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Philippe Starck

artiste

Philippe Starck, né le à Paris, est un créateur français. Design industriel, architecture, décoration d’intérieur, mobilier urbain, électroménager, bureautique, luminaire, habillement, transports, et même alimentaires : les terrains de jeux de Philippe Starck se suivent et ne se ressemblent pas.[1] Un des pionniers du design démocratique[2], Philippe Starck connaît depuis les années 1980[3] un succès international[4],[5].

BiographieModifier

FamilleModifier

Fils d'André Starck, ingénieur aéronautique et fondateur des Avions André Starck[6] et de Jacqueline Lanourisse[7], Philippe Starck commence sa scolarité à l'institution Notre-Dame de Sainte-Croix à Neuilly[8]. Il est ensuite étudiant à l’école Camondo à Paris, sous la houlette de Henry Malvaux.

Marié à quatre reprises, il est depuis décembre 2007 marié avec Jasmine Abdellatif (ancienne attachée de presse de son entreprise)[9], avec qui il a une petite fille en . Il a choisi pour ses enfants des prénoms originaux : Ara, Oa, Lago, K et Justice Starck.

Sa fille aînée Ara, peintre et musicienne, a collaboré à certains chantiers de son père comme la décoration du palace parisien, l'hôtel Meurice, dont elle a dessiné la toile du plafond du restaurant Le Dali ou plus récemment le vitrail de l'entrée de L'Avenue at Saks, ouvert en janvier 2019[10].

Il possède une dizaine de maisons, notamment à Paris, Venise, au Cap-Ferret[9] ou encore à Cascais.

CarrièreModifier

Starck conçoit en 1969 une structure gonflable, amorce d’une réflexion sur la matérialité, et témoigne d'un intérêt pour les lieux de vie. Peu de temps après, Pierre Cardin, lui propose le poste de directeur artistique de sa maison d’édition[11].

Parallèlement, il fonde sa première agence de design industriel, Starck Product, qu’il rebaptisera Ubik[6] en référence au célèbre roman de Philip K. Dick[11], et entame ses collaborations avec les éditeurs italiens – tels que Driade, Alessi, Kartell – et internationaux – les Autrichiens de Drimmer, le Suisse Vitra, ou l’Espagnol Disform. Starck s'est principalement consacré à la création en série de produits de consommation courante avec son concept de design démocratique, à savoir baisser le coût, augmenter la qualité pour diffusion auprès du plus grand nombre[12][source insuffisante].

À travers cette vision de « design démocratique », Starck dit militer pour un design qui ne soit pas destiné exclusivement à une élite. « Le populaire est élégant, le rare est vulgaire »[13], dit-il. Le designer dit chercher à mettre en œuvre cette idée utopique[14] augmentant les quantités produites pour diminuer les coûts et utilisant le canal de la vente par correspondance, avec les 3 Suisses, pour atteindre un large public[15]. Et en 2002, il poursuit cette vision via une collaboration avec l'enseigne américaine Target autour du "design pour tous". Il réalisera une soixantaine d’objets avec le but de réinventer des objets du quotidien au juste prix[16].

Affichant le désir de faire du design pour tous[17], Philippe Starck développe des meubles de qualité à moindre coût dont la célèbre chaise Louis Ghost de Kartell (2000) vendue à plus de un million d'exemplaires.[18] La chaise Louis Ghost fait aussi partie de son travail sur la dematerialization[19]. Moins de matière pour plus d’intelligence, voilà comment le créateur imagine les objets, il développe ainsi des meubles en plastique – du tabouret WW Stool (1990, Vitra) aux chaises Masters (Kartell, 2007)[20] et Pip-e (Driade, 2008)[21]. Des brosses à dents Fluocaril aux éléments de salles de bains (pour Duravit, Hansgrohe, Hoesch, Axor), en passant par le presse citron Juicy Salif de Alessi, les enceintes Zikmu et le casque ZIk de Parrot, les couteaux Laguiole dont le dernier le Log, la Freebox Révolution, la luxueuse lampe Marie Coquine de Baccarat ou encore le disque dur Starck Desktop de LaCie, ou encore la carte Navigo qu'il a dessiné gracieusement en 2011.[22] Starck a également conçu la vasque et la flamme olympique des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville[23] ainsi que les panneaux « Histoire de Paris » (parfois appelés pelles ou sucettes Starck). Il a conquis un vaste marché et a rendu son style familier[24].

