies aux troupes romaines[108]. Les Numides sont également déclarés indépendants[71] et les Romains reconnaissent l'aide apportée par Massinissa à la fin du conflit[102]. Carthage se voit garantie la possession des territoires à l'est des Fosses phéniciennes[110].

Carthage se replie sur son territoire africain, et est désormais sous la menace de Massinissa[111]. Le roi numide a pris le pouvoir en 206 et la Numide est protectorat romain en 203[112]. Enhardi par se relation avec Rome[108], Massinissa demande la restitution des terres ayant appartenu à ses ancêtres[103] et prise par Carthage depuis leur installation[108]. Lors des empiètements numides des territoires puniques, Rome est conciliante envers Carthage jusqu'en 167[106]. A la fin de son règne, qui a construit « un véritable Etat centralisé et hellénisé »[113] le royaume de Massinissa va des frontières de la Cyrénaïque à la Maurétanie[114]. Massinissa apporte de façon constante des renforts à Rome pendant toute la durée de son règne[115], Rome apportant un soutien constant à son allié en retour[116].

Rapidement après le retour de la paix, Hannibal est rappelé par le peuple de Carthage pour pallier cette situation difficile. Il se retire dans les terres d’origine de sa famille, près d’Hadrumète (actuelle Sousse) en Byzacène. Une fois au pouvoir en tant que suffète, il dénonce la corruption du gouvernement comme étant à l’origine de la défaite de la première guerre punique, ce qui lui attire des haines mortelles.

ConséquencesModifier

Malgré la victoire finale, cette guerre marqua profondément les Romains. La guerre fit de très nombreuses pertes humaines et le nombre de légions passa de 6 à 28, le Sénat sortant renforcé, tout comme le prestige de certains individus[83].

Poussés par la crainte d’avoir à affronter à nouveau les Carthaginois, les Romains en vinrent à envisager la destruction totale de Carthage.

Caton l'Ancien brandit au Sénat une figue fraîche provenant de Carthage, pour montrer sa proximité menaçante, et martelait en leitmotiv[117] la phrase fameuse Delenda Carthago est[N 1].

Avant la guerre, entre 153 av. J.-C.[106] et 149 av. J.-C., jusqu'à la mort de Caton le Censeur, ce dernier termine l'ensemble de ses discours par la célèbre phrase : « Delenda Est Carthago » (Carthage doit être détruite !)[118]. Pour motiver ses partisans, Caton rappelle les atrocités commises par l'armée d'Hannibal Barca en Italie lors de la seconde guerre punique[119], guerre à laquelle il a participé[120]. À cette date, la majorité du Sénat romain s'est déjà ralliée à la proposition de Caton, et Scipion Nasica (neveu de Scipion l'Africain) qui prône une approche pacifique avec Carthage représente le parti minoritaire[118].

En effet, malgré la rigueur du traité de paix, la cité punique retrouvait sa puissance économique et offrait du blé à Rome lors de la nouvelle guerre qui l'opposait aux Macédoniens. Saisissant le prétexte de la violation du traité de paix de 202 — Carthage avait levé une armée pour repousser des incursions numides — le Sénat romain décida de lancer une offensive en Afrique, avec pour but la destruction de la ville rivale.

Second entre-deux-guerresModifier

 
Vue du quartier Hannibal sur les flans de la colline de Byrsa

Carthage, après la deuxième guerre punique, qui la prive de ses possessions extérieures, retrouve rapidement une prospérité, dès 191[121] du fait d'« un travail acharné »[117]. Cette richesse est un témoin de la qualité de la mise en valeur du territoire africain que possédait la cité[122], qui livre des quantités importantes de blé et d'orge au vainqueur[107]. La cité punique s'est également tournée vers le bassin oriental de la Méditerranée pour effectuer du commerce[123].

