Marie de Saxe-Cobourg-Gotha

reine Marie de Roumanie
Marie d’Édimbourg
Description de cette image, également commentée ci-après
Photographie de Marie de Saxe-Cobourg-Gotha par George Grantham Bain.

Titre

Reine de Roumanie


(12 ans, 9 mois et 10 jours)

Prédécesseur Élisabeth de Wied
Successeur Hélène de Grèce (reine mère de Roumanie)
Biographie
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg et Gotha
Nom de naissance Marie Alexandra Victoria de Saxe-Cobourg-Gotha
Naissance
Eastwell, Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Décès (à 62 ans)
Sinaia, Drapeau de la Roumanie Royaume de Roumanie
Sépulture Nécropole royale de Curtea de Argeș
Père Alfred Ier de Saxe-Cobourg et Gotha
Mère Marie Alexandrovna de Russie
Conjoint Ferdinand Ier de Roumanie
Enfants Carol II de Roumanie Roi de Roumanie
Élisabeth de Roumanie
Marie de Roumanie
Nicolas de Roumanie
Ileana de Roumanie
Mircea de Roumanie
Religion Anglicanisme puis Orthodoxie roumaine

Description de l'image Coat of Arms of Marie of Saxe-Coburg, Queen of Romania (Order of María Luisa).svg.

Marie Alexandra Victoria d’Édimbourg, née le à Eastwell et morte le à Sinaia, est un membre de la famille royale britannique, devenue par mariage reine de Roumanie à partir de 1914. Elle pousse la Roumanie à rejoindre les Alliés de la Première Guerre mondiale en 1916 et s'investit durant le conflit pour soutenir les combattants.

JeunesseModifier

FamilleModifier

Marie naît à Eastwell Park dans le Kent le 29 octobre 1875. Son père, le prince Alfred, duc d'Édimbourg, est le fils de la reine Victoria du Royaume-Uni et du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. En 1893, il monte sur le trône du duché de Saxe-Cobourg et Gotha dans l'Empire allemand, à la mort de son oncle le duc Ernest II. Sa mère, la grande-duchesse Maria Alexandrovna de Russie, est la fille du tsar Alexandre II de Russie et de Marie de Hesse-Darmstadt. Marie est la deuxième enfant d'une fratrie de cinq : elle a un frère aîné, Alfred, né en 1874, surnommé "Young Affie", et trois sœurs cadettes, Victoria-Mélita, née en 1876, surnommée "Ducky", Alexandra, née en 1878, surnommée "Sandra" et Béatrice, née en 1884, surnommée "Baby Bee".

Marie est baptisée le dans la chapelle privée du château de Windsor. Ses parrains sont ses oncles le tsarévitch Alexandre de Russie et le prince Arthur, duc de Connaught et Strathearn. Ses marraines sont la tsarine Marie de Hesse-Darmstadt, la princesse de Galles Alexandra de Danemark et la duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha Alexandrine de Bade. Elle reçoit les prénoms Marie Alexandra Victoria, mais est surnommée "Missy".

ÉducationModifier

 
Marie en 1882 dans un portrait commandé par la reine Victoria à John Everett Millais et exposé à la Royal Academy.

Marie et ses frères et sœurs passent leur petite enfance à Eastwell Park, que leur mère préfère à leur résidence officielle de Clarence House [1]. Dans ses mémoires, Marie se rappelle d'Eastwell Park avec tendresse [2]. Le duc d’Édimbourg est largement absent de la vie de ses enfants à cause de sa position dans la Royal Navy, et leur vie est gouvernée par leur mère. Marie raconte plus qu'elle ne connaissait même pas la couleur des cheveux de son père jusqu'à ce qu'elle regarde ses portraits, et les découvre plus clairs que ce qu'elle pensait [3]. Quand il est chez lui, le duc s'amuse avec ses enfants et invente de nombreux jeux avec eux [4]. La duchesse préconise quand à elle la séparation des générations et Marie regrette profondément qu'elle et sa mère n'ai jamais eut de conversation "d'égal à égal" [5]. Malgré tout, la duchesse, indépendante d'esprit et cultivée, est "la personne la plus importante" de la vie de ses enfants [6]. Marie est particulièrement proche de sa sœur Victoria-Mélita, qui est d'un an sa cadette, mais que tout le monde prend pour l'aînée à cause de sa haute taille, au grand déplaisir des princesses [7]. La fratrie est baptisée et élevée dans la foi anglicane, ce qui agace leur mère russe orthodoxe [8].