C'est déjà en 1983 que le grand public découvre Philippe Starck lorsque le président François Mitterrand, sur la recommandation de Jack Lang, ministre de la Culture, choisit son projet pour la décoration des appartements privés du palais de l'Élysée[11]. Dès l’année suivante sa renommée devient internationale grâce au succès du Café Costes[25],[11], qu'il remaniera plusieurs fois par la suite.

L'œuvre prolifique de Philippe Starck a progressivement touché tous les domaines où peut s'appliquer le design : mobilier, décoration intérieure, architecture, mobilier urbain, industrie (éolienne, photomaton, Freebox, etc.), équipement de la maison (cuisines, ustensiles, revêtements, sanitaires, etc.), luminaires, électroménager, bureautique (de la télévision au presse-citron et de la brosse à dents à l'agrafeuse, etc.), arts de la table, habillement et accessoires (vêtements, chaussures, lunetterie, bagagerie, horlogerie, etc.), jouets, verrerie (parfum, miroirs, etc.), graphisme et édition, ou même alimentation (pâtes Panzani, bûche de noël Lenôtre), et véhicules (vélo, moto, yacht, avion, etc.), sur terre, sur mer, comme dans les airs et l'espace[26].

 
Alhondiga, Bilbao, 2010.

Philippe Starck conçoit dès 1989 au Japon plusieurs immeubles. Le premier, à Tokyo, Nani Nani est un bâtiment anthropomorphique impressionnant, recouvert d’un matériau vivant qui évolue avec le temps. Apparaît alors une conviction forte : la création doit investir un environnement, certes, mais sans le bouleverser.

Un an plus tard, il crée l’Asahi Beer Hall à Tokyo, puis Le Baron Vert en 1992, un ensemble de bureaux à Osaka. En France, il signe l’extension de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) à Paris (1998)[réf. nécessaire]. La même année, à Paris, les panneaux Histoire de Paris sont implantés sous le mandat de Jacques Chirac.

En 1994, il crée une maison de bois en kit pour les 3 Suisses[27]. Vendue 4 900 FFR sous la forme d'un coffret contenant plans, cassette vidéo, croquis et instructions, c'est son seul échec[25].

Depuis la fin des années 1980, Philippe Starck s'est investi dans la conception d'hôtels dans différents pays du monde. Il crée en 1988 le Royalton puis le Hudson à New York, le Delano à Miami en 1995, le Mondrian à Los Angeles, à Londres le Saint Martin’s Lane en 1999 et le Sanderson en 2000. Starck s’est engagé dès 1990 dans la démocratisation des hôtels dits « de design et de qualité ». D’abord avec le Paramount à New York qui propose des chambres à 100 $ et qui devient un classique du genre[28].

En 1996, Philippe Starck lance Starck Eyes, une marque de lunettes en collaboration avec Alain Mikli. Rachetée en 2013 par Luxottica, le premier fabricant et distributeur mondial de montures, les lunettes Starck Eyes sont des lunettes "bioniques" dont la technologie biomécanique brevetée est directement inspirée du corps.[29] En 2019, Starck Eyes devient Starck Biotech Paris et révolutionne le design en faisant du bionisme son élément central[30].

En Amérique du Nord dans les années 2000, Philippe Starck développe avec l'entrepreneur Sam Nazarian une nouvelle chaîne d'hôtels de luxe, les SLS[31], avec toujours cette idée de casser les codes du secteur. Ainsi, le lobby le Bazaar du SLS de Los Angeles[32] devient un centre de vie où se côtoient restaurants de tapas et health bar norvégien, pâtisserie gourmande et encore le concept store Moss. A Los Angeles, Miami ou à Las Vegas, il y a recréé une atmosphère jeune et glamour, qui rompt avec le passé[33].

