Sénons

peuple gaulois

Sénons
Image illustrative de l’article Sénons
Potin sénon

Ethnie Celtes
Langue(s) Gaulois
Religion Celtique
Villes principales Agendicum
Région actuelle Yonne et Seine-et-Marne, (France)
Frontière Bituriges Cubes, Carnutes, Parisii, Meldes, Lingons

Les Sénons (Senones) étaient un des peuples gaulois. Ils occupaient la région du Sénonais au centre-est de la Gaule, s'étendant sur une partie des départements actuels de l'Yonne et de Seine-et-Marne. Ils donnèrent leur nom à la ville de Sens qui était leur capitale sous le nom d'Agendicum, ainsi qu'à la ville de Senigallia en Italie, témoignage par ce toponyme de l'invasion gauloise de l'Italie du Nord qui conduit au sac de Rome en 390 av. J-C. Durant le Haut-Empire, la cité des Sénons faisait partie de la province de Gaule lyonnaise.

Provinces romaines et les peuples proto-basques, celtes et germanique à la fin du Ier siècle av. J.-C.

ÉtymologieModifier

« Senon » en celtique signifie « ancien » et vient du mot gaulois senos qui a donné sen en brittonique et hen en breton moderne, avec le même sens. Se nommer « les Anciens » était une façon d'affirmer l'antériorité, une sorte de primature, leurs voisins les Rèmes s'appelant eux « les Premiers ». Le suffixe -on pour désigner une nation s'observe dans le nom de nombreuses cités (Santones, Ceutrones, Turones, etc.)

TerritoireModifier

Leur territoire recouvrait partiellement plusieurs départements actuels. À l'époque romaine, il s'étendait essentiellement sur l’Yonne, et la moitié sud de la Seine-et-Marne. Il couvrait également une partie du Loiret, de l’Essonne, de la Marne et de l’Aube[1].

Pour la période gauloise, ce territoire comptait aussi la partie ouest de la Civitas des Tricasses. Les Parisii ont pu également être initialement un pagus des Sénons avant de prendre leur indépendance. Enfin, au IIIe siècle de notre ère, le sud du territoire sénon est érigé en cité indépendante, la Civitas Autessiodurum[1].

PolitiqueModifier

D'après César, ils furent liés au peuple des Parisii, qui étaient leurs clients[2] et effectivement l'évêque de Paris, jusqu'à la création de l'archevêché de Paris, dépendait de l'archevêque de Sens. Ils sont souvent associés dans leurs luttes avec les Carnutes. Postérieurement, ils seront intégrés avec les Carnutes, les Parisii, les Meldes et les Tricasses dans un diocèse de Sénonaise ou quatrième lyonnaise.

Selon César ils étaient « un des peuples gaulois les plus puissants et qui jouit parmi les autres d'une grande autorité » (Guerre des Gaules, V, 54, 2)[3].

FrontièresModifier

OppidaModifier

HistoriqueModifier

Migration en ItalieModifier

Sous la conduite de Brennos, il écrasent les légions romaines sur les bords de l'Allia le 18 juillet 390 av. J.-C. et prennent Rome trois jours plus tard[3]. Après avoir dévasté Rome, une partie des Sénons de Gaule s'installa durablement dans la marche d'Ancône (Italie) au IVe siècle av. J.-C..

On a retrouvé une de leurs nécropoles dans le village de Santa Paolina (Filottrano[7]). La nécropole de 30 tombes contenait les restes de guerriers et de femmes. Les tombes des hommes ont livré l'armement des guerriers Sénons notamment des cimiers dont les romains étaient dépourvus ainsi qu'un service individuel de vaisselle en métal d'inspiration grecque et étrusque comparable à celle trouvée dans les tombes de Vix ou de Lavau : cratère pour le mélange de vin et d'eau, pichets, coupes, gobelets, etc.

Outre ce complexe funéraire, on a mis au jour à la fin du XIXe siècle, deux autres nécropoles outre-alpines attribuables à la civitas des sénons. Les nécropoles de Piobbico[8] et San Ginesio[9], également localisées dans la province italienne des Marches, viennent confirmer l'implantation des sénons dans l'ancienne région du Picenum[10]. Toutefois, ces deux dernières ont des tailles plus modestes que la nécropole de Filottrano/Santa Paolina, indiquant ainsi une probable centralisation de pouvoir non loin de ce site[10].

Guerre des GaulesModifier

Après des années de lutte contre Rome, ils sont vaincus en -280 sur les rives du lac Vadimon en Italie du Nord et comme les autres peuples gaulois défaits au cours de la Conquête des gaules par César[3].

  • D'abord alliés à César, ils bannissent Cavarinos, que César avait installé sur le trône[11], puis organisent une coalition -53.

Après la conquête romaineModifier


MonnayageModifier

Les Sénons ont émis des monnaies de plusieurs natures. Statères et quarts de statère en or ou électrum, deniers en argent, bronze et potin. Leur territoire comportant des bords de Seine, certaines monnaies ont une attribution incertaine : Rèmes/Sénons, Leuques/Sénons, Tricasses/Sénons, etc. Voir Monnaie gauloise.

  • Statère globulaire à la croix (LT.) :

anépigraphe. Sur l'avers, une croix. Au Revers, lisse.

  • Bronzes à l'oiseau classe II, SIINV (DT 2633) :

Il existe des dizaines de variantes de bronzes à l'oiseau.

Avers anépigraphe : Tête de profil à droite, avec des mèches triangulaires avec des pointes bouletées sur la joue. À droite, il y aurait un petit croissant ouvert.

Revers (SIINV) : Oiseau (aigle, corbeau, corneille ?) de profil à gauche à queue d'aronde, surmonté d'ailes formées par des demi-cercles pointés. gréntis partiel, légende SIINV (Sénons), un pentagramme bouleté, et deux annelets pointés dans le prolongement du plumage de la queue.

 
Bronze à l'oiseau frappé par les Sénons. Date : c. avant 52 AC. Description avers : Tête à droite, les cheveux divisés en grosses mèches stylisées, ramenées en arrière et bouletées à l’intérieur ; S devant le nez et la bouche ; torque bouleté sous le menton. Description revers : Oiseau à gauche ; derrière, un pentagramme et une S ; deux annelets centrés derrière la queue de l’oiseau ; une croisette aux extrémités bouletées accostée de quatre globules sous la queue ; un globule sous le bec de l’oiseau

 

  • Potin à la tête casquée, au bouquetin et à la rosace (LT.8124) :

Monnaie anépigraphe.

avers : Tête de profil à gauche.

revers : Animal fantastique bifide de type licorne, trois globules en crinière, 5 globules forment une rosace sous les membres inférieurs. Il existe des variantes ou des potins avec différents nombres de globules.

 

Sénons notablesModifier

Les Sénons de CisalpineModifier

Une partie des Sénons (Senoni ou Semnones est également le nom d'une nation des Suèves), dirigée par Brennos, avait immigré en Italie au IVe siècle av. J.-C., et se trouva en conflit avec la cité étrusque de Clusium – aujourd'hui Chiusi — ainsi qu'avec Rome, qu'ils saccagèrent avant de se fixer à Senigallia et sur un territoire qui allait de Forlì à Ancone. Plusieurs nécropoles sénones ont livré de riches tombes, à Filottrano ou Montefortino d'Arcevia par exemple, qui attestent la rapide acculturation de cette population celtique.

Sources antiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Debatty Bertrand, « Les limites de la cité gallo-romaine des Sénons. Perception et réalité », Hypothèses, 2005/1 (8), p. 85-94. DOI : 10.3917/hyp.041.0085.
  2. César, B.G., VI, 3.
  3. a b c et d Baray, Luc. et Musée Saint-Loup (Troyes)., Les Sénons : archéologie et histoire d'un peuple gaulois : [exposition, Palais synodal de Sens et Musée des beaux-arts et d'archéologie de Troyes, 19 mai - 29 octobre 2018] (ISBN 978-94-6161-476-6 et 94-6161-476-4, OCLC 1042074547, lire en ligne)
  4. Archéologie médiévale, t{{.|5}}, Centre de recherches archéologiques médiévales à Caen / 1975
  5. Stephan Fichtl, La ville celtique, les oppida de 150 avant J.-C. à 15 après J.-C., Errance à Paris / 2005 (ISBN 2-87772-307-0)
  6. J. Bénard, M. Mangin et L. Roussel, Les agglomérations antiques de Côte-d’Or, Besançon, 1994
  7. (it) « Filottrano »
  8. découverte en 1877-1878
  9. mise au jour en 1883
  10. a et b * Daniel Vitali, Les Celtes d'Italie, Paris, Collège de France/Fayard, coll. « Leçons inaugurales du Collège de France » (no 189), , 80 p. (ISBN 978-2-213-63289-6), p. 34.
  11. César, B.G., V, 54.
  12. César, B.G., VII, 62.
  13. César, B.G., VII, 75
  14. César, B.G., VI, 44
  15. César, B.G. VIII, 44

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Bertrand Debatty, « Les limites de la cité gallo-romaine des Sénons. Perception et réalité », Hypothèses 2004, Travaux de l’École doctorale d'histoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004/1, p. 85-94 (en ligne).
  • sous la dir. de Luc Bavay, Les Sénons. Archéologie et histoire d'un peuple gaulois, Gand, Snoeck, , 383 p. (ISBN 978-94-6161-476-6)
  • Venceslas Kruta, « Les Sénons de l'Adriatique d'après l'archéologie (prolégomènes) », Études celtiques, XVIII, 1981, p. 7-38 (en ligne).
  • Venceslas Kruta, « Les Sénons dans les Marches aux IVe et IIIe siècles avant J.-C. État de la question », Études celtiques, XXXVI, 2008, p. 7-20 (en ligne).

Articles connexesModifier