Rattachisme

courant se revendiquant comme irrédentiste

Réunionisme

Le rattachisme ou réunionisme est un courant politique irrédentiste au sein du Mouvement wallon prônant la sécession de la Belgique par la Région wallonne (Wallonie) (voire également par la Région bruxelloise) et sa réunion à la France.

Drapeau de la France marqué en son centre du coq wallon qui est utilisé par les partisans de la réunion de la Wallonie à la France.

Nom modifier

Le mot rattachisme est un belgicisme datant de 1830[1]. Les partisans de la réunion de la Wallonie à la France préfèrent toutefois le terme réunionisme[2] dès lors que le territoire de la Wallonie a déjà été intégré à la France au cours de son histoire, notamment entre 1795 et 1815. Une réunion de la Wallonie à la France correspondrait en effet selon eux à une réunification française, selon leur point de vue irrédentiste[3].

 
Carte de la France avec la Wallonie aux couleurs du drapeau français.

Objectifs modifier

 
Carte des anciennes régions françaises avec la Wallonie.

Le réunionisme souhaite une réunion progressive de la Wallonie (éventuellement accompagnée de Bruxelles) à la France, en permettant à ces régions de conserver leur identité et leur territoire, le cas échéant par l'octroi d'un statut particulier à discuter[4]. Cette réunion pourrait correspondre à une intégration de la Wallonie comme une Région française à part entière, soit à une intégration avec des dispositions spéciales comme pour l'Alsace-Moselle, soit encore à une intégration avec un statut d'autonomie comme ce fut le cas pour les territoires français d'outre-mer avant 2003[5]. En tant que nouvelle région de France, la Wallonie ferait ainsi partie intégrante de la République, garderait Namur comme chef-lieu régional et serait composée de 5 départements correspondants aux 5 provinces wallonnes. Pour ses partisans, une telle réunion permettrait à la population wallonne de préserver son niveau de vie en cas de scission de la Belgique, de protéger la langue française et d'apporter à la Wallonie la protection d'une grande puissance internationale. La France bénéficierait d'une nouvelle région, agrandissant son territoire et sa population. En outre, au niveau européen, cela aurait l'avantage de rééquilibrer, le couple franco-allemand et rapprocherait la France des Pays-Bas.

Histoire modifier

Intégration de la Wallonie dans la France avant 1792 modifier

Dès le Ve siècle, le territoire de la Wallonie faisait partie du royaume des Francs, qui préfigure le royaume de France, établi dans le Nord de la Gaule Belgique jusqu’au Rhin[6]. Tournai était considérée comme capitale du royaume jusqu’à ce que le roi Clovis lui préférât Paris en 508 pour sa position centrale en Gaule[7]. Par ailleurs, les familles des Mérovingiens et les Carolingiens, qui sont les deux premières dynasties ayant régné en France au Haut Moyen-Âge, sont originaires de Wallonie puisque Clovis est né à Tournai, Pépin d’Herstal provient de la région liégeoise[8] et Charles Martel est né à Andenne[9].

La Wallonie demeura intégrée dans les royaumes francs mérovingiens puis carolingiens jusqu’au partage du traité de Verdun en 843 entre les petits-fils de Charlemagne. Lors de ce traité, il fut décidé d’intégrer le territoire wallon dans la Lotharingie, au même titre que les régions françaises de Lorraine, d’Alsace, de Franche-Comté, de Provence et du pays lyonnais[10]. Dans la Lotharingie, espace défini par des frontières conventionnelles artificielles sur lequel cohabitaient des populations latines et germaniques de langues et cultures différentes, la Wallonie se trouva au centre de rivalités et zones d’influences entre, d’une part, les rois de France et, d’autre part, l’Empereur du Saint-Empire germanique et les Hasbourg[11].

Cependant, au Moyen Âge, la ville de Tournai était considérée comme française : en 1429, Jeanne d'Arc s'adressait dans une lettre aux « loyaux Français de la ville de Tournay[Note 1] ». La ville fut brièvement occupée par les Anglais pendant la guerre de la Ligue de Cambrai avant d'être prise par Charles Quint en 1521 au début de la sixième guerre d'Italie. La ville redevint française en 1667 avant d'être cédée au Saint-Empire germanique lors des traités d'Utrecht de 1713[12].