En 2005, Philippe Starck reçoit le prix du meilleur hôtel de l'année pour l'hôtel Faena de Buenos Aires[34] ouvert l'année précédente et le Condé Nast Traveller (en) le distingue pour son ambiance et son design[35]. Toujours en Amérique du Sud, Philippe Starck dessine l'hôtel Fasano à Rio de Janeiro en 2007 avec des matériaux comme le bois, le verre et le marbre. Puis Philippe Starck s'attaque à l'hôtellerie de luxe. En 2008, il revisite Le Meurice, et après deux ans de travaux, c'est le Royal Monceau qui ouvre ses portes en 2010 après sa rénovation[36],[37].

Philippe Starck a plus que quelques restaurants à son actif, en commençant par le Theatron à Mexico City, Mexique, ouvert en 1985[38]. À Paris, les restaurants Bon (2000) et Bon II (2002) dédiés au bio et au sain[39], Le Kong (2003) avec son ambiance très moderne[40], Le Paradis du fruit (2009), Le Mori Venice Bar (2010) ou l'excentrique Miss Ko près des Champs Elysées (2013)[41]. En 2012, le restaurant Ma Cocotte ouvre ses portes aux Puces de Saint-Ouen, sa décoration extérieure et intérieure entierement imaginé par Starck[42]. Pendant l'été 2019, un deuxième restaurant Ma Cocotte ouvre ses portes, cette fois ci en plein cœur du Westfield Forum Des Halles.[43] Le restaurant l'A Trego au Cap d'Ail ouvert en 2011, un restaurant de trois étages, qui s’étend sur une surface de 1000 m2, conçu comme une cabane de pêcheur, le restaurant domine la mer et offre une vue exceptionnelle.[44] Aux États-Unis l’arrivée notable du Katsuya à Los Angeles en 2006, le premier d’une série de restaurants japonais à LA, suivi en 2013 par des restaurants Katsuya by Starck à Kuwait et à Dubai et en 2017 aux Bahamas, à Qatar et à Bahrain.[45] Philippe Starck est aussi actionnaire et directeur artistique des huiles d'olive espagnoles LA Organic[46], huiles d'olive primés, notamment du prix Flos Olei 2016, Best 20 Olive Oils in the World, LA Organic ORO Intense (2016)[47].

Philippe Starck accompagne les frères Massimiliano et Raffaele Alajmo en réalisant le Café Stern (2014) à Paris, le restaurant Amo (2016) à Venise et en dirigeant la rénovation du restaurant historique vénitien le Quadri (2018). La collaboration continue avec l'ouverture du restaurant Amor en avril 2019 où les frères Alajmo et Philippe Starck réinventent la restauration « fast casual » à Milan[48].

En 2008, associé à Serge Trigano, il applique à Paris son idée de démocratisation en concevant le Mama Shelter[49]. Les ouvertures se succèdent en 2012 puis 2013, à Marseille[50], Istanbul, Lyon et Bordeaux[51]. L'année suivante, lors de l'arrivée d'Accor au sein de Mama Shelter, il cède ses parts ; Thierry Gaugain son ancien bras-droit lui succède. En 2010, Philippe Starck ouvre la Co(o)rniche, hôtel situé sur le site de la Dune du Pilat. Après avoir ressuscité l'hôtel de la Co(o)rniche, Philippe Starck réinvente l'emblématique pension néo-basque des années 30 en créant Ha(a)ïtza en 2016[52].

En 2010, Philippe Starck s’attèle à un nouvel aspect du bien-être : le parfum. Il entame alors une collaboration avec Nina Ricci à la création du nouveau flacon de L'Air du temps.

