Homophobie

aversion pour l'homosexualité, attitude hostile envers les homosexuels ou discrimination contre les homosexuels

L'homophobie est le mépris, le rejet violent, ou la haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l'être. L’homophobie englobe donc les préjugés et les discriminations, et cela peut se manifester par de la peur, de la haine, de l'aversion, du harcèlement, de la violence ou encore de la désapprobation intellectuelle intolérante envers l'ensemble de la communauté LGBT[1],[N 1]. « De même que la xénophobie, le racisme ou l'antisémitisme, l'homophobie paraît être une désignation de l'autre comme le mauvais contraire, inférieur ou anormal »[2]. L'homophobie peut aller jusqu'au meurtre, ou à la condamnation à mort institutionnalisée, notamment dans certains pays africains et du Moyen-Orient.

L'homophobie peut être de différentes origines : issue de positions religieuses, de considérations culturelles sur le rôle social des sexes et les normes sociales allant avec, de considérations cliniques (en médecine, en particulier en psychiatrie, et en psychologie)[3], ou issue de désirs homosexuels refoulés.

Étymologie

Origine du terme

Le terme est issu de l’anglais homophobia, néologisme apparu pour la première fois dans un article de la revue pornographique américaine Screw daté du , dans lequel le mot désigne la peur qu'ont certains hommes hétérosexuels de passer pour homosexuels.

On le retrouve en 1971, dans Homophobia: a tentative personality profile du psychologue Kenneth Smith. Il a été transposé en français canadien par Yvon Thivierge dans sa traduction pour l'association Gays of Ottawa / Gais de l'Outaouais du fascicule de Ron Dayman et Marie Robertson « Understanding Homophobia » (Pink Triangle Press, Toronto, 1975), et, plus tard et indépendamment, en français hexagonal par Claude Courouve dans son ouvrage Les homosexuels et les autres (Athanor, Paris, 1977), suivi de peu par Dominique Fernandez dans son roman L'étoile rose (Grasset, Paris, 1978).

Par apocope, un homo (terme qui remonte en français à 1912) désigne alors, familièrement, un homme homosexuel. De ce fait, le préfixe homo- prend une teinte masculine pour la formation de mots nouveaux relatifs à l'homosexualité : homoérotisme date de 1967[4]. Toutefois, les linguistes critiquent le bien-fondé de ces termes, car le préfixe « homo- » provient du grec « homoios » signifiant « semblable » et non du latin « homo » signifiant « homme ». De surcroît, la racine « phobie » vient également du grec et signifie « peur ». À proprement parler, homophobie signifie donc « peur de son semblable », et non pas « aversion à l'égard des homosexuels ». Certains chercheurs – à l'instar de l'historien John Boswell – ont suggéré le terme « homosexophobie », littéralement « la peur de l'homosexuel », arguant que le terme « homophobie » signifierait plutôt « crainte du semblable » que « crainte de l'homosexuel »[5], mais ce vocable n'a guère été repris.

Polémiques sémantiques et critiques du terme

La construction du mot « homophobie » à partir du suffixe « -phobie est toutefois critiquée par les opposants aux revendications LGBT comme une manière de les psychiatriser et de caricaturer leurs positions[6],[7].

Le , l'agence de presse nord-américaine Associated Press a déclaré qu'elle ne conseillerait l'usage du terme « homophobia » (et de quelques autres, comme « islamophobia ») que dans certaines circonstances précises : selon elle, ce terme est actuellement utilisé de façon trop imprécise, puisqu'il renvoie à l'idée d'une peur irrationnelle, une idée qui semblerait ainsi décrire une forme de trouble mental dont on ne peut s'assurer[8].

Formes d'homophobie

Homophobie systémique

Condamnation légale de l'homosexualité

Inégalité des droits

Violences

Parmi les violences dues à l'homophobie les plus répandues figurent surtout les passages à tabac, les voies de fait[9], les insultes. L'injure homophobe est, en France, très commune, bien que souvent démotivée : des expressions comme pédé, tapette ou encore enculé sont fréquentes, en particulier dans les milieux scolaires, ce qui participe à l'entretien d'une homophobie ordinaire[10]. Elles ne servent cependant pas nécessairement à injurier une personne soupçonnée d'homosexualité, et sont parfois même employées par des personnes elles-mêmes homosexuelles.

Même dans un pays comme la Belgique, traditionnellement en avance dans les droits LGBT (le mariage homosexuel y est légal depuis 2003, la Belgique étant le deuxième pays au monde à l'avoir introduit juridiquement), le climat d'homophobie ordinaire dans la rue peut être particulièrement dur pour ceux qui le subissent. En 2012, Ihsane Jarfi est victime d'un meurtre à caractère homophobe dans la région de Liège. Un documentaire, filmé dans des quartiers à forte présence immigrée de Flandre, suit ainsi un couple de garçons faisant face à des injures, moqueries et menaces d'agressions physiques, alors qu'ils ne font que marcher dans la rue, main dans la main[11].

En 1993, dans le Nebraska (États-Unis), Brandon Teena, jeune homme trans, est violé, frappé et assassiné. Après ce meurtre, un film a rendu hommage à la victime, Boys don't cry, dont le protagoniste est interprété par Hilary Swank[12].

En 2004, la militante lesbienne FannyAnn Eddy est violée et assassinée par des inconnus à Freetown, en Sierra Leone[13].

En 2006, en France, Bruno Wiel, jeune homme homosexuel, est passé à tabac et laissé pour mort après avoir été torturé et violé par quatre jeunes gens. Le procès, qui a lieu en 2011, est relayé dans la presse et les journaux nationaux[14]. Les agresseurs sont condamnés à des peines de seize à vingt ans de prison[15].

En 2012, au Chili, à Santiago, un jeune homosexuel, Daniel Zamudio, est torturé et tué par quatre néo-nazis[16].

Discrimination

Dans les années 1950 et 1960, au Canada, une campagne de licenciement des homosexuels dans l'administration et l'armée a été menée ; pour ce faire, chaque personne était testée au moyen d'un appareil, nommé en argot anglais fruit machine ; celui-ci mesurait les réactions de la pupille, la transpiration et le rythme cardiaque des testés devant la projection d'images pornographiques homosexuelles[réf. nécessaire].

