Nikola Tesla

inventeur et ingénieur serbe naturalisé américain

Nikola Tesla (en serbe cyrillique : Никола Тесла), né dans la nuit du 9 au à Smiljan dans l'Empire d'Autriche (actuelle Croatie) et mort le à New York, est un inventeur et ingénieur américain d'origine serbe. Il est notoirement connu pour son rôle prépondérant dans le développement et l'adoption du courant alternatif pour le transport et la distribution de l'électricité.

Nikola Tesla
N.Tesla.JPG
Nikola Tesla en 1896.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Никола ТеслаVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Nikola TeslaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Autrichien (-), Austro-hongrois ( - ), Américain ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domiciles
Formation
Université Charles de Prague
Gymnasium Karlovac (en) (-)
Université technique de Graz ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Milutin Tesla (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Đuka Madic (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Marica Kosanovic (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Tesla Electric Light & Manufacturing (en) (depuis ), Westinghouse Electric (en) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaines
Membre de
Influencé par
Distinctions
signature de Nikola Tesla
signature

Tesla a d'abord travaillé dans la téléphonie et l'ingénierie électrique avant d'émigrer aux États-Unis en 1884 pour travailler avec Thomas Edison puis avec George Westinghouse, qui enregistra un grand nombre de ses brevets. Considéré comme l’un des plus grands scientifiques dans l’histoire de la technologie, pour avoir déposé quelque 300 brevets couvrant au total 125 inventions[1] (qui seront pour beaucoup attribuées à tort à Edison)[2] et avoir décrit de nouvelles méthodes pour réaliser la « conversion de l’énergie », Tesla est reconnu comme l’un des ingénieurs les plus créatifs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Quant à lui, il préférait plutôt se définir comme un découvreur.

Ses travaux les plus connus et les plus largement diffusés portent sur l’énergie électrique. Il a mis au point les premiers alternateurs permettant la naissance des réseaux électriques de distribution en courant alternatif, dont il est l’un des pionniers. Tesla s’est beaucoup intéressé aux technologies modernes se focalisant sur l’électricité qui était le noyau de ses inventions. Il est connu pour avoir su mettre en pratique la découverte du caractère ondulatoire de l’électromagnétisme (théorisé par James Clerk Maxwell en 1864), en utilisant les fréquences propres des composants des circuits électriques afin de maximiser leur rendement.

De son vivant, Tesla était renommé pour ses inventions ainsi que pour son sens de la mise en scène, faisant de lui un archétype du « savant fou ». Grand humaniste qui se fixait comme objectif d'apporter gratuitement l'électricité dans les foyers et de la véhiculer sans fil[3],[4], il resta malgré tout dans un relatif anonymat jusqu'à plusieurs décennies après sa mort. Son œuvre trouve un regain d'intérêt dans la culture populaire depuis les années 1990. En 1960, son nom a été donné au tesla (T), l’unité internationale d’induction magnétique. En 2003, le constructeur automobile de voitures électriques Tesla Inc. est créé, le nom de la marque faisant référence à Nikola Tesla.

Son lieu de sépulture est à Belgrade, en Serbie, dans le musée Nikola-Tesla.

Biographie

Nationalité et origines

 
Certificat de baptême de Tesla (en serbe cyrillique, seul alphabet utilisé par l'Église orthodoxe serbe).

Nikola Tesla naît dans une famille serbe orthodoxe de Lika, en Krajina croate, venue de l'ouest de la Serbie, près du Monténégro[5]. Fier de ses origines, Tesla a toujours revendiqué à la fois ses ascendances serbes et son héritage croate, s'identifiant comme un Serbe de Croatie[6],[7],[8],[9],[10]. Cependant, né au sein de l'Empire d'Autriche, Tesla s'est déclaré de nationalité autrichienne lors de sa demande de naturalisation américaine en 1891[11],[a].

Les Tesla seraient issus de la famille Draganić, dont une branche aurait adopté le surnom « Tesla » signifiant herminette en serbe, donné en raison d'une caractéristique physique particulière de ses membres[12]. Une autre légende les lie à la famille noble d'Herzégovine de Pavle Orlović, un chevalier serbe semi-mythologique[13].

Toutefois, parce qu'il est né dans la partie croate des confins militaires (une zone tampon contrôlée par les Habsbourg le long de la frontière ottomane), certains Croates revendiquent pour Tesla la nationalité croate[14],[15]. Ainsi, depuis sa mort en 1943, de nombreuses controverses ont éclaté quant à sa nationalité, des nationalistes serbes et croates se livrant à de nombreux débats pour s'attribuer son origine[16],[17],[18].

Jeunesse

Enfance

Nikola Tesla naît dans la nuit du 9 au [b], à Smiljan, dans les confins militaires de l’Empire d’Autriche[6]. Il naît lors d'une nuit d'orage très violente. Sa grand-mère interprète cela en disant que l'enfant serait l'« enfant de la nuit », alors que sa mère au contraire déclare qu'il serait l'« enfant de la lumière »[19]. Son père, Milutin Tesla, est le prêtre orthodoxe serbe de Smiljan[20]. Sa mère, Đuka Mandić, est la fille d’un prêtre orthodoxe serbe originaire de Lika et Banija et antérieurement du Kosovo. Elle a un don pour la fabrication d’outils artisanaux et, bien qu’analphabète, est capable de mémoriser des textes de poésie épique serbe[21]. Nikola est le quatrième de cinq enfants. Il a trois sœurs, Milka, Angelina et Marica, et un frère aîné, Dane, qui décède après un accident de cheval alors que Nikola a sept ans[22].

 
Milutin Tesla, prêtre orthodoxe serbe, père de Nikola Tesla, décoré de la croix du Mérite civil.

La mort de Dane a un impact négatif sur la relation qu'a Nikola avec ses parents, et plus particulièrement avec son père. En effet, Dane est vu comme « extraordinairement doué » et est le fils préféré de Milutin. Sa mort est ainsi très difficile à accepter, et Nikola se sent rejeté par ses parents : « Tout ce que j'ai fait de louable n'a fait qu'accentuer le sentiment de perte de mes parents. J'ai donc grandi avec peu de confiance en moi ». Dane étant sensé suivre son père en devenant à son tour prêtre, c'est sur Nikola que Milutin repose ses espoirs. Il donne alors à Nikola des exercices, tels que du calcul mental, répéter de longues phrases ou essayer de deviner ses pensées, tous dans un but d'améliorer son esprit critique. Sa relation compliquée avec son père provoque des obsessions étranges chez Nikola : il ne supporte pas la vue de boucles d’oreilles et de perles sur les femmes, il refuse de toucher les cheveux d'autres personnes, est dérangé par l'odeur du camphre, est obligé de compter ses pas et se force à faire un nombre d'actes divisible par trois sans quoi il recommence toute action[23].