En 2010 à Bilbao, Philippe Starck a transformé La Alhóndiga (1909), ancien entrepôt vin conçu par Ricardo Bastida, en Alhondiga Bilbao, une construction ouverte, innovative et durable.[53] L'Alhondiga est un lieu de vie, culturel et sportif de 43 000 m2[54].

Passionné par la mer et les bateaux, Starck a inauguré en avril 2012 le Port Adriano, port dont il a conçu l'esthétique extérieure et la direction artistique intérieure situé près du village d'El Toro, sur la côte sud de l’île de [[Majorque|Majorque[réf. nécessaire]]]. Il a également désigné le Motor Yacht A en 2008[55] le bateau Venus de Steve Jobs qui a été mis à l'eau en octobre 2012[56],[9] et le plus grand voilier au monde, le Sailing Yacht A[57].

 
Mama Shelter, Marseille, 2012.

En novembre 2012, Starck publie son premier livre d'entretiens, intitulé Impression d'ailleurs, réalisé avec Gilles Vanderpooten, dans lequel il livre son regard sur les enjeux du monde qui vient (écologie, solidarité, jeunesse, science). Ces propos sont l'illustration d'un autre livre, seul essai critique publié à ce jour sur Philippe Starck par l'universitaire Christine Bauer : Le cas Philippe Starck ou de la construction de la notoriété.

Initié en 2011 et dévoilé en 2014, Starck travaille avec Bibliothèques sans Frontières dans la création de l'Ideas Box - une médiathèque en kit qui permet de faciliter l’accès à la culture, l’éducation et l’information aux personnes les plus isolées, des camps de réfugiés aux quartiers populaires. Déployable en 18 minutes, cette boîte fournit internet, livres et films n'importe où sur Terre[58]

Le Nuage qui a vu le jour en 2014 à Montpellier, s’est imposé comme un lieu poétique, un village verticale autour d’activités culturelles, sportives et de détente. Enveloppé d’une membrane transparente en polymère dite ETFE, il est le premier bâtiment privé gonflable réalisé en Europe[59].

En 2014, Philippe Starck et la Maison Louis Roederer ont lancé le Champagne Brut Nature 2006, premier champagne non dosé de l’histoire de la Maison[60]. Starck a dessiné l'étiquette et le coffret mais il a aussi participé à la confection du champagne, condition sine qua non pour sa participation au projet.[61] Le créateur a apporté ses idées sur une vision moderne, contemporaine d’un champagne.[62] La collaboration continue avec en 2016 le lancement du Champagne Brut Nature 2009, un second millésime tout d’élégance et de sincérité[60].

Le 6 février 2015, Philippe Starck présente au Forum du Centre Pompidou-Metz le premier projet de la construction dans son entier d'un futur hôtel dans la cité messine[63], la Maison Heler Metz, qu’il a conçu comme une folie futuriste et surréaliste qui mettra en valeur l’histoire architecturale locale[64] avec une ouverture prévu en 2020[65].

En 2015, Philippe Starck travaille avec Sébastien Blaquière, fondateur de la Brasserie d’Olt sur la création de la Starck Beer, une bière à la composition certifiée Agriculture biologique, inspirée de la nature lancé en 2017.[66] Une bière en résonance avec le terroir du plateau de l’Aubrac.

Présentée en avant-première lors de l'édition 2015 de l'IFA, Starck dévoile la collection Gorenje by Starck, une collection d'électroménager rassemblant des fours, réfrigérateurs et tables de cuisson design, à la fois techniquement impeccables et à la fois chaleureux et humain[67].

En 2016, Philippe Starck présente Starck Paris, une première collection de parfums réalisés en collaboration avec de grands maîtres parfumeurs : Annick Ménardo, Daphné Bugey et Dominique Ropion. Pour la première fois, le designer se révèle dans le sillage de trois fragrances qui inaugurent sa nouvelle marque de parfums Starck Paris.[68] En 2018, Starck Paris a présenté deux nouveautés: Peau de Nuit Infini et Peau de Lumiere Magique[69].