Un article récent de deux chercheurs universitaires[17] a, pour la première fois, proposé une évaluation économétrique, sur le marché du travail français, de la discrimination salariale fondée sur l’orientation sexuelle. Il s’agit de la première et seule étude à ce jour tentant d’évaluer l’ampleur de cette discrimination en France. Les résultats obtenus montrent l’existence d’un désavantage salarial des homosexuels hommes par rapport à leurs homologues hétérosexuels, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public ; l’ampleur de cette discrimination varie de -6,5 % environ dans le secteur privé à -5,5 % dans le secteur public. Dans le secteur privé, le désavantage salarial subi par les homosexuels masculins est plus élevé pour les travailleurs qualifiés que pour les non qualifiés et – dans les deux secteurs – pour les plus âgés que pour les jeunes. La discrimination est également plus faible à Paris que dans le reste de la France. Il n'y a toutefois pas assez d'éléments dans cette évaluation pour conclure à l’existence d’une discrimination salariale à l’encontre des lesbiennes.

Conséquences

La peur de l'agression, verbale ou physique, est un trait partagé par nombre d'homosexuels, qui, le plus souvent, désertent les zones rurales afin de gagner la ville, où les populations seraient plus ouvertes et moins agressives.

Daniel Borrillo estime, dans son Que sais-je ? consacré à l'homophobie, que les personnes homosexuelles qui grandissent dans un monde plutôt hostile à l'homosexualité, et où il n'en existe pas de modèles valorisés, intériorisent la violence homophobe qui les entoure (injures, propos méprisants, condamnations morales…). Cette intériorisation de l'homophobie peut entraîner un sentiment de culpabilité, de honte ; elle peut même être cause de dépression ou de suicide (l'homophobie serait l'une des principales causes de suicide chez les adolescents)[18].

Histoire

L'homophobie d'État a été pratiquée à des degrés divers par des régimes divers, qu'ils soient républicains et démocratiques comme la France et les États-Unis ou monarchiques et parlementaires comme le Royaume-Uni ou encore totalitaires comme en URSS, en Allemagne nazie ou en Espagne franquiste. Elle est aujourd'hui toujours présente dans des pays autoritaires, religieux ou conservateurs, comme l'Arabie saoudite ou l'Iran, les Émirats arabes unis, la Mauritanie, le Nigeria, le Soudan, la Somalie et le Yémen où l'homosexualité peut encore être passible de la peine de mort.

À l'inverse, dans certains pays, l'homosexualité a été légalisée très tôt, comme en Italie depuis 1890 ou aux Pays-Bas depuis 1811. D'autres pays comme la France, l'Espagne, l'URSS ou l'Allemagne ont pu voir progresser ou régresser les droits des homosexuels au gré des changements historiques et politiques.

États-Unis

Après la Déclaration d'indépendance, les États-Unis conservent les lois de l'ancienne administration coloniale qui sanctionnait l'homosexualité de la peine de mort. Mais, inspiré par la Révolution française, l'État de Pennsylvanie est le premier à abolir la peine de mort pour cause d'homosexualité. Au lieu de la peine de mort, la Pennsylvanie institue une peine de 10 ans de prison avec confiscation de tous les biens pour toute personne déclarée homosexuelle. La Caroline du nord sera le dernier État à abolir la peine de mort pour cause d'homosexualité en 1873. La répression envers les homosexuels connaît une nouvelle phase sous l'ère du maccarthysme ; les homosexuels sont alors considérés comme des éléments subversifs soupçonnés de vouloir livrer le pays aux communistes. En 1962, l'État de l'Illinois décriminalise l'homosexualité.

Le a lieu une fusillade à Orlando dans une boîte de nuit homosexuelle, revendiquée par l'État Islamique, faisant 102 victimes (49 morts et 53 blessés). Cet attentat constitue le pire acte de violence jamais commis à l'encontre de la communauté homosexuelle aux États-Unis[19]. Le lendemain du massacre, la radio de propagande de l'État islamique revient sur l'événement, en se félicitant de l'attaque menée contre les « sodomites » par le « frère Omar Mateen, l'un des soldats du califat en Amérique »[20].

Russie et URSS

Au XIXe siècle, l'homosexualité peut être punie en Russie de coups de fouet et d'exil, assortis de la déchéance de droits civils[21]. En 1922, à la suite de la révolution bolchévique, l'homosexualité est dépénalisée et comme aux États-Unis considérée comme une maladie mentale devant être traitée médicalement, bien que la mise en pratique médicale ne soit pas réellement effectuée[réf. nécessaire] et laisse place à une relative tolérance.

Avec la prise du pouvoir par Staline disparaît cette relative tolérance qu'avait l'URSS à ses débuts : la loi du punissant de cinq ans de travaux forcés les rapports homosexuels consentis autorise l'arrestation de nombreux homosexuels[22]. L'écrivain soviétique officiel Maxime Gorki faisait l'amalgame entre le fascisme et l'homosexualité en 1934 dans son article Humanisme prolétarien, qui a suscité un éloge de Staline. À l'appui de son propos, Gorki y faisait référence à une prétendue boutade proverbiale : « Exterminez les homosexuels, et le fascisme disparaîtra »[23].

En 1993, sous la pression du Conseil de l'Europe, l'homosexualité est dépénalisée en Russie, mais quatre sujets de la fédération ont depuis voté une loi pénalisant l'apologie de l'homosexualité. En 2013, la Douma (le parlement russe) adopte à l'unanimité une loi « qui interdit la propagande des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs »[24]. Cette même loi prévoit même de bientôt autoriser à faire en sorte de retirer les enfants de parents homosexuels afin de les placer en foyer[24].

Un site web dénommé «Saw » publie les données personnelles des activistes LGBTIQ et invite ses adeptes à les chasser contre rémunération. Elena Grigorievna est assassinée le à la suite de la publication de ses données personnelles sur le site[25],[26],[27].

