Ouvrir le menu principal

Démographie de la Roumanie
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Dynamique
Population (2016) 21 599 736 hab.
Accroissement naturel −0,32 %
Indice de fécondité 1,34 enfant par
Taux de natalité
Taux de mortalité 11,9 
Taux de mortalité infantile 9,6 
Espérance de vie à la naissance 75,1 ans
Âge médian (2016)
Homme 39,3 ans
Femme 42,1 ans
Structure par âge (2016)
0-14 ans 14,4 %
15-64 ans 69,53 %
65 ans et plus 16,07 %
Sex-ratio
À la naissance 106 /100
Moins de 15 ans 106 /100
15-64 ans 100 /100
65 ans et plus 68 /100
Migration (2016)
Solde migratoire −0,2 
Composition linguistique
Roumain (officiel) 85,0 %
Hongrois 6,2 %
Romani 1,2 %
Autres 7,6 %
Composition ethnique (2011)
Roumains 88,9 %
Hongrois 6,5 %
Roms 3,3 %
Autres 1,3 %
Composition religieuse (2011)
Orthodoxie 81,0 %
Catholicisme 5,2 %
Protestantisme 3,9 %
Autres 9,7 %
Aucune 0,2 %

Selon le recensement de 2011, la Roumanie compte 20 121 641 habitants. Le pays, qui connait un lent déclin démographique, est en majorité habité par des roumanophones (88,9 %); les minorités hongroise et rom représentent respectivement 6,5 % et 3,3 % de la population. En 2016, se basant sur des données excluant les citoyens expatriés, Eurostat estime la population de la Roumanie à 19 759 968, alors que la CIA, se basant sur des données différentes qui intègrent les résidents non-citoyens (principalement des citoyens Moldaves) y compte 21 599 736 habitants.

Historique démographiqueModifier

Sources[1]

En Roumanie l'implantation humaine date du paléolithique, mais, en dehors des piémonts des montagnes et des vallées des principaux cours d'eau (voir géographie de la Roumanie), elle a été sporadique en raison du climat (périodes de sécheresse pluriannuelle) et d'invasions venues des steppes de l'est (peuples de cavaliers nomades). Les deux phénomènes sont d'ailleurs liés. La végétation aussi a évolué selon ces aléas : lors des périodes plus humides à peuplement sédentaire, les forêts (codri), les prés (pășuni) et les cultures (ogoare) progressaient, tandis que lors des périodes sèches à passage de peuples nomades, c'étaient les steppes à chardons, dont le Bărăgan est un exemple actuel. À chaque période sèche, les populations autochtones, à commencer par les Gétodaces et en continuant par les roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates (plus arrosés en raison de leur altitude), puis, les pluies revenues, ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages et des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions.

L’avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays fut celle des Tatars/Mongols au XIIIe siècle, puis le repeuplement roumain s’est effectué au XIVe siècle à partir de la Transylvanie, conclu par l’unification des petits voïvodats en deux principautés danubiennes : la Moldavie et la Valachie, qui s’unirent à leur tour en 1859 pour former la Roumanie.

Évolution de la population
Recensement Population Territoire
1859 3 864 000 Valachie et Moldavie
1877 4 500 000
1914 7 771 600
1930 18 052 896 Grande Roumanie
1941 13 535 757 Roumanie démembrée
1948 15 872 624 Roumanie
1956 17 489 450
1966 19 103 163
1977 21 559 910
1992 22 760 449
2002 21 698 181
2011[2] 20 121 641

Après la Seconde guerre mondiale, la Roumanie ne connaît ni « Libération » (dans le sens de « rétablissement de la démocratie ») ni retour de la prospérité, mais une nouvelle occupation durant 17 ans et une nouvelle dictature durant 45 ans, avec des difficultés économiques constantes qui n'empêchent pas une lourde industrialisation, une rapide urbanisation, les études plus longues et l'émancipation des femmes. En raison de ces diverses causes, il n'y a pas de baby-boom après guerre et la natalité décroit abruptement. Dans la population, la peur de l'avenir face au régime, contribue aussi à la diminution de la natalité, en Roumanie comme dans d'autres pays du bloc communiste.

Face à cette diminution, le président Nicolae Ceaușescu fait voter un décret interdisant l'avortement sur demande, en 1967. La natalité double, puis l'adaptation de la population la fait descendre lentement. Les générations nées en raison de ce décret s'appellent les « decretsels ».

À la libération de 1989, le décret est aboli. Malgré la démocratie, la confiance ne revient pas car en l'absence de tout équivalent du Plan Marshall, les responsables du régime précédent profitent de l'isolement et des dures conditions d'intégration posées par l'Union européenne (qui tarde durant 17 ans) pour se maintenir au pouvoir politique et économique. Par conséquent, la natalité en Roumanie (comme dans les autres pays de l'Europe de l'Est) n'arrive pas à dépasser la mortalité : la population a chuté de deux millions entre 1990 et 2010 à cause de l'émigration économique et de la natalité réduite.

