Ouvrir le menu principal

Transylvanie (région)

région historique en Roumanie
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Transylvanie.

Transylvanie
Blason de Transylvanie
Blason
Drapeau de Transylvanie
Drapeau
Les Carpates occidentales.
Paysage transylvain : les faubourgs de Sighișoara.
Noms
Nom roumain Ardeal/Transilvania
Nom hongrois Erdély
Nom allemand Siebenbürgen
Administration
Pays Drapeau de la Roumanie Roumanie
Județe Actual Alba county CoA.png Alba

Stema judetului Arad.png Arad
Actual Bihor county CoA.png Bihor
Stema Bistrita-Nasaud.svg Bistrița-Năsăud
Actual Brasov county CoA.png Brașov
Actual Caras-Severin county CoA.png Caraș-Severin
Actual Cluj county CoA.png Cluj
Coa Romania County Kovászna.svg Covasna
Stema Harghita.svg Harghita / Hargita
Actual Hunedoara county CoA.png Hunedoara
Actual Maramures county CoA.png Maramureș
Actual Mures county CoA.png Mureș
RO Județul Sălaj COA.svg Sălaj
Actual Satu Mare county CoA.png Satu Mare
Actual Sibiu county CoA.png Sibiu
ROU Timis County CoA 2.png Timiș

Ardeal
Banat
Crișana
Marmatie

Démographie
Gentilé Transylvain, transylvaine
Population 7 309 291 hab. (2011)
Densité 71 hab./km2
Groupes ethniques Roumains
Hongrois
Sicules
Roms
Serbes
Allemands
Géographie
Coordonnées 46° 46′ 00″ nord, 23° 35′ 00″ est
Superficie 10 283 400 ha = 102 834 km2
Localisation
Localisation de Transylvanie
La région de Transylvanie (en jaune) dans la Roumanie.

La Transylvanie, du latin trans-silvam : « au-delà des forêts » également appelée Ardeal ou Transilvania en roumain, Erdély (« au-delà des forêts ») en hongrois et Siebenbürgen (« sept citadelles ») en allemand, est une région du centre-ouest de la Roumanie.

Du XIe siècle à 1538 et de 1699 à 1867, on appelait « Transylvanie » une région, au centre de l'actuelle Roumanie, d'un tiers plus petite que l'actuelle Transylvanie. Entre 1538 et 1699, les limites occidentales de la principauté de Transylvanie agrandie du Partium ont varié d'un traité à l'autre, suite aux guerres entre les princes transylvains, les Habsbourg et les turcs Ottomans. Depuis 1918, la limite occidentale de la Transylvanie inclut l'ensemble des territoires dont les habitants roumains ont proclamé leur union à la Roumanie en décembre 1918, cédés par la Hongrie en 1920 au traité de Trianon.

GéographieModifier

 
La Transylvanie aujourd'hui.

La Transylvanie est formée de plateaux (entre 305 et 488 m d'altitude), de dépressions et de vallées (Mureș, Olt, Someș et les trois rivières qui forment le Criș). Au Sud, la chaîne des Carpates culmine à 2 543 mètres ; à l'Ouest, les monts du Bihor et les monts Métallifères séparent ces plateaux de la plaine occidentale qui se continue en Hongrie.

La Transylvanie borde l'Ukraine au nord, la Hongrie à l'ouest et la Serbie au sud-ouest.

Aujourd'hui, la Transylvanie comprend l'ancienne principauté et aussi, le long de la frontière occidentale de la Roumanie (tracée fin 1918 par la commission internationale « Lord » avec la collaboration du géographe français Emmanuel de Martonne), le partium : du nord au sud la Marmatie méridionale, le pays d'Oaș, le pays de Satu-Mare, la Crisanie et le nord-est du Banat. À l'est et au sud, elle est délimitée par la chaîne des Carpates orientales qu'elle partage avec la Moldavie, et celle des Alpes de Transylvanie qu'elle partage avec la Valachie. De ce côté aussi, la frontière est variable, selon que l'on suit la ligne de séparation des eaux, ou l'ancienne frontière austro-hongroise plus à l'est et au sud, ou encore les limites des actuels județe roumains.