Par ailleurs, dans le cadre de la politique des Réunions menée par Louis XIV, consistant à rattacher progressivement au royaume de France les territoires de l’ancienne Gaule romaine afin de consolider ses frontières, les armées royales françaises ont tenté à plusieurs reprises de réunir le territoire de la Wallonie actuelle à la France[13]. Le sud de la Wallonie et le Luxembourg ont ainsi été rattachés à la France en 1684 dans le cadre de la guerre des Réunions opposant la France aux Provinces-Unies. Par ailleurs, la ville de Mons a été intégrée à la France de 1691 à 1697 et celle de Namur de 1692 à 1695. Les armées françaises crurent pouvoir réunir définitivement la Wallonie en 1746 pendant la guerre de Succession d'Autriche, après leurs victoires lors du siège de Tournai et aux batailles de Fontenoy, Rocourt et Lauffeld après lesquelles la France conquit l'ensemble de la Wallonie et des Pays-Bas autrichiens jusqu'à Maastricht. Cependant, lors des négociations de paix d'Aix-la-Chapelle en 1748, le roi Louis XV, souhaitant traiter « en roi et non en marchand », renonça aux territoires conquis par ses troupes, ce qui a suscité de nombreuses protestations en France[14],[15],[16].

Révolution française et période napoléonienne modifier

Dans le cadre de la Révolution française, lorsque les Pays-Bas du sud faisaient partie du Saint-Empire et du cercle de Bourgogne, une révolution surgit à Bruxelles en 1789, sous le règne de l'empereur Joseph II, possédant à titre personnel les provinces des Pays-Bas en tant qu'héritier et descendant des ducs de Bourgogne et des dynastes locaux[17]. Les troupes impériales autrichiennes furent battues par les révolutionnaires bruxellois. L'indépendance des États belgiques unis qui s'ensuivit entraîna un retour offensif des Impériaux qui furent rapidement repoussés à leur tour par les armées de la jeune République française.

Par ailleurs, la révolution liégeoise survenue à partir de 1789 est considérée par certains comme le reflet voire un épisode de la Révolution française[18]. Elle aboutit à la réunion du pays de Liège à la République française en suite d'un plébiscite au suffrage universel lors duquel les Liégeois ont voté en faveur de la réunion à France[19]. Le vote en faveur de la réunion à la France fut massif puisque sur 21 919 suffrages exprimés, on ne recensa que 92 votes négatifs[20]. Le soutien à la réunion à la France était particulièrement important chez les Franchimontois[21].

En 1792, les anciens Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège furent réunis à la France[22]. La Convention proclama officiellement le rattachement de Liège à la France le 3 mai 1793[20].

 
Le général Charles-François Dumouriez dont l'armée a libéré Liège des troupes du Saint-Empire germanique en 1792 et qui a déclaré que les Liégeois constituent une seconde nation française.

Le général Dumouriez, après avoir infligé une défaite aux Impériaux lors de la bataille de Valmy et celle de Jemappes, entra dans Liège 28 novembre 1792. Il a témoigné à propos des Liégeois : « Un peuple spirituel, sensible et fier nous a reçus avec cette fraternité républicaine que notre exemple et nos victoires propageront bientôt dans toute l'Europe. Cette nation vraiment digne de la liberté est une seconde nation française »[21].

Au début de 1793, les autorités françaises décidèrent de réunir à leur tour le comté de Hainaut et le Tournaisis en un nouveau département français : le département de Jemmapes. La population de ce nouveau département fut invitée à voter en faveur de ce projet dans le cadre d'« assemblées primaires ».

 
Carte de la première République française en 1800.

Après un bref retour des Impériaux, les troupes françaises revinrent victorieusement en 1794. Le territoire fut officiellement annexé à la République en octobre 1795. Il y eut peu de débats au sujet de cette annexion en Belgique. Quelques voix s'élevèrent pour défendre l'idée d'une éventuelle indépendance, mais la majorité de la population se rallia à la décision de la Convention nationale[23].

Lors du traité de Campo-Formio du , François II, empereur du Saint-Empire, ancienne puissance souveraine, céda à perpétuité le territoire des Pays-Bas du sud à la France : « Les articles 3 et 4 du traité de Campo-Formio consacrèrent enfin, au point de vue international, la réunion de la Belgique à la France. Voici ces articles. Art. 3 - Sa Majesté l'Empereur, Roi de Hongrie et de Bohême, renonce pour elle et ses successeurs en faveur de la République française, à tous ses droits et titres sur les ci-devant provinces belgiques, connues sous le nom de Pays-Bas autrichiens. La République française possédera ces pays à perpétuité, en toute souveraineté et propriété, et avec tous les biens territoriaux qui en dépendent[24] ».

Le , les territoires des Pays-Bas autrichiens, de la principauté de Liège, de la principauté de Stavelot-Malmedy et du duché de Bouillon correspondants approximativement à la Wallonie actuelle furent organisés en cinq départements :

Département Chef-lieu
86 Jemmapes Mons
94 Dyle Bruxelles
96 Ourthe ou Ourte Liège
97 Sambre-et-Meuse Namur
98 Forêts Luxembourg
 
Portrait de Napoléon Bonaparte, Premier consul de la République française, à Liège.