Indicateurs démographiquesModifier

  • Pyramide des âges (estimations de 2014)[3] :
    • 0-14 ans : 14,6 % (homme 1 628 220 ; femmes 1 541 914)
    • 15-24 ans : 11,3 % (homme 1 258 746 ; femmes 1 197 681)
    • 25-54 ans : 45,7 % (homme 5 021 370 ; femmes 4 916 576)
    • 55-64 ans : 13 % (homme 1 320 781 ; femmes 1 508 878)
    • 65 ans et plus : 15,1 % (homme 1 346 864 ; femmes 1 988 841)
  • Répartition entre villes et campagnes[4] :
    • population urbaine (municipalités et villes) - 55,2 %
    • espace rural (communes) - 44,8 %
  • Taux de croissance de la population[3] : -0,29 % (estimation 2014)
  • Espérance de vie[3] : 74,69, dont :
    • hommes : 71,23 ans
    • femmes : 78,36 ans
  • Taux de natalité : 9,27 naissances/1000[3] (estimation 2014)
  • Taux de mortalité : 11,88/1000[3] (estimation 2014) dont mortalité infantile : 10,16/1000[3] (estimation 2014)
  • Taux de fécondité : 1,32 enfants par femme[3] (estimation 2014)
  • Taux de migration : -0,24/1000[3] (estimation 2014)

EthnieModifier

Le recensement ethnique en Roumanie est déclaratif et certaines communautés ethniques semblent sous-évaluées : c'est particulièrement le cas des Roms, nombreux à se déclarer Roumains pour ne pas être assimilés à des mendiants ou des « voleurs de poules »[5]. Évalués entre 90 000 et 120 000 personnes[6], les Aroumains, pour leur part, sont officiellement comptés parmi les Roumains, même s'ils se déclarent « Aroumains »[7].

Ethnie 2002[8] 2011[9]
Roumains[n 1] 19 399 597 89,47 % 16 792 868 83,46 %
Hongrois[n 2] 1 431 807 6,60 % 1 227 623 6,10 %
Roms 535 140 2,46 % 621 573 3,09 %
Ukrainiens[n 3] 61 098 0,28 % 50 920 0,25 %
Allemands 59 764 0,27 % 36 042 0,18 %
Turcs 32 098 0,14 % 27 698 0,14 %
Russes[n 4] 35 791 0,16 % 23 487 0,12 %
Tatars 23 935 0,11 % 20 282 0,10 %
Serbes 22 561 0,10 % 18 076 0,09 %
Slovaques 17 226 0,07 % 13 654 0,07 %
Bulgares 8 503 0,03 % 7 336 0,04 %
Croates[n 5] 6 807 0,03 % 5 408 0,03 %
Grecs 6 472 0,02 % 3 668 0,02 %
Italiens 3 288 0,02 % 3 203 0,02 %
Juifs 5 785 0,02 % 3 271 0,02 %
Tchèques 3 941 0,01 % 2 477 0,01 %
Polonais 3 559 0,01 % 2 543 0,01 %
Chinois 2 243 0,01 % 2 017 0,01 %
Arméniens 1 780 0,01 % 1 361 0,01 %
Csángós 1 266 0,01 % 1 536 0,01 %
Macédoniens - - 1 264 0,01 %
Autres 16 850 0,07 % 18 524 0,09 %
Ethnie non déclarée 1 941 0,01 % 1 236 810 6,15 %
  1. Y compris les Aroumains.
  2. Y compris les Sicules.
  3. Y compris les Ruthènes et Houtsoules.
  4. Y compris les Lipovènes.
  5. Y compris les Carashovènes.

ReligionsModifier

Article détaillé : Religion en Roumanie.

Le recensement de 2011 comportait une case « tradition religieuse »[9], mais si les athées et les sans religion déclarés sont peu nombreux, cela ne signifie pas que tous ceux qui ont déclaré une tradition soient pratiquants réguliers ou même croyants ; en fait, la pratique est forte surtout dans les petites confessions et, pour la confession majoritaire, lors des grandes fêtes traditionnelles telles que baptêmes, mariages, enterrements, Pâques et Noël[10] :

