Dacie

région historique des Balkans

La Dacie sous le règne du roi Burebista.
La carte de la Dacie par Brue Adrien Hubert (1826)

La Dacie (en roumain : Dacia) est, dans l’Antiquité, un territoire de la région des Carpates, du bas-Danube et du littoral pontique occidental, correspondant approximativement aux actuelles Roumanie, Moldavie et aux régions adjacentes. Le mot Dacie (du latin Dacia) vient du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces[1]. Il a servi aussi à dénommer la marque d'automobiles roumaines Dacia et la roche volcanique Dacite.

La Dacie parmi les autres pays thraces et illyriens.

Peuples et migrationsModifier

La Dacie était également peuplée par des Celtes (Scordices, Britolages), des Scythes, des Sarmates et des Bastarnes. Ses côtes ont été colonisées par une dizaine de cités-ports helléniques, vecteurs d'une influence hellénique (lorsque les Daces écrivaient, ils utilisaient, comme les Gaulois, le grec). Il y avait aussi des commerçants romains. Les tribus daces se sont souvent affrontées entre elles, mais se sont parfois unies contre les Macédoniens et les Romains. Leurs alliés sont les Celtes, les Thraces et les Grecs, jusqu'à la conquête de la Grèce par l'Empire romain. Les tribus vivant dans la plaine céréalière du Danube se sont souvent alliées aux Romains contre celles, montagnardes et pastorales, des Carpates (un fossé antique, défensif contre les assauts venus des montagnes, et nommé brazda lui Novac en roumain, s'étire d'ouest en est à travers l'actuelle Valachie).

Après 256, les tribus daces épargnées par la conquête romaine (essentiellement les Carpes) s'allient avec les Goths et les Sarmates dans une « fédération de peuples barbares » constituée autour des « goths ». On évoque aussi des alliances ultérieures avec les Huns vers le IIIe siècle, et plus tard encore avec des Vénèdes, ancêtres des Slaves[2]. Avec les Goths, les Carpes pénètrent dans les Balkans mais, contrairement aux Goths, ils s'y fixent : les linguistes[3] y voient l'origine des Albanais et expliquent ainsi le lexique commun entre la langue albanaise et les langues romanes orientales[4].

Les grandes invasions sont l'une des raisons de l'abandon de la Dacie romaine par l'empereur Aurélien[1]. L'autre est l'épuisement des filons aurifères, rendant le maintien de cette province frontalière déficitaire. C'est la première grande province abandonnée par l'Empire romain à un moment où il était encore assez puissant. Pour que la province ne disparaisse pas des tables impériales et pour que ses légionnaires et fonctionnaires ne se retrouvent pas sans solde, le nom et l'ensemble des structures militaires et administratives furent officiellement déplacées en 271 au Sud du Danube dans la partie occidentale de l'ancienne province de Mésie, alors nommée Dacie aurélienne, puis divisée en 285 en Dacie ripuaire et Dacie méditerranéenne. Selon l'historien romain Eutrope[5] la population romanisée aurait été intégralement déplacée au sud du Danube, laissant la Dacie « déserte » jusqu'à l'arrivée des Avars au VIe siècle (thèse dite de l'« Awarenwüste »[6]).

Quoi qu'il en soit et quelle qu'ait pu être la répartition des populations de part et d'autre du Danube, les actuelles langues romanes orientales sont la preuve que les populations romanisées n'ont pas disparu[7]. Les controverses entre spécialistes, ne disposant pour cette période que de rares sources peu explicites, portent donc sur des thèses contradictoires concernant les éventuels déplacements, thèses archéologiquement et historiquement invérifiables en l'état actuel des sources et des recherches, mais fortement teintées par les nationalismes antagonistes des états modernes de la région, et aussi par le protochronisme qui lui, est hors du champ historique, mais très influent. Selon ces thèses, les populations romanophones auraient initialement évolué soit exclusivement au nord du Danube, pour migrer ensuite partiellement vers les Balkans (mais après l'arrivée des Slaves)[8] soit exclusivement au sud du Danube, pour migrer ensuite tardivement vers la Dacie nordique (mais après l'arrivée des Magyars)[9].

Ces thèses nationalistes font fi de la permanence du pastoralisme et de la transhumance, qui ont, pendant au moins un millénaire, maintenu le contact entre les deux rives du fleuve, démontré par le fait que les langues romanes orientales présentent les traits caractéristiques de ce qu'Arnaud Etchamendy définit comme une « pidginisation pastorale »[10], font partie de l'« union linguistique balkanique »[11] et n'ont commencé à se différencier qu'à partir du XIIe siècle[12]. Si, du XIe au XIVe siècle, le nombre de leurs locuteurs augmente au nord du fleuve et diminue au sud, c'est pour des raisons politiques et économiques : à ce moment le royaume de Hongrie commence à stabiliser la situation au nord, favorisant la sédentarisation des pasteurs romanophones, tandis qu'au sud, où les Slaves se sont établis en masse[13], les guerres bulgaro-byzantines de Basile II suivies des violences de la quatrième croisade, de la conquête ottomane et de leurs conséquences, entretiennent au contraire, une insécurité croissante[14].

PrésentationModifier

Organisation socialeModifier

 
« Comates », le peuple ordinaire.
 
Un « Taraboste » coiffé de son bonnet (musée de l'Ermitage).