En 1814-1815, alors que le Congrès de Vienne discutait du sort de l'Europe en suite du départ de Napoléon, le « parti français » se fit entendre en Belgique. Il s'agissait principalement d'industriels, de commerçants, de fonctionnaires et d'anciens magistrats du régime napoléonien guidés tant par l'intérêt matériel que par le sentiment. Ils étaient principalement situés en province de Hainaut[25]. Malgré ce soutien à la France d'une partie significative de la population et des acteurs économiques wallons, les grandes puissances conservatrices européennes décidèrent de rassembler la Belgique et les Pays-Bas dans le royaume uni des Pays-Bas.

Le découpage territorial français en Wallonie est en grande partie conservé depuis et est à l'origine des cinq provinces wallonnes modernes : le Brabant wallon (partie méridionale de l'ancien département de la Dyle), le Hainaut, la province de Liège, le Luxembourg (partie occidentale de l'ancien département des Forêts) et la province de Namur.

Révolution belge modifier

Au moment de la révolution belge (1830), les partisans du rattachement à la France se firent entendre. Ce courant était relativement minoritaire[26],[27] et principalement issu de la bourgeoisie marchande et industrielle[28] et des régions économiquement tournées vers la France[27] : Verviers, Liège et le Hainaut[26].

Au début de 1831, quatre journaux défendaient des positions réunionistes : Le Journal de Verviers (Verviers), Le Journal de la province de Liège (Liège), L'Industrie (Liège) et L'Éclaireur (Mons). À Verviers, les rattachistes étaient majoritaires. En effet, l'industrie drapière de cette ville aurait grandement profité de l'accès au marché français. À Liège, ils se limitaient à une partie de la bourgeoisie industrielle. À Mons, le courant rattachiste était également minoritaire (une pétition en faveur de la réunion à la France ne recueillit que deux à trois cents signatures pour une population de 23 000 habitants). En Hainaut, les rattachistes étaient principalement des industriels et des commerçants, en particulier des patrons charbonniers. Le rattachisme aurait également reçu quelques sympathies au Luxembourg. À Verviers et à Mons, les rattachistes s'organisent et sont majoritaires aux élections communales de 1830. À Liège et à Tournai, leur représentation est importante[29]. Dans le reste du pays (Brabant wallon, Hesbaye, Namurois, Bruxelles, Flandre), le rattachisme était plutôt faible[30].

Les arguments des rattachistes sont principalement d'ordre économique. Les cercles industriels et commerçants ne croient en effet pas que la Belgique indépendante puisse être viable[31], la majorité d'entre eux souhaitent « conserver les liens avec le Royaume-Uni des Pays-Bas, tandis qu'une minorité d'entre eux veut retourner sous l'aile de la France[32] ». Leur argument principal est que l'industrie d'une Belgique indépendante ne trouvera jamais de marchés suffisants pour ses produits. Le rattachement à la France est donc selon eux la meilleure solution pour préserver la prospérité du pays[33]. Accessoirement, on trouve aussi des arguments politiques : les frontières naturelles de la France placent la Belgique en France ; la culture de la Belgique est française ; la Belgique indépendante n'est pas viable, vu sa division entre deux races[34]. La francophilie, l'« amour de la langue et de la culture françaises ainsi que de l'État laïc », étaient également des moteurs du mouvement parmi l'élite wallonne[29].

Certains révolutionnaires belges, comme Surlet de Chokier, qui sera peu après régent du royaume de Belgique, se laisseront également convaincre par le rattachisme parce qu'ils pensaient que la Belgique indépendante serait impuissante face aux grandes puissances. Ils considéraient donc que le rattachement à la France serait inévitable à terme. On compte parmi les rattachistes des personnalités telles que Charles Rogier et Alexandre Gendebien[35].

A contrario, certains révolutionnaires, comme Joseph Lebeau, redoutaient que le rattachement à la France puisse conduire à une guerre européenne et rejetteront donc cette hypothèse[36]. En effet, le rattachisme avait le désavantage d'être incompatible avec les intérêts des puissances européennes, qui étaient radicalement opposées au rattachement de la Belgique à la France[27]. Néanmoins, l'immense majorité des meneurs de la révolution étaient conscients qu'en cas de guerre avec les puissances conservatrices, la Belgique n'aurait d'autre choix que de se tourner vers la France et peut-être de sacrifier son indépendance. Ils étaient également francophiles : ils appréciaient la culture française et étaient conscients que sans la France, la Sainte-Alliance aurait probablement mis fin à l'indépendance de la Belgique[37]. Le rattachisme était donc vu avec une certaine sympathie par les membres du Congrès[27],[37]. Par contre, l'Église catholique y était opposée, à cause de l'anticléricalisme qui régnait alors en France[38].

