Aurélien Taché

homme politique français

Aurélien Taché
Illustration.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(2 ans, 9 mois et 18 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 10e du Val d'Oise
Législature XVe
Groupe politique LREM
Prédécesseur Dominique Lefebvre
Biographie
Date de naissance (35 ans)
Lieu de naissance Niort (Deux-Sèvres)
Nationalité Française
Parti politique PS (jusqu'en 2016)
LREM (depuis 2016)

Aurélien Taché, né le à Niort, est un homme politique français.

D'abord engagé au Parti socialiste, conseiller auprès des ministres du Logement Sylvia Pinel et Emmanuelle Cosse, il rejoint En marche ! en 2016, puis est élu député en 2017 dans la dixième circonscription du Val-d’Oise.

Famille, études et parcours professionnelModifier

Aurélien Taché est né d’une mère agent des services hospitaliers (ASH) et d’un père agent public local. Il arrête ses études en troisième et fait alors un apprentissage en plomberie[1],[2].

À 19 ans il s'engage dans des études de droit public à l’université de Limoges. Au cours de ses études, il est président de l’UNEF Limoges[3].

Il est chargé des déplacements de Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Île-de-France[Quand ?][4]. En 2010[réf. nécessaire], il réussit le concours d'attaché territorial. Nommé au conseil régional d’Île-de-France en 2014[3], il est chargé de mission à la lutte contre les exclusions[4].

Il travaille au groupe SOS, au sein au cabinet de Jean-Marc Borello et, à partir de novembre 2016, en tant que délégué régional pour l’Île-de-France[5],[4].

Parcours politiqueModifier

DébutsModifier

Il s'engage au Parti socialiste (PS) lors de ses études à Limoges : il indique avoir reçu une formation idéologique « socio-démocrate [sic] sur le fond mais mouvementiste sur la forme »[2]. Son engagement à l'UNEF le conduit à aller manifester en Hongrie contre Viktor Orbán et en Tunisie après l’assassinat de Chokri Belaïd[2]. Tout en effectuant ses études de droit à Limoges, il côtoie la « bande de Poitiers » (Stéphane Séjourné, Sacha Houlié, Pierre Person, Guillaume Chiche)[5]. Après avoir quitté Limoges pour Paris, il intègre le secrétariat fédéral parisien du PS, chargé des questions de la lutte contre l'exclusion[2]. Il figure en position non éligible sur une liste PS lors des élections municipales de 2014 à Paris[2].

Il devient, en 2014, conseiller auprès de la ministre du Logement Sylvia Pinel, et conserve ce poste auprès d'Emmanuelle Cosse[1]. Il confiera plus tard que la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre « a été pour [lui] très compliqué[e] » en raison de ses divergences avec lui[2]. Il est chargé des dossiers relatifs à l’hébergement des sans-abris, du logement des personnes défavorisées, de l’habitat des gens du voyage, et de l’accueil des réfugiés[2]. L'exercice de cette fonction coïncide avec la crise migratoire : il est notamment amené à traiter l'évacuation de la « jungle de Calais »[2].

Hostile au projet avorté de réforme de la déchéance de la nationalité française, il rejoint En marche ![2],[6] Il contribue à l’élaboration du programme présidentiel d’Emmanuel Macron sur la lutte contre la pauvreté[2]. Il se dit convaincu par les « idées fortes » portée par En marche ! « contre les inégalités de parcours et de destin »[2].

Député de la XVe législatureModifier

ÉlectionModifier

Aurélien Taché est élu député dans la dixième circonscription du Val-d’Oise, lors des élections législatives de 2017, sous les couleurs de La République en marche : il l'emporte avec 59 % des voix au second tour face à Katia Noin-Ledanois (La France Insoumise)[7].