On retrouve chez les Daces la « trilogie sociale » de beaucoup de peuples, décrite par Georges Dumézil : peuple ordinaire (paysans, artisans, marchands...), guerriers et prêtres. En Dacie, le peuple devait se découvrir devant les aristocrates, mais pouvait laisser pousser les cheveux d'où le nom de « Comates » (comati ou capillati) ; dans la guerre, il formait l'infanterie. L'aristocratie des « Tarabostes » (tarabostesei ou pileati) qui, à la guerre, formait la cavalerie, se signalait par le port d'un bonnet spécifique en tissu, feutre ou laine. Enfin les « Polistes » formaient la caste des prêtres[15].

Chaque tribu dace avait sa propre aristocratie et ses propres prêtres ; les tribus, de quelques dizaines de milliers de membres, vivent originellement dans des huttes de bois, en habitat dispersé ou bien regroupées en villages entourés par une palissade, puis, à une époque tardive, dans des oppidums qui évoluèrent en forteresses (davae en dace) munies de tours coniques en pierre. À la veille de la conquête romaine, ces davae étaient en passe d'évoluer en villes[16].

On a découvert dans une région des Géto-Daces (à Histria) un instrument musical, datant du IIIe siècle av. J.-C., formé de trois flûtes de bois : peut-être était-ce une cornemuse[17].

Deux types d'armes existent alors de manière certaine : armes de lutte à distance et armes de lutte au corps à corps. La cavalerie a un rôle de harcèlement, visant à attirer l'ennemi, lui tendre des pièges, et le mettre en position défavorable. Les Daces semblent n'avoir jamais utilisé des techniques massives avec des unités rigides et nombreuses. En revanche, ils se sont fait livrer des machines de guerre par les Romains et on sait qu'en raison d'un redoux inopiné, ils en ont perdu en passant le Danube gelé peu avant la bataille d'Adamclisi (accessoirement, cela nous renseigne sur les hivers de l'époque, assez rudes pour qu'il soit envisageable de passer ces machines sur la glace).

Pour les luttes au corps à corps, les Daces préfèrent porter une arme spécifique, la sica, ornée des symboles sacrés. Cette arme est ensuite adoptée par une partie des gladiateurs à Rome, appelés thraces par les Romains. Sur la colonne Trajane, on peut voir des Daces utilisant des faux de guerre (falx) particulières, appelées faux daces (en), dont la lame, de taille égale au manche, est dans la continuité de celui-ci. Une version à une main existe aussi, peut être la romphée (romphaia) des Thraces. Les légionnaires romains durent adopter leur équipement en conséquence, se protégeant le bras droit par des plaques articulées pour éviter d'être mutilés par ces faux.

ReligionModifier

Initialement, la religion dace était un culte à mystères à base de divinations et d'initiations. La présence d'une vingtaine de divinités attestées témoigne d'une croyance polythéiste. Les Daces avaient comme totem le loup et se définissaient comme « ceux qui sont semblables aux loups ». Leurs principaux symboles de guerre étaient le loup et le dragon utilisés en syrinx avec un tissu flottant à l'arrière et des anches pour produire des sons effrayants[18].

Les « Polistes » se rassemblaient parfois pour des rituels communs sur une « montagne sacrée » (Kogaionon en dace) qui semble avoir joué chez eux un rôle similaire à la « forêt des Carnutes » pour les druides gaulois. Selon Platon (Charmide), la religion des Daces aurait aussi évolué sous l'influence de l'orphisme, à travers un orphiste dace du nom de Zalmoxis ayant introduit parmi les « Polistes » le culte de Gebeleizis, père des Dieux, l'idée de l'immortalité de l'âme ainsi que des périodes de jeûne et de retraite, avant d'être lui-même ultérieurement divinisé après sa mort ; toutefois, ces nouveautés n'étaient pas unanimement acceptées et on trouve chez les auteurs antiques des échos de ces débats[19].

Les Daces connaissent et utilisent un calendrier solaire sacré, qui est conservé à l'intérieur de la cité de Sarmizégétuse. Ce serait un des plus précis de toute l'Antiquité, puisque l'erreur de ce calendrier ne serait que de 1 h 15 min 3 s chaque année (8 840 ans si on applique des corrections tous les trois ans)[20].

Les protochronistes et spécialement l'Église orthodoxe roumaine enseignent la thèse selon laquelle les Daces auraient été monothéistes (voir Christianisme en Dacie) ; cette thèse s'insère dans l'idéologie ultra-nationaliste selon laquelle les Roumains actuels descendraient en droite ligne des Daces, leurs traits identitaires étant déjà présents chez ces derniers[21],[22],[23].

ActivitésModifier

 
Outils daces au musée d'histoire de Cluj.
 
Bracelet dace au musée d'histoire de Cluj.

Leurs principales activités sont l'agriculture et l'élevage. Les chevaux sont surtout utilisés comme animaux de trait. Ils connaissent de nombreuses plantes médicinales dont les noms ont été sauvegardés par les Grecs, sans que leur traduction soit établie.

Les richesses des Daces sont constituées de très importantes réserves d'or, de sel et de céréales. Ils exploitent notamment les mines d'or et d'argent du massif du Bihor, dans l'actuelle Transylvanie. Ils pratiquent en outre le commerce, important au vu du nombre de monnaies étrangères trouvées dans le pays, et qui s'effectue surtout avec la Grèce, puis avec l'Empire romain. Dès la fin du IIe siècle av. J.-C., ils commencent à fabriquer des pièces en or, sans doute avec l'aide des colons grecs. La plupart sont des contrefaçons parfaites des pièces romaines, mais une partie des pièces ne sont pas des contrefaçons, car comportant également des inscriptions en alphabet grec.