Sur ordre de leur mère, Marie et ses sœurs apprennent le français, qu'elles détestent et parlent rarement [9]. La duchesse néglige cependant l'éducation de ses filles qu'elle trouve peu brillantes. On leur permet de lire à voix haute, mais dans les domaines de la peinture et du dessin, où elles ont hérité du talent de la reine Victoria, les filles ne reçoivent qu'une "instruction superficielle" [10].

Le duc et la duchesse reçoivent fréquemment des membres de la famille royale à Eastwell Park, les invitant au petit-déjeuner presque tous les jours [11]. En 1885, Marie et Victoria-Mélita sont demoiselles d'honneur au mariage de leur tante Béatrice du Royaume-Uni avec le prince Henri de Battenberg[12]. Marie passent beaucoup de temps à jouer avec ses cousins maternels Nicolas, Georges et Xenia Alexandrovna de Russie, et les enfants du grand-duc Vladimir Alexandrovitch de Russie [13].

 
La princesse Marie en 1888.

En 1886, le duc est nommé commandant-en-chef de la Mediterranean Fleet et la famille s'installe au palais Saint-Antoine à Malte. Marie se rappellera de son séjour à Malte comme "le souvenir le plus heureux de mon existence" [14]. Durant leur première année à Malte, c'est une gouvernante française qui supervise l'éducation des princesses, mais à cause de sa santé fragile, elle est remplacée par une jeune femme allemande [15]. Marie et Victoria-Mélita reçoivent de leur mère des chevaux blancs et se rendent à l'hippodrome de Malte presque tous les jours sauf le samedi [16]. C'est à Malte que Marie rencontre son premier amour, Maurice Bourke, capitaine du vaisseau du duc, qu'elle appelle "Captain Dear". Marie est très jalouse quand Maurice Bourke prête plus attention à une de ses sœurs qu'à elle [17]. Le duc et la duchesse sont très appréciés par la population et le palais accueille souvent des invités [18], dont le prince George, second fils du prince de Galles, qui sert alors dans la Royal Navy. George surnomme les trois premières filles du couple "les trois chéries", mais c'est Marie qu'il apprécie le plus [19].

Suite à la renonciation du prince de Galles, le duc d’Édimbourg devient l'héritier présomptif de son oncle sans enfant Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, décrit par Marie comme "ayant ses bizarreries". Par conséquent, la famille déménage à Cobourg en 1889, où la vie de cour est moins stricte que dans les autres duchés allemands [20], et choisit le château de Rosenau comme résidence d'été [21]. Marie décrira plus tard ce moment comme "la fin d'une vie qui n'était alors que bonheur absolu et joie sans nuages, une vie sans déceptions ou délusions et sans aucune fausse note." [22]. La duchesse, qui est pro-allemande, engage une gouvernante allemande pour ses filles, leur fait porter des vêtements simples et les fait confirmer dans la foi luthérienne [23]. À Cobourg, l'éducation des princesses est approfondie et l'accent est mis sur la peinture et la musique, enseignées respectivement par Anna Messing et Mme Helferich [24]. Les jeudis et dimanches, Marie et ses sœurs aiment aller au théâtre de Cobourg [25]. Une autre activité que les filles apprécient est d'assister aux fêtes hivernales organisées par sa mère, où elles patinent ou pratiquent le hockey sur glace [26]. Marie et Victoria-Mélita observent souvent les amis de leurs frère et discutent de ceux qu'elles préfèrent, un aspect que Marie considère comme inévitable dans la vie des jeunes filles qui ont des frères [27].

MariageModifier

 
Ferdinand et Marie après leur mariage.

Marie, devenue une belle jeune femme, est considérée comme un parti intéressant. Son cousin germain, le prince George, futur George V, tombe amoureux d'elle et la demande en mariage [28]. La reine Victoria et leurs pères approuvent ce mariage, mais leurs mères, qui ne s'apprécient guère, refusent. La princesse de Galles déteste en effet le positionnement pro-allemand de la famille. Quant à sa mère, elle préfère voir ses filles se marier hors de la pléthorique famille royale britannique selon le principe « mieux vaut être un grand poisson dans un petit lac, qu'un petit poisson dans la vaste mer » [29]. Elle est également contre un mariage entre deux cousins, proscrit par l'Eglise orthodoxe [30]. Ainsi, quand George lui fait sa demande, Marie lui répond que c'est impossible et qu'il doit rester son "ami bien-aimé". La reine Victoria commentera plus tard que "Georgie a perdu Missy en attendant trop longtemps." [31].