En collaboration avec Sebastien Chabal, Philippe Starck inaugure en 2016 le premier station Sport Lib'. Il s’agit d’un équipement collectif en plein air, accessible à tous, dédié à la pratique sportive, basée sur des exercices exécutés avec le poids du corps : boxe, squats, abdos gainage, font partie des activités proposées. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du "Plan héritage 2024" liée à l’attribution à Paris de l’organisation des Jeux Olympiques et a pour ambition de mettre les Français en mouvement sur l’ensemble du territoire en les encourageant à faire du sport[70].

Philippe Starck a imaginé pour Xiaomi un smartphone sans bordure : le Xiaomi Mi Mix[11], annoncé le 25 octobre 2016. Il a retenté l'expérience l'année suivante pour une seconde version de ce téléphone : le Mi Mix 2, sorti le 11 septembre 2017, avec son design borderless que Starck considère la seule voie possible à emprunter pour l’avenir[71].

À la demande d'Axiom Space, première société d'exploration spatiale privée au monde, Philippe Starck crée l'intérieur du module d'habitation de la station spatiale destiné à des particuliers pour se rendre à destination de la Station spatiale internationale (SSI) à partir de 2020. Le designer a été appelé par Axiom à concevoir des véritables habitations dans les modules, confortables et luxueuses, mais surtout étudiées pour le lifestyle en apesanteur… De larges fenêtres aux bords arrondis ont été ménagées afin de laisser le regard se perdre dans l’infini étoilé ou sur la planète bleue. Quant aux parois intérieures de ces cabines, elles sont recouvertes de daim et constellées de LEDs qui assurent un éclairage optimal au fil de la journée. Philippe Starck a également prévu d’habiller de tissu doré les poignées qui permettent d’atteindre n’importe quelle fenêtre en apesanteur à l’intérieur de la cabine[72].

En 2017, Philippe Starck dévoile les intérieurs uniques, et sur mesure, du S Hotel à Taipei, Taiwan, accueillant les clients d’une expérience sensorielle couvrant les champs de l’art, de la culture, de l’intelligence et de la créativité[73].

En 2015, Philippe Starck initie une collaboration avec Degrenne, les spécialistes français des arts de la table afin de réinventer l'outil iconique de la cuisine : l'économe. En 2017, L'Économe by Starck est née; une collection moderne et élégante d'outils de cuisine et de table imaginé par Philippe Starck[74].

En Octobre 2018 Philippe Starck et le groupe Evok Hôtel ouvrent les portes d'un nouvel hôtel situé rue de la Pompe, dans le 16ème arrondissement - Le Brach.[75] "Brach c’est un ancien centre de tri postal des années 70 que nous avons transformé en un petit bijou. Ce n’est pas du tout un lieu à la mode, c’est un lieu qui existe parce qu’il a cette ambition unique de nous faire voyager dans le temps, dans la géographie, dans la culture et finalement dans l’humain" déclare Philippe Starck[76]. En décembre de la même année, le 9 Confidentiel ouvre ses portes dans le Marais à Paris. Derrière les bow-windows de sa façade Art déco, cet hôtel est comme une boîte à bijoux, oscillant entre néo-classicisme et extrême modernité[77].

La SNSM fait appel à Philippe Starck en 2016 pour imaginer le design d'un dispositif d’alerte portable, il crée alors gracieusement le design de DIAL - un dispositif individuel d’alerte et de localisation,[78] lance lors du salon nautique à Paris en décembre 2018[79].

En janvier 2019, trente-cinq ans après sa première collaboration avec Jean-Louis Costes, le restaurant et bar L'Avenue at Saks ouvre ses portes à New York, sur deux étages, Le Salon, salle de restaurant façon coffret à bijoux en ivoire et Le Chalet, un bar plus intimiste et chaleureux.[80] Le Lieu est à la hauteur de la réputation du designer en matière de perfection atmosphérique[81].