Les plus nombreuses sont les statères en or au nom de Koson, ainsi nommées d'après l'inscription KOSON qui y figure, et qu'on suppose être le nom du chef des Daces dans une région après l'assassinat de Burebista en Dacie (et de César à Rome la même année). À l'avers de ces pièces, on voit un consul romain entouré de deux licteurs et un monogramme qui semble être la composition des lettres B et R. En exergue, Κοσών en alphabet grec. Le revers présente un aigle avec les ailes déployées, une serre sur un sceptre, et, dans l'autre serre, une couronne. 8,41 grammes or, 18-21 mm diamètre (description de Constantin Preda). Ces pièces ressemblent aux deniers de Brutus (les licteurs) et de Pomponius (l'aigle de la Victoire). Ils auraient pu être frappés par Brutus pour obtenir le soutien militaire de Kozon dans le cadre de la guerre contre Octave et Marc Antoine avant la bataille de Philippes. Appien affirme en effet que Brutus a battu monnaie avec de l’or et de l’argent que lui avait fourni la femme d’un membre de la dynastie, un roi de Thrace. De nombreux Thraces ont combattu dans les rangs de Brutus lors de cette bataille décisive.

Les Daces pratiquaient aussi des expéditions de pillage dans leur voisinage, notamment en Mésie romaine, ce qui sera à l'origine de plusieurs guerres dont celles qui mèneront leur royaume à sa perte.

Les Daces vus par les RomainsModifier

Des Daces se trouvent à Rome, avec d'autres populations originaires de la région actuelle des Balkans, comme les Illyriens par exemple, dès la période entre (mort de Jules César) et , lors de l'instauration du principat d'Auguste.

Ils ont de nombreuses occupations, dont la plus importante reste celle de gladiateur, qui leur convient bien, vu leur goût pour la lutte individuelle. Les gladiateurs s'entraînent dans de petites arènes nommées ludus. On connaît quatre dénominations de ces arènes : Dacicus, Gallicus, Magnus, Matutinus. L'existence de l'arène Dacicus suggère un nombre important de Daces luttant comme gladiateurs.

Lorsque la Dacie devient province romaine, les Daces se dirigent vers les activités militaires, devenant membres de la garde impériale — les prétoriens et la garde à cheval. La présence dace à Rome dans la garde impériale est attestée par des inscriptions dédiées aux empereurs et sur lesquelles on relève également les noms des soldats avec leur lieu d’origine : Aurelius Valerius - Drubeta, Antonius Bassinass - Sarmizégétuse, Titus Lempronius Augustus - Apulum. Sur un total de 120 noms daces, 15 sont originaires de Sarmizégétuse. Parmi eux, on remarque Claudiano, centurion de la 6e cohorte.

Une autre inscription concerne Iulius Secondinus, natione Dacus, prétorien appelé de nouveau au service, âgé de 85 ans, dans des conditions où à cette époque on dépasse rarement l'âge de 50 ans.

Les inscriptions des pierres funèbres des soldats appartenant à la garde impériale portent avec une certaine distinction le lieu d'origine des décédés. Par exemple : natione Thrax - pour les Thraces ; Lucius Avilius Dacus, dont le nom est écrit en marbre (70 av. J.-C.), deux siècles avant la conquête de la Dacie.

Une autre inscription a été découverte sur la Via Flaminia, dédiée à la mémoire de la reine Zia, veuve du roi des Costoboces, Dieporus, mise par ses petits-enfants Natoporus et Driglisa. Il semblerait que des prisonniers d'origine royale et noble aient été reçus sur la Via Flaminia.

L'empereur romain Trajan déclare : « Recevant l'empire pourrissant et affaibli dans toutes ses directions, par cette tyrannie qui l'avait travaillé longtemps à l'intérieur et par les nombreuses invasions des Gètes d'en dehors, j'ai été le seul à avoir osé attaquer ces peuples de l'autre côté du Danube. J'ai même conquis ces Gètes, la plus guerrière des nations qui ait jamais existé, non seulement par le corps, mais aussi par ces maximes de Zalmoxis, qui vit avec eux dans une telle vénération qu'il les a touchés si profondément dans leur cœur. Car ne croyant pas qu’ils meurent, ils pensent qu'ils changent seulement d'habitation… »

Cités de DacieModifier

 
Ruines du calendrier de Sarmizégétuse.

La capitale de la province romaine Dacia Felix était Ulpia Traiana Sarmizegetusa (« Sarmizégétuse ulpie trajane », du nom de l'empereur Trajan, Ulpius Traianus), se situe aujourd'hui dans le județ de Hunedoara, en Roumanie. Il ne faut pas confondre Ulpia avec l'ancienne capitale des Daces sous Décébale, Sarmizégétuse, située à 40 km de Ulpia, dans les monts Orăștie.

Dava signifie « cité » (dans le sens d'« oppidum ») en dace.

HistoireModifier

 
Objets datant de 1700 à 800 av. J.-C.

