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Denis Mukwege
Denis Mukwege par Claude Truong-Ngoc novembre 2014.jpg
Denis Mukwege en 2014.
Biographie
Naissance
Période d'activité
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Nom dans la langue maternelle
Denis Mukengere MukwegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Denis Mukengere Mukwege
Surnom
« L'homme qui répare les femmes »
Nationalité
Formation
Activité
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Distinctions

Denis Mukwege, né le à Bukavu (Congo belge), est un gynécologue et militant des droits humains kino-congolais[1].

Surnommé « l'homme qui répare les femmes »[2],[3], il a reçu de nombreuses distinctions pour son engagement contre les mutilations génitales pratiquées sur les femmes en république démocratique du Congo, dont le prix Sakharov en 2014 et le prix Nobel de la paix en 2018.

BiographieModifier

Origines et étudesModifier

Fils d'un pasteur protestant pentecôtiste[4], il effectue ses études primaires à l'athénée royal de Bukavu, puis poursuit ses études secondaires à l'institut Bwindi de Bukavu, où il obtient un diplôme en biochimie en 1974. Après deux années passées à la faculté polytechnique de l'université de Kinshasa (UNIKIN), il trouve sa voie en s'inscrivant, en 1976, à la faculté de médecine du Burundi.

Son diplôme de médecin obtenu en 1983, il fait ses premiers pas professionnels à l'hôpital de Lemera, situé au sud de Bukavu. En 1984, il obtient une bourse de la Swedish Pentecostal Mission[5] pour suivre une spécialisation en gynécologie à l'université d'Angers, en France. Il fonde avec un Angevin l'association France-Kivu pour aider sa région d'origine[1].

Le 24 septembre 2015, il devient docteur en sciences médicales à l'université libre de Bruxelles après avoir soutenu une thèse intitulée Étiologie, classification et traitement des fistules traumatiques uro-génitales et génito-digestives basses dans l’Est de la RDC[6].

Carrière et engagementModifier

 
Le docteur Denis Mukwege dans son bureau de l'hôpital de Panzi en 2013.

En 1989, il choisit de retourner au Congo pour s'occuper de l'hôpital de Lemera, dont il devint médecin directeur.

En 1996, lors de la première guerre du Congo, son hôpital est brutalement détruit lors de l'attaque de Lemera. Mukwege échappe à la mort alors que plusieurs malades et infirmiers sont assassinés. Il se réfugie à Nairobi, puis décide de retourner au Congo. Avec l'aide du PMU (Pingstmissionens Utvecklingssamarbete, association caritative suédoise), il y fonde l'hôpital de Panzi à Bukavu. Il se voit alors confronté aux mutilations génitales pratiquées sur les femmes. Profondément marqué par ces violences, il décide de faire connaître au monde la barbarie dont sont victimes les femmes à l'est de la république démocratique du Congo, et d'agir pour leur venir en aide. Dans une région où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre, il se spécialise dans la prise en charge des femmes victimes de ces agressions sexuelles, leur apportant une aide médicale mais aussi psychique, économique et juridique.

Il est reconnu comme l'un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules ; il reçoit à ce titre, entre autres, deux distinctions universitaires en 2010 (voir Distinctions).

Le 25 octobre 2012, il est victime d’une agression en plein centre de Bukavu. Le gardien de sa maison est abattu après l’avoir alerté d’un danger, sa voiture est incendiée et Mukwege est ligoté. Mais grâce à l'intervention des riverains, qui se portent à son secours, il en sort sain et sauf[7]. Il se réfugie alors quelques mois en Belgique avant de repartir travailler au Congo-Kinshasa[1].

En 2018, il reçoit le prix Nobel de la paix avec Nadia Murad, pour leurs efforts pour mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre[8].

Autres activitésModifier

En plus de son activité médicale, il officie comme pasteur chrétien évangélique de courant pentecôtiste dans une église de Bukavu (RDC)[9].

DistinctionsModifier

 
Denis Mukwege portant l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur.
 
Remise du prix Sakharov 2014 à Denis Mukwege le 26 novembre 2014 au Parlement européen.

DécorationsModifier

PrixModifier

Distinctions universitairesModifier

Autres hommagesModifier

 
Denis Mukwege aux côtés de Jill Biden, épouse du vice-président des États-Unis Joe Biden, en 2014.
  • 2009 : élu « Africain de l'année 2008 » par le journal nigérian Daily Trust[30].
  • La promotion 2014-2016 des directeurs d'hôpital de l’École des hautes études en santé publique (Rennes) porte son nom et il en est le parrain[31].
  • 2012 : le Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix édite le livre "L'homme qui répare les femmes"[32] de Colette Braeckman. Sa réédition par le GRIP quelques années plus tard sera caractérisée par une nouvelle page de couverture et l'ajout de deux chapitres inédits sur son combat.
  • 2016 : 35e personnalité la plus influente du monde en 2016 d'après le magazine Fortune[33].
  • 2017 : le rappeur Médine sort un album intitulé Prose Élite dans lequel il lui consacre une chanson : « L'Homme qui répare les femmes »
  • 2018 : personnage secondaire de l'album de bande dessinée Kivu de Jean Van Hamme et Christophe Simon (éd. Le Lombard, coll. « Signé »)[34].

