Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Georges Feydeau

dramaturge français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Feydeau (homonymie).
Georges Feydeau
Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Rueil-Malmaison
Sépulture
Nom de naissance
Georges Léon Jules Marie Feydeau
Nationalité
Activité
Enfant
Michel Feydeau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Tombe de Georges Feydeau (division 30).jpg
Sépulture au cimetière de Montmartre, div. 30.

Georges Feydeau, né à Paris 9e le [1] et mort à Rueil-Malmaison le , est un auteur dramatique, peintre et collectionneur d'art français, connu pour ses nombreux vaudevilles.

Sommaire

BiographieModifier

Fils de l'écrivain Ernest Feydeau et de Léocadie Boguslawa Zalewska[1], Polonaise de naissance, Georges Feydeau est né au 49 bis rue de Clichy. De ses propres déclarations, sa mère lui aurait révélé qu'il était le fils de Napoléon III. D'autres sources indiquent qu'il serait le fils du demi-frère de l'Empereur, le duc de Morny, lui-même fils naturel du comte de Flahaut (qui était lui-même fils illégitime présumé de Talleyrand).

Enfant désobéissant malgré une jeunesse dorée, il martyrise sa sœur Diane-Valentine[2]. Très jeune, Georges Feydeau perd son insouciance lorsque son père devient hémiplégique, en 1869, et il néglige ses études pour se consacrer au théâtre, encouragé par son père. Il tente en vain une carrière d'acteur, jouant notamment dans la compagnie Le Cercle des Castagnettes qu'il a fondée. Il se tourne alors vers l'écriture. Sa première pièce, Par la fenêtre, est jouée pour la première fois en , alors qu'il n'a que 19 ans. Sa première grande pièce, Tailleur pour dames, qui est fort bien accueillie en au théâtre de la Renaissance, lui vaut les encouragements de Labiche. Pour gagner sa vie, il tient la rubrique « Courrier des théâtres » dans le journal de son beau-père Henry Fouquier.

 
Georges Feydeau et sa fine moustache relevée en pointe.

Il se marie, le , avec Marie-Anne Carolus-Duran, fille du peintre Carolus-Duran dont il devient l'élève, et de Pauline Croizette ; la peinture expressionniste sera son grand plaisir. Ce mariage d'amour se soldera par un échec, non sans lui donner une fille et trois fils :

Il puise son inspiration de sa vie de noctambule triste, notamment chez Maxim's, au cours de laquelle il perd beaucoup d'argent au jeu, prend de la cocaïne dans l'espoir de stimuler ses facultés créatrices et trompe son épouse avec des femmes et, peut-être, des hommes. Il écrit la plupart de ses pièces avec son collaborateur Maurice Desvallières[4].

Après le succès de Tailleur pour dames en , Feydeau connaît une période difficile. Ses œuvres suivantes, (La Lycéenne, Chat en poche, L'Affaire Édouard…), ne reçoivent au mieux qu'un accueil tiède. La consécration vient en avec le succès retentissant des pièces Monsieur chasse !, Champignol malgré lui et, dans une moindre mesure, Le Système Ribadier, œuvres qui lui valent le titre de « roi du vaudeville ». Dès lors, Feydeau enchaîne les réussites : L'Hôtel du libre échange et Un fil à la patte en , Le Dindon en , La Dame de chez Maxim en , La main passe en , Occupe-toi d'Amélie en .

Collectionneur d'art, il fera notamment l’acquisition du tableau La Neige à Louveciennes d'Alfred Sisley lors de la vente Armand Doria par la Galerie Georges Petit en . Sa collection fut mise en vente le [5].

En septembre 1909, après une violente dispute avec Marie-Anne, qui a pris un amant, il quitte le domicile conjugal du 148 rue de Longchamp (cette séparation aboutira au divorce en 1916) et prétextant les embarras d’un déménagement, s'installe pour quelques jours dans un palace tout proche de la gare Saint-Lazare, le Grand Hôtel Terminus, chambre 189[6]. Ce lieu devient en fait son domicile pour une dizaine d’années. À la suite de cette séparation, Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des caractères dans ses comédies de mœurs en un acte, montrant notamment la médiocrité des existences bourgeoises, qu'il tourne en ridicule : On purge bébé (), Mais n'te promène donc pas toute nue ! ()[4].