En février 2018, à l'approche de l'élection présidentielle, un clip homophobe et raciste devenu viral encourage les électeurs russes à aller voter pour le pouvoir en place, en suggérant que dans un futur sans Vladimir Poutine, chaque famille sera obligée d'héberger un homosexuel et les Noirs dans l'armée seront une norme[28],[29],[30].

En juin 2020, dans le cadre de la campagne pour le plébiscite sur la réforme constitutionnelle, laquelle prévoit notamment de définir le mariage comme l'union entre un homme et une femme, le groupe médiatique « Patriote », lié aux cercles du pouvoir, réalise un clip qui appelle la population à approuver la réforme, en mettant en scène un couple homosexuel adoptant dans un avenir proche un garçonnet, que les deux parents semblent vouloir habiller en robe et à qui l'un d'entre eux est présenté comme sa « maman »[31],[32].

Situation actuelle

De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, Nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. Ainsi, le , deux adolescents iraniens, âgés de 16 et 18 ans, ont été pendus à Mashhad, en Iran, pour avoir eu des relations homosexuelles. Le recours déposé par l'avocat des condamnés devant la Cour suprême de la République islamique d'Iran a été rejeté. Au Nigeria en 2007, 18 homosexuels sont jugés et risquent la peine de mort dans l'État de Bauchi[33].

Hormis les peines de prison, certains pays pratiquent une homophobie d'État, refusant d'appliquer les droits constitutionnels alors qu'ils reconnaissent les droits de l'homme, et favorisant la persécution et l'agression physique contre les homosexuels. Ainsi, au Maroc, en , après que deux hommes homosexuels ont été agressés et battus à leur domicile privé, l'un d'eux a été condamné à quatre mois de prison ferme pour « actes contre nature », tandis que les agresseurs ont été condamnés à deux mois avec sursis[34].

 
État des législations nationales concernant l’homosexualité dans le monde : Homosexualité légale
  • Mariage reconnu
  • Autre type d’engagement reconnu
  • Mariage à l’étranger reconnu
  • Reconnaissance limitée du mariage homosexuel
  • Droits de la résidence
  • Pas de reconnaissance des couples homosexuels
Homosexualité illégale ou réprimée

L'homosexualité reste punie d'emprisonnement (de quelques mois à la perpétuité), de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays dont : Sénégal, Algérie, Bangladesh, Botswana, Burundi, Cameroun, République démocratique du Congo, Émirats arabes unis, Éthiopie, Guyana, Jamaïque, Kenya, Libye, Malaisie, Maroc, Nigeria, Oman, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Sri Lanka, Syrie, Tanzanie, Togo, Zambie, etc.

Certains pays répriment indirectement l'homosexualité (interdiction de soutien aux associations, licenciement, etc.) ou appliquent des traitements discriminatoires : Grèce, etc.

Aux États-Unis, en 2003, la Cour suprême a déclaré anticonstitutionnelles les lois de certains États fédérés contre la sodomie[35], au motif que celles-ci violent le XIVe amendement de la constitution protégeant la vie privée et la liberté des citoyens. Treize États fédérés sur cinquante, situés surtout dans le Sud du pays, appliquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentants, quatre condamnant aussi la fellation : le Texas, l’Oklahoma, le Missouri, et le Kansas. Au Kansas, en 2000, un jeune homme déficient mental âgé de 18 ans a été condamné pour « sodomie » (en fait il s'agissait de fellation et non de sodomie au sens restreint de pénétration anale) à 17 ans de prison : il avait prodigué une fellation à un adolescent de la même institution spécialisée, alors âgé de 14 ans, et donc été condamné au titre de la répression des attouchements sexuels sur mineurs ; cependant une disposition dite « loi Roméo et Juliette » réduit la sentence à 15 mois lorsque l'auteur des faits est lui-même adolescent, mais les rapports homosexuels ont été exclus de cette disposition particulière. Ce verdict a par la suite été annulé par une décision unanime de la Cour suprême du Kansas, estimant cette discrimination infondée[36] (le jeune homme a été libéré peu après la décision, ayant passé plus de quatre ans en détention, soit bien plus que les 15 mois finalement requis après révision).

En revanche, dans de nombreux pays, notamment des pays fortement sécularisés, la discrimination à l'égard des personnes homosexuelles est aujourd'hui sanctionnée, notamment par des amendes.

Prises de position

Position des religions

Positions officielles de l'Église catholique

Le Catéchisme de l'Église catholique qualifie l'homosexualité de « désordonnée » et écrit que les actes d'homosexualité « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». Le catéchisme ajoute cependant que « (les personnes homosexuelles) doivent être accueillies avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste »[37].

Dans une lettre adressée en 1986 aux évêques de l’Église catholique romaine, le cardinal Ratzinger, décrivait l’homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Mgr Ratzinger estimait qu’un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu’elles soient amenées à croire que l’activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Il concluait sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements »[38].

En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques nord-américains signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l’adoption, les homosexuels dans l’armée, l’homosexualité des enseignants. Ratzinger soutient que tenir compte de l’orientation sexuelle n’est pas « injuste ». Poursuivant le raisonnement, il affirme qu’en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l’Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent »[39].

En 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par Joseph Ratzinger, publie un opuscule intitulé Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles dans lequel elle affirme que « reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ». Il rappelle que « le parlementaire catholique a le devoir moral de voter contre [ces] projets de loi ». Dans le cas où la loi existerait déjà, il doit « s’opposer par les moyens qui lui sont possibles et faire connaître son désaccord »[40].

En juillet 2013, le pape François condamne le « lobby gay », mais affirme ne pas juger les homosexuels, y compris dans l’Église : « Le problème n'est pas d'avoir cette tendance, c'est de faire du lobbying. C'est le problème le plus grave selon moi. Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? »[41].

En 2015, le prêtre catholique Krzysztof Charamsa fait son coming-out en annonçant publiquement son homosexualité à la veille du Synode des évêques sur la mission de la famille dans l'Église et dans le monde. Immédiatement démis de ses fonctions auprès du Saint-Siège, il fustige depuis « l'homophobie institutionnelle » de l'Église[42].