Dix ans après la fin de la guerre elle souhaite payer le solde des dettes de guerre[107],[76]. Cette prospérité possède une traduction architecturale prouvé par l'archéologie avec le quartier dit Hannibal construit sur les pentes de la colline de Byrsa et les aménagements nouveaux dans les ports puniques[124],[125].

Hannibal occupe un rôle de premier plan en 196-195[61] étant élu suffète. Il prit des mesures énergétiques et en faveur de la population ce qui lui attira des inimitiés. Il s'enfuit chez Antiochus en Syrie puis en Bithynie, où il se suicide en 183-182[107],[126].

Carthage est attaqué de manière presque continue par Massinissa, allié des Romains. Massinissa est très âgé et son royaume peut être menacé par une disparition[127]. En 167 il est autorisé par son allié de s'emparer des Emporias de Grande Syrte[106]. Burgeon considère que ces événements datent de 193[128]. La mainmise sur ces établissements, dont Leptis Magna, permet à Massinissa de s'emparer d'une riche zone commerciale et de s'affirmer comme roi hellénistique[129]. Il s'était emparé des Grandes Plaines peut-être[130] la région de Makthar[131], en 152, comportant environ 50 localités[130]. Le territoire carthaginois au moment de la troisième guerre punique était de 20 000 à 25 000 km2[132]. Burgeon considère que l'alliance avec Massinissa est destinée à affaiblir Carthage du fait des coups de boutoir subis[108]. La cité envoie une ambassade à Rome pour protester contre les prises de possession de Massinissa, qui envoie également des émissaires : Rome ne décide rien mais maintient le statu quo issu du tour de force du Numide[133]. En 174-173 Massinissa prend plus de 70 villes et Carthage proteste une nouvelle fois par une ambassade à Rome l'année suivante[110]. Gulussa fait partie d'une ambassade numide en 172, puis l'année suivante ; cette dernière ambassade se serait conclue par un arbitrage favorable à Carthage[134].

Des ambassades successives sont envoyées dans la cité punique, dont une en 153 av. J.-C. menée par Caton l'Ancien[135],[106] suite à de nouveaux empiètements[136]. Les Carthaginois doutant de la neutralité de l'ambassade refusa l'arbitrage[137].

La vigueur retrouvée de la cité punique constatée, son réarmement[135], suscite des craintes de la part des Romains, une fraction politique étant décidée d'en finir[6] et qui devient majoritaire vers 150[104].

En 151 avant J.-C. le tribut est totalement payé[135], et un parti anti-romain prend de l'importance[127].

Troisième guerre punique et victoire finale de Rome sur CarthageModifier

 
Vitrine avec des éléments du siège au musée national de Carthage.

La troisième guerre punique consiste en une campagne destinée à amener les troupes romaines à pied d’œuvre pour le siège de Carthage, qui dure trois ans de 149 à 146 av. J.-C. du fait de la résistance dont fait preuve la population[28].

Ce dernier conflit, voulu avec « un cynisme révoltant »[138] est qualifié par Claude Nicolet de « guerre d'extermination, et presque un génocide », qui marqua durablement ses contemporains[6]. Hours-Miédan considère la position romaine comme « de la plus insigne mauvaise foi, comme lors de la première guerre punique, (...) [et déclenché] sans motif valable (...) alors que Carthage manifestait son désir de paix »[117]. Alors que la ville est désarmée, la guerre dure trois ans[139].

Casus BelliModifier

Dès 152 av. J.-C., Caton le Censeur en visite à Carthage s'inquiète du renouveau de la richesse et de la puissance carthaginoise, car cette dernière n'a à cette période plus d'empire à entretenir[140]. De retour à Rome, il montre aux sénateurs romains de magnifiques figues provenant de Libye en mentionnant que la cité qui les produit n'est qu'à trois jours de navigation de l'Urbs[141]. Peu de sénateurs sont dupes de la manœuvre habile de la part de Caton car beaucoup savent que le voyage entre Rome et Carthage dure au moins six jours et que les dites-figues proviennent d'un domaine de Caton en Italie[141], mais les Romains se préparent peu à peu à une nouvelle guerre contre Carthage.