Très aimé de ses contemporains et des autres auteurs, il est témoin avec Sarah Bernhardt, le , au mariage d'Yvonne Printemps et Sacha Guitry, un ami qui le visitera quand il sera interné pour des troubles psychiques dus à la syphilis dans la clinique du docteur Fouquart à Rueil-Malmaison.

Après un séjour de deux ans dans cette maison de santé, il meurt, à l'âge de 58 ans. Georges Feydeau repose au cimetière Montmartre, inhumé avec son père dans la 30e division. Sa sœur repose avec leur mère au cimetière de Passy[7].

ThéâtreModifier

Pièces inéditesModifier

MonologuesModifier

  • Aux antipodes (1883)
  • Le Billet de mille
  • Les Célèbres (1884)
  • Le Colis (1885)
  • Complainte du pauv' propriétaire (1916)
  • Les Enfants (1887)
  • L'Homme économe
  • L'Homme intègre (1886)
  • J'ai mal aux dents
  • Le Juré
  • Le Mouchoir (1881)
  • Patte en l'air (1883)
  • La Petite Révoltée (1880)
  • Le Petit Ménage (1883)
  • Le Potache (1882)
  • Les Réformes
  • Tout à Brown-Séquard !
  • Trop vieux
  • Un coup de tête (1882)
  • Un monsieur qui est condamné à mort (1899)
  • Un monsieur qui n'aime pas les monologues (1882)
  • Le Volontaire (1884)

NotesModifier

  1. a et b Paris Archives, « Acte de naissance de Georges Feydeau no 9/2150/1862 », sur État civil de Paris, (consulté le 8 avril 2018), p. 31.
  2. Agnès de Noblet, Un univers d'artistes : autour de Théophile et de Judith Gautier, Paris, L'Harmattan, , 548 p. (ISBN 978-2-74755-417-6, lire en ligne), p. 130.
  3. Henry Gidel, Feydeau, Paris, Flammarion, , 282 p., 24 cm (ISBN 978-2-08066-280-4, OCLC 23828653, lire en ligne).
  4. a et b Henri Gidel, « Le 90e anniversaire de la mort de Feydeau », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 7 juin 2011.
  5. Félix Fénéon, Œuvres plus que complètes : chroniques d'art, vol. 1, Paris, Droz, , 510 p. (ISBN 978-2-74755-417-6, lire en ligne), p. 396.
  6. Il s'inspirera de cet hôtel dans le deuxième acte du Dindon.
  7. Sépulture d'Henry Fouquier, second époux de Léocadie.
  8. Voir sur compagniedesgens.fr.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Jacqueline Blancart-Cassou, Georges Feydeau, coll. « Qui suis-je ? », Pardès, 2015 (ISBN 978-2-86714-489-9)
  • Jacqueline Blancart-Cassou, « L’Irréalisme comique de Georges Feydeau », Cahiers de l'AIEF, no 43,‎ , p. 201-16 (lire en ligne)
  • Henry Gidel, Feydeau, Paris, Flammarion, 1992, coll. « Grandes Biographies »
  • Violaine Heyraud, Feydeau, la machine à vertiges, Paris, Classiques Garnier, 2012
  • Jacques Lorcey :
    • L'Homme de chez Maxim's : Georges Feydeau, sa vie, Paris, Séguier, 2004, tome I, coll. « Empreinte », 296 p. (ISBN 2-84049-407-8)
    • Du mariage au divorce : Georges Feydeau, son œuvre, Paris, Séguier, 2004, tome II, 252 p. (ISBN 2-84049-415-9)
    • Georges Feydeau. L'homme et l'œuvre (coffret) , Paris, Séguier, 2005 (ISBN 2-84049-416-7)
  • Fabio Perilli, Georges Feydeau : écriture théâtrale et stratégies discursives, ESI, 2010, coll. « Lingue, Linguaggi, Letterature », 228 p. (ISBN 978-88-495-1966-2)
  • Éric-Emmanuel Schmitt, « Des tragédies à l'envers », essai sur Georges Feydeau, Georges et Georges, Paris, Le Livre de poche, 2014 (ISBN 978-2-253-18261-0)
  • Collectif, Georges Feydeau, Les Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française, La Comédie-Française/L'Avant-scène théâtre, Paris, novembre 2010 (ISBN 978-2-7498-1170-3)

CatégorieModifier

Liens externesModifier