 
Louis d'Orléans, duc de Nemours, fils de Louis-Philippe Ier, roi des Français, qui fut choisi comme roi des Belges par le Congrès national.

Le , au Congrès national, les rattachistes ne peuvent s'opposer au vote à l'unanimité en faveur de l'indépendance de la Belgique[39]. Au début de la révolution, les rattachistes pétitionnent depuis Mons, Liège et Verviers en faveur du rattachement pur et simple à la France[40]. Dès décembre, certains rattachistes envisagent des solutions alternatives et lancent alors l'idée d'offrir la couronne du royaume de Belgique à Louis-Philippe. Devant le Congrès, Jean Pirmez, Charles Blargnies, François Lardinois, Pierre David, Goswin de Stassart et Louis Delwarde défendront ce projet[26]. Le Congrès rejette néanmoins cette idée.

La seconde solution pour les rattachistes fut de soutenir la candidature du duc de Nemours, fils de Louis-Philippe Ier, au trône de Belgique[40],[26]. Le Congrès national se rallia à cette option et élit le le duc de Nemours roi des Belges[Note 2]. Mais Louis-Philippe, craignant une guerre européenne dans laquelle la France serait isolée, refusa la couronne pour son fils. Ce refus déçut fortement les rattachistes. En , ils tentent de prendre le pouvoir à Liège, mais échouent[40].

L'avènement de Léopold Ier en ruina les espoirs d'un rapprochement avec la France. Le mouvement rattachiste perdit son influence dès la fin de 1831[41]. Un certain nombre se réconcilient avec l'idée d'une Belgique indépendante mais la majorité d'entre eux y restèrent opposés, toujours principalement pour des raisons économiques. Certains s'allient alors aux orangistes, car « la Belgique n'est pas viable et, selon eux, le marché hollandais vaut mieux que pas de marché du tout[40]. » Cette alliance leur permit de continuer à jouer un rôle[27].

Courant du Mouvement wallon modifier

Entre 1902 et 1905, Albert du Bois, écrivain et militant wallon, publie ses ouvrages Le catéchisme des Wallons. Nos droits. Nos devoirs. Nos espérances, La république impériale et Belges ou Français ? dans lesquels il plaide pour la réunion de la Wallonie à la France dès lors que l'identité des Wallons et des Français serait commune[42]. Il est considéré comme le théoricien de l'irrédentisme français en Wallonie.

Première guerre mondiale modifier

Pendant la Première Guerre mondiale et l'occupation de la quasi-totalité du territoire belge par l'armée allemande, des activistes wallons réfugiés en France tentent de formuler des propositions fédéralistes ou rattachistes, en particulier Raymond Colleye, influencé par Albert du Bois, qui a lancé en 1916 les revues La Wallonie puis L’Opinion wallonne (censurées à la demande du Gouvernement belge)[43].

Seconde Guerre mondiale modifier

 
Drapeau du mouvement de résistance Wallonie libre, inspiré de la France libre. Il s'agit du drapeau wallon auquel est ajoutée une croix de Lorraine.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, des militants wallons influencés par l'abbé Jules Mahieu ont créé dès 1940 le mouvement de résistance Wallonie libre, en imitant la France libre du général de Gaulle[44]. Le groupe posa des actes de résistance au cours de la guerre et fut actif après la Libération. Certains de ses membres étaient en faveur de la réunion de la Wallonie à la France. Le drapeau du mouvement était composé du drapeau wallon dont le coq est inversé et accompagné d'une croix de Lorraine en référence à la résistance française. Selon l'historienne Catherine Lanneau « dans l’imaginaire du Mouvement wallon, la référence gaulliste joue un rôle symbolique majeur : la Wallonie libre se veut un décalque de la France libre »[43].

Des résistants wallons, notamment Jules Mahieu et François Simon, ont échangé avec les milieux gaullistes pendant la guerre pour obtenir l'appui du général de Gaulle en vue d'une réunion de la Wallonie à la France dans le cadre d'un éventuel redécoupage territorial impliquant la Belgique[43]. Un rapport sur l'état de la Wallonie a été communiqué à la France libre dans ce cadre. Le gouvernement belge en exil à Londres aurait formulé des menaces de rupture diplomatique auprès du général de Gaulle en raison de ces échanges entre des représentants de la France libre et des militants wallons[45].

 
Portrait de Charles de Gaulle pris pendant la Seconde guerre mondiale (1942).