Dès son enfance, Tesla montre de grandes aptitudes intellectuelles, bénéficiant d’une mémoire eidétique hors du commun et d’un génie inventif qu'il attribue plus tard aux gênes et à l'influence de sa mère[24],[21]. Tesla est cependant troublé par des visions et a de la peine à contrôler ses émotions. Il se passionne pour le tir à l'arc et utilise son imagination pour « chevaucher ces flèches qu'il tire hors de vue dans les voûtes bleues du ciel ». Il essaie alors d'imaginer un appareil qui lui permettrait de voler et conçoit un objet volant utilisant les propriétés du vide et de la pression pour faire tourner un cylindre. Ses premières expérimentations s'avèrent concluantes, mais la vitesse de rotation du cylindre n'est finalement pas suffisante pour faire décoller l'engin[25]. Un autre projet de machine volante, sensée « mettre les énergies de la nature au service de l'homme », consiste à mouvoir quatre hélices en y attachant des hannetons. Ce projet est cependant abandonné après qu'un autre enfant ait attrapé et mangé un des insectes. Dégoûté par l'événement, Tesla promet de ne plus jamais toucher d'insecte de sa vie[26].

Peu après la mort de son frère, Tesla commence à lire dans la bibliothèque de son père, ce que ce dernier n'approuve pas. Milutin cache les bougies pour empêcher Nikola de se « ruiner les yeux », mais Tesla finit par créer ses propres bougies et continue à lire[27]. À 12 ans, il découvre le livre Abafi de Miklós Jósika, qui raconte l'histoire d'un « jeune homme absorbé par la débauche et l'amour du plaisir, qui, par la fermeté de sa volonté et l'énergie de sa résolution, s'exalte pour devenir l'un des héros les plus respectés et les plus exemplaires de son pays, que l'inflexibilité des objectifs peut surmonter en tout ». Ce livre est une révélation pour Tesla, et il lui permet d'enfin prendre contrôle de ses émotions : « En peu de temps, j'ai vaincu ma faiblesse et j'ai ressenti un plaisir que je n'avais jamais connu auparavant, celui de faire ce que je voulais »[28].

Éducation

En 1861, Tesla fréquente l'école primaire de Smiljan où il étudie l'allemand, l'arithmétique et la religion. En 1862, la famille Tesla s'installe dans la localité voisine de Gospić, où le père de Tesla travaille comme curé de paroisse. Tesla y termine l'école primaire, puis le collège[29]. En 1870, Tesla s'installe à Karlovac pour suivre les cours du lycée au Gymnase Karlovac, où les cours sont dispensés en allemand, comme c'était l'usage dans les écoles situées à l'intérieur de la frontière militaire austro-hongroise[30],[31]. Tesla est capable de faire du calcul intégral de tête, ce qui fait croire à ses professeurs qu'il triche[32]. Il termine un cursus de quatre ans en trois ans, et obtient son diplôme en 1873[33].

Premier contact avec l'électricité

Tesla commence à s'intéresser à l'électricité très jeune. Alors qu'il joue avec le chat familial Macak, il découvre l'électricité statique, « un miracle qui [le] rend muet d'étonnement ». Il déclare plus tard : « Le dos de Macak était une feuille de lumière et ma main produisait une pluie d'étincelles assez forte pour être entendue dans toute la maison ». Curieux, il interroge son père, qui lui répond qu'il s'agit d’électricité, « la même chose que l'on voit à travers les arbres lors d'une tempête ». Ces premiers questionnements deviennent une véritable obsession pour Tesla : « Je ne peux pas exagérer l'effet de cette merveilleuse nuit sur mon imagination enfantine. Jour après jour, je me suis demandé « Qu'est-ce que l'électricité ? » et je n'ai trouvé aucune réponse »[34].

Au Gymnase Karlovac, Tesla est impressionné par les démonstrations de son professeur de physique[c]. Elles le motivent plus que jamais à étudier l'électricité, cette « force merveilleuse ». Tesla lit alors tout ce qu'il trouve sur le phénomène, se prend de passion pour le radiomètre de Crookes et expérimente avec des batteries, des bobines et des générateurs électriques[35].

Maladies

 
Statue de Tesla dans le village de Smiljan.

Alors qu'il étudie à Karlovac, Tesla vit avec la sœur de son père dans une zone très marécageuse. Les moustiques y sont ainsi nombreux, et il contracte le paludisme, qu'il traite en prenant énormément de quinine. La maladie ne le quitte cependant pas avant plusieurs années[36],[37].

Une fois son diplôme au Gymnase Karlovac obtenue, Tesla retourne à Smiljan. Peu après son arrivée, il contracte le choléra, reste alité pendant neuf mois et frôle la mort à plusieurs reprises. Le père de Nikola, dans un moment de désespoir, et bien qu'il veut qu'il entre dans la prêtrise, promet de l'envoyer dans la meilleure école d'ingénieurs s'il se remet de la maladie[38],[29],[39]. Alors qu'il est malade, il lit les œuvres de Mark Twain, ce qu'il considère comme l'ayant aidé à se remettre miraculeusement de sa maladie[40].

Études secondaires

En 1874, Tesla échappe au service militaire obligatoire dans l'armée austro-hongroise à Smiljan en s'enfuyant au sud-est de Lika à Tomingaj, près de Gračac[33]. Là, il explore les montagnes en tenue de chasseur, lit de nombreux livres et conçoit des inventions qu'il juge lui-même de « délirantes »[41],[42]. Selon Tesla, ce contact avec la nature l'a rendu plus fort, tant physiquement que mentalement[29].

En 1875, Tesla s'inscrit à l'université technique de Graz grâce à une bourse de la Frontière militaire[43],[44]. Il s’enrôle dans les départements de physique et mathématiques dans l'idée de devenir plus tard professeur, probablement pour satisfaire son père qui aurait eu du mal à imaginer Nikola en tant qu'ingénieur[45]. Durant sa première année, Tesla ne manque jamais un cours, obtient les meilleures notes possibles, réussit neuf examens (presque deux fois plus que le nombre requis) et fonde un club culturel serbe[43],[44]. Le doyen de la faculté technique adresse alors une lettre à son père dans laquelle il déclare : « Votre fils est une étoile de premier rang »[44]. Quand Tesla rentre à Smiljan à la fin de l'année scolaire, il s'attend à impressionner ses parents avec ses résultats, mais les retrouve peu enthousiastes et inquiets pour sa santé. En effet, durant l'année scolaire, Tesla a un rythme de vie effréné ; il se réveille à 3 heures du matin et lit généralement jusqu'à 23 heures, ne se laissant aucunes pauses pour des loisirs, même les dimanches et les jours de fête. Un de ses professeurs, craignant pour la santé de Tesla, envoie ainsi plusieurs lettres tout au long de l'année scolaire au père de Nikola le priant de retirer son fils de l'école[d],[46].