Pendant ce temps, le roi Carol Ier de Roumanie est à la recherche d'une épouse pour son neveu le prince héritier Ferdinand, dans le but d'assurer sa succession et la suite de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen. Possiblement motivée par l'idée d'apaiser les tensions entre la Russie et la Roumanie à propos du contrôle de la Bessarabie, la duchesse d’Édimbourg suggère une rencontre entre sa fille le prince [30]. Marie et Ferdinand se rencontrent pour la première fois lors d'un gala où ils discutent en allemand. Elle le trouve timide mais aimable, et leur deuxième entrevue se passe tout aussi bien [32]. Fin 1892, le roi Carol visite Londres pour rencontrer le duc d’Édimbourg et la reine Victoria, qui donnent tout deux leur accord au mariage, et la souveraine l'élève au rang de chevalier de l'ordre de la Jarretière [33]. Une fois le couple officiellement fiancé, la reine Victoria écrit à une autre de ses petites-filles, la princesse Victoria de Hesse-Darmstadt, que "Ferdinand est gentil et ses parents sont charmants, mais le pays n'est pas sûr et la société de Bucarest est affreusement immorale. Bien sûr le mariage sera différé de quelque temps, comme Missy n'aura pas 17 ans avant fin octobre !" [34]. Victoria, impératrice douairière d'Allemagne et tante de Marie, écrit à sa fille Sophie, princesse héritière de Grèce, que "Missy est enchantée, mais la pauvre enfant est si jeune, comment peut-elle savoir ce qui l'attend ?" [35].

Le 10 janvier 1893, Marie et Ferdinand se marient au château de Sigmaringen en trois cérémonies : une civile, une catholique, la religion de Ferdinand, et une anglicane. La cérémonie civile est conduite dans le hall du château par Karl von Wendel, et l'empereur Guillaume II d'Allemagne est le premier des témoins à signer l'acte de mariage. À 16 heures, la cérémonie catholique se tient dans l'église de Sigmaringen, et Marie est conduite à l'autel par son père. La cérémonie anglicane est plus simple et a lieu dans l'un des salons du château [36],[37]. Marie et Ferdinand passent quelques jours au château de Krauchenwies. Ils se dirigent ensuite vers la Roumanie en s'arrêtant quelques jours à Vienne, où ils rendent visite à l'empereur François-Joseph. À cause des tensions grandissantes entre l'Autriche et la Roumanie, leur visite est brève et le couple arrive à Predeal après avoir traversé la Transylvanie en train [38]. Marie est accueillie chaleureusement par le peuple roumain, qui souhaite une monarchie plus incarnée et accessible [39].

Princesse héritière de RoumanieModifier

 
Première photographie de Marie après son arrivée en Roumanie.

Vie familialeModifier

Les premières années du mariage de Marie et Ferdinand ne sont pas particulièrement faciles, et Marie dira plus tard à son mari : "quel gâchis d'avoir perdu tant d'années de notre jeunesse juste pour apprendre à vivre ensemble !" [40] . Progressivement, le couple développe une amitié cordiale : Marie accorde à Ferdinand le respect qu'elle pense lui devoir en tant qu'homme puis roi, et il la respecte quand il réalise qu'elle a une meilleure compréhension du monde que lui [41]. Éventuellement, Marie considère qu'elle et Ferdinand sont "les meilleurs associés et les plus loyaux des compagnons, mais nos vies ne s'entremêlent que sur certains points" [42]. Sa correspondance avec sa confidente secrète de toujours, la danseuse américaine Loïe Fuller, révèle néanmoins « le dégoût, qui grandit en répulsion » que Marie éprouve envers son mari[43].

Marie donne naissance à son premier enfant, Carol, seulement neuf mois après son mariage, le 15 octobre 1893. Marie demande l'utilisation du chloroforme pour diminuer les douleurs de l'accouchement, mais les docteurs sont réticents à accepter, croyant que "les femmes doivent payer par leur douleur le péché d'Eve". Grâce à l'insistance de sa mère et de la reine Victoria, le roi Carol finit par autoriser l'usage de l'anesthésiant [44]. Marie ne ressent pas beaucoup de joie à la naissance de son premier-né [45]. De même, bien que la reine Élisabeth de Wied rappelle constamment à Marie que l'accouchement est "le moment le plus glorieux de sa vie", sa mère lui manque terriblement lors de la naissance de son deuxième enfant, Élisabeth, en 1894 [46]. Après s'être habituée à la vie en Roumanie, Marie commence à se réjouir de la naissance de ses enfants [47], soit Marie (1900-1961), surnommée "Mignon", Nicolas (1903-1978), surnommé "Nicky", Ileana (1909-1991) et Mircea (1913-1916).