La période daceModifier

  • vers 2400-1700 av. J.-C., à la fin du néolithique, des peuples parlant des langues indo-européennes commencent à s'installer dans les territoires qui deviendront plus tard ceux de la Dacie, de la Mésie, de la Thrace et de la Grèce. Une civilisation agricole prend le relais de celles qui l'ont précédée (surnommées « pélasgiques ») et les nécropoles présentent de nombreux objets en or et argent.
  • 700 av. J.-C., installation de colonies grecques sur les bords du Pont Euxin.
  • 350 av. J.-C., installation de tribus celtiques (Scordices, Britolages, Bastarnes) parmi les Daces.
 
Campagne militaires dace de Burebista (60-).
  • 112-109 av. J.-C., puis 74 av. J.-C., 60-59 av. J.-C. et plus tard : conflits avec les Romains. Le chef Burebista, ayant rassemblé les autres chefs daces, gagne sans difficulté toutes ses batailles et prend parti pour Pompée contre César, mais il arrive trop tard. Burebista est assassiné par l'aristocratie dace (les « Tarabostes ») la même année que Jules César, très peu de temps après celui-ci.

La période romaineModifier

 
Influence romaine en bleu, influence des Daces libres en rouge (approximatif et variable).

Des détails sur les deux conflits majeurs entre Rome et les Daces se trouvent dans Dion Cassius et sur la colonne Trajane, érigée à Rome par Apollodore de Damas. Pour ces campagnes, l'Empire romain mobilise plus de 150 000 hommes pendant six ans. Ils construisent un pont en pierres sur le Danube, conçu par Apollodore de Damas et utilisé non seulement pour la conquête, mais aussi longtemps après celle-ci. On le voit sur la colonne Trajane, ainsi qu'un pont flottant utilisé plus en aval.

Après la conquête des forteresses daces (davae) situées entre le Danube et la capitale, commence le siège de la capitale dace, Sarmizégétuse : conquise après une résistance prolongée, celle-ci est détruite jusqu'à ses fondations. Seul le calendrier sacré est épargné.

Toutes les forteresses daces sont détruites. Une partie des Polistes (prêtres) et des Tarabostes (aristocrates) daces réussissent néanmoins à s'échapper de Sarmizégétuse, avec Décébale à leur tête, et organisent une résistance. Pourchassés, bientôt acculés, leur chef Décébale se suicide pour ne pas tomber prisonnier, et leur permettre une reddition honorable.

Ensuite les Tarabostes ralliés à Rome aident Trajan à récupérer le trésor de guerre de Décébale, évalué par l'historien Jérôme Carcopino à 165 500 kg d'or et 331 000 kg d'argent. Il fera partie du butin de la campagne. Une légende naît au XIXe siècle, lorsque le récit de Dion Cassius est étudié par les historiens, légende selon laquelle il resterait encore un grand nombre de trésors cachés dans les Alpes de Transylvanie. De fait, certains objets précieux ont été trouvés lors de « fouilles sauvages », qui n'ont apporté à leurs « inventeurs » que jalousies et ennuis avec les autorités, mais qui ont irrémediablent détruit des sites archéologiques. Les habitants de cette région croient depuis à une « malédiction de Décébale », une série de malheurs pour qui trouve les trésors du roi dace et les vend.

Du côté romain, la construction de la colonne Trajane n'est pas la seule façon de célébrer la conquête d'une partie de la Dacie et d'employer le butin saisi. L'État romain donne une fête de 123 jours, pendant lesquels la population peut boire et manger à volonté aux frais de l'État. Au Forum de Trajan, également dû à Apollodore de Damas, on érige des statues des tarabostes capturés, qui se trouvent actuellement en haut des colonnes de l'Arc de Constantin.

La province romaine de Dacie se limite aux actuelles Transylvanie et Olténie. Le reste de l'ancien royaume dace revient aux tribus daces restées libres, qui ne s'étaient pas ralliées à Décébale, voire avaient aidé les Romains : les Carpiens, les Costoboces et les Tyrgètes. On peut le voir sur certaines cartes[24]. Elle reste sous l'autorité d'un gouverneur de rang prétorien. La Légion XIII Gemina et ses nombreux auxiliaires ont leurs quartiers dans la province.

 
La Dacie dans l'Empire romain, vers 120. Carte schématique, voir ici une carte plus exacte.

ChronologieModifier

  • 85-89 ap. J.-C., les Daces engagent deux grandes guerres contre les Romains, avec des incursions profondes dans l'Empire romain qui font des ravages. Victoire de Décébale, roi des Daces. Décébale accepte de se reconnaître client de l’Empire, mais omet de rendre les prisonniers et les étendards des légions. Un traité sanctionne le statu quo.
  • 101-102 ap. J.-C., pour mettre fin à cet accord humiliant, Trajan lance sa première campagne. En 105-106 ap. J.-C., lors de la deuxième campagne, une partie de la Dacie devient province romaine.