Dans l'ancienne principauté, les villes les plus importantes sont Cluj (Kolozsvar, Klausenbourg pour les Hongrois et les Allemands), Brașov (Brassó, Kronstadt), Sibiu (Nagyszeben, Hermannstadt) et Târgu Mureș (Marosvásárhely, Neumarkt). Dans le partium du nord et de l'ouest, on trouve, du nord au sud, les villes de Baia Mare, Satu Mare, Oradea, Arad et Timișoara.


HistoireModifier

Avant l'union avec la RoumanieModifier

 
Une grande posada, clairière des « valaques » des Carpates occidentales roumaines.
 
Une petite posada des Carpates transylvaines.
 
Negrești, dans le pays d'Oaș, village traditionnel roumain, en bois.

Dans l'Antiquité, l'actuelle Transylvanie est le cœur de la Dacie, transformée en province romaine au IIe siècle, abandonnée au IIIe siècle aux Goths et aux Gépides, puis dominée à tour de rôle ou simultanément par les daces, les germaniques, les huns, les avars, les bulgares, les magyars, les iasses, les petchénègues et les coumans, tout en accueillant aussi des sklavinies (duchés slaves) et en subissant, au XIIIe siècle, la grande invasion des Tatars et des Mongols.

De ce fait, elle a toujours été pluriethnique comme en témoigne sa toponymie : par exemple, la bourgade de Săvădisla/Szent-László vient du slave Sveti Vladislav (saint Ladislas), tandis que le pays de Târnava a en roumain un nom slave et en hongrois un nom d'origine finno-ougrienne (Küküllő) (signifiant respectivement « épineux » et « prunier »). Les noms des montagnes (Pietrosu, Găina, Codru, Pleșu, Căpățâna...) sont presque tous d'origine latine, comme la rivière Arieș (en hongrois Aranyos) qui tire son nom du latin Auraneus (« doré », en référence à l'orpaillage) ; les noms de beaucoup d'autres rivières sont hérités de l'antiquité. Néanmoins, les noms finno-ougriens dominent le long de ces mêmes fleuves et dans les plaines, ce qui montre que des populations magyares étaient préférentiellement implantées le long des grands cours d'eau et dans les zones de végétation ouverte. De leur côté, les « Valaques » (comme on appelait alors les romanophones) dominaient sur les piémonts, dans les « valachies » : nom commun désignant des communautés autonomes rurales et pastorales (țări ou vlachfölds) régies par une charte de franchises dénommée Jus valachicum (en ancien roumain λеџѩ стръмошѩскѣ -legea strămoșească soit « droit ancestral ») et dirigées par des joupans et des boyards qui y rendaient la justice, levaient la troupe, collectaient l’impôt et veillaient au partage des droits de pâturage, de meunerie, de pêche, chasse, cueillette et bûcheronnage[1].

Ainsi en Marmatie, au pays d'Oaș, de Crasna, du Sălaj, de Lăpuș, de Năsăud, du Gurghiu, de Toplița, Vlăhița, Bihor, Zărand, des Motses, de Caraș, de Vâlcu, de Petroșani, Hațeg, Amlaș, Cibin, Făgăraș et Zărnești, ces « Valaques » vivaient surtout de pastoralisme : c'était encore le mode de vie traditionnel de la plupart des Roumains transylvains au XIXe siècle[2]. Au gré des évènements, la population transylvaine a été tantôt plus dense et plus sédentaire, tantôt plus clairsemée et vouée à la transhumance de l'élevage extensif, comme en témoigne l'archéologie, avec des localités, des posade (clairières de défrichement), des nécropoles, des fossés et des oppidums (prisăci) successivement établis, abandonnés puis réinvestis[3].

Article détaillé : Histoire de la Transylvanie.