MigrationsModifier

EmigrationModifier

ImmigrationModifier

Population en Roumanie par nationalité, selon Eurostat[11]
Pays 2015 2016 2017 2018
Population totale 19 870 647 19 760 314 19 644 350 19 530 631
  Roumanie 19 781 848 19 653 079 19 529 823 19 419 108
Total étrangers 88 771 107 187 114 462 111 411
  Italie 10 279 14 612 14 912 14 867
  Moldavie 9 409 9 333 9 250 8 313
  Turquie 8 436 8 440 8 350 7 091
  France 3 686 5 239 6 297 7 021
  Chine 7 045 7 296 7 477 6 557
  Allemagne 3 352 4 765 5 596 5 997
  Hongrie 2 841 4 040 4 521 4 457
  Syrie 3 963 4 461 4 771 4 330
  Grèce 1 817 2 581 3 091 3 317
  Israël 1 744 2 459 2 852 2 844
  Bulgarie 1 561 2 223 2 324 2 694
  Pologne 1 483 2 105 2 365 2 599
  Royaume-Uni 1 621 2 303 2 344 2 423
  Irak 1 751 2 152 2 585 2 303
  Espagne 1 615 2 295 2 278 2 256
  Autriche 1 162 1 651 1 895 1 888
  Pays-Bas 1 002 1 422 1 678 1 847
  États-Unis 1 921 1 984 1 943 1 667
  Serbie 1 560 1 706 1 743 1 519
  Ukraine 1 504 1 771 1 815 1 444
  Portugal 696 986 1 214 1 428
  Tunisie 1 391 1 682 1 688 1 402
  Maroc 959 1 193 1 313 1 262
  Suède 681 967 1 141 1 246
  Liban 1 283 1 300 1 332 1 185
  Iran 1 140 1 162 1 141 1 037
Population en Roumanie par pays de naissance[11],[12]
2008 2013 2015 2016 2017 2018
Population totale de la Roumanie 21 528 627 20 020 074 19 870 647 19 760 314 19 644 350 19 530 631
  Roumanie 21 385 774 19 826 852 19 580 034 19 400 692 19 214 480 19 013 651
Population totale née à l'étranger ' 182 939 281 048 350 753 421 801 508 625
  Moldavie 39 551 59 670 114 654 137 550 161 846 199 703
  Italie 5 882 22 486 38 580 49 038 56 515 62 914
  Espagne 2 986 18 827 29 937 36 791 42 165 47 311
  Ukraine 13 252 8 743 11 900 14 056 16 729 24 570
  Royaume-Uni 768 2 604 5 208 10 140 15 346 21 050
  Allemagne 2 600 3 759 6 552 10 715 15 121 20 168
  France 1 334 3 780 6 471 9 430 12 589 15 867
  Bulgarie 19 376 11 163 10 465 10 874 10 646 10 543
  Hongrie 5 766 5 795 6 420 7 181 8 184 8 648
Inconnus 10 283 9 565 8 869 8 069 8 355
  Turquie 2 934 5 057 6 733 7 986 7 901
  Russie 7 626 4 952 5 269 5 572 6 063 7 189
  Grèce 4 881 4 085 4 653 5 587 6 494 6 864
  Chine 2 184 2 978 3 722 4 226 5 068 5 473
  États-Unis 2 066 2 360 2 876 3 479 4 428 4 888
  Israël 866 1 665 1 837 2 113 2 936 3 660
  Syrie 7 489 2 295 2 576 2 833 3 492 3 358
  Belgique 534 1 102 1 924 2 650 3 269
  Irlande 22 657 1 285 1 876 2 632
  Serbie 1 990 1 529 1 853 2 296 2 465
  Autriche 121 509 1 191 1 934 2 084
  Irak 1 059 1 136 1 419 1 705 2 338 2 045
  Portugal 81 364 962 1 377 1 820
  Tunisie 1 034 1 062 1 361 1 627 1 650
  Iran 989 1 114 1 261 1 342 1 464 1 346
  Pays-Bas 198 534 890 1 195
  Danemark 263 554 771 1 034
  Chypre 307 634 833 1 001

Notes et référencesModifier

  1. Constantin C. et Dinu Giurescu, Istoria Românilor din cele mai vechi timpuri și pînă astăzi, Editura Albatros Bucarest 1971 ("Histoire des Roumains des origines a nos jours").
  2. (ro) « Rezultate | Recensamant 2011 », (consulté le 28 janvier 2016).
  3. a b c d e f g et h (en) « World Factbook », CIA (consulté le 11 novembre 2014).
  4. National Institute of Statistics, INSSE.ro, July 1, 2007 (ro).
  5. Article "Mais combien sont les Roms ?" publié dans le journal Jurnalul Naţional, traduit en français sur le site Presseurop.eu, le 20/10/2011 - Mais combien sont les Roms ?
  6. « Eurominority », sur www.eurominority.org.
  7. Certaines associations aroumaines, comme Bana armâneascã (sur [1]) militent activement pour la reconnaissance des Aroumains comme comunitate naţională
  8. (ro) « Structura Etno-demografică a României », sur www.edrc.ro (consulté le 21 février 2017).
  9. a et b Rezultatele finale ale Recensământului din 2011: (ro) « Tab8. Populația stabilă după etnie – județe, municipii, orașe, comune », sur Institutul Național de Statistică din România, (consulté le 15 février 2016).
  10. Assistance au culte corrélée à l’appartenance religieuse - enquête nationale SSC, 2001 sur [2]
  11. a et b (en-GB) « Database - Eurostat », sur ec.europa.eu (consulté le 21 février 2017).
  12. http://ec.europa.eu/eurostat/data/database

Liens externesModifier