Après la retraite romaine de DacieModifier

La retraite romaine de Dacie inaugure une période de l'histoire des ancêtres des Roumains et des Aroumains surnommée par les historiens roumains « Âge pastoral » en référence à l'occupation principale des Thraco-Romains, période qui connue surtout à travers l'archéologie, la linguistique comparée et la toponymie, car les sources écrites, tant épigraphiques que paléographiques, sont très succinctes et sujettes à controverses. Cette « diète documentaire » fait appeler cette période « Âge obscur » ou « Âge sombre » par les historiens hongrois, slaves, allemands ou occidentaux qui affirment que, puisqu'il n'y a pas de sources fiables, c'est que les ancêtres des Roumains ne s'y trouvaient pas. Suivant le postulat « absence de preuve égale preuve d'absence », les atlas historiques de ces pays ne mentionnent même pas l'existence des locuteurs des langues romanes orientales entre 271 et 1300, bien qu'ils soient attestés non seulement par la toponymie, mais tout de même aussi par des chroniqueurs comme Théophane le Confesseur, Théophylacte Simocatta, Kedrenos, Nicétas Choniatès et Anne Comnène. L'historien roumain Neagu Djuvara remarque avec humour que : « Les arguments des thèses antagonistes peuvent tous être contestés, mais ils ont le mérite d'exister, tandis qu'aucun fait archéologique et aucune source écrite n'étayent l'hypothèse d'une disparition pure et simple des roumanophones pendant mille ans, qu'ils se soient envolés avec les hirondelles pour migrer en Afrique, ou qu'ils soient allés hiberner avec les ours dans les grottes des Carpates ou des Balkans... »[25]. De plus, même s'il n'y avait aucune preuve archéologique ou toponymique et aucune mention écrite, la simple existence des langues romanes orientales suffit à prouver que les Thraco-Romains n'ont pas disparu lors de l'arrivée des Slaves, des Bulgares et des Magyars dans la région, pour réapparaître par « génération spontanée » après des siècles d'absence[26].

ChronologieModifier

  • en 271, la retraite romaine est définitive au nord du Danube. Les relations commerciales continuent néanmoins avec les habitants au nord du Danube, comme le prouve l’archéologie. Suivant ces relations, le christianisme aussi s’étend au nord du Danube. La création de la Dacie aurélienne vise à assurer aux légions et administrations retirées de la province abandonnée une pérennité au sud du Danube et peut-être à préparer la reconquête de la Dacie nord-Danubienne en cas de redressement de la situation[27].
  • la mère de l’empereur romain Galère qui règne de 293-311, était une Taraboste (aristocrate) dace élevée à Rome. Parce que Galère a persécuté les chrétiens, l’auteur chrétien Lactance le présente sous un jour très noir dans son livre La Mort des persécuteurs (vers 250, vers 325) : « au moment où il est devenu empereur, il s'est déclaré l’ennemi du nom même de "Romain" : il proposa alors que l’empire soit appelé, non pas l’Empire romain, mais l’Empire dace » ; les protochronistes roumains modernes prennent cette affirmation à la lettre pour y voir du « patriotisme dace », mais en réalité cet empereur gouverne et défend efficacement l’Empire romain pendant près de vingt ans[28].
  • de 271 à 381, les Daces du nord du Danube passent sous contrôle des tribus carpiennes, des Daces libres, et forment les Carpo-Daces ; ceux du sud du Danube restent citoyens romains en Dacie aurélienne et en Mésie où se poursuit leur romanisation[29].
  • la présence au VIe siècle des Thraco-Romains à travers des citations de leur langue, est mentionnée par les chroniqueurs Théophane le Confesseur et Théophylacte Simocatta mais, à ce moment, ils n’ont pas de désignation spécifique, étant, comme tous les citoyens de l’Empire romain d'orient quelles que soient leurs langues, dénommés « Romées » (Ῥωμαίοι).
  • plus tardivement (du IXe siècle au XIIIe siècle) les descendants romanisés des Daces (au nord du Danube) et des Thraces (au sud du Danube) apparaissent sous le nom de Valaques (notamment dans le cadre du Regnum Bulgarorum et Valachorum (royaume des Bulgares et des Valaques) au XIIe siècle)[30].
  • néanmoins ces populations, dans leur mémoire collective et dans leurs auto-désignations (endonymes) n’oublient pas leurs origines romanes, comme le montrent de nombreuses sources[n 1].

Une Dacie imaginaire devenue histoire officielleModifier

 
Mozaïque de l'époque communiste à Orăștie évoquant l'aristocratie dace (Décébale et ses tarabostes, héros de l'indépendance).

Depuis l’Etymologicum Magnum Romaniae de Bogdan Petriceicu Hasdeu (1886) faisant descendre la noblesse roumaine directement des tarabostes daces, et la Dacie préhistorique de Nicolae Densușianu (1913) imaginant la Dacie comme le centre d'une « civilisation pélasge » allant de l'Atlantique à l'Inde, base de toute la culture européenne[31],[32], un courant pseudo-historique appelé « protochronisme » postule que les Daces sont la plus ancienne civilisation au monde, les premiers à avoir inventé l'écriture, et que les ancêtres des Grecs et des Latins étaient en fait des tribus daces ayant migré en Grèce ou en Italie.

Ce courant ne s'imposait cependant pas aux milieux universitaires, et n'était pas enseigné dans les écoles tant que l'État roumain restait pluraliste, mais après 1938, avec la succession de dictatures durant un demi-siècle (carlisme, état national-légionnaire, fascisme collaborationniste et communisme de type stalinien), le protochronisme est devenu officiel et fut « enseigné » aux habitants, dès l'école primaire, pour les convaincre que le pays devait se fermer à toute influence étrangère, qu'il pouvait se suffire à lui-même sur tous les plans et que le régime en place s'enracinait dans l'histoire la plus ancienne. Pour étayer ces thèses, des artefacts apocryphes anciens (comme le Codex Rohonczi) ou plus récents (comme les tablettes de Tărtăria supposées dater de 7 300 ans avant le présent), ont été utilisés et ont fait l'objet d'études et de publications d'aspect scientifique, mais dont les sources sont soigneusement triées et les assertions invérifiables par d'autres chercheurs[33].