Avant la formation de l'État roumain moderne en 1859, les Roumains, en « valachies » ou non, ont vécu principalement au sein de trois principautés autonomes, mais vassales des royaumes ou des empires voisins, plus puissants : les « principautés danubiennes » de Moldavie et Valachie, et la principauté de Transylvanie. Mais dans cette dernière, formée au début du XIIe siècle, la classe dominante était formée par la noblesse hongroise, et non par les boyards roumains comme dans les deux autres. La Transylvanie historique n'était donc pas, comme les « principautés danubiennes », une principauté roumaine, même si une grande partie de sa population était roumaine. Alors que les « principautés danubiennes », gouvernées par des voïvodes élus par les boyards roumains, avaient comme religion officielle l'orthodoxie, et comme langues d'Église et d'État le slavon, puis le grec et enfin le roumain, la Transylvanie, pour sa part, avait une aristocratie magyare ou magyarisée d'ispans ; ses voïvodes étaient pour la plupart magyars, sa religion officielle était initialement le catholicisme et ses langues d'Église et d'État furent le latin, puis le hongrois et l'allemand.

Article détaillé : Principauté de Transylvanie.

En effet, depuis l'édit de Torda émis en 1366 par le roi Louis Ier de Hongrie, l'accessibilité à la congregatio generalis (société transylvaine) et à la Diète (assemblée transylvaine), est conditionnée par l'appartenance à l'Église catholique ou, après l'« édit de tolérance » de 1565, à l'Église réformée. Bien que l'édit de Torda ne le mentionne pas ouvertement, cela en exclut les orthodoxes, obligeant les joupans et boyards roumains à se convertir et se magyariser, ou à s'exiler en Moldavie ou Valachie. La fin des franchises roumaines et de l'« Universitas Valachorum » qui regroupait les « valachies », ruine les Valaques orthodoxes qui, en 1437, se joignent à la jacquerie de Bobâlna. La répression exercée par les privilégiés l'année suivante scelle l'« Union des trois nations » qui crée en Transylvanie un ordre social foncièrement inégalitaire où la religion orthodoxe n'est plus que tolerata et non recepta, de sorte que seuls les catholiques (magyars, sicules et saxons) sont reconnus comme « nations », tandis que les orthodoxes roumanophones sont asservis. Les aristocrates hongrois, sicules et xaxons règnent désormais sans partage et leurs immenses domaines s'agrandissent encore des valachies disparues[4],[5],[6]. Par la suite, les Roumains systématiquement asservis vécurent dans des villages et églises étaient construits en bois, et, en cas d'invasion, n'étaient pas admis dans les villes, les domaines et les châteaux magyars ou allemands bâtis en pierre : ils devaient s'abriter dans la forêt[7].

C'est pourquoi le mouvement d'émancipation des Roumains transylvains n'était pas seulement social comme dans les « principautés danubiennes », mais aussi national. Si au début (révolution transylvaine de 1784, révolution roumaine de 1848) il ne revendiquait que l'égalité de droits au sein de l'empire des Habsbourg dont la Transylvanie fit partie à partir de 1699, par la suite (début du XXe siècle) il devient séparatiste et vise à détacher la Transylvanie de cet empire (et donc, au sein de l'Autriche-Hongrie constituée en 1867, de la Hongrie) pour former, avec l'« ancien royaume des principautés danubiennes », un nouvel État : la Roumanie. Ce projet se concrétise lorsque l'union de facto à la Roumanie, de la Transylvanie et d'autres régions hongroises à majorité roumanophone (Banat, Partium/Crișana…), est votée par l'assemblée des députés roumains de Hongrie à Alba Iulia le .