Le roi et la reine retirent rapidement le prince Carol et la princesse Élisabeth des soins de Marie, considérant inapproprié de laisser des enfants être élevés par des parents si jeunes [48] . Marie aime ses enfants, mais trouve difficile de les réprimander, et n'arrive pas à superviser correctement leur éducation [49]. Par conséquent, les enfants ne vont pas à l'école et reçoivent une éducation au palais, mais de moindre qualité, et leurs personnalités présenteront des lacunes en grandissant [50]. Le Premier ministre Ion Duca écrira plus tard que "c'était comme si le roi Carol souhaitait laisser à la Roumanie des héritiers absolument pas préparés à lui succéder." [51].

Son fils aîné n'est pas très proche de son père : lorsqu'il devient adulte, cet antagonisme tourne en « conflit ouvert », mais il reste une profonde affection entre Carol et sa mère. Ce climat se détériore lorsqu'il s'oppose à la relation qu'a sa mère avec le prince Ştirbei ; il s'envenime quand Marie essaie de guider son fils vers un mariage dynastique plutôt qu'avec celle qu'il a choisi lui-même. Pendant son exil à Paris, Loie Fuller se prend d'amitié pour lui et sa maîtresse Magda Lupescu ; ils ne connaissent pas la relation que Fuller entretient avec Marie, et si Fuller intervient auprès de Marie d'abord en prenant leur parti, elle ne réussit pas à le séparer de Lupescu. À la fin, lorsqu'il devient roi, et qu'il ne cherche plus le conseil de sa mère, la rupture entre eux est totale.

Reine de RoumanieModifier

 
La famille royale en 1922.

En 1914, le roi Carol Ier meurt et Ferdinand monte sur le trône roumain. Marie devient alors la reine de Roumanie. Ils ne sont pas couronnés avant 1922.

Marie est devenue une patriote roumaine, et son influence sur le pays est grande. A.L. Easterman écrit que le roi Ferdinand était « un homme calme, facile à vivre, et sans caractère ; ce n'était pas lui, mais Marie, qui dirigeait la Roumanie ». Il crédite les sympathies de Marie pour les Alliés comme étant « la plus grande influence pour rapprocher son pays d'eux » dans la guerre [52].

Pendant la guerre, elle est infirmière volontaire de la Croix-Rouge pour aider les malades et les blessés [53] et écrit un livre, Mon pays, pour lever des fonds pour la Croix-Rouge. Ce n'est pas sa seule contribution à l'effort de guerre roumain. En 1917, avec la Roumanie occupée aux deux tiers par les troupes allemandes, Marie, accompagnée d'un groupe de conseillers militaires, établit un plan selon lequel l'armée roumaine, plutôt que de faire retraite en Russie, défend une portion du territoire national, en Moldavie, où continuer la lutte. Par une série de lettres à Loie Fuller, elle contribue à l'obtention d'un soutien financier américain à ce plan [54].

Conférence de paix de ParisModifier

Ferdinand ayant d'abord refusé de signer le traité de Bucarest, avant d'y être contraint et forcé, et la Roumanie ayant été hostile aux puissances centrales jusqu'à la fin de la guerre, sa place parmi les pays vainqueurs lors de la conférence de la paix de Paris est garantie. La délégation officielle est conduite par Ion I.C. Brătianu, qui vient de commencer son troisième mandat de Premier ministre [55]. La rigidité de Brătianu, combinée à la réticence du président du Conseil français Georges Clemenceau à ignorer la signature par Ferdinand du traité de Bucarest conduit à un conflit ouvert et la délégation roumaine quitte Paris, à la grande consternation du Conseil des Quatre. Dans l'espoir de résoudre la situation, Saint-Aulaire suggère d'envoyer plutôt Marie à la conférence. La reine est ravie de cette perspective [56].

 
La reine Marie avec ses deux filles aînées à Paris en 1919.