Charles de Gaulle a confirmé avoir eu des échanges avec des représentants du Mouvement wallon. Il a indiqué à Alain Peyrefitte qu'une délégation de Wallons lui a demandé à la fin de la guerre de rattacher la Wallonie à la France compte tenu de la dégradation des relations entre Wallons et Flamands. Il a toutefois répondu qu'une telle demande devrait être formulée par les Wallons eux-mêmes ou leurs représentants légitimes. Il aurait déclaré[46] :

« Des Wallons m’avaient déjà demandé de les annexer à la fin de la guerre. Je n’ai pas voulu donner suite à leur démarche (...). Mais que les Wallons s’organisent pour défendre leur langue et leur culture, pour éviter que les Flamands ne leur marchent sur les pieds, nous n’y voyons aucune espèce d’inconvénient… Ou alors, il faudrait que les Flamands rendent la vie impossible aux Wallons, et qu’alors les Wallons se jettent dans nos bras. Mais nous n’avons surtout pas à bouger.

Ce serait trop facile de nous accuser de vouloir nous arrondir aux dépens de la Belgique. Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative (...).

J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira. La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie (...).

Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. »

Par ailleurs, durant l’occupation allemande, l'éditeur liégeois Georges Thone s'est rendu à Vichy pour proposer la perte définitive de l'Alsace et de la Lorraine annexées de fait par l'Allemagne nazie depuis 1940, mais avec la compensation de l'annexion de la Wallonie[47],[48],[43].

Depuis 1945 modifier

Le rattachisme revint en force durant la question royale lorsque le Congrès national wallon des 20 et vota en faveur de la réunion de la Wallonie à la France. Avant de se rallier in fine au fédéralisme[49].

Sous la présidence de Charles de Gaulle (1959-1969), un réseau de hauts-fonctionnaires français appelé « lobby québecois »[50] s'est constitué en vue de renforcer les échanges entre la France, le Québec et la Wallonie. Parmi ses membres figure notamment Philippe Rossillon qui se définit comme gaulliste de gauche et qui, grâce à son association Patrie et Pogrès, a soutenu le Mouvement wallon et l'irrédentisme[51]. Selon l'historienne Catherine Lanneau, il est vraisemblable que contacts aient eu lieu avec des ministres gaullistes tels que Michel Debré, Alain Peyrefitte et Pierre Messmer[51].

Le rattachisme resta par la suite un courant important du Mouvement wallon et du parti du Rassemblement wallon qui obtint dans les années 1970 près de 20 % des suffrages exprimés, devenant ainsi le second parti de Wallonie[52].

En 1986, Maurice Lebeau a créé le « Mouvement wallon pour le retour à la France » (MWRF) qui organise des manifestations devant le monument de l'Aigle blessé (Lasne) et à Jemappes, en souvenir la bataille de 1792[51].

En 1999, en réaction au vote par le Parlement flamand des cinq résolutions préconisant l’adoption d’un système confédéral en Belgique, un nouveau parti militant pour le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France fut créé, le RWF (Rassemblement Wallonie France) dont la section bruxelloise se nomme le « Rassemblement Bruxelles-France » (RBF). Son président est Paul-Henry Gendebien, un descendant d’Alexandre Gendebien.

Le projet politique du rattachement de la Belgique française (Wallonie + Bruxelles) à la République française reçoit en le soutien d'un ancien élu libéral du Mouvement réformateur (MR), Daniel Ducarme, délégué MR pour les Belges de l'étranger. Selon lui une loi organique portant sur le statut d'autonomie de la Belgique française offrirait un statut viable à même de recevoir l'adhésion de la population wallonne en référence à la politique française envers les collectivités territoriales d’outre-mer[53].

Le , Jules Gheude, essayiste politique, appelant la population à rallier l'idée du ralliement de toute la Wallonie à la France, a présidé, dans un amphithéâtre de l'université de Liège, ce qu'il a appelé les États généraux de Wallonie. Cette initiative visant à préparer les esprits wallons à l'après-Belgique a rallié quelque cent cinquante personnes qui ont pu analyser, de manière fouillée, les trois scénarios suivants : un État wallon indépendant, un État Wallonie-Bruxelles, la réunion de la Wallonie à la France. 74,4 % des participants se sont prononcés en faveur de la dernière option (16,2 % pour un État wallon indépendant et 9,4 % pour un État Wallonie-Bruxelles[54],[55]. En , Jules Gheude a créé le Gewif : Groupe d'Études pour l'intégration de la Wallonie à la France[56],[Note 3].

Partis rattachistes modifier

Depuis 1999, le projet de réunir la Wallonie à la France est soutenu par le Rassemblement Wallonie France (en abrégé RWF), et son aile bruxelloise le Rassemblement Bruxelles-France (en abrégé RBF).

 
Logo officiel du parti Rassemblement Wallonie-France.