Dans la Roumanie contemporaine (depuis décembre 1918)Modifier

Pour officialiser de jure (de droit) l'union votée à Alba Iulia, il faut attendre le traité de Trianon signé le . Durant cette période, les armées roumaines du Sud, épaulées par la mission française Berthelot, se positionnent dans la province à partir de décembre 1918, tandis que le gouvernement est assuré par un condominium hongro-roumain et par un gouvernement transylvain autonome (Consiliul Dirigent, 19181920, à majorité roumaine pour la première fois dans l'histoire du territoire)[8]. De mai à août 1919, la Hongrie, devenue communiste, tente vainement de reprendre la Transylvanie : aujourd'hui, la partie nationaliste de l'historiographie hongroise (et, à sa suite, internationale) considère l'ensemble de la période du au comme une guerre nationale d'un an et demi entre la Hongrie et la Roumanie ayant pour enjeu l'appartenance de la Transylvanie à l'un ou l'autre belligérant[9],[10],[11],[12], alors qu'en fait, cette guerre n'a duré que quatre mois, son enjeu étant surtout la lutte contre le communisme et les belligérants étant plusieurs : outre les Roumains à l'est, la coalition antibolchévique comprenait aussi les troupes tchécoslovaques au nord, l'armée franco-serbe de Franchet d'Espèrey au sud et le gouvernement hongrois anticommuniste de Gyula Peidl[13],[14],[15].

Après le traité de Trianon, la tradition jacobine de la Roumanie, fidèle au modèle français, intègre la province dans le système des județe, calqué sur le modèle français des départements : pas plus qu'à l'époque hongroise, la Transylvanie n'a d'autonomie politique et administrative, comme l'ont souhaité les Hongrois de Roumanie. Ce centralisme, couplé au manque d'esprit démocratique de Bucarest (du moins jusqu'aux réformes démocratiques de 1923), provoque le mécontentement des élites roumaines de Transylvanie (boycott du couronnement du roi en octobre 1922). De leur côté, les Magyars, principale « minorité nationale », ne se satisfont pas du rattachement à la Roumanie : ils oscillent entre un « Erdélysme » sentimental (ressuscitant les souvenirs de leur âge d'or du XVIIe siècle) et un irrédentisme larvé qui ira croissant dans les années 1930, avec la montée des crispations nationalistes attisées par la grande Dépression. Parmi eux, les aristocrates, influents, grands perdants de la réforme agraire de 1921, jouent un rôle majeur dans la cristallisation des revendications contre le traité de Trianon. Chez les Saxons, le déclin démographique et les difficultés économiques après 1929 favorisent l'essor du parti nazi local animé par Andreas Schmidt, qui propage les idées du Grand Reich (Assemblée de Sibiu en octobre 1933).

À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les extrémismes nationalistes perturbent la société transylvaine, malgré des signes positifs de volonté de coexistence au sein des populations ou parmi certains artistes et intellectuels comme Károly Kós. En juin 1940, sous la pression de Mussolini et d'Hitler, alors que ni la France ni la Grande-Bretagne ne peuvent plus la soutenir, la Roumanie est contrainte de rétrocéder la partie nord de la Transylvanie à la Hongrie le (deuxième arbitrage de Vienne). Entre 1940 et 1944, la Transylvanie est coupée en deux. On procède à des échanges de populations, Hongrois renvoyés au nord, Roumains expulsés vers le sud. La Hongrie organise son ultime colonisation de quelque 300 000 familles hongroises dans la région rattachée. Quant aux Saxons (restés en Roumanie), ils forment un quasi-État dans l'État, en s'organisant comme groupe ethnique allemand. Andreas Schmidt se considère comme le représentant local du Führer : sa garde rejoint à partir de mai 1943 la Waffen-SS, tandis que les Saxons sont incorporés — parfois de force, parfois avec enthousiasme — dans la Wehrmacht. Les Juifs de Transylvanie (nombreux dans les villes de l'Ouest et du Nord, Oradea, Cluj, et dans les campagnes du Maramureș) sont déportés par les autorités hongroises au printemps 1944 et livrés à l'Allemagne (ce qui est évoqué dans le livre La Vingt-cinquième Heure de Virgil Gheorghiu et dans les évocations de la mémoire d'Éva Heyman).