En mai 2015, à la suite du référendum sur le mariage homosexuel en Irlande qui avait ouvert le mariage aux homosexuels en juillet 2012, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'état (numéro 2) du Vatican, considère l'ouverture du mariage aux couples homosexuels comme « une défaite pour l'humanité »[43].

Églises évangéliques

Les perceptions de l'homosexualité dans les Églises chrétiennes évangéliques sont variées. Elles vont de conservatrice à libérale, en passant par modérée[44].

C’est dans la position conservatrice qu'on retrouve les personnes les plus hostiles aux homosexuels[45]. Selon les églises de ce courant, l'homosexualité et les homosexuels seraient une grave menace à combattre[46]. Dans les groupes les plus radicaux, des activistes religieux sont impliqués dans des causes anti-gays et des déclarations homophobes[47].

Témoins de Jéhovah

Selon les Témoins de Jéhovah, l'homosexualité, tant masculine que féminine, est une pratique considérée comme moralement « mauvaise » et « contre-nature ». Un fidèle qui s'y adonnerait risque l'excommunication s'il ne se repent pas[48]. Cette excommunication entraine le risque d'une isolation sociale de l'homosexuel excommunié.

Westboro Baptist Church

 
Un membre de la Westboro Baptist Church brandit une pancarte sur laquelle est inscrit : « Dieu déteste les pédés »

Aux États-Unis, le révérend homophobe Fred Phelps[49] a créé un groupe activiste religieux qui compte une centaine de membres, la Westboro Baptist Church, fondée sur une théologie anti-homosexuelle et essentiellement composée de proches du fondateur[50]. Le groupe se singularise par des prises de position extrémistes concernant l'homosexualité et a créé le site internet God hates fags (« Dieu déteste les pédés » : (fags)), reprenant le slogan de leurs manifestations. À la suite de l'assassinat du jeune homosexuel Matthew Shepard et du procès de ses auteurs, il propose l'érection d'une stèle qui porterait une photo du jeune homme assassiné avec l’inscription « Matthew Shepard est entré en Enfer le pour avoir défié la loi de Dieu »[51].

Par ailleurs, consécutivement à l'assassinat du jeune homme une proposition de loi fédérale, le Matthew Shepard Act, envisage l'extension aux crimes motivés par l'orientation sexuelle des victimes dans la loi sur les crimes haineux, extension refusée par les conservateurs, George Bush menaçant d'y opposer son veto[52].

Cette église est isolée et Russell Moore, président de la Commission « Éthique & Liberté religieuse » de la Convention baptiste du Sud ainsi que Richard Land, président du séminaire de le Convention baptiste du Sud désaprouvent l'utilisation du terme « baptiste » par la Westboro Baptist Church[53],[54].

Positions politiques à l'égard de l'homophobie

France

En France, les propos homophobes publics sont fréquents[55]. En 1998, les débats sur le Pacte civil de solidarité à l'Assemblée nationale sont prétextes à certaines répliques : « Il n'y a qu'à les stériliser »[56], « [Un registre spécial sera créé] par les services vétérinaires ! »[57]. D'une manière similaire, Emmanuel Hamel a, en séance de lecture au Sénat lors des discussions sur le PACS, déclaré, entre autres, que l'acronyme PACS signifiait « Pacte de contamination sidaïque »[58].

Le , 100 000 personnes défilent à Paris contre le PACS ; à l'instigation de la députée UDF Christine Boutin, par le collectif Génération Anti-PacS composée d'organisations familiales et religieuses[59]. C'est une des rares manifestations où l'on a pu voir pêle-mêle des hommes politiques de droite voire d'extrême droite et des croyants de différentes confessions (catholique, juive, musulmane…) faire marche commune[réf. souhaitée].

La célébration illégale et annulée par le procureur de la République, par Noël Mamère, du premier mariage entre personnes de même sexe français, le à Bègles, a été suivie d'une vague d'expression d'homophobie notable ; Serge Simon a compilé dans son livre Homophobie 2004 France[60] une sélection des plus de 4 000 lettres, photographies, dessins et affiches d'insultes, de menaces, et de haine reçus par Noël Mamère.

En 2004 et 2005, notamment à l'Assemblée nationale lors des débats concernant la loi sur les propos injurieux ou diffamants à propos de l'orientation sexuelle, le député UMP du Nord Christian Vanneste déclare qu'« il existe un modèle social qui est celui du mariage hétérosexuel et de l'éducation des enfants » et que, face à ce modèle social, l'homosexualité est « une menace pour la survie de l'humanité »[61]. Poursuivi en justice par trois associations, il est dans un premier temps condamné, le tribunal estimant qu'il avait « manifesté de manière outrageante son intolérance » mais il est relaxé en cassation en 2008. La Cour procède à une cassation sans renvoi, estimant que les propos ne dépassaient pas les limites de la liberté d'expression (cf. infra)[62].

La région PACA a été la première, en 2011, à adopter une « motion visant à lutter spécifiquement contre l’homophobie », à l'instigation des élus Verts[63].

Dans le reste du monde

Le , l'Italien Rocco Buttiglione, commissaire européen désigné à la justice et aux affaires intérieures, déclarait que l'homosexualité était « un péché »[64]. Ancien ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, il est catholique et proche des positions de l'ancien pape Jean-Paul II.

Le , une manifestation d'homosexuels et de sympathisants à Varsovie en Pologne tourne mal : des jeunes d'extrême droite lancent des injures homophobes et provoquent des heurts. Les violences font quelques blessés[65].

En Afghanistan, en Iran, en Arabie saoudite ou au Pakistan, l'homosexualité peut être passible de la peine de mort.

En mai 2007, en Russie, alors que le pays s'apprête à organiser la première Gay Pride de son histoire, les milieux nationalistes d'extrême droite et les mouvements religieux orthodoxes appellent à perturber le défilé. L'Union de tous les Russes a notamment critiqué violemment « les sodomites et les dégénérés » qui, « malgré l'interdiction officielle des autorités de Moscou, vont conduire le (…) un cortège » dans le centre de Moscou[66]. Quant au grand mufti de Russie, il a lancé un appel pour « battre » les homosexuels qui oseraient participer à la Gay Pride[67].