Positionnement et fonctions au sein de la majorité et de LREMModifier

Selon Le Monde, il fait partie d'une petite dizaine de députés qui forment « la garde avancée d’Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l’État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui »[8]. L'Obs indique en 2018 que « de par son parcours singulier, ses idées propres et son franc-parler, le jeune parlementaire s'est forgé une réputation d'homme libre… et parfois clivant »[2]. Il se réclame du « libéralisme culturel » et se définit comme « progressiste », « même si le terme ne lui convient pas entièrement » selon L'Obs[2]. Marianne estime qu'il « promeut sans complexe des idées libérales qu'il mêle au multiculturalisme « inclusif » venu des États-Unis »[9]. En 2019, il lance, avec Jean-Pierre Mignard et Paula Forteza, le mouvement « Hypérion » qui vise, selon ses termes, à « incarner la sensibilité de la gauche démocrate » au sein de la majorité[10],[11].

Membre de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, il est le coordinateur (« whip ») du groupe LREM au sein de celle-ci jusqu'en janvier 2018[12]. Il démissionne de cette fonction en indiquant avoir « sous-estimé l'aspect technique et surestimé l'aspect politique de la fonction »[13]. Contexte indique que lui et Valérie Oppelt, qui a démissionné du même poste à la même période, « ont en réalité été débarqués car ils ne donnaient pas satisfaction », selon « plusieurs sources au sein du groupe LRM »[14]. De son côté, L'Obs indique qu'« en réalité, plusieurs élus de son parti l'ont pris en grippe »[2]. Selon Manon Rescan, journaliste au Monde, c'est Richard Ferrand, alors président du groupe, qui décide de lui retirer cette fonction, lui reprochant « d'être un peu trop franc-tireur »[5]. Le , il est sanctionné pour absentéisme et voit son indemnité parlementaire diminuer de 25 % pour le mois d'avril. Fait rarissime, il s'est absenté aux quatre sessions de la commission des Affaires sociales du mois d'avril[15],[16].

Après l'élection de Richard Ferrand comme président de l'Assemblée nationale, il soutient Laetitia Avia pour lui succéder à la présidence du groupe LREM[3].

Début , il est le premier à annoncer son intention de s’abstenir sur la proposition de loi anti-casseurs[6]. En , il signe un appel publié dans L'Obs pour « légaliser le cannabis, qu’il soit utilisé à des fins thérapeutiques comme récréatives »[17].

À partir de , il co-anime le pôle idées de LREM avec Marlène Schiappa[18],[19]. Au sein du parti, il est l’un de ceux à avoir porté la proposition de mise au vote des orientations et du projet, ce qui n'est pas retenu par la direction[20].

Positions sur la laïcité et le hijabModifier

Très engagé sur les sujets liés à la laïcité, Aurélien Taché fait partie d'un groupe de travail de députés LREM sur l'islam et figure parmi les partisans d’une laïcité ouverte et « inclusive »[21],[22]. Il obtient l'abandon du projet d'interdiction du port de signes religieux ostensibles aux accompagnateurs de sorties scolaires, contre le souhait du ministre Jean-Michel Blanquer[9].

Au printemps 2018, il prend la défense de Maryam Pougetoux, responsable de l'UNEF alors critiquée pour son port du voile[2]. En septembre 2018, son collègue François Cormier-Bouligeon l'accuse publiquement de défendre « des positions plus proches du communautarisme que de la laïcité »[2].

Début 2019, il défend la commercialisation du « hijab de running »[23]. Le 2 mars 2019, dans l'émission C l'hebdo sur France 5, il tient les propos suivants : « Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête ? Bien sûr que non ». Son intervention soulève une large réprobation, y compris au sein de son parti. La secrétaire d'État, Marlène Schiappa, déclare notamment « qu'aucune femme dans le monde [ne] sera lapidée parce qu'elle ne porte pas un serre-tête »[24]. Marianne relève que la polémique sur ses propos « coupe LREM en deux camps opposés sur la laïcité et le voile » et qu'Aurélien Taché recueille alors le soutien de Sacha Houlié[19]. Aurélien Taché déclare ensuite que « cet exemple a été mal compris » et « présente donc [ses] excuses à ceux que ces propos auraient pu blesser »[25]. Ses propos sont débattus au bureau exécutif de LREM du 4 mars 2019[26]. À l'issue de celui-ci, le parti décide de ne pas sanctionner Aurélien Taché, mais d'organiser un débat interne le sur la laïcité[27].