Après 1944, la Transylvanie entièrement reconquise par les armées roumaine et soviétique, est remise à la Roumanie dans les frontières de 1939 (ce que confirme le traité de Paris de 1947). Elle subit les contrecoups de la guerre et de la mise en place du régime communiste de Roumanie : les Saxons voient leurs terres confisquées, et ceux qui avaient servi dans l'armée allemande sont réclamés par l'URSS, livrés par la Roumanie et déportés en Sibérie. Les survivants reviennent dans les années 1950, certaines maisons sont restituées. Ils formeront, jusqu'en 1989, la plus grande minorité allemande compacte d'Europe de l'Est (100 000 h. en 1989). Les Hongrois, présents dans les structures du Parti communiste de Roumanie et profitant de la doctrine « socialiste » de « dépassement des nationalismes bourgeois », obtiennent la création d’une région autonome magyare dans l'Est de la Transylvanie (soit au centre de la Roumanie) sur le modèle des républiques autonomes d'URSS (19521972) : dans cette région, le magyar devient langue officielle. À cette époque, l'enseignement, la presse et les théâtres de Transylvanie sont trilingues : roumainhongroisallemand.

À la fin des années 1960, le nouveau président Nicolae Ceaușescu revient aux traditions jacobines de la Roumanie, rétablit les județe, supprime la région autonome magyare et rend au roumain son rôle de langue nationale unique : c'est ce que Catherine Durandin a appelé le « national-communisme roumain ». Tandis que le président de l'Allemagne fédérale (RFA) négocie à Bucarest (1981) des accords pour permettre l'émigration des Saxons contre paiement de frais proportionnels au niveau d'études, la Hongrie de János Kádár autorise (malgré le régime communiste « fraternel ») des manifestations à Budapest de « solidarité » envers la Transylvanie voisine, qui se multiplient entre 1987 et 1989. Dans les années 1980, l'opinion internationale, alertée par des émigrants hongrois, s'alarme de ces atteintes aux droits des minorités, tandis que la majorité roumaine les subit sans que l'on s'en émeuve, du moins jusqu'en 1989[16].

Perspectives depuis la chute du communisme (1989)Modifier

Lors de la chute du de la dictature communiste, le désir de certains cercles roumains (militaires ou policiers) de se poser en défenseurs de la nation afin de conserver leurs privilèges, couplé au désir de certains nationalistes hongrois d'obtenir à nouveau une autonomie territoriale locale, a provoqué un regain de tension en Transylvanie (affrontements roumano-hongrois de Târgu Mureș (Marosvásárhely) en mars 1990). Mais, depuis, la tendance est nettement à l'apaisement. En 1995, l'accord de Timișoara (ro) a été signé entre la Roumanie et la Hongrie: les deux États multiplient les symboles et les manifestations, déclarant suivre le modèle franco-allemand de réconciliation.

Cela n'a pas empêché le particularisme transylvain de ressurgir en réaction contre le refus du gouvernement post-communiste d'Ion Iliescu de rendre les propriétés confisquées par le régime communiste. Ce particularisme s'est manifesté en partie dans les rangs du Parti national paysan et surtout dans ceux de l'Union démocrate magyare de Roumanie : le pouvoir a répliqué en reprenant les thèmes du « national-communisme roumain » (également véhiculés par les partis de la « Grande-Roumanie » et du « Foyer roumain »). Le débat sur la régionalisation qui oppose le fédéralisme des Hongrois de Roumanie à l'ancienne tradition jacobine roumaine, s'est apaisé avec la démocratisation, avec l'intégration dans l'Union européenne, avec le recul des thèmes nationaux-communistes et surtout avec le début des restitutions, non seulement des petites propriétés hongroises confisquées par le régime communiste en 1950, mais même de certaines grandes propriétés de la noblesse hongroise confisquées par le royaume de Roumanie en 1923 et alors distribuées aux paysans roumains qui y vivaient, dont les descendants, eux, n'ont toujours pas obtenu réparation[17].