En Algérie selon le code pénal (Ordonnance no 66-156 du ) et son article 338 : « Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 DA [dinars algériens]. Si l’un des auteurs est mineur de dix-huit ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 DA d’amende. »

Le , le président de la Gambie Yahya Jammeh exige que tous les homosexuels quittent le pays[68]. Il a également ajouté dans son discours que ceux qui protégeaient les homosexuels s'exposeraient à des « conséquences terribles ».

Étude d'opinion de 2019 sur l'acceptation de l'homosexualité

 
Étude internationale réalisée par le Pew Global Attitudes Project en 2019.
« Laquelle de ces deux propositions est la plus proche de votre propre opinion ?
1) L'homosexualité devrait être acceptée par la société.
2) L'homosexualité ne devrait pas être acceptée par la société. » Pourcentage par pays interrogé de personnes étant en faveur de la réponse 1[69] :
  • 0-10%
  • 11-20%
  • 21-30%
  • 31-40%
  • 41-50%
  • 51-60%
  • 61-70%
  • 71-80%
  • 81-90%
  • 91-100%
  • Pas de données

Les Pays-Bas avec 92% et la Suède avec 94% sont les deux pays qui acceptent le mieux l'homosexualité.

La France avec 86% l'accepte moins bien.

Soutien aux victimes d'homophobie

Le soutien aux victimes d'homophobie et de biphobie, via l'appui aux actions en justice qu'elles peuvent intenter (injures, discrimination à l'embauche, etc.), ou encore, via les lignes d'écoute telles que celle d'SOS Homophobie en France ou Gai Écoute au Québec.

Lutte contre l'homophobie

Lancée dans les années 1970, notamment avec le mouvement de libération gay, la lutte contre l'homophobie est organisée aujourd'hui par les associations dites LGBT (pour lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), par les pouvoirs publics, mais aussi par des citoyens, à titre individuel, et indépendamment de leur propre orientation sexuelle.

  • En amont, le soutien moral aux lesbiennes, gays, bisexuels et personnes trans qui cherchent à comprendre ce qu'ils sont, ou encore, le soutien moral aux parents et amis après l'annonce de l'homosexualité ou de la bisexualité de l'un de leurs proches. En France, cela est possible grâce à des lignes d'écoute, comme par exemple celle de l'association Contact[réf. nécessaire] , ainsi qu'au travers de ses brochures, ses groupes d'écoute et de paroles, ses accueils individualisés, disponibles dans de nombreux départements de France. Des associations similaires à Contact existent dans de nombreux pays du monde.
  • Le soutien aux victimes d'homophobie et de « biphobie », via l'appui aux actions en justice qu'elles peuvent intenter (injures, discrimination à l'embauche, etc.), ou encore, via les lignes d'écoute telles que celle d'SOS Homophobie en France, ou Gai Écoute au Québec.
  • L'encouragement et l'accompagnement des milieux professionnels pour faire reculer l'homophobie au travail, comme le fait L'Autre Cercle avec la diffusion de bonnes pratiques, la signature d'une charte, la remise d'un prix, des actions de sensibilisation et de formation.
  • Le rejet de la marginalisation, passant par des démonstrations de visibilité, perçues par certaines personnes LGBT comme une « fierté » (gay prides ou « marche des fiertés lesbienne, gay, bi et trans »).
  • L'activisme politique avec notamment des organisations perçues comme plus militantes ou radicales, telles que Act Up ou Les Panthères roses.

Il existe aussi des organisations religieuses combattant l'homophobie, comme Homosexuels Musulmans de France (HM2F) (musulmane), Beit Haverim (juive), David et Jonathan (chrétienne). La religion est en effet souvent un élément culturel peu propice à la compréhension de l'homosexualité ou de la bisexualité.

Dans le monde

La journée mondiale de lutte contre l'homophobie a été instituée le par Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO (International Day Against Homophobia). Aujourd'hui, cette journée est célébrée dans plus de 60 pays à travers le monde, et elle est reconnue par la France, la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Mexique (pays où la Commission citoyenne contre les crimes pour homophobie recense plus de 1 300 assassinats homophobes entre 1995 et 2016[70]) et le Costa Rica. À cette occasion est créé en France le Réseau d'aide aux victimes d'agression et de discrimination (RAVAD).

Le , les Principes de Jogjakarta ont été présentés devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Il s'agit du premier texte qui prévoit d'appliquer les droits internationaux de l'Homme aux questions de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre. Des représentants de cinquante-quatre pays ont apporté leur soutien à ces principes.

En 2008, à la suite de la campagne pour une dépénalisation universelle de l'homosexualité, lancée par le Comité IDAHO, le gouvernement français porte un texte sur orientation sexuelle et identité de genre à l'Assemblée générale des Nations unies. Cette déclaration est signée par 67 pays[réf. nécessaire] : c'est une première historique.

Le , le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a adopté une résolution contre la violence relative à l'orientation et l'identité sexuelle faisant suite à la Déclaration et programme d'action de Vienne[71]. Consécutivement, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a formé un rapport sur les violations à ces principes, notamment les lois et pratiques discriminatoires mondiales[72].

Europe

Union européenne

Le , le Parlement européen a adopté une résolution sur la montée des violences racistes et homophobes en Europe, demandant des sanctions contre les pays membres qui ne lutteraient pas contre ces discriminations allant à l'encontre de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du traité instituant la Communauté européenne, qui interdisent « toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle ». Dans ce même texte, l'Union européenne reconnaît officiellement la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie. En septembre 2011, Thomas Hammarberg, le Commissaire pour les droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a publié le document Discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre en Europe[73], concernant la situation en Europe entière en matière de discrimination.

France

Portugal

L'article 13 de la 6e révision de la Constitution portugaise du interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle[74].

Suisse

En 2020, suite à une votation populaire, une norme contre l'homophobie est introduite dans le Code pénal suisse[75],[76]. Plusieurs procédures ont été ouvertes depuis[77].

Canada

Au Canada, le député homosexuel Svend Robinson tenta en 2002 de faire introduire une loi (C-250) interdisant toute publication négative envers les homosexuels, notamment certains passages de la Bible, du Coran et de la Torah. Les défenseurs des libertés civiles ont néanmoins empêché cette législation jugée répressive. Cette loi a été entérinée au Sénat canadien en avec amendements.

Selon l'article 2 de la Charte des Droits et liberté de la personne canadienne

« 2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes : a) liberté de conscience et de religion ; b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication ; c) liberté de réunion pacifique ; d) liberté d'association. »

Selon l'article 10 de la Charte des Droits et Liberté Québécoise :

« 10. Toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap. »

Origines et causes

Non-acceptation de sa propre bisexualité

L'explication psychanalyste de l'homophobie comme peur inavouée de ses propres penchants homosexuels a été proposée dès 1914[78]. L'homosexualité est ainsi censée provoquer de l'angoisse chez de nombreux hommes, car cela « déclenche une prise de conscience de leurs propres caractéristiques féminines, telles la passivité ou la sensibilité, qu'ils considèrent comme des signes de faiblesse »[79]. Cette explication permet aussi d'expliquer pourquoi les hommes sont plus fréquemment homophobes que les femmes[79]. Élisabeth Badinter parle de l'homophobie comme un « mécanisme de défense psychique » ainsi que de « stratégie pour éviter la reconnaissance d'une part inacceptable de soi »[80].

Les États-Unis ont connu plusieurs cas très médiatisés de divulgation de penchants homosexuels de personnalités se déclarant publiquement violemment opposées à l'homosexualité ; c'est notamment le cas du pasteur télévangéliste Ted Haggard (en), qui reconnaîtra quelque temps plus tard sa propre bisexualité[81]. Ces affaires ont attiré l'attention sur la part de l'homosexualité refoulée dans l'homophobie, et, parallèlement, ont contribué à une meilleure acceptation des homosexuels[82].

En 1996, Henry Adams, professeur émérite de psychologie à l'université de Géorgie, met en place un protocole pour tester cette hypothèse, et ses conclusions sont reprises par l'American Psychological Association[83]. L'expérience a été menée avec des personnes se déclarant exclusivement hétérosexuelles[83],[84] ; les sujets ont été divisés en deux groupes : ceux qui exprimaient des sentiments homophobes, et les autres. Après avoir posé des capteurs sur leurs pénis pour observer leurs réactions, on a fait regarder à ces hommes des films pornographiques homosexuels (plus précisément des films érotiques). À l'issue de l'expérience, 44 % des hommes se disant « non-homophobes » ont montré des traces d'excitation, contre 80 % de ceux se déclarant homophobes. De même, 24 % des non-homophobes étaient en érection complète, contre 54 % pour les « homophobes ». Toutefois, les auteurs de l'expérience eux-mêmes soulignent que l'anxiété augmente l'excitation sexuelle, que cela a pu contribuer à augmenter les résultats des « homophobes » et que d'autres expériences sont nécessaires[84],[83]. En outre, l'idée même d'extrapoler les penchants sexuels d'un individu à partir de ses réactions à des stimuli visuels issus de productions vidéo précisément destinées à provoquer l'excitation est sujette à caution. La thèse d'Adams, qui a été contestée[85], a néanmoins été reprise par plusieurs de ses collègues[86],[87].

Un article de The Economist rédigé par un journaliste spécialement dépêché en Amérique latine, connue pour sa très forte homophobie culturelle, constate que « L'Amérique Latine a une longue histoire d'ambivalence et d'hypocrisie sur l'homosexualité »[88]. La culture latino-américaine, très machiste, accepte que des hommes aient des relations sexuelles avec d'autres hommes, mais seulement s'ils tiennent le rôle actif[89] ; les hommes en question, qui s'engagent dans des relations sexuelles avec des hommes et des femmes se voient comme « hétérosexuels »[90]. Les hommes efféminés seraient ainsi les principaux concernés par la stigmatisation, ceux qui sont, ou qui sont perçus comme étant, passifs dans la relation.

Autres explications

L'homophobie peut être de différentes origines : issue de positions religieuses, de considérations culturelles sur le rôle social des sexes et les normes sociales allant avec, ou de considérations cliniques (en médecine, en particulier en psychiatrie, et en psychologie)[3].

Pour Christophe Gentaz[91], l'homophobie masculine renvoie à des mécanismes de défense psychique mis en place pour protéger le sentiment de virilité.

Lien avec d'autres discriminations

Hétérosexisme

L'hétérosexisme est « un système idéologique qui nie, dénigre et stigmatise toute forme de comportement, identité, relation ou communauté non hétérosexuels »[92]. Ce terme met en parallèle les manifestations homophobes avec d'autres attitudes, comme le racisme, l'antisémitisme et le sexisme[92].

Le professeur Gregory M. Herek (en) de l'Université de Californie à Davis note que l'hétérosexisme se base sur deux mécaniques liées, l'invisibilité et l'agressivité : l'homosexualité étant la plupart du temps invisible dans les représentations culturelles, lorsque des personnes s'engagent publiquement dans des relations homosexuelles, elles deviennent des cibles d'attaques venues du reste de la société[92].

Le militant contre l'homophobie et le racisme Louis-Georges Tin estime que l'homophobie serait un fruit de l'hétérosexisme, c'est-à-dire de la suprématie du modèle social hétérosexuel, présenté comme le seul existant, en dehors toutefois du célibat ecclésiastique ou monacal, dans les sociétés actuelles. L'homosexuel, selon Tin, n'aurait pas de représentation de lui-même lui permettant de se situer par rapport à une norme autre que l'hétérosexualité[réf. nécessaire].