Marie arrive à Paris le 6 mars 1919. Elle est immédiatement populaire auprès des Français, en raison de son audace pendant la guerre. En rencontrant Marie, Clemenceau lui dit brusquement: "Je n'aime pas votre Premier ministre", ce à quoi elle lui répond : "Peut-être que vous me trouverez plus agréable." [57]. C'est le cas, et le président Raymond Poincaré remarque un changement d'attitude de Clemenceau envers la Roumanie après l'arrivée de Marie. Après avoir séjourné à Paris pendant une semaine, Marie accepte l'invitation du roi George V et de la reine Mary et traverse la Manche, logeant au palais de Buckingham. Marie y fait la connaissance de nombreuses personnalités politiques importantes de l'époque, dont Lord Curzon, Winston Churchill et Waldorf et Nancy Astor. Elle rend également rendu visite à son fils Nicky, alors scolarisé à l'Eton College [58]. Marie est ravie de revenir au Royaume-Uni après tant de temps, écrivant que "c'était une émotion énorme d'arriver à Londres et d'être accueilli à la gare par George et May." [59].

Après sa visite en Angleterre, Marie revient à Paris, où les gens sont toujours aussi enthousiastes à son propos qu'ils l'avaient été quelques semaines auparavant. Des foules se rassemblent fréquemment autour d'elle, attendant de voir la reine "exotique" de Roumanie. Le président américain Woodrow Wilson n'est pas impressionné par Marie, et ses commentaires sur les lois russes traitant des relations sexuelles, qui sont jugées inappropriés, n'aident pas [60]. Marie choque de nombreux responsables en écartant tous ses ministres et en menant elle-même les négociations. À ce sujet, elle commentera plus tard: "Qu'à cela ne tienne, vous n'aurez qu'à vous habituer à m'accepter avec les défauts de mes vertus." [61]. Marie quitte Paris avec de nombreuses fournitures pour le soulagement de la Roumanie et plus tard cette même année la conférence aboutit à la reconnaissance internationale de la Grande Roumanie, doublant ainsi le royaume de Ferdinand et Marie à 295 000 kilomètres carrés (114 000 mi) et augmentant la population de dix millions [62]. Cela conduit la grande-duchesse Marie Pavlovna de Russie, qui a brièvement vécu à Bucarest, à conclure que "par son charme, sa beauté et son esprit prêt, [Marie] pouvait obtenir tout ce qu'elle désirait" [63].

Croyances religieusesModifier

 
La reine Marie.

Élevée dans l'église anglicane, Marie a du se convertir à la foi orthodoxe de son pays d'adoption. Ayant fait bâtir son Quiet nest palace : « palais du nid tranquille » à Balcic, elle découvre en Dobroudja du Sud (aujourd'hui bulgare) des turcs bektachis, alévis de la mouvance soufie, considérée comme une branche du chiisme. Près de 84 000 personnes appartenant à ces communautés vivent dans cette région : certaines ont adopté des pratiques orthodoxes comme la communion et le respect des saints, dans un syncrétisme local [64]. Dans cette ambiance religieuse particulière, Marie est approchée dans ses dernières années par Martha Root, une « enseignante » connue de la foi bahá'íe, de sorte que les bahá'ís considèrent Marie comme la première monarque à avoir déclaré sa foi en Bahá'u'lláh et la tiennent en grande estime [65].

DécèsModifier

Après la mort de son mari le , Marie reste en Roumanie, écrit des livres et ses mémoires, Histoire de ma vie. Elle meurt le au château de Pelişor à Sinaia et est inhumée à côté de son mari au monastère de Curtea de Argeș. Selon sa volonté, son cœur est déposé dans une chapelle de sa villa de Balcic, une de ses résidences préférées. Deux ans plus tard, après la rétrocession de cette ville à la Bulgarie, le coffret contenant le cœur est transféré au château de Bran où il demeure avant d'être déposé au Musée national d'histoire de Roumanie à Bucarest en 1971. Enfin, le , au cours d'une cérémonie officielle, il est déposé au château de Pelișor [66].

AscendanceModifier

Titulature et décorationsModifier

TitulatureModifier

  • Son Altesse Royale la princesse Marie d'Édimbourg (1875-1893)
  • Son Altesse Royale la princesse Marie de Saxe-Cobourg-Gotha (1893-1893)
  • Son Altesse Royale la princesse héritière de Roumanie (1893-1914)
  • Sa Majesté la reine de Roumanie (1914-1927)
  • Sa Majesté la reine douairière de Roumanie (1927-1938)

DécorationsModifier

HommagesModifier

Hommages littérairesModifier

La reine Marie est mentionnée dans le poème de Dorothy Parker, Commentaire :

Oh, life is a glorious cycle of song,
A medley of extemporanea;
And love is a thing that can never go wrong,
And I am Marie of Roumania.