PopulationsModifier

Sur le plan démographique, d'une part la population transylvaine (comme celle de toute la Roumanie) baisse, et sur le plan linguistique la Transylvanie est de plus en plus homogène : entre 1992 et 2002, le nombre de Roumains a chuté de 7,3 %, celui des Hongrois a chuté de 12,7 % ; quant aux Saxons, ils ont rejoint à 95 % l'Allemagne dès 1990-1992 : c'est la fin de la minorité allemande en Roumanie.

EthniesModifier

 

Composition ethnique en 2011[18]

Année Total Roumains Hongrois Allemands Roms Ukrainiens Serbes Slovaques
1930[19] 5 114 214 58,3 % 26,7 % 9,7 % 0,8 % 0,4 % 0,8 % 0,7 %
1948[19] 5 761 127 65,1 % 25,7 % 5,8 % - - - -
1956[19] 6 232 312 65,5 % 25,9 % 6,0 % 0,6 % 0,5 % 0,7 % 0,3 %
1966[19] 6 736 046 68,0 % 24,2 % 5,6 % 0,5 % 0,5 % 0,6 % 0,3 %
1977[19] 7 500 229 69,4 % 22,6 % 4,6 % 1,6 % 0,6 % 0,4 % 0,3 %
1992[19] 7 723 313 75,3 % 21,0 % 1,2 % 1,1 % 0,6 % 0,4 % 0,2 %
2001
2011[18] 6 789 250 70,6 % 17,9 % 0,5 % 4,0 % 0,6 % 0,2 % 0,2 %
 
Dessin humoristique inspiré par les élèves de 6e de la « Școala Generală no 2 » de Brașov, pour illustrer la cohabitation des cultures en Transylvanie.

LanguesModifier

ReligionsModifier

ÉconomieModifier

La Transylvanie dispose de ressources naturelles, comme le lignite, le fer, le manganèse, l'or, le cuivre, le gaz naturel, le sel, le soufre et le bois. Des mines y fonctionnent depuis l'Antiquité ; à partir du XIXe siècle sont apparues des industries du fer, de l'acier, chimiques et textiles, ainsi que des exploitations forestières et des voies ferrées pour les desservir. Plus récemment, depuis 1995, leur remplacement par des routes et la privatisation des forêts domaniales ont accentué la déforestation, qui a mené au lessivage des sols, aux glissements de terrain et à des inondations de plus en plus spectaculaires et meurtrières.

L'activité agricole est importante : élevage, production viticole et activités maraîchères, sans oublier les industries alimentaires.

CultureModifier

Les églises fortifiéesModifier

Exemples de syncrétisme architectural religieux en Transylvanie.

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Les châteauxModifier

Article détaillé : Liste des châteaux roumains.

Syncrétisme culturelModifier

En partie grâce à une position géographique particulière et à une longue histoire tumultueuse et en partie du fait de la cohabitation de trois groupes ethniques pendant près d'un millénaire, le syncrétisme caractérise toutes les formes de la culture transylvaine, jusqu'au point où les apports des uns ou des autres sont difficiles à déceler : on le trouve dans l'architecture, dans la musique et la danse ainsi que dans la cuisine, voire, dans une certaine mesure, dans les costumes traditionnels des différents groupes ethniques.

La Transylvanie possède un patrimoine culturel matériel riche, mais encore peu restauré. La ville saxonne de Sighișoara a vu son centre historique intégré au patrimoine mondial de l'UNESCO, tout comme nombre d'églises fortifiées, d'églises en bois ou de forteresses daces. Sibiu, capitale culturelle de l’Europe en 2007, a gardé entièrement intacte sa vieille ville saxonne. De nombreuses autres villes ont préservé non seulement leur aire médiévale, mais aussi leurs murailles (Bistrița, Târgu Mureș, Aiud) ou leurs citadelles de XVIIIe siècle (Alba Iulia, Arad, Oradea).