En 1876 ou 1877, Tesla entre en désaccord avec son professeur de physique Jakob Pöschl lors de la démonstration d'une machine de Gramme. Pöschl raccorde la machine à une batterie pour l'utiliser comme moteur en courant continu, mais les balais, mal ajustés, créent des étincelles. Tesla observe alors la machine et conclut qu'elle pourrait fonctionner de la même manière sans balais. Pöschl, qui pense que ce sont les balais qui convertissent l'énergie électrique en énergie mécanique contredit Tesla en précisant que, selon lui, cela serait équivalent à tenter de créer un mouvement perpétuel. Convaincu qu'il a raison, Tesla abandonne ses plans de devenir professeur et intègre la faculté d'ingénierie[47],[e].

Bien que sa position d'étudiant en ingénierie lui aurait permis de construire un modèle fonctionnel de moteur sans balais, Tesla choisit de simplement explorer l'idée dans son imagination, en deux étapes : « J'ai commencé par imaginer une machine à courant continu, la faire fonctionner et suivre le flux changeant des courants dans l'armature. Ensuite, j'imaginais un alternateur et j'étudiais les processus qui se déroulaient de la même manière. [...] Les images que j'ai vues étaient pour moi parfaitement réelles et tangibles »[49],[48]. Tesla pense donc que la solution se trouve en courant alternatif, une innovation puisque, à cette époque, on utilise du courant continu pour presque toutes les applications de l'électricité. Tesla a également l'idée de coupler un moteur à un générateur, et non pas une batterie, ce qui est également une innovation probablement inspirée par la présentation d'Hippolyte Fontaine à Vienne, que Pöschl a expliqué à Tesla, durant laquelle Fontaine raccorde un moteur à une dynamo. Malgré un concept de base bien établi, Tesla n'arrive pas à réaliser son idée physiquement[50].

« À un certain âge, j'ai contracté une manie du jeu qui a beaucoup inquiété mes parents. S'asseoir pour jouer aux cartes était pour moi la quintessence du plaisir. […] Je disais à [mon père] : « Je peux arrêter quand je veux, mais vaut-il la peine de renoncer à ce que j'achèterais avec les joies du paradis ? »[51]. »

Nikola Tesla

Après une altercation avec un camarade de classe allemand, durant laquelle celui-ci se moque de Tesla pour son assiduité au travail scolaire, Tesla commence à sortir avec d'autres étudiants jusqu'à tard le soir. Il y apprend les dominos, les échecs, devient un très bon joueur de billard et développe une addiction aux jeux de cartes et d'argent[29],[52]. Lors du premier semestre de sa troisième année d'études, Tesla ne va plus en cours, et il n'est enregistré dans aucune classe au printemps 1878. Tesla perd ainsi sa bourse militaire, et tente en vain d'en obtenir une nouvelle auprès d'un journal pro-serbe de Novi Sad[53].

Selon certaines sources, Tesla aurait obtenu son diplôme de premier cycle de l’université de Graz[54],[55],[56]. Toutefois, selon l’université, ce ne serait pas le cas et il n’aurait pas poursuivi ses études au-delà du premier semestre de sa troisième année[57],[58],[59],[60].

Premiers emplois

 
Nikola Tesla vers 1879, âgé de 23 ans.

En , Tesla quitte Graz, ne contacte plus sa famille et déménage à Maribor où on l’emploie comme assistant ingénieur. Il passe alors ses soirées dans un pub, le Paysan Heureux, à jouer aux cartes. En , son ancien colocataire Kosta Kulišić séjourne à Maribor et rencontre par hasard Tesla au Paysan Heureux. Kulišić contacte alors la famille de Tesla, leur indiquant qu'il se trouvait à Maribor. Deux mois plus tard, Milutin Tesla se rend à Maribor pour convaincre Nikola de reprendre ses études à l’université Charles de Prague. Tesla refuse alors de rentrer chez ses parents et tient tête à son père, qui tombe malade. Tesla est cependant renvoyé à Gospić quelques semaines plus tard après avoir été arrêté pour vagabondage. Milutin, choqué de voir son fils ramené par la police, meurt le [61].

Après la mort de son père, Tesla reste à Gospić, continue de participer à des jeux d'argent et enseigne dans son ancienne école[29],[62]. Avec l'aide de sa mère, il parvient à mettre de côté son addiction et accepte finalement de reprendre ses études à Prague, ses oncles maternels lui fournissant les fonds nécessaires[62]. Là, il est influencé par Ernst Mach et suit un cours de Carl Stumpf intitulé « David Hume et l'investigation de l'intellect humain » dans lequel Tesla apprend le concept de tabula rasa[62],[63]. Tesla continue de travailler sur son idée de moteur à courant alternatif à Prague, bien qu'il soit uniquement enregistré à des cours de mathématiques, physique expérimentale et philosophie : « L'atmosphère de cette vieille et intéressante ville était favorable à l'invention ». Il y fait des expérimentations, telles que « détacher le collecteur de la machine et étudier le fonctionnement sous ce nouvel aspect », sans vraiment parvenir à des résultats concluants. Malgré cela, ces tests s'avèrent importants pour Tesla, car ils lui permettent de mieux comprendre le fonctionnement d'un moteur, et il sent qu'il « se rapproche d'une solution »[62].

En , alors que ses oncles ont arrêté de lui envoyer de l'argent, Tesla quitte Prague pour Budapest[64]. Tesla choisit Budapest car il a récemment appris que Tivadar Puskás, un collaborateur de Thomas Edison, est sur le point d'y construire des centraux téléphoniques. Les travaux doivent être supervisés par Ferenc Puskás, le frère de Tivadar, qui a servi dans l'armée dans la même unité que l'oncle de Tesla, Pavle Mandić. Tesla demande ainsi à son oncle de le recommander pour aider à construire le réseaux téléphonique de Budapest, mais, n'arrivant pas à financer leur projet immédiatement, les frères Puskás trouvent un travail à Tesla comme dessinateur pour l'Office central du télégraphe du gouvernement hongrois[65]. Très vite repéré par l'inspecteur en chef, il est finalement transféré à un poste qui le voit faire des calculs et des estimations et aider à la conception d'une nouvelle installation téléphonique. Tesla réalise alors sa première réelle invention, un ancêtre du haut-parleur qu'il n'a jamais breveté ni exposé publiquement[66].