À l'invitation de Michel Reybier, Philippe Starck imagine le restaurant et plage privé La Réserve à la Plage à Saint Tropez.[82] Ouvert en juin 2019, le projet de Starck préserve la beauté sauvage de la plage de Pampelonne[83] et réinvente l’esprit originel de Saint-Tropez.[84] Le même mois, l'hôtel Lily of the Valley ouvre ses portes à la Croix-Valmer, un 5-étoiles contemporain et dédié au bien-être sur la presqu’île de Saint-Tropez, intégré dans une nature luxuriante et surplombant la Méditerranée.[85] Son architecture, entièrement imaginée par Philippe Starck est inspirée à la fois des villas californiennes et des Jardins Suspendus de Babylone[86].

En 2019, Philippe Starck imagine le design d'une bague de paiement connectée développée par la start-up Corse Icare technologies[87], Aeklys by Starck. Une bague de paiement sans contact sécurisée et « made in France »[88].

Discours écologiste et politiqueModifier

 
Volteis, Electric Car, 2012.

En août 2011, il déclare au magazine économique Challenges : « Quand j'ai créé mon agence il y a trente-deux ans, j'ai fait adopter une charte éthique en m'interdisant certains secteurs comme les armes, l'alcool, le tabac, le pétrole et la religion. C'est extrêmement coûteux, car ces gens ont beaucoup d'argent et donneraient tout pour prendre votre intégrité[27]. »

Parallèlement à ce positionnement parfois qualifié de politique[89] il mène des entreprises médiatiques telle la Gun Lamp (Flos, 2003), une lampe d’architecte géante, la Superarchimoon (Flos, 2000), haute de 214 centimètres, les luminaires Haaa!!! Et Hooo!!! Imaginés avec l’artiste Jenny Holzer (Flos/Baccarat, 2007) ou de monumentaux lustres de la collection Darkside, dont l’emblématique Zenith (Baccarat, 2011).

Il emploie fréquemment le ton de l'humour pour nommer ses créations (fauteuil « Ploof », tabouret « Dadada », chaise « Boom ») « Le plus bel exemple quotidien de la relativité, le plus beau symptôme de l'intelligence humaine, c'est l'humour. [...] Un design sans humour n'est pas humain. Le mot « beau » ne veut rien dire. Seule la cohérence compte. Un objet, design ou pas, est avant tout un objet qui réunit tous les paramètres de l'intelligence humaine, qui réconcilie les contraires. Le manque d'humour est la définition de la vulgarité ». Il emploie aussi la tristesse dans ses créations ainsi que le désarroi qui permet une opposition à ses sujets utilisant l'amour.

Philippe Starck a créé le catalogue Good Goods (170 produits écolo) en 1998 avec La Redoute[27],[90], « le catalogue des non-produits pour des non-consommateurs du futur marché moral », ainsi que sa propre compagnie de nourriture organique OAO[91] Il lance le concept d'« écologie démocratique »[92] en proposant des éoliennes personnelles et en annonçant des bateaux solaires ou des véhicules à hydrogène. Quelques dernières œuvres à caractères écologiques sont la V+ Volteis, voiture électrique (2010) ou encore le vélo Pibal, commandé par la ville de Bordeaux (2010), la poubelle à papier écologique Elise (2010)[93], les chaises Zartan de Magis (2009) - première chaise rotomoulée entièrement recyclée[94] et Broom de Emeco (2012) ou encore Speetbox by Starck, qui vise à rendre l’écologie et la technologie accessibles à tous, en offrant la possibilité d’une solution de chauffage économique, performante et adaptée[95].

En 2014, Philippe Starck et Riko, fabricant de constructions en bois, lancent une collection de maisons préfabriquées technologiques et accessibles, P.A.T.H. Habitat à énergie positive, la maison P.A.T.H est construite selon des méthodes de préfabrication industrielles et proposent des solutions technologiques de pointe qui permettent de réduire considérablement les dépenses d’énergie de leurs propriétaires.