On y trouve des châteaux médiévaux (Bran, Hunedoara, Făgăraș), des palais baroques (comme le palais Brukenthal à Sibiu ou le palais Bánffy à Cluj) et des hôtels art nouveauCluj, Oradea, Târgu Mureș (Marosvásárhely) ou Arad).

Les traditions rurales et les folklores roumains (Maramureș, Banat, Mărginimea Sibiului (ro) ou pays des Moți) comme hongrois (Kalotaszeg, Pays sicule) y sont étonnamment vivants.

La Transylvanie est surtout connue à l'étranger (à tort, historiquement) par association avec le légendaire vampire Dracula et Le Château des Carpathes de Jules Verne.

Festivals et événementsModifier

Festivals de filmModifier

Festivals de musiqueModifier

Festivals de théâtreModifier

  • Festivalul Internațional de Teatru de la Sibiu (FITS), Sibiu
  • man.in.fest – festival international de théâtre expérimental, Cluj-Napoca
  • Festival « Puck » – festival de théâtre de marionnettes, Cluj-Napoca

Festivals d'Arts médiatiquesModifier

  • Media Art Festival Arad

AutresModifier

  • de nombreux festivals médiévaux, dont celui de Sighișoara

Mythe de DraculaModifier

Article détaillé : Dracula.

Le personnage de « Dracula », lié à la Transylvanie, a connu une large diffusion en Europe et Amérique du Nord, mais il n'existe que depuis la fin du XIXe siècle et seulement dans le roman homonyme de l'écrivain irlandais Bram Stoker. Néanmoins, deux personnages historiques réels on inspiré à l'auteur son titre : les deux voïvodes de Valachie (et non de Transylvanie) nommés Vlad : « Dracul » et « Țepeș » (le dragon et l'empaleur). Vlad II le Dragon, de la dynastie des Basarab, était ainsi surnommé parce que le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg l'avait adoubé chevalier de l'ordre du Dragon Ourobore, voué à la lutte contre les Turcs ottomans. Vlad III Țepeș (« l'empaleur »), son fils, devait son surnom à une transgression de l'immunité diplomatique : il avait empalé un ambassadeur turc, Hamza Bey, et son chambellan Thomas Catavolinos, parce que ceux-ci avaient cherché à l'empoisonner. Vlad « Țepeș » ayant augmenté les droits de douane en Valachie des marchands saxons de Brașov, ceux-ci publièrent contre lui (Gutenberg venait d'inventer l'imprimerie) des gravures le traitant de monstre et de vampire, ou le montrant devant une forêt de pals : il y figurait sous le surnom de « Dracula ». Bram Stoker eut connaissance de ces gravures et de ces légendes par son correspondant austro-hongrois Ármin Vámbéry, et y puisa des éléments de son fameux roman, où Vámbéry est cité sous le nom d'Arminius Vambery, et où figurent aussi des éléments de biologie sud-américaine (les chauves-souris vampires Desmodus rotundus). Le comte vampire Dracula n'est ni un personnage historique ni même une légende transylvaine, mais un roman gothique de l'époque victorienne, dont l'action se situe en Transylvanie.