En , il critique les propos du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qui s'était déclaré opposé à ce que des femmes voilées puissent accompagner les élèves lors de sorties scolaires, et fait un parallèle avec le comportement de Julien Odoul, un responsable du RN qui s'en était pris à une femme voilée. En réponse, Jean-Michel Blanquer exige la saisie de la commission des conflits de LREM et demande des sanctions contre Aurélien Taché[28]. Stanislas Guerini, délégué général de LREM, saisit la « cellule médiation » du parti : Aurélien Taché présente ses excuses à Jean-Michel Blanquer lors de leur rencontre[29].

Positions sur l'immigrationModifier

En , il remet au Premier ministre Édouard Philippe un rapport sur la « refonte » de la politique d’accueil et d’accompagnement des étrangers en France ; il estime qu'un nombre suffisant de ses propositions sont reprises par le gouvernement « pour considérer que ça n'aura pas été vain »[2],[30]. Dans le même temps, dans le cadre de l'examen du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il porte des amendements, assez populaires au sein du groupe LREM, visant à faciliter l'accès des demandeurs d'asile au marché du travail et à des cours de langue française[31]. En , dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2019, il fait adopter une proposition développée dans son rapport, à savoir la mise en place d'un crédit d’impôt pour les personnes hébergeant des réfugiés (incitation financière de 5 euros par nuitée, dans la limite de 1 500 euros par an et avec un encadrement par des associations agréées), alors que le gouvernement n'y est pas favorable[32],[2]. Le Sénat supprime cet amendement en , à la demande du gouvernement[33].

Positions sur l'Union européenneModifier

En , Aurélien Taché affirme que le programme de LREM pour les élections européennes de 2019 est de « transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen » et se dit « totalement pour qu’on transfère la souveraineté de la France au niveau européen »[34],[35],[34]. Il appelle également à accepter une des conditions imposées par l'Allemagne pour avancer « sur le budget de la zone euro », à savoir que « la France laisse son siège au conseil de sécurité de l'ONU »[34].