 
L'Afrique du Nord à la mort de Massinissa

Quelques mois plus tard, Carthage intervient contre Massinissa en 150 av. J.-C. et, selon Rome, viole le traité de 201 av. J.-C. conclu pour mettre fin à la deuxième guerre punique. Rome décide la guerre et envoie une ambassade dans le même temps, formulant des demandes envers la cité punique[139]. Elle demande alors à la cité punique 300 otages et débarque à Utique[135].

La délégation carthaginoise qui se présente en 149 av. J.-C. devant le Sénat romain n'obtient pas le droit de s'exprimer[118], même si les Carthaginois avaient décidé de livrer à leur demande aux Romains environ 200 000 armes et 2 000 catapultes[142],[135].

Les Romains exigent que les habitants quittent la ville pour s'installer à environ 15 km de la mer[143] et abandonnent leurs cultes, des exigences inacceptables pour Carthage[142]. La guerre est alors déclarée peu de temps après par le Sénat punique, qui enrôle des esclaves[139].

Début de la guerre et opérations militairesModifier

 
Plan de la cité punique, théâtre ultime des opérations.
 
Le suicide de la femme d'Hasdrubal et le double infanticide selon Pierre Woeiriot.

Le commandement romain est d'abord médiocre, face à un site bien défendu[127]. Les opérations militaires sont conduites d'abord par deux consuls, Manius Manilius et Lucius Marcius Censorinus, puis menées à bien par Scipion Émilien, qui en vient à bout et est surnommé pour cela « Scipion l'Africain » (ou « Scipion le second Africain » pour ne pas être confondu avec son prédécesseur Scipion l'Africain).

Massinissa meurt très âgé en 148[131].

Une armée est détruite à Néphéris et le combat est très déséquilibré, aucun renfort ne pouvant être apporté aux assiégés[117]. Une flotte est bâtie avec les poutres des maison mais l'effet de surprise est manqué[144]. Les habitants souffrent de famine[145].

Le siège s’acheva en 146 av. J.-C. par la destruction complète et l'incendie[138] de la ville, après une guerre de rues particulièrement féroce, partie de la zone des ports[146] par une brêche[145]. La bataille fit rage pendant six jours et six nuits[145] ou plus de huit jours[127] et le siège final de la citadelle située sur la colline de Byrsa. Les archéologues ont retrouvé des traces d'aménagements et des combats (corps, balles de frondes, armes). Le dernier combat se tient au sommet de la colline, dans le temple d'Eshmoun. Hasdrubal le Boétarque se rend à Scipion, son épouse se suicide en se jetant dans les flammes, « telle une nouvelle Didon »[146], suivie de ses enfants et d'un millier de survivants[145].

Diodore de Sicile évoque une scène entre Scipion Emilien et Polybe : Scpion pleure et répond à Polybe qui lui demande la raison en citant des vers de l'Iliade : « Un jour viendra où périra Ilion [Troie], la ville sainte, où périront Priam et le peuple de Priam, habile à manier la lance »[138].

Légende et conséquencesModifier

La ville est détruite mais des vestiges importants subsistent à certains endroits ainsi sur les flans de Byrsa, avec une élévation allant jusqu'à 3 m[146].

La légende du sel semé sur les terres pour les rendre infertiles par crainte de la résurrection de la puissance de Carthage a été battue en brèche par de nombreux historiens, le sol étant néanmoins déclaré sacer, c’est-à-dire maudit. Rome « garde le cadavre » selon l'expression de Mommsen. Le territoire de Carthage devient ager publicus[127].

Avant le début du siège, la population de la capitale punique est estimée entre 200 000 et 400 000 habitants[118]. La prise de la ville aurait entraîné la mort de 150 000 personnes[142]. Non loin de Byrsa, Alfred Louis Delattre a fouillé deux fosses communes contenant plusieurs centaines de corps[147],[148],[146].

En 146 av. J.-C., après la prise de la ville, Scipion Emilien envoit 55 000 habitants en esclavage dont 25 000 femmes[142]. Ben Kiernan affirme donc que les Romains n'ont donc pas massacré les survivants, contrairement aux Athéniens lors de la prise de Mélos en 416 av. J.-C.[142]. Des survivants ont migré dans le monde grec[127].

L'Afrique anciennement punique continue de l'être : la civilisation ne s'effondre pas avec la chute de la cité d'Hannibal et perdure longtemps, et s'appelle à partir de ce moment néo-punique. Avec la chute de Carthage, les Romains épargnent sept cités puniques et en rasent cinq autres[142]. De grandes cités puniques s'étaient ralliées à Rome, Utique et Lepcis Magna, et la civilisation carthaginoise s'était répandue dans le monde berbère[127]. Les bibliothèques de Carthage sont détruites ou emportées[149], confiées aux royaumes berbères[25] où ils furent traduits en grec. Seul le traité d'agronomie de Magon en 28 volumes fut traduit en latin sur l'ordre du Sénat, et connait un succès en Italie dans la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C[150].

Le processus d'acculturation à Rome, lent, ne sera jamais total.

La ville à proprement parler fait l'objet d'une tentative de colonisation au temps des Gracches en 123, mais le processus sera surtout le fait des Julio-Claudiens, César et Auguste[127].

Guerres puniques dans la culture et la mémoireModifier

Affrontement abondamment relaté par les sources antiques, les guerres puniques ont jusqu'à nos jours inspiré les écrivains, les érudits et les historiens.

Guerres puniques dans les artsModifier

Mythe d'une survie de Carthage en BretagneModifier

Dans le courant du XIXe siècle, des érudits bretons et d'autres théoriciens de l'origine phénicienne des peuples bretons émirent l'hypothèse d'une présence carthaginoise en Armorique[151]. En effet, selon Pierre Georgelin, des rescapés de la Troisième Guerre punique se seraient réfugiés en Armorique, dans les colonies carthaginoises les plus septentrionales, et auraient constitué le peuple des Vénètes, disparu des sources à la fin du Ier millénaire av. J.-C. Selon eux, la guerre des Gaules serait la IVe guerre punique, ces colonies carthaginoises de Bretagne ayant reconstitué la puissance de leur métropole[N 2],[152].

Guerres puniques dans l'imaginaire naziModifier

Comme l'a affirmé Hitler dans Mein Kampf (1924)[153], l'histoire du monde est déterminée par une lutte des races. L'opposition entre Rome et Carthage était prétendue être une opposition entre deux Weltanschauungen, l'une nordique, idéaliste, agraire, l'autre sémitique, matérialiste, commerçante[154].

Encouragé par Hitler, Alfred Rosenberg fut un des premiers auteurs nazis à proposer une analyse des guerres puniques : les populations romaines, nordiques, devaient affronter pour la première fois les populations asiatiques, sémitiques[N 3],[155]. Le discours de Caton l'Ancien prenait un sens raciste[156], Rosenberg déplorant le fait que les Romains n'aient pas profité de leurs succès pour « détruire tous les repaires syriens, asiatiques, judéosémitiques »[157]. Ces derniers auraient alors pris leur « revanche raciale » avec la conquête du trône impérial romain par la dynastie des Sévères[158].

Durant la Seconde Guerre mondiale, les propagandistes allemands exploitèrent souvent le souvenir des guerres puniques. Staline fut présenté comme un nouvel Hannibal[157]. En 1943 parut un ouvrage collectif, Rome et Carthage, rédigé par des antiquisants allemands dirigés par Joseph Vogt, définissant les guerres puniques comme un « combat racial saturé de haine »[159] entre la République romaine et la cité maritime de Carthage, « foncièrement sémitique »[N 4],[155].