GalerieModifier

RéférencesModifier

  1. Ovid Sachelarie, Nicolae Stoicescu (coord.), (ro) Instituţii feudale din ţările române, éd. de l'Académie roumaine, Bucarest 1988.
  2. Alexandru Cihac, Dictionnaire d'étymologie daco-romane, Volume 1, éd. Rudolf St-Giar, Frankfurt am Main 1870-1879.
  3. Ioan Marian Țiplic, « Considerații cu privire la liniile întărite de tipul prisăcilor din Transilvania » dans Acta terræ Septemcastrensis, vol. I, Sibiu, 2002, p. 147 – 164 sur [1].
  4. Ovid Sachelarie, Nicolae Stoicescu (coord.) (ro) Instituţii feudale din ţările române, éd. de l'Académie roumaine, Bucarest 1988
  5. Alexandru Avram, Mircea Babeş, Lucian Badea, Mircea Petrescu-Dîmbovița et Alexandru Vulpe (dir.), (ro) Istoria românilor : moștenirea timpurilor îndepărtate (« Histoire des Roumains : l'héritage des temps anciens ») vol.1, éd. Enciclopedică, Bucarest 2001, (ISBN 973-45-0382-0).
  6. Alexandru Cihac, Dictionnaire d'étymologie daco-romane, Volume 1, éd. Rudolf St-Giar, Frankfurt am Main 1870-1879
  7. Daniel Dumitran, Societatea urbană în Transilvania premodernă : o tipologie a orașelor in : “Historia Urbana” n° 22 (2014), Academia [2]
  8. Une « commission mixte hongro-roumaine » a administré la Transylvanie, présidée par les ministres hongrois Oszkár Jászi (en) et roumain Alexandru Averescu, et une partie de la noblesse hongroise offrit la couronne hongroise à Ferdinand Ier de Roumanie, préférant une union personnelle entre la Grande Hongrie et la Roumanie dans leurs frontières de 1918, plutôt qu'un rattachement pur et simple à la Roumanie des territoires austro-hongrois à majorité roumanophone (tel qu'il fut consacré par le traité de Trianon) : Michel Sturdza, ancien ministre des Affaires étrangères de Roumanie, The Suicide of Europe, Western Islands Publishers, 1968, p. 22, Belmont, Massachusetts, Library of Congress Catalog Card Number 68-58284. Printed in the United States of America.
  9. József Breit, Hungarian Revolutionary Movements of 1918-19 and the History of the Red War, Vol. I : Main Events of the Károlyi Era, Budapest 1929, p. 115 – 16
  10. Priscilla Mary Roberts, World War I : a Student Encyclopedia
  11. A. Webb, The Routledge companion to Central and Eastern Europe since 1919, Routledge, 1re édition, 2008
  12. Joe C. Dixon, Defeat and Disarmament : allied Diplomacy and Politics of Military Affairs in Austria, 1918-1922, Associated University Presses, 1986, p. 34.
  13. Jean-Claude Dubois, Souvenirs de la Grande Guerre du général Henri-Mathias Berthelot, éd. Paraiges Histoire, Paris 2018
  14. Jean-Noel Grandhomme, La Roumanie de la Triplice à l’Entente, éd. Soteca, Paris 200
  15. Constantin Kirițescu, Istoria războiului pentru întregirea României 1916-1919 (« Histoire de la guerre pour l'unification de la Roumanie 1916-1919 »), vol. III, chap. 3, éd. Cartea Românească, Bucarest 1929 et Editura Științifică și Enciclopedică, 1989
  16. Le 11 mars 1989, six éminents membres du Parti communiste roumain publient dans les média occidentaux une lettre ouverte à Nicolae Ceaușescu, dénonçant sa politique : c'est la Lettre des six (en) : Gheorghe Apostol (ro), Alexandru Bârlădeanu (ro), Corneliu Mănescu, Grigore Răceanu (ro), Constantin Pârvulescu (ro) et Silviu Brucan (ro).
  17. Paul-Ioan Mărgineanu, (ro) Memorandum transilvan pentru următorul centenar (« Mémorandum transylvain pour le centenaire suivant ») in : „Condeiul Ardelean” n° 418 du 12-25 juillet 2019, sur [condeiulardelean.ro/articol/memorandum-transilvan-pentru-urmatorul-centenar-al-urmasilor-romanilor-tolerati-catre]
  18. a b et c (ro) « Tab8. Populația stabilă după etnie – județe, municipii, orașe, comune », sur Institutul Național de Statistică din România (consulté le 7 septembre 2015).
  19. a b c d e et f (en) « Hungarians in Transylvania between 1870 and 1995 » (consulté le 5 septembre 2015).
  20. (ro) (ro) « Populația stabilă după religie – județe, municipii, orașe, comune », Institutul Național de Statistică

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier