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Milvus migrans

Le Milan noir (Milvus migrans) ou Milan à bec jaune est une espèce de rapaces de taille moyenne appartenant à la famille des Accipitridae.

Sommaire

DescriptionModifier

Le Milan noir est reconnaissable à son allure lorsqu'il vole car sa queue a la forme d'un « V », caractéristique cependant partagée avec le Milan royal (M. milvus), à la queue plus échancrée.

ComportementModifier

L'espèce peut être observée dans de nombreux types d'habitat. Néanmoins, sa préférence va aux vallées de montagnes et aux terrains bas. Le site choisi doit tenir compte de deux impératifs : premièrement, la présence de grands arbres ou d'escarpements rocheux favorables à la nidification ; deuxièmement la proximité de cours d'eau, de lacs ou d'étangs qui sont nécessaires à son approvisionnement et à son alimentation. Le Milan noir peut également stationner en bordure des villes. Son comportement est opportuniste, il se fait souvent aider par les agriculteurs lors des périodes de fenaison, où il se regroupe en bande de quelques dizaines pour débusquer les rongeurs fuyards.

HabitatModifier

Il niche dans des zones boisées ou caillouteuses, de préférence au bord de lacs et de grands fleuves, en principe de 500 m d'altitude et plus rarement jusqu'à 1 150 m.

RépartitionModifier

 
Zone de répartition de Milvus migrans et Milvus aegyptius.
  • habitat permanent
  • nidification
  • hivernage

Le Milan noir est une espèce à l'aire de répartition extrêmement vaste qui comprend les zones tempérées et tropicales de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique tropicale et une partie de l'Australasie.

Les populations des zones tempérées ont tendance à être migratrices tandis que les populations des zones tropicales sont sédentaires.

Les Milans d'Europe et d'Asie centrale (sous-espèces M. m. migrans et M. m. lineatus) migrent vers les tropiques en hiver, mais ceux vivant dans des régions plus chaudes comme M. m. govinda (Inde) ou le M. m. affinis (Australasie) sont sédentaires.

Curieusement cette espèce est absente de la majorité des îles de l'archipel indonésien.

Il existe de nombreux milans noirs dans la région de Dakar, même en pleine ville. Il ne semble pas migrer, la population paraissant stable toute l'année.

ProtectionModifier

Le Milan noir bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[1]. Il est donc interdit de le tuer, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

NidificationModifier

Le Milan noir arrive à vivre 20 ans[2] (max 23 ans). Il peut se reproduire à partir de deux ou trois ans[2].

La nidification du Milan noir commence en mars. Il ne construit pas de nid, mais choisit en général un ancien nid de corvidé qu'il répare en cas de besoin, ajoutant souvent des morceaux de plastique d'emballage. Fin avril ou début mai, deux ou trois œufs sont pondus et couvés, le plus souvent par la femelle[2]. L'incubation dure 32 à 33 jours en moyenne[2]. Pendant ce temps, le mâle chasse et ramène des proies, mais c'est la femelle qui distribue la nourriture aux oisillons.

À six ou sept semaines les jeunes milans s’envolent[2]. Ils restent dépendant de leurs parents pendant encore 15 à 30 jours supplémentaires[2]. Ils nichent en petites colonies et leur territoires sont espacés les uns des autres. Quand les jeunes milans volent avec les adultes au début du mois de juillet, on peut voir des rassemblements d’une centaine voire plus de milans noirs.

NourritureModifier

Le Milan noir n'est pas un très bon chasseur, mais il est pourtant capable de faire des acrobaties aériennes spectaculaires pour trouver sa nourriture. On le voit souvent planer très lentement à faible hauteur, pratiquement immobile, à la recherche d'une proie facile (lapereau, jeune oiseau) ou d'une charogne. Quand un poisson mort dérive sur une rivière, un fleuve ou un lac et que le milan le repère en volant, il descend sur lui en effectuant une série de glissades, de piqués et de dérapages spectaculaires. Rasant l’eau, il attrape le cadavre d’une patte et va manger son repas sur un perchoir. Charognard, il repère rapidement les cadavres des rongeurs ou des oiseaux. Il chasse également les insectes en vol.

Selon des études récentes, l’espèce aurait appris à maîtriser le feu pour attraper de gros insectes. Il se saisirait de branches en feu pour déclencher des incendies à distance afin de provoquer de nouvelles zones de chasse. En effet, le Journal of Ethnobiology s’appuie sur des observations en Australie démontrant la capacité de trois espèces de rapaces à déplacer le feu pour s'en servir. Le journal explique que ces observations étaient déjà connues dans les mythes aborigènes qui donnaient ce pouvoir au rapace, mais les biologistes restaient sceptiques jusqu'aux récentes études qui ne laissent plus aucun doute[3].

TaxinomieModifier

D'après Alan P. Peterson, cette espèce est constituée des cinq sous-espèces suivantes :

Deux anciennes sous-espèces sont désormais considérées comme faisant partie d'une espèce à part, le Milan d'Afrique (Milvus aegyptius)[4] :

  • M. a. aegyptius (anciennement M. m. aegyptius), présente en Afrique du Nord-est, sédentaire ;
  • M. a. parasiticus (anciennement M. m. parasiticus), présente en Afrique tropicale, sédentaire.

Il a été aussi suggéré de considérer la sous-espèce M. m. lineatus comme une espèce à part entière, mais les éléments semblent manquer[5].

Le Milan noir dans la cultureModifier

L'écrivain Anton Tchekhov décrit, dans sa nouvelle La Steppe, le vol d'un milan au-dessus de la plaine russe[6] :

« Un milan rasa le sol de son vol coulé et soudain s'immobilisa dans l'espace comme s'il eût médité sur l'ennui de vivre, puis il battit des ailes et fila comme un trait au-dessus de la plaine sans que l'on comprenne pourquoi et dans quel dessein. »

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux
  2. a b c d e et f « Milan noir », Observatoire des rapaces, Ligue de Protection des Oiseaux.
  3. « Le milan noir, oiseau pyromane », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 25 septembre 2018)
  4. J.A. Johnson, R.T. Watson et D.P. Mindell, « Prioritizing species conservation: does the Cape Verde Kite exist? », Proc. R. Soc. B, vol. 272 (2005), p. 1365-1371.
  5. Arnd Schreiber, Michael Stubbe & Annegret Stubbe, « Red kite (Milvus milvus) and black kite (M. migrans): minute genetic interspecies distance of two raptors breeding in a mixed community (Falconiformes: Accipitridae », Biological Journal of the Linnean Society, vol. 69, no 3 (2000), p. 351-365.
  6. Anton Tchékhov, La Steppe, Éditions Gallimard, Paris 1970 et 1971, (ISBN 978-2-07-042576-1), p. 26.

Références taxonomiquesModifier

Liens externesModifier

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