Bien qu'il soit d'abord heureux d'être en contact direct avec des appareils électriques, Tesla se lasse vite d'un travail qu'il juge trop limité[65]. Tesla finit donc par démissionner et se concentre sur ses inventions. Au courant 1881, Tesla est affecté par une étrange maladie que les médecins n'arrivent pas à diagnostiquer. Il souffre notamment d'une sensibilité aiguë de tous les sens — John Joseph O'Neill décrit son ressenti entre autre de la façon suivante : « un faisceau de lumière brillant sur lui produit l'effet d'une explosion interne » — et reste cloué au lit plusieurs mois, les médecins lui donnant peu de chance de s'en sortir[67]. Il est possible que cette maladie soit une dépression nerveuse due au peu d'intérêt que les gens portent à ses nouvelles inventions. Tesla doit sa rémission à Anthony Szigeti, un homme qu'il rencontre à Budapest et avec qui il se lie d'amitié : « [Szigeti] était un athlète d'une puissance physique extraordinaire — l'un des hommes les plus forts de Hongrie. Il m'a traîné hors de ma chambre et m'a obligé à faire des exercices physiques… il m'a sauvé la vie »[65].

« […] je vole, pour m’abreuver de sa lumière éternelle, devant moi le jour et derrière moi la nuit, le ciel sur ma tète et les flots sous mes pieds. Quel beau rêve ! et cependant l’astre s’évanouit[68]. »

Extrait de Faust de Johann Wolfgang von Goethe, poème qui a inspiré Tesla pour la conception du moteur asynchrone[69].

Pour aider Tesla à se remettre de sa maladie, Szigeti l'invite à venir marcher avec lui au Városliget. Tesla accepte et passe la plupart de ses soirées avec Szigeti à discuter de ses idées de moteur à courant alternatif. Un jour, alors que Tesla récite un poème de Johann Wolfgang von Goethe, il a un « instant eurêka » pendant lequel une idée lui vient « comme un éclair ». Il commence alors à dessiner les plans d'une nouvelle invention dans le sable tout en l'expliquant à Szigeti[70]. Les images seraient apparues tellement clairement à Tesla qu'il en serait venu à demander à son ami si il « voyait le moteur tourner »[71]. C'est les images « du soleil qui se retire et se précipite en avant » et « des ailes invisibles qui soulèvent l'esprit mais pas le corps » du poème de Goethe qui inspire Tesla à utiliser un champ magnétique tournant pour la conception de son moteur[72],[f].

L'épisode du parc à Budapest n'a pas seulement aidé Tesla à avancer dans ses recherches sur le premier moteur à courant alternatif, cela lui a également confirmé qu'il était capable de devenir inventeur, et il prend alors pleine conscience de son pouvoir créatif. Tesla se voit alors devenir « riche et célèbre ». En 1882, il profite de son travail aux Compagnies Ganz pour en apprendre plus sur le courant alternatif — Károly Zipernowsky, Ottó Bláthy et Miksa Déri, qui travaillent également chez Ganz, créent plus tard le premier réseau électrique en alternatif. C'est en travaillant chez Ganz que Tesla, en faisant des expériences avec un transformateur électrique défectueux en forme d'anneau, confirme sa théorie selon laquelle il est possible d'utiliser un courant alternatif pour créer un champ magnétique tournant[73].

En 1882, Tesla est enfin engagé par Ferenc Puskás pour aider à développer le réseau téléphonique de Budapest. C'est alors que Tesla invente de nouveaux répéteurs et amplificateurs pour téléphone. Une fois le travail terminé, Tivadar Puskás, qui est à Paris pour aider Thomas Edison à introduire son système d’éclairage public à incandescence en France, invite Tesla et Szigeti à le rejoindre pour travailler pour la Edison General Electric Company[74].

Ingénieur chez Edison

À Paris, Tesla se distingue auprès du directeur de la Continental Edison, Charles Batchelor (en), probablement grâce à ses études supérieures en physique et mathématiques qui le rendent autant bon en théorie qu'en pratique. Il tente alors à plusieurs occasions d'expliquer ses idées de moteur à courant alternatif à ses collègues, en vain. Ceux-ci ne sont pas intéressés par ses idées car la Edison Company est occupée à commercialiser des solutions d'éclairages électriques, et ne voit pour l'instant pas l'intérêt de développer des systèmes motorisés. Une autre raison du désintérêt des employés d'Edison vient peut-être aussi du fait que les idées de Tesla semblent être trop gourmandes en cuivre. En effet, une des politiques imposées par Thomas Edison consiste à utiliser le moins de cuivre possible dans ses systèmes, et Tesla prévoit d'alimenter son moteur avec six fils de cuivre, de façon à créer trois courants alternatifs déphasés[75],[g].

 
Moteur à courant alternatif triphasé.

Tesla est ensuite employé par l'entreprise d'Edison en France et en Allemagne dans plusieurs stations d'éclairage. Il impressionne le directeur d'une des filières d'Edison, Louis Rau, et est envoyé à Strasbourg, qui fait alors partie de l'Empire allemand. Là-bas, il est chargé de réparer les dommages causés par un court-circuit à la gare de Strasbourg-Ville, en construction dans le cadre de la Neustadt. La gare de Strasbourg comporte alors un système d'éclairage de 1 200 lampes alimentées par quatre générateurs en plus d'une installation de Siemens & Halske de cinq générateurs à courant continu pour lampes à arc. Durant les travaux, Tesla trouve un générateur à courant alternatif de Siemens et commence à construire un prototype de moteur à courant alternatif dans son temps libre[77]. Après plusieurs essais, il réussit à faire tourner son moteur pour la première fois : « J'ai finalement eu la satisfaction de voir la rotation s'effectuer par des courants alternatifs de phases différentes, et sans contacts glissants ni collecteur, comme je l'avais conçu un an auparavant. C'était un plaisir exquis, mais incomparable au délire de joie qui a suivi la première révélation »[78].

À Strasbourg et à Paris, Tesla tente à plusieurs reprises de trouver des investisseurs mais personne ne semble vraiment s'intéresser à ses projets. Au printemps 1884, Charles Batchelor est rappelé aux États-Unis par Edison pour gérer Edison Machine Works (en) à New York. Batchelor demande alors à Tesla de le suivre pour travailler sur son moteur[79].

Âgé de 28 ans, il débarque aux États-Unis, où Edison vient de créer le réseau électrique alimentant la ville de New York basé sur le courant continu qui souffre de sérieux dysfonctionnements : accidents fréquents, pannes régulières, incendies... De plus, à cause des chutes de tension due à la résistance des câbles, cette énergie ne peut pas être acheminée sur de longues distances et nécessite des centrales tous les trois kilomètres. Enfin, comme il n'existe pas de technologie permettant de modifier la tension, l'électricité doit être produite directement à la tension utilisée par les clients, ce qui nécessite un circuit de distribution différent pour chaque type d'appareil (éclairage public ou domestique, moteur d'usine).

Tesla propose le courant alternatif, qui résoudrait tous ces problèmes, tandis qu’Edison reste un ardent défenseur du courant continu. Cette controverse technologique et la personnalité très narcissique des deux hommes les opposent farouchement. Finalement Edison lui permet de travailler sur cette technologie et lui promet 50 000 dollars à la clé si elle réussit. Tesla y parvient quelques mois plus tard mais Edison n'honore pas sa promesse, prétextant que Tesla n'a pas compris son « humour américain ». Il consent tout de même à l'augmenter pour que son salaire passe de 10 dollars par semaine à 18 dollars. Tesla, se sentant insulté, démissionne en 1885[80].

Ingénieur chez Westinghouse

En 1886, Tesla fonde la Tesla Electric Light & Manufacturing (en) mais il est contraint d'en démissionner en raison de désaccords avec ses investisseurs financiers qui lui demandent de développer un nouveau modèle de lampe à arc mais sans courant alternatif. Ayant mis toutes ses économies dans cette société, Tesla est ruiné, d'autant plus que ses associés gardent la jouissance de ses brevets. Pour survivre, il devient terrassier dans les rues de New York[81].

Un groupe de financiers (l'avocat Charles F. Peck et le directeur de la Western Union Alfred S. Brown), conscients du potentiel économique de la proposition de Tesla sur le courant alternatif, offre à celui-ci la possibilité de fonder sa propre société en avril 1887 : la Nikola Tesla Company, basée à New York. Il s'assure cette fois-ci que 50 % des revenus de ses brevets lui soient reversés. Il dispose d'un laboratoire et peut enfin construire la génératrice à courant alternatif qu'il présente à l'American Institute of Electrical Engineers le 16 mai 1888[82].

En 1886, George Westinghouse s’intéresse de près au courant alternatif. Concurrent direct d’Edison, cet ingénieur et entrepreneur américain rêve d’approvisionner tous les États-Unis en électricité. En juillet 1888, Brown et Peck négocient un accord de licence avec George Westinghouse pour utiliser le moteur à induction polyphasé de Tesla et ses transformateurs contre 60 000 dollars en numéraire et en actions et une redevance de 2,50 $ par cheval vapeur produit. D'autre part, Westinghouse embauche Tesla pendant un an, pour un salaire mensuel de 2 000 $, comme consultant des laboratoires de la Westinghouse Electric & Manufacturing Company[83]. Une lutte titanesque (surnommée la « guerre des courants ») s’engage alors entre Westinghouse-Tesla et Edison. Edison tente une campagne de lobbying en faisant des démonstrations publiques d'électrocution de différents animaux, pour prouver le danger du courant alternatif. Ces démonstrations conduisent à l'invention de la chaise électrique et l'adoption progressive de l'électrocution comme moyen d'exécuter les condamnés à mort. Edison embauche à cet effet Harold P. Brown qui achète un générateur alternatif pour électrocuter William Kemmler. Malgré les recours juridiques de George Westinghouse, l'exécution a bien lieu mais Edison ne parvient cependant pas à imposer le mot « westinghousé » au lieu d'« électrocuté » dans le langage public[84],[85].

En 1893, la compagnie de Westinghouse obtient le contrat d’installation de toute l’infrastructure électrique des États-Unis et, rapidement, les États-Unis utilisent exclusivement le courant alternatif préconisé par Tesla. La guerre a tourné finalement à l’avantage du couple Westinghouse-Tesla et laisse les compagnies Edison mais aussi Westinghouse au bord de la faillite (nombreux procès au sujet des brevets, investissements lourds pour équiper les foyers ou l'industrie, main d'œuvre coûteuse pour remplacer quotidiennement des milliers de lampes à incandescence[86]). En 1897, Westinghouse explique ses difficultés financières à Tesla en termes crus, l'avertissant que, si les choses continuent ainsi, il aurait à « traiter avec les banquiers » pour continuer à percevoir ses redevances. Westinghouse convainc finalement Tesla de renoncer à ses royalties et lui rachète ses droits et ses brevets pour une somme de 216 000 dollars[87].

Autres idées majeures

 
Robot Bateau de Tesla : Tesla crée le premier « robot » télécommandé, qu'il présente au Madison Square Garden à New-York. Le bateau télécommandé sans fil, qu'il nomme « teleautomaton». Brevet déposé en 1898.

Les communications et la transmission d'énergie sans fil

Les théories de Tesla sur la possibilité de la transmission sans fil remontent à des conférences et des démonstrations qu'il a réalisées en 1893 à Saint-Louis dans le Missouri, au Franklin Institute en Pennsylvanie, et à la National Electric Light Association (en). Il met au point notamment la bobine Tesla vers 1891, puis entre 1895 et 1898 un transmetteur à amplification (en)[88].

Le radar

En août 1917, Tesla propose les fréquences et l’énergie nécessaire pour un système de repérage à distance des obstacles dans le périodique The Electrical Experimenter[89]. Il propose l’utilisation d’une onde entretenue pour repérer les objets, cette onde formant une onde stationnaire avec la réflexion par la cible lorsque la fréquence est ajustée convenablement (Radar à ondes entretenues). La fréquence utilisée permet alors de déterminer la distance de l’objet ou sa variation dans le temps permet de déduire la vitesse radiale de déplacement. Il propose comme alternative l’utilisation d’impulsions pour obtenir le même résultat. Tesla envisageait l’affichage des échos résultants sur un écran fluorescent, une idée reprise par le radar.

Les robots télécommandés

En juillet 1898, Tesla dépose le brevet US 613809 A[90] intitulé Méthode et appareillage pour un mécanisme de contrôle de navires et véhicules. En décembre de la même année, au cours d'une foire dédiée à l'électricité au Madison Square Garden, il fait la démonstration d'un bateau radio-commandé qu'il surnomme « teleautomaton »[91]. L'appareil fait sensation, et certains considèrent qu'il est mû par l'esprit de Tesla, ou piloté par un singe savant caché à l'intérieur du bateau[92],[93].

Une application directe de son procédé est d'ordre militaire, car il permettrait de commander à distance des engins explosifs comme des torpilles. Cependant, les militaires considèrent que son modèle est trop fragile pour les conditions d'une zone de guerre, et qu'il est aisé d'interférer avec le signal radio. Tesla propose un nouveau modèle, submersible et disposant d'un système d'« individualisation », censé empêcher un éventuel piratage. Il écrit plus tard : « Je me souviens que lorsque j'ai alors appelé un officiel à Washington avec à l'esprit d'offrir l'invention au Gouvernement, il a explosé de rire à l'énoncé de ce que j'avais accompli »[93].

Dernières années

 
Musée Nikola-Tesla de Belgrade (où sont exposés des effets personnels de Nikola Tesla).

En 1901, il fait construire la tour de Wardenclyffe qui doit lui permettre de rattraper le retard pris dans sa compétition avec Guglielmo Marconi qui a réussi le la première transmission radio transatlantique. Parce qu'il n'obtient aucun résultat commercialement probant, ses investisseurs le lâchent les uns après les autres. Son rival remporte le prix Nobel de physique en 1909 et la tour est détruite en 1917. Il vit désormais reclus dans une chambre de l'hôtel New Yorker, refusant toute charité mais recevant de la Westinghouse Electric & Manufacturing Company un salaire mensuel de 125 $ pour continuer ses différentes recherches[94].

En 1928, Tesla dépose son dernier brevet, un biplan à décollage et atterrissage verticaux.

À l'automne 1937, voulant éviter un taxi, Tesla est victime d'une mauvaise chute alors qu'il fait son trajet régulier vers la cathédrale et Central Park où il a l'habitude de nourrir les pigeons et de les recueillir dans son hôtel. Refusant de consulter un médecin ou d'être amené à l'hôpital, il est raccompagné dans sa chambre d'hôtel où il ne se rétablira jamais complètement.

Le génocide des Serbes de Croatie par le gouvernement oustachi de l'État indépendant de Croatie dans le camp d'extermination de Jasenovac l'inquiète sur l'évolution de la guerre mondiale et civile en Yougoslavie[95], 11[96] membres de sa famille seront d'ailleurs exterminés par les oustachis.

 
Urne de Nikola Tesla (Belgrade, musée Nikola-Tesla).

Perclus de TOC[97], insomniaque chronique, il s'éteint le dans sa chambre d'hôtel à New York, seul, sans un sou et couvert de dettes, laissant derrière lui plus de 300 brevets et la réputation de savant génial, visionnaire et à moitié fou. Il reçoit le 17 janvier des funérailles nationales dans la cathédrale Saint-Jean le Théologien de New York, regroupant 2 000 personnes. Après celle-ci, son corps est transporté au Ferncliff Cemetery (en) où il est par la suite incinéré[98].

Après le décès de Nikola Tesla, sa famille engage avec l’administration américaine une longue procédure judiciaire pour acquérir ses documents de travail et ses effets personnels. En 1952, son neveu Sava Kosanović obtient que sa succession entière (manuscrits originaux, milliers de lettres, de photographies et la plupart de ses inventions) soit expédiée à Belgrade. Après un long procès, ce même neveu réussit, en 1957, à récupérer l’urne funéraire de son oncle. L’urne et les documents sont aujourd’hui au musée Nikola-Tesla à Belgrade en Serbie[99].

Principales inventions

Tesla est l'auteur d’environ 300 brevets dont beaucoup sont attribués à tort à Thomas Edison[2] traitant de nouvelles méthodes pour aborder la conversion de l’énergie.

Distinctions

Prévisions pseudo-scientifiques

Arme à énergie dirigée

Tesla a fait des déclarations concernant une arme à énergie dirigée utilisant un accélérateur de particules, après avoir étudié le générateur de Van de Graaff. La presse l’appela le « rayon de la paix » ou « rayon de la mort ». Tesla décrivit l’arme comme étant capable d’être utilisée contre une infanterie terrestre ou contre des forces aériennes.

Tesla donne la description suivante concernant le faisceau de particules chargées : « [Le canalisateur pourrait] envoyer des faisceaux concentrés de particules dans l'air libre, et cette puissante énergie pourrait faire tomber une flotte de 10 000 avions ennemis à une distance de 200 miles de la frontière d'un pays qui se défend, et les ferait s'écraser raide mort sur leurs pistes. »

L'énergie libre

C’est au cours de la conférence Experiments with alternate currents of high potential and high frequency[107] du 3 février 1892 devant l'Institution of Electrical Engineers de Londres que Tesla envisage pour la première fois le concept d’énergie libre[108] :

« Dans quelques générations nos machines seront animées grâce à une énergie disponible en tous points de l’univers. […] [En effet,] dans l’espace, il existe une forme d’énergie. Est-elle statique ou cinétique ? Si elle est statique, toutes nos recherches auront été vaines. Si elle est cinétique — et nous savons qu’elle l’est —, ce n’est qu’une question de temps, et les hommes réussiront à connecter leurs machines aux rouages de la nature. »

Vie privée et style

Apparence

 
Tesla dans les années 1890.

Nikola Tesla mesure 1,88 m et pèse 64 kg entre 1888 et 1926, son poids variant très peu pendant cette période[109]. Son apparence est décrite par le rédacteur en chef du journal Arthur Brisbane comme « presque le plus grand, presque le plus mince et certainement l'homme le plus sérieux qui se rend régulièrement chez Delmonico's »[110]. Alors qu'il vit à New York, il est élégant et stylé, méticuleux dans sa toilette, ses vêtements et dans ses activités quotidiennes, une apparence qu'il entretient afin de favoriser ses relations d'affaires. Il s'est autoproclamé « l'homme le plus élégant de la Cinquième Avenue »[111]. Il est également décrit comme ayant les yeux clairs, de « très grandes mains » et des pouces « remarquablement grands »[110].

Mémoire eidétique

Au cours de sa vie, Tesla lit de nombreux ouvrages, mémorisant des livres complets, et possède soi-disant une mémoire photographique[112]. Il est polyglotte, parlant huit langues : serbo-croate, tchèque, anglais, français, allemand, hongrois, italien et latin[113]. Tesla raconte dans son autobiographie qu'il a vécu des moments d'inspiration détaillés. Il lui arrive à plusieurs occasions de voir des éclairs de lumière aveuglants, souvent accompagnés de visions[112]. Souvent, les visions sont liées à un mot ou à une idée qu'il aurait pu rencontrer ; à d'autres moments, elles apportent la solution à un problème particulier qu'il rencontre. En entendant le nom d'un objet, il peut l'imaginer dans ses moindres détails[112]. Tesla peut visualiser une invention dans son esprit avec une extrême précision, en incluant toutes les dimensions, avant de passer à l'étape de la construction, une technique parfois appelée « pensée visuelle ». Il ne fait généralement pas de dessins à la main, mais travaille de mémoire. Dès son enfance, Tesla a de fréquents flashbacks sur des événements qui se sont produits auparavant dans sa vie[112].

Relations

Tesla ne s'est jamais marié, expliquant que sa chasteté lui était très utile pour ses capacités scientifiques[112]. Jeune, il ne s'estimait pas digne d'une femme, considérant les femmes comme supérieures à tous égards. Son opinion commence à osciller plus tard, lorsqu'il se met à penser que les femmes essayent de surpasser les hommes et de se rendre plus dominantes. Cette « nouvelle femme » est accueillie avec beaucoup d'indignation par Tesla, qui a le sentiment que les femmes perdent leur féminité en essayant d'être au pouvoir. Dans une interview accordée au Galveston Daily News le , il déclare : « À la place de la femme douce et à la voix douce que je vénère, est venue la femme qui pense que sa principale réussite dans la vie consiste à se faire autant que possible l'égale de l'homme — dans sa tenue, sa voix et ses actions, dans les sports et les réalisations de toutes sortes... La tendance des femmes à écarter l'homme, à supplanter le vieil esprit de coopération avec lui dans toutes les affaires de la vie, me déçoit beaucoup »[114]. Bien qu'il ait dit à un journaliste, plus tard, qu'il avait parfois le sentiment qu'en ne se mariant pas, il avait fait un trop grand sacrifice pour son travail, Tesla a choisi de ne jamais poursuivre ou s'engager dans des relations connues, trouvant au contraire toute la stimulation dont il avait besoin dans son travail.

Tesla était asocial et avait tendance à s'isoler dans son travail[115],[116],[117]. Cependant, lorsqu'il s’est finalement engagé dans des activités sociales, de nombreuses personnes ont parlé de Tesla de manière très positive et admirative. Robert Underwood Johnson l'a décrit comme ayant atteint « une douceur, une sincérité, une modestie, un raffinement, une générosité et une force remarquables »[118]. Sa secrétaire, Dorothy Skerrit, a écrit : « son sourire génial et sa noblesse d'allure ont toujours dénoté les caractéristiques de gentleman qui étaient si ancrées dans son âme »[111]. L'ami de Tesla, Julian Hawthorne, a écrit : « On rencontrait rarement un scientifique ou un ingénieur qui était aussi poète, philosophe, amateur de musique, linguiste et connaisseur de la nourriture et des boissons »[119].

Tesla était un bon ami de Francis Marion Crawford[120], Robert Underwood Johnson[121], Stanford White[122], Fritz Lowenstein, George Scherff et Kenneth Swezey[123],[124],[125]. Au milieu de sa vie, Tesla devient un ami proche de Mark Twain ; ils passent beaucoup de temps ensemble dans son laboratoire et ailleurs[126]. Twain a notamment décrit l'invention du moteur à induction de Tesla comme « le brevet le plus précieux depuis le téléphone »[127]. Lors d'une fête organisée par l'actrice Sarah Bernhardt en 1896, Tesla rencontre le moine hindou indien Vivekananda et tous deux discutent de la façon dont les idées de l'inventeur sur l'énergie semblaient correspondre à la cosmologie védantique[128]. À la fin des années 1920, Tesla se lie d'amitié avec George Sylvester Viereck, poète, écrivain, mystique et plus tard, propagandiste nazi. Tesla assiste occasionnellement à des dîners organisés par Viereck et sa femme[129],[130].

Tesla pouvait parfois être dur et exprimer ouvertement son dégoût pour les personnes en surpoids, comme lorsqu'il a renvoyé une secrétaire à cause de son poids[131]. Il était prompt à critiquer les vêtements ; à plusieurs reprises, Tesla a ordonné à une employée de rentrer chez elle et de changer de robe[112]. À la mort de Thomas Edison, en 1931, Tesla fournit la seule opinion négative d'une vaste couverture de la vie d'Edison pour The New York Times :

« Il n'avait pas de passe-temps, ne s'occupait d'aucune sorte d'amusement et vivait au mépris des règles d'hygiène les plus élémentaires... Sa méthode était extrêmement inefficace, car il fallait couvrir un terrain immense pour obtenir quoi que ce soit, à moins que le hasard n'intervienne et, au début, j'ai presque été un témoin désolé de ses actes, sachant qu'un peu de théorie et de calcul lui aurait permis d'économiser 90 % du travail. Mais il avait un véritable mépris pour l'apprentissage des livres et les connaissances mathématiques, se fiant entièrement à l'instinct de son inventeur et au sens pratique américain[132]. »

Habitudes

Sommeil

Tesla a affirmé ne jamais dormir plus de deux heures par nuit, mais il a admis « s'assoupir » de temps en temps « pour recharger ses batteries »[133],[134]. Durant sa deuxième année d'études à Graz, Tesla a développé une compétence passionnée pour le billard, les échecs et le jeu de cartes, passant parfois plus de 48 heures d'affilée à une table de jeu[135]. À une occasion, dans son laboratoire, Tesla a travaillé pendant 84 heures sans repos[136]. Kenneth Swezey, un journaliste dont Tesla s'était lié d'amitié, a confirmé que Tesla dormait rarement. Swezey se souvient d'un matin où Tesla l'a appelé à 3 heures du matin : « Je dormais dans ma chambre comme un mort… Soudain, la sonnerie du téléphone m'a réveillé… [Tesla] parlait de façon animée, avec des pauses, [alors qu'il] ... travaillait sur un problème, comparant une théorie à une autre, commentant ; et quand il a senti qu'il était arrivé à la solution, il a soudainement raccroché le téléphone »[134].

Routine

Tesla travaillait tous les jours de 9 h à 18 h ou plus tard, avec un dîner à 20 h 10 exactement, au restaurant Delmonico's, ou plus tard dans sa vie à l'hôtel Waldorf-Astoria. Tesla commandait alors par téléphone son dîner au maître d'hôtel, qui était le seul à pouvoir le servir. « Le repas devait être prêt à huit heures… Il dînait seul, sauf dans les rares occasions où il donnait un dîner à un groupe pour remplir ses obligations sociales. Tesla reprenait alors son travail, souvent jusqu'à 3 heures du matin »[137].

Pour faire de l'exercice, Tesla marchait entre 13 et 16 km par jour. Il se recroquevillait les orteils cent fois pour chaque pied chaque nuit, disant que cela stimulait les cellules de son cerveau[138].

Tesla est devenu végétarien dans les dernières années de sa vie, ne vivant que de lait, de pain, de miel et de jus de légumes[139],[140].

Opinions et croyances

Physique expérimentale et théorique

Tesla n'est pas d'accord avec la théorie selon laquelle les atomes sont composés de particules subatomiques plus petites, affirmant qu'il n'existe pas d'électrons créant une charge électrique. Il pense que si les électrons existent, ils sont un quatrième état de la matière ou « sous-atome » qui ne peut exister que dans un vide expérimental et qu'ils n'ont rien à voir avec l'électricité[141],[142]. Tesla pense que les atomes sont immuables — ils ne peuvent pas changer d'état ou être divisés de quelque façon que ce soit. Il croit au concept du XIXe siècle d'un éther omniprésent qui transmet l'énergie électrique[143].