Après trois ans de développement, à l’automne 2015, Philippe Starck dévoile sa première collection avec la marque brésilienne Ipanema. Les sandales Ipanema with Starck, au design minimal et organique, sont produites dans des usines éco-responsables au Brésil. Les collections continuent avec la dernière lancement de la collection en avril 2019, les sandales sont maintenant fabriquées à partir de matériaux 100% recyclables[96].

En 2016, avec les chaises premieres chaises de la collection GENERIC pour Kartell, le créateur s’émancipe des lignes extérieures pour aller chercher au cœur de chaque chose, s'effacer au maximum, vers les lignes génériques intérieures. GENERIC.A pour administration et GENERIC.C pour café lancées en 2016, suivi par la table Generic B pour Bistro, la chaise Generic CW pour "catwalk" et Generic for Venice, un hommage au Harry’s Bar à Venise et à son gérant Arrigo Cipriani [97] sont pour Starck « une démarche intéressante intellectuellement, mais qui l’est également en terme d’Economie et Ecologie car c’est avant tout un travail sur l’intelligence de la matière, sur l’intelligence de la structure »[98].

Aujourd'hui devenu l'un des designers français contemporains les plus connus dans le monde[99] de nombreuses sociétés font appel à Philippe Starck que ce soit dans l'alimentaire, la technologie, les transports, l'ameublement, l'aéronautique…

Ses créations sont exposées dans les collections de nombreux musées européens et américains, entre autres au musée national d'art moderne (grâce à plusieurs dons, notamment de ses prototypes) et au musée des arts décoratifs de Paris, au MoMA et au Brooklyn Museum de New York, au Vitra Design Museum de Bâle et au Design Museum de Londres. Plus de 660 de ses œuvres figurent dans les collections publiques françaises en 2011[100].

Il a été le premier Français invité à participer aux fameuses conférences TED (Technology, Entertainement & Design) Talks rejoignant des intervenants renommés, tels Bill Clinton ou encore Richard Branson.

Récompenses et distinctionsModifier

FilmographieModifier

  • Will.i.Am 2 Starck, documentaire réalisé par Alex Fighter, diffusé sur NRJ 12 le 15 décembre 2013.
  • Futur par Starck, documentaire réalisé par Gaël Leiblang, diffusé sur Arte le 4 juin 2013[101].

ControverseModifier

En novembre 2017, le nom de Philippe Starck est cité dans l'affaire des Paradise Papers. Le Consortium International des Journalistes d'Investigation révèle qu'il a a co-dirigé une société créée en 1999, Cosmic Carrot, basée aux îles Caïmans, pour construire des hôtels de luxe en Argentine (l'hôtel El Porteno de Buenos Aires) et au Brésil (l'hôtel Fasano de Rio de Janeiro)[102]. Son avocat expliquera cependant que la participation de Philippe Starck dans la société Cosmic Carrot n'avait aucune motivation fiscale puisqu'elle avait été réalisée, à la demande des partenaires internationaux de la société, directement par la société française de Philippe Starck, qu'elle avait donc toujours été officiellement connue du fisc français et que tous les revenus en résultant pour le designer et sa société avaient été totalement imposés en France au taux français [102].