Le RWF souhaite que la Wallonie (voire peut-être Bruxelles, sous un statut particulier) devienne une Région française au même titre que la Bretagne ou la Normandie et que les provinces wallonnes deviennent des départements français (comme ce fut le cas entre 1795 et 1814).

 
Projet de carte des départements français avec ceux de la Wallonie (Bruxelles est en rouge) soutenu par le Rassemblement Wallonie France.

Aux élections régionales de 2004, le RWF obtint 1,02% des voix sur l'ensemble de la Région wallonne, tandis que le parti FRANCE, autre parti rattachiste, reçut 0,14% des voix[57]. Lors des élections régionales de 2009, le score du RWF a légèrement augmenté pour atteindre 1,39% des voix[58], mais il a régressé lors des élections régionales suivantes de 2014 où il n'a obtenu que 0,48% des suffrages exprimés[59].

Depuis ce dernier scrutin, le RWF est resté un mouvement politique actif sur le web et dans les médias sans pour autant présenter de liste aux élections.

Avant 1999, le réunionisme était défendu par le parti FRANCE et le Mouvement wallon pour le retour à la France. Créé en par quatre membres du Mouvement wallon pour le retour à la France, et présent aux élections législatives anticipées de en province de Liège, avec à sa tête Henri Mordant, journaliste, ancien député et ancien président du Rassemblement wallon, le parti FRANCE prônait l'indépendance de la Wallonie comme étape avant le rattachement, sans proposer la réunion de Bruxelles à la France. Le parti FRANCE s'est à nouveau présenté, dans presque tous les arrondissements de Wallonie, aux élections législatives de . À la suite de la création du Rassemblement Wallonie France (RWF), et pour éviter une concurrence fatale entre partis partageant le même idéal, plusieurs membres fondateurs de FRANCE ont quitté ce parti pour rejoindre le RWF en 2000 et 2001.

Situation actuelle dans l'opinion wallonne et bruxelloise modifier

Les rattachistes mettent en valeur les résultats du sondage IFOP[60],[61] publié le dans le quotidien belge Le Soir et dans celui du Nord-Pas-de-Calais La Voix du Nord, qui révèle qu'en cas d'indépendance de la Flandre, 49 % des francophones de Belgique deviendraient favorables à un rattachement à la France de même que 60 % des Français, alors que le personnel politique des deux côtés de la frontière est extrêmement minoritaire à partager ce point de vue. Ces chiffres atteignent là un nouveau record. Il est rappelé que ces mêmes francophones souhaitent que la Flandre ne prenne pas son indépendance et que la Belgique survive. Dans une interview publiée le même jour sur le site internet du Figaro[62], Pascal Delwit, professeur en science politique à l'ULB, explique que « la société belge est aux antipodes du modèle français », mais en admettant que « culturellement le rapprochement est évident ». Par ailleurs, le journal satirique Pan n'hésite pas à qualifier ce sondage de canular en faisant remarquer que le respect des critères de la législation belge en matière de sondage des citoyens interrogés n'a pas été prouvé, limitant l'opération à 500 personnes choisies arbitrairement, et que la publication en a été faite dans le journal français qui l'avait organisé de sa propre initiative[63].

Un sondage, réalisé par Dedicated Research pour Le Soir et la RTBF du 5 au , révèle que 9 % des Wallons souhaitent que la Région wallonne soit progressivement rattachée à la France ; 15 % pensent que cette possibilité a le plus de chance de se réaliser dans les 15 ans à venir[64].

Un autre sondage IFOP réalisé après les élections belges de 2010 auprès de 502 Wallons de plus de 18 ans, révèle que 32 % des sondés sont favorables au rattachement de la Wallonie à la France, mais seulement en cas d'éclatement de la Belgique[65].

Plusieurs personnalités belges francophones ont fait part de leurs idées favorables au rattachement de la Wallonie à la France, ou ont indiqué publiquement ne pas l'exclure. En 1996, Claude Eerdekens a indiqué à la Chambre des représentants que « si une majorité de Flamands pensent comme vous, alors les heures de pays sont comptées. (…) Nous, Wallons, sommes fiers de nous trouver à côté d’un grand pays comme la France. Si vous voulez que la France se trouve aux portes de Bruxelles, alors allez-y »[66].

Par ailleurs, Daniel Ducarme a proposé en 2007 la création d'une « Belgique française » qui serait une association à la France de la Wallonie et de la Région bruxelloise sous la forme d'un statut particulier[67] autorisé par la Constitution française[68].