Tesla est généralement en désaccord avec les théories sur la conversion de la matière en énergie[144]. Il est également critique de la théorie de la relativité d'Albert Einstein, disant :

« Je soutiens que l'espace ne peut être courbé, pour la simple raison qu'il ne peut avoir aucune propriété. On pourrait tout aussi bien dire que Dieu a des propriétés. Il n'a pas de propriétés, mais seulement des attributs et ceux-ci sont de notre propre fabrication. On ne peut parler de propriétés que lorsqu'il s'agit de la matière qui remplit l'espace. Dire qu'en présence de grands corps, l'espace devient courbe équivaut à dire que quelque chose peut agir sur rien. Pour ma part, je refuse de souscrire à une telle opinion[145]. »

Tesla prétend avoir développé son propre principe physique concernant la matière et l'énergie, sur lequel il commence à travailler en 1892, et en 1937, à l'âge de 81 ans, il affirme dans une lettre avoir achevé une « théorie dynamique de la gravité » qui « [mettrait] fin aux spéculations oiseuses et aux conceptions erronées, comme celle de l'espace courbe »[146],[147]. Il affirme que la théorie est « élaborée dans tous ses détails » et qu'il espère la donner bientôt au monde. Ses écrits n'ont jamais permis d'élucider davantage sa théorie[148].

Société

Tesla est largement considéré par ses biographes comme étant un humaniste dans sa vision philosophique en plus de ses dons de scientifique technologique[149],[150],[151]. Cela n'a pas empêché Tesla, comme beaucoup de son époque, de devenir un partisan d'une version de l'eugénisme, basée sur une sélection artificielle imposée[152].

Tesla exprime la conviction que la « pitié » humaine en était venue à interférer avec les « rouages impitoyables de la nature ». Bien que son argumentation ne dépende pas du concept de « race maîtresse » ou de la supériorité inhérente d'une personne par rapport à une autre, il plaide en faveur de l'eugénisme. Dans une interview accordée en 1937, il déclare :

« ... le nouveau sens de la pitié de l'homme a commencé à interférer avec les rouages impitoyables de la nature. La seule méthode compatible avec nos notions de civilisation et de race est d'empêcher l'élevage d'inaptes par la stérilisation et l'orientation délibérée de l'instinct d'accouplement... La tendance de l'opinion parmi les eugénistes est que nous devons rendre le mariage plus difficile. Il est certain qu'aucune personne qui n'est pas un parent désirable ne devrait être autorisée à produire une progéniture. Dans un siècle, il ne viendra plus à l'esprit d'une personne normale de s'accoupler avec une personne eugéniquement inapte[153]. »

En 1926, Tesla commente les maux de l'asservissement social des femmes et la lutte des femmes pour l'égalité des sexes, et indique que, selon lui, l'avenir de l'humanité sera dirigé par les « Reines des abeilles ». Il pense alors que les femmes deviendront le sexe dominant[154].

Tesla fait également des prédictions sur les questions pertinentes de l'après-guerre dans un article imprimé, « Science et découverte sont les grandes forces qui mèneront à la consommation de la guerre » (). Tesla pense que la Société des Nations n'est pas un remède valable à la situation[155].

Religion

Tesla est élevé en tant que chrétien orthodoxe mais ne se considère pas comme un « croyant au sens orthodoxe ». Il déclare s'opposer au fanatisme religieux, et que « le bouddhisme et le christianisme sont les plus grandes religions, tant en nombre de disciples qu'en importance ». Il a également déclaré : « Pour moi, l'univers est simplement une grande machine qui n'a jamais vu le jour et ne finira jamais » et « ce que nous appelons « âme » ou « esprit » n'est rien de plus que la somme des fonctionnements du corps. Lorsque ce fonctionnement cesse, l'« âme » ou l'« esprit » cesse également »[153].

Accessoirement, il s’intéresse aussi à la mythologie hindoue, ainsi qu'au sanskrit[156].

Culture populaire

L'héritage de Nikola Tesla s'est perpétué dans de nombreux livres, films, séries télévisées, pièces de théâtre, bandes dessinées, jeux vidéos et également dans le monde de la musique. L'impact des technologies inventées ou envisagées par Tesla est un thème récurrent dans plusieurs types de science-fiction[157],[158].

Notes et références

Notes

  1. Citation originale : « Tesla decided it was time for him to become an American citizen. In July 1891, he filed an application in the Common Pleas Court of New York. As his former nationality he listed 'Austrian ».
  2. On ne connait pas son heure de naissance exacte[19].
  3. Tesla ne mentionne pas le nom du professeur, mais certaines sources indiquent qu'il s'agit du professeur Martin Sekulić.
  4. Tesla ne prend connaissance de ces lettres que plus tard, après la mort de son père[43].
  5. Quand Tesla décrit ses études secondaires à des journalistes dans les années 1880, il précise qu'il a été formé en tant qu'ingénieur en génie civil, le seul cursus disponible à Graz en ingénierie[48].
  6. W. Bernard Carlson précise cependant que l'histoire de la vision n'est apparue qu'en 1919, dans l'autobiographie de Nikola Tesla, et que cette version ne correspond pas à ce qu'il a déclaré, sous serment, lors de l'enregistrement de son brevet en 1903. Carlson précise cependant que Tesla a bel et bien réalisé des avancées importantes dans ses recherches à Budapest[70].
  7. Un circuit en courant alternatif peut cependant fonctionner à une tension électrique plus élevée, l'invention de Tesla aurait donc nécessité des fils d'une épaisseur moindre, mais nous ne savons pas si Tesla et ses collègues le savaient[76].

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Annexes

Bibliographie

Ouvrages et articles de Nikola Tesla
  • (en) Nikola Tesla, Colorado Springs Notes, 1899-1900, Bnpublishing, , 436 p. (ISBN 9-5629-1463-1)
Autobiographie
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Biographies
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  • Massimo Teodorani, Tesla: L'éclair d'un génie. L'histoire et les découvertes du plus grand inventeur du XXe siècle, Macro éditions, 2015,122 p. (ISBN 978-8862297264)
Articles
  • Marc Bousquet, « Nikola Tesla sous les coups de concurrents trop puissants », Les cahiers de Science et Vie, dossier « Savant maudits », no 62, avril 2001, pages 60 à 67.

Documentaires

  • Tajna Nikole Tesle [Le Secret de Nikola Tesla] – Film yougoslave réalisé par Krsto Papić (Zagreb film/Kinematografi, 1980).
  • Nikola Tesla, Le génie du tonnerre – Les Archives oubliées no 3 (1999).
  • Tesla – Documentaire réalisé par David Grubin et distribué sur le réseau PBS.

Articles connexes

Liens externes

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