Pour prolonger leur crédibilité, les protochronistes, une fois le communisme abandonné dans leurs pays, ont donné à leurs hypothèses un aspect mystique en avançant que les religions des Illyriens, Thraces et Daces seraient parmi les plus élaborées ayant existé à l'époque dans le monde[34],[35],[36],[37]. Ces postulats sont contestés par le milieu universitaire dont les représentants expriment à ce sujet un profond scepticisme[38], mais les protochronistes sont beaucoup plus actifs dans la sphère médiatique, sur les réseaux sociaux et au sein de l'église orthodoxe roumaine[39].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les premières attestations des “Valaques“ se désignant eux-mêmes avec le nom de “Romain” datent du XVIe siècle, alors que des humanistes italiens rendent compte de leurs voyages en Transylvanie, Valachie et Moldavie. Ainsi, Tranquillo Andronico écrit en 1534 que les Valacchi s’appellent eux-mêmes « Romains » (nunc se Romanos vocant - A. Verress, Acta et Epistolae, I, p. 243). En 1532 Francesco della Valle accompagnant le gouverneur Aloisio Gritti à travers la Transylvanie, Valachie et Moldavie note que les “Valaques“ ont préservé leur nom de Romains et qu' "ils s’appellent eux-mêmes “Romei“ dans leur langue". Il cite même une phrase en roumain : "Sti rominest ?" (« sais-tu le roumain ? », roum. :ştii româneşte ?): "...si dimandano in lingua loro Romei...se alcuno dimanda se sano parlare in la lingua valacca, dicono a questo in questo modo: Sti Rominest ? Che vol dire: Sai tu Romano…" in Cl. Isopescu, Notizie intorno ai romeni nella letteratura geografica italiana del Cinquecento, in Bulletin de la Section historique, XVI, 1929, p. 1-90. Ferrante Capeci écrit vers 1575 que les habitants de ces provinces s’appellent eux-mêmes Romanesques (“Romanesci“) : "Anzi essi si chiamano romanesci, e vogliono molti che erano mandati quì quei che erano dannati a cavar metalli…" in Maria Holban, Călători străini despre Ţările Române, vol. II, p. 158–161, tandis que Pierre Lescalopier remarque en 1574 que "Tout ce pays la Wallachie et Moldavie et la plupart de la Transilvanie a esté peuplé des colonies romaines du temps de Trajan l’empereur… Ceux du pays se disent vrais successeurs des Romains et nomment leur parler “romanechte“, c'est-à-dire romain…" in : Voyage fait par moy, Pierre Lescalopier l’an 1574 de Venise a Constantinople, fol 48 in Paul Cernovodeanu, Studii şi materiale de istorie medievală, IV, 1960, p. 444. D’autres témoignages sur le nom que les Roumains se donnaient eux-mêmes viennent des intellectuels ayant connu de très près ou vécu au milieu des roumanophones. Ainsi le Saxon transylvain Johann Lebel note en 1542 que les Roumains se désignent eux-mêmes sous le nom de "Romuini"; "Ex Vlachi Valachi, Romanenses Italiani, /Quorum reliquae Romanensi lingua utuntur.../Solo Romanos nomine, sine re, repraesentantes/Ideirco vulgariter Romuini sunt appelanti" in: Ioannes Lebelius, De opido Thalmus, Carmen Istoricum, Cibinii, 1779, p. 11–12, alors que le chroniqueur polonais Orichovius (Stanislaw Orzechowski) observe en 1554 qu’« en leur langue les Roumains s’appellent Romin d'après les Romains, et Valaques en polonais, d’après les Italiens » : "qui eorum lingua Romini ab Romanis, nostra Walachi, ab Italis appellantur" in : St. Orichovius, Annales polonici ab excessu Sigismundi, in I. Dlugossus, Historiae polonicae libri XII, col 1555. Le Croate Antonio Veranzio remarque vers 1570 que les Roumains vivant en Transylvanie, Moldavie et Valachie se nomment eux-mêmes Romains (Roumains); "Valacchi, qui se Romanos nominant…" ; "Gens quae ear terras (Transsylvaniam, Moldaviam et Transalpinam) nostra aetate incolit, Valacchi sunt, eaque a Romania ducit originem, tametsi nomine longe alieno…" in De situ Transsylvaniae, Moldaviae et Transaplinae, in Monumenta Hungariae Historica, Scriptores II, Budapest 1857, p. 120. Le hongrois transylvain Martinus Szent-Ivany cite en 1699 les expressions roumaines : "Sie noi sentem Rumeni" (« nous aussi, nous sommes roumains », pour le roum. : Şi noi suntem români) et "Noi sentem di sange Rumena" (« nous sommes de sang roumain », pour le roum.: Noi suntem de sânge român) : "Valachos… dicunt enim communi modo loquendi: Sie noi sentem Rumeni: etiam nos sumus Romani. Item: Noi sentem di sange Rumena: Nos sumus de sanguine Romano" in : Martinus Szent-Ivany, Dissertatio Paralimpomenica rerum memorabilium Hungariae, Tyrnaviae, 1699, p. 39. Les documents historiques présentent deux graphies du mot « roumain » : român et rumân. Durant plusieurs siècles, les deux formes coexistent et sont employées d’une manière interchangeable, parfois dans le même document ; "am scris aceste sfente cǎrţi de învăţături, sǎ fie popilor rumânesti… sǎ înţeleagǎ toţi oamenii cine-s rumânii creştini" in : Întrebare creştineascǎ (1559), Bibliografia româneascǎ veche, IV, 1944, p. 6. Au Moyen Âge, l’endonyme ethnolinguistique rumân/român signifiait aussi « roturier », car les aristocraties des pays s'étendant sur les territoires habités par les descendants des Daces et des Thraces romanisés, étaient d'origine étrangère (slave, bulgare, hongroise, coumane, iasse et plus tard grecque). Pendant le XVIIe siècle, lorsque l’institution du servage connaît une extension significative, « roturier » revêt de plus en plus le sens de « serf ». Dans un processus de différenciation sémantique pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, la forme rumân, probablement plus commune parmi les paysans, finit par identifier le sens de « serf », tandis que la forme "român" garda son sens ethnolinguistique : Stelian Brezeanu, Romanitatea Orientalǎ în Evul Mediu, Editura All Educational, Bucureşti, 1999, p. 229-246. Après l’abolition du servage par le Prince Constantin Mavrocordato en 1746, la forme "rumân", restant sans support socio-économique disparaît graduellement alors que la forme "român, românesc" s’établit définitivement. Enfin le nom de la Valachie, est en roumain est Ţara Românească (anciennement aussi Ţara Rumânească), ce qui signifie pays Roumain. Le plus ancien document connu en roumain attestant la dénomination "Pays roumain" est une lettre — la Lettre de Neacșu — qu’un Neacşu écrit en 1521 au maire de Brașov pour le mettre en garde contre les mouvements des Ottomans au sud du Danube. Dans ce texte roumain, la principauté nommée par les étrangers « Valachie » est appelée « Pays Roumain » (Ţara Românească). Comme dans le cas de l’endonyme « roumain », la graphie du nom du pays n’est pas encore fixée, jusqu’au début du XIXe siècle les textes présentant les deux formes : Ţara Românească et Ţara Rumânească.