Rattachisme en France modifier

Personnalités favorables au rattachisme modifier

En France, des personnalités, en ce compris des présidents de la République et des candidats à l'élection présidentielle, se sont exprimées sur le sujet, indiquant être favorables à la réunion de la Wallonie à la France, ou ne l'excluant pas. Parmi ces personnalités figurent notamment Charles de Gaulle, Jacques Chirac, Alexandre Adler[69], Jacques Attali[70], Jean-Pierre Chevènement[71], Nicolas Dupont-Aignan[72], Michel Jobert, Marine Le Pen[73], Jean-Luc Mélenchon[74], Jacques Myard[75], Éric Zemmour[76] et Édouard Balladur.

Selon Alain Peyrefitte, le général de Gaulle avait des idées favorables à la réunion de la Wallonie à la France dans l'hypothèse d'un éclatement de la Belgique, tout en estimant que les Wallons devaient prendre l'initiative de la demande de rattachement. Il aurait déclaré que « la Wallonie existe, mais il n'y a pas une nation wallonne. Les Wallons n'ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie (…). Beaucoup de Wallons pensent qu'ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C'est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d'appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes choses qu'ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu'ils n'aiment pas. Pour les besoins de l'unité de la Belgique, on a raboté ce qu'ils avaient de différent. Ils en sont frustrés »[77].

François Mitterrand a eu des échanges avec des hommes politiques wallons au sujet de la possibilité de réunir la Wallonie à la France, bien qu'il aurait refusé de prendre l'initiative de remettre en cause l'existence de la Belgique[78] afin de ne pas provoquer de modification de frontières[79]. Il a cependant entretenu des relations privilégiées avec le chef de l'exécutif wallon Guy Spitaels pendant son mandat en vue de renforcer les liens entre la France et la Wallonie[78].

Jean-Pierre Chevènement, qui était également proche de François Mitterrand, a déclaré que « si les francophones le souhaitaient et le demandaient par référendum et si, en toute hypothèse, les Flamands prenaient leur indépendance – conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies -, je trouverais juste de les accueillir dans la République française sous un statut à déterminer. Ce pourrait être le statut actuel avec un simple rattachement de la sécurité sociale wallonne à la sécurité sociale française. Mais ceci mériterait naturellement que l’on regarde cette éventualité de plus près le cas échéant »[80]. Il a aussi rendu visite à des militants wallons rattachistes en 1996, aux côtés de Jacques Legendre, représentant du RPR, et du gaulliste Philippe de Saint Robert[81].

Selon le journal Le Monde, Jacques Chirac n'était pas opposé à la réunion de la Wallonie à la France, notamment en raison d'échanges noués entre Philippe Séguin et des hommes politiques wallons[79].

Par ailleurs, alors que la Belgique connaissait une crise communautaire en 2011 en raison de désaccords institutionnels entre partis flamands et francophones, Marine Le Pen a déclaré publiquement : « il est de la responsabilité de la France et des Français de tendre la main aux Wallons (...). Si la Belgique venait à éclater, si la Flandre prenait son indépendance, hypothèse de plus en plus crédible, la République française s'honorerait d'accueillir en son sein la Wallonie (...) Les liens historiques et fraternels qui unissent nos deux peuples sont trop forts pour que la France abandonne la Wallonie »[73],[82].

Pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon a déclaré être favorable au rattachement de la Wallonie à la France[74], précisant que « si les Wallons sont rejetés par les Flamands, ils doivent savoir que des gens comme moi seraient fous de joie de vivre dans le même pays qu'eux »[83] et « je crois que le cœur des Wallons est majoritairement républicain »[84].

En février 2022, lors d’un déplacement à Bruxelles pendant la campagne présidentielle, Eric Zemmour a déclaré être favorable au rattachement de la Wallonie à la France[85], réitérant une position dont il avait déjà fait part dans son ouvrage Mélancolie française (2010) dans lequel il a souligné que la Belgique est une construction artificielle créée sous l’impulsion du Royaume-Uni après la chute de Napoléon[86]. La Belgique est selon lui « la RDA de la France, (...), un arlequin diplomatique bricolé sans conviction par Talleyrand »[87] dont la disparition est inéluctable[88]. Il estime qu’une réunion de la Wallonie à la France permettrait à cette dernière de retrouver son rang sur la scène internationale et de renforcer sa position économique et démographique par rapport à l’Allemagne[80],[89],[90].

En 2010, Nicolas Dupont-Aignan a indiqué que « la France se prépare à l’accueil éventuel de nos cousins wallons si ces derniers en avaient le désir »[72] et que « la Belgique a été créée comme État tampon à une époque où il y avait en Europe des nationalismes dangereux. Tout ceci devrait se faire de manière apaisée. Je propose aux Wallons une famille recomposée. Bruxelles, c’est évidemment plus compliqué, mais il est important pour les Wallons de savoir que les Français sont à leurs côtés »[72].