Traduction en français :

Oh, la vie est un cycle glorieux de chants,
un pot-pourri d'extra temporalité ;
et l'amour est quelque chose qui ne tourne jamais mal,
et je suis Marie de Roumanie.

L'auteure de science-fiction Joanna Russ mentionne aussi Marie de Roumanie dans son roman de 1975, L'Homme femelle.

ŒuvresModifier

  • The Story of my life. Série d’articles parue dans The Saturday Evening Post de New York entre le et le .
    • The Story of my life. Londres, Cassel, 1934 (vol. I et II) & 1935 (vol. III). Cinq réimpressions.
    • The Story of my life. New York, Charles Scribner’s, 1934.
    • Ordeal. The Story of my life. New York, Charles Scribner’s, 1935.
    • Histoire de ma vie. Paris, Plon, 1937 (vol. I et II) & 1938 (vol. III).
    • Povestea vieţii mele. Bucarest, Editura Adevărul, 1934 (vol. I et II) & 1936 (vol. III). Traduction roumaine de Mărgărita Miller-Verghy.
    • The Story of my Life. New York, Arno Press, 1971. Reproduction en fac-similé de l’édition originale.
    • Histoire de ma vie, Paris, éditions Lacurne, 2014. Avant-propos de son homonyme, la princesse Marie de Roumanie, cinquième fille de Michel Ier, introduction et notes de Gabriel Badea-Päun (ISBN 978-2-35603-016-0).

AnnexesModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

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  • Alexander Easterman, le roi Charles, Hitler, et Lupescu, Victor Gollancz Ltd, Londres, 1942.
  • (en) Julia Gelardi, Born to Rule, Granddaughters of Queen Victoria, Queens of Europe, Headline Book Publishing, , 457 p. (ISBN 978-0-7553-1392-1)
  • (en) Della L. Marcus, Her Eternal Crown : Queen Marie of Romania and the Bahá'í Faith, Oxford, George Ronald, , 319 p. (ISBN 978-0-85398-442-9)
  • (en) Della L. Marcus, « Marie Alexandra Victoria », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda,‎ (lire en ligne)
  • Hannah Pakula, Queen of Roumania - The life of Princess Marie, grand-daughter of Queen Victoria, Eland, Londres, 1984 (édition de poche 1989)
  • Hannah Pakula, The last romantic : a biography of Queen Marie of Roumania, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 1985 (ISBN 978-0-297-78598-9).
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  • (ro) Marie, Queen of Romania, Povestea Vieții Mele, vol. 3, Bucharest, Eminescu, [[[Modèle:SfnRef|détail de l’édition]]] (ISBN 973-22-0215-7)
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  • John Van der Kiste, Princess Victoria Melita, Gloucestershire, Sutton, (ISBN 0-7509-3469-7)
  • Francisco Veiga, Istoria Gărzii de Fier 1919–1941, Mistica Ultranaționalismului, Bucharest, Humanitas, (ISBN 978-973-28-0392-9)
  • Eugen Wolbe, Ferdinand I Întemeietorul României Mari, Bucharest, Humanitas, (ISBN 978-973-50-0755-3)

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Guy Gauthier, Missy, Regina României, , page 9
  2. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 12
  3. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 8
  4. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 15
  5. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 21
  6. John Van der Kiste, Princess Victoria Melita, , page 20
  7. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 9
  8. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 21
  9. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , pages 31-32
  10. Hannah Pakula, The Last Romantic, , page 49
  11. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 47
  12. « Prince and Princess Henry of Battenberg with their bridesmaids and others on their wedding day », National Portrait Gallery, London
  13. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , pages 88-89
  14. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 83
  15. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 109
  16. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , pages 106-107
  17. Terence Elsberry, Marie of Romania, , pages 17-19
  18. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 105
  19. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 136
  20. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 152
  21. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 155
  22. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Povestea Vieții Mele, , page 146
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  54. Par un heureux hasard, la jeune femme de l'ambassade américaine à qui Fuller apporta la lettre de Marie, avait été auparavant la nourrice de Newton D. Baker, qui servait à cette époque comme secrétaire d'État américain à la guerre. Fuller et la jeune femme voyagèrent de Paris à Washington et arrangèrent une audience avec Baker qui, avec l'aide du secrétaire d'État au trésor, Carter Glass, mirent au point le transfert de fonds au profit de la Roumanie.
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