Article connexeModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Philippe Starck, l’enfant terrible du design », sur Marie Claire (consulté le 18 septembre 2019)
  2. « Pour Cassina, Philippe Starck utilise un matériau original conçu à base de pomme », sur madame.lefigaro.fr (consulté le 10 décembre 2019)
  3. Les Années 80, Flammarion, 1984
  4. « Créateur à la renommée internationale de meubles et d'objets d'une structure simple mais inventive, il est attaché à l'expression symbolique des formes comme de l'espace. »Le Petit Larousse illustré 2012
  5. « Devenu célèbre d'être célèbre » — Olivier Boissière et Philippe Starck, Starck®, Ed. Taschen, 1991 (ISBN 978-3822897522), p. 6
  6. a et b « État civil : Starck Philippe, né le 18 janvier 1949, fils d'André Starck, constructeur aéronautique. Études : École Camondo à Paris. Profession : designer, patron de l'agence Ubik. Distinctions : Award pour le Parmount Hotel à New York (1992), Oscar du design pour le bateau Beneteau (1990) ; Platinium Circle Award (Chicago 1987), Créateur de l'année (1985) » — « Le who's who de la star du design », in Management no 24, p. 122, février 1997
  7. Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992
  8. Son CV.
  9. a b et c Sylvie Santini, « La déesse et les génies », Vanity Fair n°15, septembre 2014, pages 182-191.
  10. « New York hors des sentiers battus : les meilleures d'adresses d'Ara Starck », sur YONDER (consulté le 17 septembre 2019)
  11. a b c d et e Pascal Grandmaison, « Philippe Starck dépasse les bords », Le Figaro Magazine, semaine du 18 novembre 2016, pages 20-21.
  12. « Un design pour l'amour - Propos recueillis par Véronique Cauhapé », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Designers dans le siècle, Le Monde, 22 août 1998[source insuffisante]
  14. « On peut donc bel et bien parler d'un projet utopique chez Starck » — Benoît Heilbrunn, Écrits sur Starck, Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  15. « Les bons plans de Philippe Starck », « Entre les maillots de bain et les boites à outils, vous trouverez désormais chaque année, dans le catalogue des 3 Suisses, une maison d'architecte... haute couture démocratique... nous allons démontrer que le recours à un architecte n'est pas forcément d'un cout prohibitif », L'Express 1992[source insuffisante]
  16. « Collection Starck Reality, Target », sur STARCK Site web officiel (consulté le 18 septembre 2019)
  17. « Je suis contre l'objet beau. Je préfère l'objet bon. [...] Je ne m'arrêterai que lorsque mes chaises seront à 50 balles, comme n'importe quelle chaise en plastique ! »Philippe Starck : « Il faut en finir avec le design » - Dominique Simonnet, L'Express, 22 octobre 1998
  18. « Kartell : chaise La Marie, chaise Louis Ghost... », sur Cotemaison.fr, (consulté le 17 septembre 2019)
  19. Maison à part, « La chaise Louis Ghost, le triomphe de la transparence », sur www.maisonapart.com (consulté le 17 septembre 2019)
  20. « 30 chaises de créateur - Elle Décoration », sur elle.fr (consulté le 17 septembre 2019)
  21. « Philippe Starck conçoit pour Driade la chaise Pip-e », sur www.ladepeche.fr (consulté le 10 décembre 2019)
  22. La carte Navigo dessinée par Starck - Le Figaro/AFP, 24 janvier 2012
  23. Jean-François Casanova, « Il y a peu de chance de retrouver en vente la torche albertvilloise », sur ledauphine.com, .
  24. « Philippe Starck rend possible une éducation des masses, il diffuse auprès du plus grand nombre des formes qui éduquent l’œil [...] De l'infime à l'immense, Starck balise des chemins qui réconcilient esthétique, éthique et politique » — Michel Onfray, Écrits sur Starck, Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  25. a et b Starck système - Gilles de Bure, Libération, 22 janvier 2010
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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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  • Olivier Boissière et Philippe Starck, Starck®, Ed. Taschen, 1991 (ISBN 978-3822897522)
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  • Ed Mae Cooper, Pierre Doze et Elisabeth Laville, Starck, Ed. Taschen, 1996 (ISBN 978-3822838587)
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  • Philippe Starck, Starck explications, Éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 978-2844262103)
  • Écrits sur Starck, Éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  • Simone Philippi, Philippe Starck, Ed. Taschen, 2010 (ISBN 978-3-8365-2108-6)
  • Philippe Starck : Minimum Design, 24 Ore Cultura, 2011 (ISBN 978-88-6648-030-3)
  • Philippe Starck et Gilles Vanderpooten, Impression d’ailleurs, Éditions de l'Aube, 2012 (ISBN 978-2815905176)

Liens externesModifier