RéférencesModifier

  1. a et b La Dacie des Romains : des provinces éphémères par Yann Le Bohec, professeur d’histoire romaine
  2. Zosimus, IV, 34
  3. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Sergent et d'autres linguistes considèrent, dans une perspective paléolinguistique ou phylogénétique, que le proto-albanais s'est formé sur un fond thraco-illyrien vers le VIe siècle, à l'intérieur des terres, subissant un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne, tandis que les emprunts les plus anciens de l'albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l'illyro-roman qui était la langue romane anciennement parlée en Illyrie après la disparition de l'illyrien (pendant l'occupation romaine, l'illyro-roman a remplacé l'illyrien à la manière du gallo-roman remplaçant le celtique en Gaule). Comme les lieux albanais ayant conservé leur appellation antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves et que l'albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec, ces auteurs pensent que les ancêtres des Albanais ont vécu à l'est de l'actuelle Albanie et que régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines.
  4. Cicerone Poghirc, Considérations linguistiques sur l'ethnogenèse paleo-balkanique, RESEE n° XIV, 2, 1976, p. 207-220 et Philologica et Linguistica, Ausgewählte Aufsätze & Festsammlung Zum 55 Geburtstag (1953-1983), Studienverlag Dr N. Brockmeyer, Bochum 1983.
  5. Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre IX, 15.
  6. Eduard Robert Rösler : Romänische Studien : untersuchungen zur älteren Geschichte Rumäniens, Leipzig, 1871
  7. Alexandru Avram, Mircea Babeş, Lucian Badea, Mircea Petrescu-Dîmboviţa et Alexandru Vulpe (dir.), Istoria românilor : moştenirea timpurilor îndepărtate (« Histoire des Roumains : l'héritage des temps anciens ») vol.1, éd. Enciclopedică, Bucarest 2001, (ISBN 973-45-0382-0).
  8. (en) Vatro Murvar, The Balkan Vlachs : a typological study, University of Wisconsin--Madison, (lire en ligne), p. 20.
  9. (en) Alain Du Nay, André Du Nay et Árpád Kosztin, Transylvania and the Rumanians, Matthias Corvinus Publishing, , 337 p. (ISBN 978-1-882785-09-4, lire en ligne), p. 15.
  10. Arnaud Etchamendy, thèse de doctorat Euskera-Erderak, basque et langues indo-européennes : essai de comparaison, Université de Pau 2007, la pidginisation pastorale est un phénomène propre aux refuges montagneux accueillant des bergers et des exclus de diverses origines, fuyant la faim, la sécheresse, les persécutions en plaine : voir aussi Basque ou Saracatsanes
  11. Kristian Sandfeld, Linguistique balkanique ; problèmes et résultats, Champion, Coll. linguistique de la Société linguistique de Paris, Paris, 1930.
  12. Nicolae Iorga, Teodor Capidan, Constantin Giurescu : Histoire des Roumains, éd. (et rééd.) de l'Académie Roumaine
  13. Georg Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, Payot, Paris, 1956.
  14. Georg Ostrogorsky, Op. cit. et (ro) Florin Constantiniu, O istorie sinceră a poporului român, Bucarest, Univers enciclopedic, .
  15. Mircea Babeş, Cosmin Bărbulescu, Cătălin Gruia, Qui étaient les Daces ?, National Geographic magazine, édition roumaine de novembre 2004, p. 24-53.
  16. M. Babeş, C. Bărbulescu, C. Gruia, Op. cit., p. 24-53.
  17. La cornemuse est aussi évoquée par Ovide dans l'une de ses lettres : Julian Chitta, (ro) Ziare.com du 21.09.2010 Dosarele istoriei: Latinismul britanic, consulté le 24 mai 2013.
  18. (ro) Dicționar de istorie veche a României, éd. Științifică și Enciclopedică, Bucarest 1976.
  19. Hérodote, livre IV, 94-95.
  20. Images 3D sur dacii.go.ro
  21. Dan Dana, Zalmoxis de la Herodot la Mircea Eliade : Istorii despre un zeu al pretextului, Polirom, , 719 p. (ISBN 978-973-46-2599-4, lire en ligne), p. 461
  22. [1]
