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Restaurant francophile à Münster en Allemagne.

La francophilie (ou gallophilie) désigne, chez une personne étrangère à la nation française, son goût prononcé pour les aspects culturels et civilisationnels développés par ce pays, ainsi que leur rayonnement. Les personnes concernées sont qualifiées de « francophiles ». Son terme opposé est la francophobie ou la gallophobie.

Sommaire

Par paysModifier

En EuropeModifier

Belgique

Le rattachisme ou réunionisme est un courant politique réclamant la réunion de la Wallonie et de Bruxelles (plus rarement de la Belgique entière) à la France. Ce mouvement, très minoritaire, a toujours existé dans l’État belge.

Le Manifeste pour la culture wallonne de 1983, réactualisé en 2003, et toute une série de discussions témoignent toutefois d’une volonté d’émancipation par rapport à l’« Hexagone » tout en lui restant proche, une réflexion que Charles-Ferdinand Ramuz fut sans doute le premier à développer dans ce que l’on appelle aujourd’hui la Francophonie.

Roumanie

Dans les principautés roumaines, les élites ont généralement été très francophiles dès le XVIIIe siècle. Leur francophilie a joué un rôle essentiel dans la renaissance culturelle roumaine. Les boyards et les riches marchands finançaient les études de nombreux jeunes Roumains en France et beaucoup de précepteurs, majordomes, gouvernantes, nourrices et cuisiniers des riches roumains et des princes phanariotes en étaient originaires, diffusant l’esprit des Lumières et l’idée de l’unité roumaine qui découle de la même philosophie que l’unité allemande et l’unité italienne[1].

L’effondrement de la dictature communiste en 1989 permit à la France de tenter de retrouver son influence prépondérante en Roumanie, avant même que cette dernière ne soit admise dans l’union européenne en 2007. Mais ces efforts se heurtèrent à trois facteurs défavorables : générationnel, culturel et économique. Du point de vue générationnel, les anciennes élites francophiles roumaines sont précisément celles que le régime communiste a persécutées et décimées[2]. Du point de vue culturel, la circulation désormais libre des informations et des idées entre les deux pays a ouvert aux Roumains l’espace médiatique francophone, où ils ont constaté que leur image était souvent connotée négativement : amalgames, clichés, phobies et préjugés y entremêlaient Dracula (mythe qui n’est d’ailleurs pas roumain), Antonescu (le « Pétain roumain », comme il se définissait lui-même), la Shoah (qui occulte l’histoire des Juifs en Roumanie, si ancienne et si riche), Ceaușescu et ses orphelinats[3] ou encore l’émigration de certains Roms de Roumanie cherchant un sort meilleur en Occident[4],[5],[6],[7]. Du point de vue économique, les investisseurs et les touristes anglophones et germanophones vinrent bien plus nombreux que les francophones, en partie parce qu’à travers le monde, l’anglais est désormais dominant. De ces trois facteurs, il découle une perte de vitesse du français face à l’anglais, à présent première langue universitaire, et l’atténuation de l’ancienne forte francophilie des Roumains.

L’influence française se fond aujourd’hui dans l’influence ouest-européenne, mais la Roumanie reste membre de l’Organisation internationale de la francophonie[8]. Même si le français n'a jamais été, en tant que tel, une langue officielle en Roumanie, la francophilie des Roumains s’explique au XXIe siècle par l’attachement des Roumains aux valeurs européennes représentées et défendues par la France jusqu’ici. Si la francophilie est une tradition chez les Roumains, les valeurs n’ont pas circulé en sens unique : les Roumains ont beaucoup reçu, mais également beaucoup donné à la France. Il suffit de citer des personnalités telles que : Georges Enesco, Constantin Brancusi, Emil Cioran, Mircea Eliade, Eugène Ionesco ou Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix) pour déterminer l’étendue exacte de la contribution roumaine à la francophilie.

En AmériqueModifier

Québec

Les termes francophile et francophilie ont, au Québec, également le sens de « qui aime la langue française » et de « fait d'aimer la langue française »[9],[10]. Les Québécois éprouvent en effet de la sympathie envers les Français, desquels ils sont majoritairement les descendants. À l'inverse, une hostilité est parfois ressentie envers les Anglais qui ont conquis le Québec à l'issue de la guerre de Sept Ans.

Prix de la FrancophilieModifier

Il existe un Prix de la Francophilie décerné par l'Institut du Prix de Francophilie. Le Prix de Francophilie a été créé par Angelina Aïrapétoff. Le jury est composé de six personnalités :

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Sources et bibliographieModifier

  • Stéphane Reznikow, Francophilie et identité tchèque (1848-1914), Honoré Champion, 2002, 754 p. (ISBN 978-2745305961)
  • Geneviève Joutard, Philippe Joutard, De la francophilie en Amérique: ces Américains qui aiment la France, Actes Sud, 2006, 287 p. (ISBN 978-2742759965)
  • Virginie Marie, Conception de la Francophonie/Francophilie en Moldavie: Représentations discursives et stéréotypes, Omniscriptum, 2015, 304 p. (ISBN 978-6131506826)

Notes et référencesModifier

  1. Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, Bucarest, ed. Univers Enciclopedic, 2002, 561 p.
  2. Rapport de la « Commission historique d'investigation et d'analyse des crimes du régime communiste » (CPADCR : (ro) « Comisia prezidențială pentru analiza dictaturii comuniste din România », sur le site de la présidence de la République coordonnée par Vladimir Tismăneanu (en), rendu en 2007 : il impute au régime 2 215 000 victimes en 45 ans soit environ 11 % de la population : [1] et [2].
  3. Henri Gillet, Mass-média français et mauvaise image de la Roumanie, forum du CECCARF [3]
  4. Manon Duret, Pourquoi les Roms quittent-ils la Roumanie ?, dans Le Journal international du 13 juin 2013 [4]
  5. [5]
  6. [6]
  7. « Roms : Bruxelles va déclencher deux procédures d'infraction contre la France », Le Monde, .
  8. La Francophonie dans le monde, 2006-2007, Nathan, p. 175
  9. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8407131 Le grand dictionnaire terminologique (GDT) OQLF.
  10. http://www.oqlf.gouv.qc.ca/actualites/capsules_hebdo/francais_20030320.html Vous avez dit français? OQLF.

Liens externesModifier

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