Pour galvaniser des unités déçues par les défaites de l'été 1944, Goebbels rappelait les défaites essuyées par Rome[N 5],[160] durant la Seconde Guerre punique, qui n'avaient pas empêché la victoire. De même, les défaites allemandes n'empêcheraient pas la victoire finale du

Reich[161].

Au cours des premiers mois de 1945, Hitler, se voyant un nouveau Cunctator[N 6], attendant les conditions favorables pour écraser ses adversaires dans une gigantesque bataille d'encerclement[N 7],[162],[163], mentionna abondamment à ses proches l'exemple de la Deuxième Guerre punique[156],[163].

Le 1er, puis le 8 et le 15 avril 1945, l'hebdomadaire Das Reich revint longuement sur la question. Dans son éditorial hebdomadaire, Goebbels évoqua encore longuement la Deuxième Guerre punique. L'historien Walter Frank proposa un article de vulgarisation sur l'attitude du Sénat romain durant cette même guerre, et sur la panique qui saisit Rome à l'annonce du passage des Alpes par Hannibal, expliquant la victoire romaine par le courage des Romains[164]. Le journal du NSDAP exploita également le thème, de manière moins savante et plus explicite dans ses éditions de la mi-avril 1945[160].

Bibliographie sommaireModifier

SourcesModifier

  • Claudia Moatti, Les guerres puniques, Gallimard, coll. « Folio classique », , 732 p. (ISBN 978-2-07-041942-5)
    Récits des trois guerres de Polybe, Tite-Live et Appien, traductions annotées de Denis Roussel, Maxime Gaucher et Philippe Torrens

Ouvrages généraux ou sur les guerres puniquesModifier

  • Bernard Combet Farnoux, Les guerres puniques, Paris, Presses universitaires de France, 1960, 127 pages. (Lire en ligne)
  • Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, vol. 3 : Histoire militaire de Carthage
  • Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, vol. 8 : Jules César et l'Afrique, fin des royaumes indigènes, Osnabrück, Otto Zeller, , 306 p. (notice BnF no FRBNF37385831, lire en ligne)
  • Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « L'art de la guerre », , 342 p. (ISBN 978-2-268-02147-8)
  • Hédi Slim (photogr. Nicolas Fauqué), La Tunisie antique : de Hannibal à Saint-Augustin, Paris, Mengès, , 359 p. (ISBN 978-2-85620-421-4)

Ouvrages généraux sur CarthageModifier

Ouvrages généraux sur RomeModifier

  • C. Badel, La République romaine, Paris, PUF, 2013
  • Jean-Michel David, La République romaine, de la deuxième guerre punique à la bataille d’Actium, 218-31 av. J.-C., Seuil,
  • J.-C. Lacam, La République romaine : des années d'or à l'âge de sang, Paris, Ellipses, 2013
  • Elisabeth Deniaux, Rome, de la Cité-État à l'Empire, Paris, Hachette, 2001
  • François Hinard, (dir.), Histoire romaine. 1. Des origines à Auguste, Paris, 2000
  • J.-P. Vallat, L’Italie et Rome, 218-31 av. J.-C., Armand Colin, coll. U, 1999
  • Christophe Burgeon, Rome et Carthage avant les guerres puniques, Louvain-la-Neuve, Academia, 2017.
  • Pierre Grimal, Le siècle des Scipions : Rome et l'hellénisme au temps des guerres puniques, Paris, Aubier, 1975, 414 pages.
  • Lucien Jerphagnon, Histoire de la Rome antique, Tallandier, (1re éd. 1987), 620 p. (ISBN 978-2-84734587-2)
  • Yann Le Bohec, Histoire des guerres romaines : milieu du VIIIe siècle avant J.-C.-410 après J.-C., Paris, Tallandier, coll. « L'art de la guerre », , 606 p. (ISBN 979-10-210-2300-0)
  • Marcel Le Glay, Rome, grandeur et déclin de la République, Perrin, (ISBN 2-262-00751-9)
  • Marcel Le Glay, Jean-Louis Voisin et Yann Le Bohec, Histoire romaine, PUF, (ISBN 9782130464471)
  • Jean-Pierre Marin, Alain Chauvot et Mireille Cébeillac-Gervasoni, Histoire romaine, Armand Colin, (ISBN 2-200-26587-5)
  • Claude Nicolet (dir.), Rome et la conquête du monde méditerranéen : genèse d'un empire, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio » (no 8 bis), , 6e éd., 940 p. (ISBN 978-2-13-043913-4)  