  23. Radu Cinpoes, Nationalism and Identity in Romania : A History of Extreme Politics from the Birth of the State to EU Accession, I.B.Tauris, , 320 p. (ISBN 978-0-85772-030-6, lire en ligne), p. 64
  24. carte sur empereurs-romains.net
  25. Neagu Djuvara sur [2]
  26. Si les langues romanes orientales ne proviennent pas de la romanisation des langues paléo-balkaniques par l’Empire romain, comme l'affirment Alexandru Avram, Mircea Babeş, Lucian Badea, Mircea Petrescu-Dîmboviţa et Alexandru Vulpe (dir.), dans Istoria românilor : moştenirea timpurilor îndepărtate (« Histoire des Roumains : l'héritage des temps anciens ») vol.1, éd. Enciclopedică, Bucarest 2001, (ISBN 973-45-0382-0), seule l’hypothèse de Vladimir Jirinovski (qui n’est ni linguiste, ni historien) peut constituer une alternative : selon lui, les roumanophones proviendraient d’un « mélange de colons italiens venus sur les nefs génoises et de Tziganes danubiens, mélange qui a envahi des terres appartenant légitimement à la Bulgarie, à la Hongrie et à la Russie » : [3].
  27. Voir sur ici
  28. Voir La mort des persécuteurs, chapitre XXVII - 8
  29. Konstantin Jireček, Histoire des Serbes (Geschichte der Serben), Gotha, 1911 et Histoire des Bulgares (en tchèque et en allemand), Prague 1876
  30. Sur le passage des Thraco-Romains aux Valaques, et de ceux-ci aux Roumains et aux Aroumains, voir Teodor Capidan sur Teodor Capidan (ro), Takis Papahagi sur Tache Papahagi (ro), Ovid Densușianu : Histoire de la langue roumaine, I, Paris, 1901, DLR 1983 ou Neagu Djuvara: Cum s-a născut poporul român (Comment le peuple roumain s’est formé), Humanitas, Bucarest, 2001, (ISBN 973-50-0181-0)
  31. Lucian Boia, Istorie și mit în conștiința românească („Histoire et mythe dans la conscience collective roumaine”) Humanitas, Bucarest 1997, pp. 82, 138-139, 140, 147-148
  32. Katherine Verdery, National Ideology under Socialism. Identity and Cultural Politics in Ceaușescu's Romania, University of California Press, 1991, (ISBN 0-520-20358-5), p. 326.
  33. (en)Eric Beckett Weaver : „An anthropological discussion of the significance of theories of cultural and historical primacy illustrated with examples from Hungary and Serbia ; (en)Katherine Verdery, National Ideology under Socialism : i dentity and Cultural Politics in Ceaușescu's Romania, University of California Press, 1991, (ISBN 0-520-20358-5).
  34. Dan Alexe, Dacopatia și alte rătăciri românești („La dacopathie et autres errements roumains”), Humanitas, Bucarest 2015
  35. (ro) Mircea Babeș, „La soi-disant renaissance de la Dacie”, Observator cultural, août 2001
  36. (ro) Vladimir Tismăneanu - „Mythes protochronistes et baroque stalino-fasciste”, Evenimentul zilei, 6 février 2006
  37. (ro) Alexandra Tomiță, O « istorie » glorioasă: dosarul protocronismului românesc („Une glorieuse « histoire », le dossier du protochronisme roumain”), éd. Cartea Românească, Bucarest 2007
  38. (en) Winn, Shan M (1981). Pre-writing in Southeastern Europe: The Sign System of the Vinča Culture ca. 4000 BCE. Calgary: Western Publishers. p. 15.
  39. Mircea Martin, La culture roumaine écartelée entre communisme et nationalisme, in : Revista 22 n° 44 (660)/XIII, octobre-novembre 2002.

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • M. Macrea, (ro) Viața în Dacia romană (« La vie dans la Dacie romaine »), ed. Academiei, Bucarest 1969
  • Liviu Mărghitan, (ro) Civilizația geto-dacilor (« La civilisation des géto-daces »), ed. Academiei, Bucarest 1981
  • Dan Ruscu, (ro) Provincia Dacia în istoriografia antică, ed. Nereamia Napocae, Cluj 2003
  • Alexandru Popescu, (ro) Cultura geto-dacă, ed. Științifică și Enciclopedică, Bucarest 1982
  • Adrian Daicoviciu, (ro) Dacia de la Burebista la cucerirea romană (« La Dacie de Burebista à la conquête romaine »), ed. Dacia, 1972

Articles connexesModifier

Antiquité romaineModifier

Liens externesModifier