RéférencesModifier

  1. a et b Alexandre Lemarié, Aurélien Taché, la caution sociale dans Le Monde du 20 février 2018 p. 7
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Charlotte Cieslinski, « Aurélien Taché, ce député LREM qui a fait voter une aide fiscale pour l'accueil des réfugiés », sur nouvelobs.com, (consulté le 27 octobre 2018).
  3. a b et c Yann Guégan et Diane de Fortanier, « La galaxie LRM à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 19 octobre 2018).
  4. a b et c Marie-Pierre Bourgeois, « Ces fonctionnaires territoriaux qui deviennent députés », sur La gazette des communes.com, (consulté le 10 mars 2019).
  5. a b et c Alexandre Boudet, « Comment Aurélien Taché s'est construit une image d'électron libre de LREM », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 10 mars 2019).
  6. a et b Laure Equy, « Aurélien Taché : les pieds dans le plat «laïcité» », sur liberation.fr, (consulté le 10 mars 2019).
  7. Julie Ménard, « Législatives 2017 : Aurélien Taché (REM) élu dans la 10e circonscription », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  8. Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié, « Les snipers de la Macronie », sur lemonde.fr, (consulté le 24 octobre 2017).
  9. a et b Hadrien Mathoux, « Aurélien Taché l'Américain », sur marianne.net, (consulté le 10 mars 2019).
  10. Sarah Paillou, « INFO JDD. Voici le manifeste "d'Hypérion", nouveau club de l'aile gauche de la Macronie », sur lejdd.fr, (consulté le 30 octobre 2019).
  11. « Aurélien Taché et Jean-Pierre Mignard : « La République en marche doit savoir assumer le débat » », sur lemonde.fr, (consulté le 30 octobre 2019).
  12. Mathilde Siraud, « À l'Assemblée, Ferrand tente de ressouder les Marcheurs », sur lefigaro.fr, (consulté le 30 juillet 2018).
  13. Jean-Baptiste Daoulas, « Députés macronistes, En Marche au fouet », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 mai 2018)
  14. Samuel Le Goff, « Le premier kilomètre des marcheurs à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 30 juillet 2018).
  15. Jannick Alimi, Le député LREM Aurélien Taché sanctionné pour absentéisme, leparisien.fr, 2 mai 2019
  16. Le député LREM Aurélien Taché sanctionné pour absentéisme à l'Assemblée, lexpress.fr, 3 mai 2019
  17. Caroline Vigoureux, « Libéraliser le cannabis? La majorité a la tête qui tourne », sur L'Opinion.fr, (consulté le 29 octobre 2019).
  18. Alexandre Lemarié, « LRM se réorganise pour essayer d’exister », sur lemonde.fr, (consulté le 11 mars 2019).
  19. a et b Louis Nadau, « Schiappa contre Taché : ce serre-tête qui coupe LREM en deux camps opposés sur la laïcité et le voile », sur marianne.net, (consulté le 11 mars 2019).
  20. Manuel Jardinaud et Ellen Salvi, « Deux ans plus tard, LREM se refuse toujours à trancher sur sa ligne politique », sur Mediapart, (consulté le 8 septembre 2019).
  21. Mathilde Siraud, « Les députés LaREM planchent sur l'islam de France », sur lefigaro.fr, (consulté le 22 juillet 2018).
  22. Alexandre Lemarié, « Des députés La République en marche s’attellent au sujet de l’islam de France », sur lemonde.fr, (consulté le 24 novembre 2018).
  23. « Aurélien Taché, l'enfant terrible de la majorité », Mathilde Siraud, Le Figaro, 20 mars 2019
  24. « Schiappa recadre un député LREM qui comparait voile et serre-tête », sur Le Huffington Post, (consulté le 3 mars 2019)
  25. Cassandre Jeannin, « Hijab et serre-tête : Aurélien Taché s'excuse après ses propos controversés », sur rtl.fr, (consulté le 13 mars 2019).
  26. BFMTV, « Les propos controversés du député Aurélien Taché débattus lundi par LaREM », sur BFMTV (consulté le 3 mars 2019)
  27. « Laïcité : En Marche organise un débat pour s’éclaircir les idées », sur www.leparisien.fr, le Parisien, (consulté le 5 mars 2019)
  28. « Voile à l’école : Jean-Michel Blanquer demande des sanctions contre le député LRM Aurélien Taché », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  29. « Voile : Aurélien Taché s'est excusé auprès de Jean-Michel Blanquer », sur lepoint.fr, (consulté le 30 octobre 2019).
  30. « Le député Taché présente ses 72 propositions pour favoriser l’intégration des immigrés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2018)
  31. Jean-Baptiste Daoulas, « Elise Fajgeles, démineuse macroniste », sur lexpress.fr, (consulté le 24 novembre 2018).
  32. Manon Rescan, « La majorité LRM s’affirme et teste l’exécutif sur des sujets sensibles », sur lemonde.fr, (consulté le 26 octobre 2018).
  33. Samuel Le Goff, « S’ils veulent influencer le budget, les députés LRM doivent s’y prendre longtemps à l’avance », sur contexte.com, (consulté le 8 décembre 2018).
  34. a b et c « Le programme de LREM ? « Transférer la souveraineté de la France » à l'Europe, prévient le député Aurélien Taché », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2018).
  35. « Un député LREM veut « transférer la souveraineté nationale au niveau européen », sur Valeurs actuelles (consulté le 3 mars 2019).

Liens externesModifier