Première guerre puniqueModifier

  • Christophe Burgeon, La première guerre punique ou la conquête romaine de la Sicile, Louvain-la-Neuve, Academia, .
  • Yann Le Bohec, Géostratégie de la première guerre punique : Actes de la table ronde de Lyon – 19 mai 1999, Université Lyon III,

Deuxième guerre puniqueModifier

  • Innocent Kati-Coulibaly, « Les premices de la négociation entre Rome et le royaume numide pendant la seconde guerre punique », Hypothèses,‎ , p. 131-140 (ISSN 1298-6216).  .
  • Patrick Le Roux, La péninsule Ibérique aux époques romaines : (fin du IIIe s. av. n.è. - début du VIIe s. de n.è.), Armand Colin, , chap. 1 (« Les guerres romaines (206-16 av. n.è.) »), p. 19-50.  .

Troisième guerre puniqueModifier

  • Christophe Burgeon, La troisième guerre punique et la destruction de Carthage : le verbe de Caton et les armes de Scipion, Louvain-la-Neuve, Academia, , 190 p. (ISBN 978-2-8061-0254-6)
  • Ben Kiernan, « Le premier génocide : Carthage, 146 A.C. », Diogène, no 203,‎ , p. 32-48 (ISSN 0419-1633).  .
  • Fabien Limonier, « Rome et la destruction de Carthage : un crime gratuit ? », Revue des études anciennes, vol. 101, nos 3-4,‎ , p. 405-411 (ISSN 0035-2004, lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019)

Aspects historiographiquesModifier

  • Johann Chapoutot, Le nazisme et l'Antiquité, Paris, Presses universitaires de France, , 643 p. (ISBN 978-2-13-060899-8).  .
  • Johann Chapoutot, « Comment meurt un empire. : Le nazisme, l'Antiquité et le mythe », Revue Historique, vol. 3, no 647,‎ , p. 657-676 (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
  • Dominique Frere, « Les origines phéniciennes de la Bretagne : archéologie d'un mythe », Annales de la Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 2, no 115,‎ , p. 37-65 (lire en ligne).  (inscription nécessaire) – via Cairn.info

Autres ouvragesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En rhétorique on la désigne comme étant une épanalepse
  2. Les tenants de cette théorie s'appuient sur la présence de pièces de monnaie, de stèles d'origine punique, et de divers objets arrivés en Bretagne à la faveur de la mode de la collection d'objets antiques.
  3. Selon Rosenberg, les Asiates menaient depuis la nuit des temps une lutte à mort contre les populations germaniques, et les grandes confrontations armées de l'histoire antique étaient autant d'épisodes de cette lutte à mort.
  4. Carthage était déclarée être un ennemi racial du peuple nordique.
  5. La bataille de Cannes.
  6. Le surnom de Cunctator, le temporisateur, a été donné à Fabius Maximus.
  7. La propagande de guerre allemande des derniers mois de l'année 1944 mit en parallèle Fabius Maximus et Hitler.


RéférencesModifier

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  50. a b c d et e Lévêque 1989, p. 86.
  51. L'importance de cette innovation a cependant été minimisée par Yann Le Bohec dans Histoire militaire des guerres puniques.
  52. François Clément et Viton de Saint-Allais, L'Art de vérifier les dates, Paris, Moreau, (lire en ligne)
  53. Le Glay, Voisin et Le Bohec 1999, p. 83-84.
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Voir aussiModifier