Le rattachisme et l'opinion française modifier

Selon un sondage de l’IFOP réalisé auprès de 1 006 personnes, interrogées du 5 au , deux Français sur trois (66 %) sont pour le rattachement des provinces wallonnes à la France si les élections du dimanche débouchaient sur l'éclatement de la Belgique[91].

Un sondage réalisé les et par La Voix du Nord révèle que 61 % des habitants du Nord-Pas-de-Calais sont partisans d'un rattachement de la partie francophone de la Belgique à la France[92].

Littérature rattachiste modifier

  • Paul-Henry Gendebien, Une certaine idée de la Wallonie, Édition longue vue - Bruxelles, 1987
  • Paul-Henry Gendebien, Splendeurs de la Liberté, Éditions Quorum, Gerpinnes, 1999
  • Paul-Henry Gendebien, Le Choix de la France, Éditions Luc Pire, 2002
  • Paul-Henry Gendebien, La Belgique : dernier quart-d'heure ?, Éditions Labor, 2006
  • Paul-Henry Gendebien, Wallons et Bruxellois, ensemble avec la France !, Éditions Cortext, 2008
  • Paul-Henry Gendebien, La raison et la cœur. Oui à la France, Éditions Mols, 2010
  • Paul-Henry Gendebien, Demain la Wallonie avec la France. Vers la réunification française. [archive] Livre numérique gratuit, 2015 (sur le site du R.W.F. [archive])
  • Jules Gheude, L'incurable mal belge sous le scalpel de François Perin, éd. Mols, 2007, 479 p.
  • Jules Gheude, Le choix de la Wallonie, éd. Mols, 2008
  • Jules Gheude, Quand les Wallons s'éveilleront, éd. Mols, 2009, 334 p.
  • Jules Gheude, Le petit guide de l'après-Belgique, éd. Mols, 87 p.
  • Jules Gheude, On l'appelait Belgique, Mon Petit Editeur, 2011, 129 p.
  • Jacques Lenain, Wallonie et Bruxelles : le destin de la Belgique française (www.belgique-francaise.fr)
  • Georges Jarbinet, 1795-1975, 180e anniversaire de la réunion du pays de Liège à la France, catalogue de l'exposition organisée par la section liégeoise de Wallonie Libre, Liège, 1975.
  • Pierre René Mélon, Petit glossaire de la sous-France, Talus d'approche, 2000, 158 p.
  • André Patris, Wallon, qui es-tu ?, La Longue Vue, 1990, 111 p.
  • Pierre Ruelle, Un certain amour de la France, Paris, Berger-Levrault, 1987.
  • André Schreurs, Liège, terre de France, Liège, éd. Jeune France, 1948.
  • René Swennen, Belgique Requiem, Julliard, 1980, 157 p. Rééd. La Table Ronde, 2007.
  • René Swennen, Belgique requiem, suite et fin ?, Éditions Complexe, 1999, 106 p.

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. La lettre originale de Jeanne d'Arc brûla lors des bombardements de mai 1940. La traduction ci-dessus provient du contenu restitué en français moderne par Maurice Houtart en 1908. Voir le texte complet de la lettre dans l'article Histoire de Tournai.
  2. Le scrutin se fit en deux tours. Au premier tour, le duc de Nemours recueillit 89 votes sur 191, au second 97 sur 192.
  3. Depuis sa création, le Gewif a rédigé dix cahiers, que l'on peut consulter sur le site www.gewif.net.

Références modifier

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Voir aussi modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie modifier

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  • Catherine Lanneau, « Deux démarches wallonnes en temps de guerre : Deux France très courtisées », Cahiers d'histoire du temps présent, no 21,‎ , p. 173-210 (ISSN 0771-6435, lire en ligne, consulté le )
  • Jean Stengers, « Sentiment national, sentiment orangiste et sentiment français à l'aube de notre indépendance », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 28, no 3,‎ , p. 993-1029 (lire en ligne, consulté le )
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  • Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, t. I : Les Racines de la Belgique : jusqu'à la Révolution de 1830, Bruxelles, Racine, , 342 p. (ISBN 2-87386-218-1)
  • Els Witte (trad. du néerlandais par Anne-Laure Vignaux), « La Construction de la Belgique : 1828-1847 », dans Michel Dumoulin, Vincent Dujardin, Emmanuel Gerard, Mark Van den Wijngaert (dir.), Nouvelle Histoire de Belgique, vol. I : 1830-1905, Bruxelles, Complexe, coll. « Questions à l'Histoire », (ISBN 2-8048-0066-0)
  • Guy Denis, France-Wallonie, l'impossible mariage : Étude sur le rattachisme et le séparatisme, Bruxelles, Bernard Gilson, , 186 p. (ISBN 978-2-87269-079-4)

Liens internes modifier

Liens externes modifier