L'action du docteur Mukwege pour venir en aide aux femmes violées, au moyen des opérations de chirurgie réparatrice qu'il pratique à l'hôpital de Pangi de Bukavu a fait l'objet de deux films documentaires :

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Le nom de Mukwege avait déjà été cité en 2013 pour le Nobel de la paix, sans être finalement retenu.
Références
  1. a b c et d Gaëlle Rolin, « Denis Mukwege, le garde du corps des Congolaises », Le Figaro, 2 décembre 2013, page 41.
  2. « L'homme qui répare les femmes », lapresse.ca, 1er avril 2013.
  3. « Docteur Mukwege : l’homme qui répare les femmes » [vidéo], sur RTS Deux, .
  4. Emmanuelle Portejoie, « Un Martin Luther King africain. L’action du gynécologue Denis Mukwege est nourrie par une foi très engagée. », Réforme, no 3651, 31 mars 2016.
  5. « Denis Mukwege, gynécologue, héros congolais & prêcheur pentecôtiste », blog de Sébastien Fath, 18 juillet 2013.
  6. « Le Dr Denis Mukwege à l'ULB : plus de 800 personnes présentes à la défense de thèse de l'homme qui répare les femmes », sur rtl.be (consulté le 25 septembre 2015).
  7. « Agression contre le Dr Mukwege à Bukavu, sa sentinelle est abattue », lesoir.be, 26 octobre 2010.
  8. « Nadia Murad et Denis Mukwege: deux Nobel contre les violences faites aux femmes - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 10 décembre 2018)
  9. Marc Perelman et Johan Bodin, france24.com, « RDC : Denis Mukwege, le docteur qui « répare » les femmes mutilées », France 24, 21 novembre 2013.
  10. a b c et d [1].
  11. « B. Kouchner et R. Yade se réjouissent de l’attribution du prix Olof Palme 2008 à Denis Mukwege »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), France Diplomatie, 30 janvier 2009.
  12. (en) « DR Congo doctor is “top African” », BBC News, 14 janvier 2009.
  13. (en) « United Nations Human Rights Prize 2008 », Haut-Commissariat aux droits de l’homme, 2008.
  14. « Denis Mukwege, lauréat 2013 du Prix pour la prévention des conflits », Fondation Chirac, 7 octobre 2013.
  15. (en) « Inamori Ethics Prize: 2014 Recipient »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Case Western Reserve University, 2014.
  16. Site du Centre culturel Primo Levi.
  17. « Le Dr Mukwege reçoit le Prix Sakharov »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), lesoir.be, 21 octobre 2014.
  18. « Le très méritant Denis Mukwege reçoit le Prix Sakharov », euronews.com, 26 novembre 2014.
  19. « RDC : le docteur Mukwege à Bruxelles pour recevoir un prix », RFI Afrique, 18 janvier 2016.
  20. (en) « Denis Mukwege to be honored with 2016 Penn Nursing Renfield Foundation Award for Global Women's Health », news-medical.net, 29 octobre 2015
  21. « Le prix Nobel de la paix 2018 attribué à Denis Mukwege et Nadia Murad », sur rtl.fr (consulté le 5 octobre 2018).
  22. (en) « 2010, Denis Mukwege », 2010 to Present / Medal Recipients , Université du Michigan, (consulté le 22 avril 2015).
  23. « Denis Mukwege sera fait docteur honoris causa de l'UCL », rtl.be, 21 novembre 2013.
  24. https://www.harvard.edu/on-campus/commencement/honorary-degrees
  25. C. Paquereau, « Trois nouveaux docteurs honoris causa »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur univ-angers.fr, (consulté le 10 mars 2018).
  26. « Denis MUKWEGE — Docteur honoris causa », (consulté le 10 mai 2018).
  27. (en) « Penn Commencement Speaker and Honorary Degree Recipients ».
  28. (pt) « DR. DENIS MUKWEGE, MÉDICO E NOBEL DA PAZ, RECEBEU DOUTORAMENTO HONORIS CAUSA PELA NOVA ».
  29. « L’UdeM remettra ses doctorats honorifiques aux cérémonies de collation des grades ».
  30. (en) « DR Congo doctor is “top African” », bbc.co.uk, 14 janvier 2009.
  31. « Dr Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, parrain de la promotion des élèves directeurs d’hôpital (DH) 2014-2016 », École des hautes études en santé publique, (consulté le 22 avril 2015).
  32. « L'homme qui répare les femmes: le combat du Docteur Mukwege (5e édition, revue et augmentée) | Grip », sur www.grip.org (consulté le 25 juillet 2019)
  33. (en) « 35, Denis Mukwege », fortune.com, 24 mars 2016.
  34. « Kivu », (consulté le 19 octobre 2018).
  35. « Congo, un médecin pour sauver les femmes », france5.fr, 25 novembre 2014.
  36. « L'Homme qui répare les femmes : La Colère d'Hippocrate ».

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Colette Braeckman, L’Homme qui répare les femmes : Violences sexuelles au Congo, le combat du Dr Mukwege, André Versaille éditeur, 2012 (ISBN 978-2-87495-194-7).
  • (de) Birger Thureson, Die Hoffnung kehrt zurück: Der Arzt Denis Mukwege und sein Kampf gegen sexuelle Gewalt im Kongo (titre original : De glömda kvinnornas röst), traduit du suédois par Michael Josupeit, édité par le Deutsches Institut für Ärztliche Mission e. V., Brandes & Apsel, 2013 (ISBN 978-3-95558-001-8).

Article connexeModifier

Liens externesModifier