Notes et références

Notes

  1. L'homophobie peut ainsi concerner les lesbiennes (lesbophobie), les hommes homosexuels, les bisexuels (biphobie). Bien que la transidentité ne se réfère pas à une orientation sexuelle, les mécanismes de discrimination sont semblables. Voir Caroline Clauss-Ehlers, Encyclopedia of Cross-Cultural School Psychology, Volume 2, p. 524

Références

  1. (en) Caroline Clauss-Ehlers, Encyclopedia of Cross-Cultural School Psychology, Volume 2, p. 524
  2. Daniel Borrillo, L'homophobie, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 2000, p. 3.
  3. a et b Malick Briki, Psychiatrie et homosexualité, Lectures médicales et juridiques de l'homosexualité dans les sociétés occidentales de 1850 à nos jours, Presses universitaires de Franche-Comté, 2009.
  4. Créé par le Dr Wainwright Churchill dans Comportement homosexuel chez les mâles, publié en 1967.
  5. Cf. Daniel Borrillo, L'homophobie, éds Presses Universitaires de France, 2000, p. 12.
  6. Ne pas aimer n'est pas phobie, liberation.fr, 9 décembre 2004
  7. L'esprit critique menacé, Anne-Marie Le Pourhiet, Le Monde du 3 décembre 2005
  8. (en) James Rainey, No more 'homophobia'? AP raises the question, Los Angeles Times, 28 novembre 2012
  9. L'association française SOS Homophobie a été informée, au niveau national en 2006, de trois agressions physiques par semaine. Ces chiffres ne reflètent qu'une petite partie des cas qui se produisent en France, car nombre de victimes ne se signalent pas aux associations et ne portent pas plainte.Communiqué de SOS Homophobie paru le 15 mai 2007 (site de SOS Homophobie consulté le 15 décembre 2007)
  10. « La majorité (55 %) des manifestations d'homophobie recensées [en milieu scolaire] sont des moqueries et insultes. Ces actes sont renouvelés ou permanents pour 46 % d'entre eux. Les groupes de travail et les experts auditionnés ont tous souligné la banalisation des insultes LGBT dès l'école primaire, phénomène culturel qui semble ne pas être suffisamment pris en compte par les équipes éducatives. L'emploi de mots comme « pédé » ou « enculé », par exemple, n'est d'ailleurs souvent pas conscientisé par le jeune. Ce mot est employé comme une simple expression courante, bien que très stigmatisante ». Voir Michel Teychenné, Discrimination LGBT-phobes à l'école. État des lieux et recommandations. Rapport de Michel Teychenné à Monsieur de Ministre de l'éducation nationale, Ministère de l'Éducation nationale, juin 2013, p. 10-14.
  11. Christophe Cordier, Belgique: l’homophobie quotidienne filmée en caméra cachée, Têtu.com
  12. Marie-Hélène BOURCIER, « Brandon Teena a vécu l'enfer de la transphobie et pas celui de l'homophobie. Boys Don't Cry ou le mélange des genres. », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. http://old.tassedethe.com/cadres/souscadre/journpages/africa.htm http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2004/10/06/2163-sierra-leone-fanny-ann-eddy-a-ete-assassinee-ilga
  14. Homophobie: qui sont les agresseurs de Bruno Wiel?, Victoire Meynial, Lexpress.fr, publié le 20 janvier 2011
  15. De 16 à 20 ans de prison pour les tortionnaires de Bruno Wiel, Le Monde.fr, 8 janvier 2011
  16. « Chili: Un jeune gay torturé par quatre néonazis », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, "« Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)", 2010
  18. Daniel Borrillo, L'Homophobie, PUF, collection Que-sais-je ? no 3563, Paris, 2000, p. 100-104.
  19. (en) « The Long, Tragic History of Violence at LGBTQ Bars and Clubs in America », Slate, 12 juin 2016.
  20. « Massacre à Orlando : l'État islamique revendique la tuerie sur sa radio », Le Point, 13 juin 2016.
  21. (ru) Свод законов уголовных, vol. I, Санкт-Петербург, Тип. II отделения Собственной Е. И. В. канцелярии,‎ , 561 p. (lire en ligne), p. 213.
  22. Daniel Borrillo, L'Homophobie, PUF, Que-sais-je ? no 3563, 2001, p. 76-77).
  23. (ru) Максим Горький, « Пролетарский гуманизм », Правда, no 140,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. a et b Ben Steele, Franco Bogino et Ayandele Alex Pascall, « Russie, l'enfer des homos », RTS Un, Radio télévision suisse « Temps présent »,‎ (lire en ligne [[vidéo] durée : 51:01])
    « Exclusion, traque sur Internet, opérations punitives menées par des milices et « tolérées » par la police, il ne fait pas bon être homosexuel en Russie. Sur les réseaux sociaux, des extrémistes postent des vidéos montrant les tortures et les humiliations qu'ils font subir à des homosexuels. Ce reportage pénètre au sein de deux réseaux extrémistes et donnent la parole tant aux bourreaux qu'à leurs victimes. »
  25. (en-GB) « Russia website wants users to hunt gays in Saw-inspired horror 'game' », sur Gay Star News, (consulté le )
  26. (en) Anna Nemstova, « Is the Infamous Russian Troll Farm Pushing Deadly LGBT Hate? », Daily Beast,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. (en) « Russian LGBT Activist Is Found Dead; Friends Say She Was Threatened », sur NPR.org (consulté le )
  28. « Une vidéo raciste et homophobe invite les électeurs à aller voter », sur Courrier international, (consulté le ).
  29. (ru) « Гей "на передержке", беременная и ночной клуб: явку на президентские выборы повышают вирусными роликами », sur NEWSru.com,‎ (consulté le ).
  30. (ru) Евгений Белянчиков, « Гей на передержке, армия после 50 и лимит на посещение туалета. Почему страшилки про 90-е уже не катят, или Как один ролик взорвал Рунет », sur Руна,‎ (consulté le ).
  31. (ru) « Актер из гомофобной рекламы за поправки в Конституцию пообещал проголосовать против », sur NEWSru.com,‎ (consulté le ).
  32. Ottilia Ferey, « Russie : un proche de Poutine réalise un clip homophobe », sur Le Parisien, (consulté le ).
  33. Cheick Beldh’or Sigue, dans Le Pays. Article « Afrique. L'homophobie a le vent en poupe », cité dans Courrier international du 23-08-2007, [lire en ligne]
  34. « Maroc: Quatre mois de prison ferme pour la victime d'une agression homophobe », sur 20minutes.fr
  35. Article de CNN sur la décision de la Cour suprême : http://www.cnn.com/2003/LAW/06/26/scotus.sodomy
  36. Article de American civil liberty union sur le cas Limon : https://www.aclu.org/news/aclu-applauds-unanimous-kansas-supreme-court-decision-reversing-conviction-gay-teen-unfairly
  37. paragraphes 2357 et 2358 du Catéchisme de l'Église Catholique http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P80.HTM
  38. Texte de la lettre (en anglais). Voir aussi Vision chrétienne de l'homosexualité.
  39. Texte de la lettre sur le site d'Eternal World Television, Global Catholic Network (en anglais).
  40. Texte sur le site du Vatican.
  41. « François : "Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?" », sur Le Monde.fr
  42. Paul Ariès, La face cachée du pape François, Max Milo, , p. 87.
  43. « Mariage gay en Irlande: "une défaite pour l'humanité" selon le n°2 du Vatican », L'Express,‎ (lire en ligne).
  44. Jeffrey S. Siker, Homosexuality and Religion: An Encyclopedia, Greenwood Publishing Group, USA, 2007, p. 112
  45. Jeanne H. Ballantine, Keith A. Roberts, Our Social World: Introduction to Sociology, 3e Media Edition, SAGE, USA, 2011, p. 427
  46. Adrian Thatcher, The Oxford Handbook of Theology, Sexuality, and Gender, Oxford University Press, UK, 2015, p. 363
  47. Gary Laderman, Luis León, Religion and American Cultures: Tradition, Diversity, and Popular Expression, 2nd Edition [4 volumes], ABC-CLIO, USA, 2014, p. 1056
  48. (en) Jehovah's Witnesses, sur Ethnicity online:

    « Homosexual activities are seen as a serious violation of the teachings of the Bible, and any Witness found to be involved in them would be 'disfellowshipped' (i.e. expelled from the church) unless they could show that they had ceased such activities and repented. However, Witnesses do acknowledge that some people are prone to homosexuality and try not to show hatred towards them. »

  49. Kerry Lauerman, The Man Who Loves To Hate, in Sister Jones, mars/avril 1999, article en ligne
  50. Joe Taschler and Steve Fry, Phelps flock: Afterlife is prearranged, in The Capital-Journal, 03/08/1994, article en ligne
  51. Brendan Burke, Phelps seeks anti-gay marker, in in Casper Star tribune, 03/10/2003, « article en ligne »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  52. Carl Hulse, Congress Drops Measure on Hate Crimes in New-York Times, 07/12/2007 article en ligne
  53. (en) Morgan Lee, « Russell Moore: Westboro Baptist Are Not Baptists; Think 'Book of Mormon' Broadway Play to LDS Church », sur le site de The Christian Post, (consulté le )
  54. Selon des articles publiés en 2014-2015 par sa Commission Éthique et Liberté religieuse, la Convention baptiste du Sud est et demeure opposée à l'homosexualité, et notamment au mariage homosexuel, mais maintient aussi que l'amour universel de Dieu inclut les homosexuels. Voir par exemple (en) « Is Pastor Cortez correct about homosexuality and the New Testament? », sur le site de la Southern Baptist Convention, (consulté le ) et (en) « Apples and oranges: Why I have not changed my mind about homosexuality », sur le site de la Southern Baptist Convention, (consulté le ).
  55. « Rapport annuel 2010 »,
  56. Pierre Lellouche, Compte-rendu des débats sur le site de l'Assemblée nationale.
  57. Jean-Pierre Blazy, Compte-rendu des débats sur le site de l'Assemblée nationale.
  58. Attribué à Emmanuel Hamel dans "Une loi contre l'homophobie", L'Humanité, 10 février 2000.
  59. "Manif anti PaCS : homophobes" sur le site d'Act Up.
  60. Serge Simon, Homophobie 2004 France, éditions Le Bord de l'eau, 2004.
  61. Dans une intervention de décembre 2004 à l'Assemblée Nationale, puis dans La Voix du Nord du 26 janvier 2005 ; il ajoutera par ailleurs : « Je n'ai parlé que d'infériorité morale et sociale du comportement homosexuel par rapport au comportement hétérosexuel qui conduit au mariage et à la procréation », ou encore : « L'homosexualité n'est pas innée, mais acquise […]. Si l'homosexualité est acquise, elle peut aussi être rééduquée. » ; cf.“Condamné pour homophobie”, Le Monde, 18 mai 2007.
  62. Propos homophobes : Christian Vanneste blanchi en cassation, AFP/Le Monde, 12/11/2008, article en ligne
  63. Tous contre le mariage pour tous, enquête dans le Var par le mensuel provençal le Ravi, janvier 2013
  64. Audition de Rocco Buttiglione sur le site du Parlement européen.
  65. "Varsovie : 2500 homosexuels ont manifesté", Illico, 13 juin 2005.
  66. "L'extrême-droite fait la chasse aux homos à Moscou", Le Figaro, 2 mai 2006.
  67. « Des ultra-nationalistes menacent la Gay Pride » dans Le Nouvel Obs web, 22/05/2006
  68. « Le président demande aux gays de « quitter le pays » », dans Courrier international du 20-05-2008, [lire en ligne]
  69. (en) « Which one of these comes closer to your opinion, number 1 or number 2?: #1 – Homosexuality should be accepted by society, #2 – Homosexuality should not be accepted by society". Percentage of responders who were in favor of #1. » Cf. « Global Divide on Homosexuality Persists », Pew Center Research (en), 4 juin 2013
  70. Frédéric Saliba, « Le mariage pour tous divise le Mexique », lemonde.fr, (consulté le )
  71. « Résolution du Conseil des droits de l'homme, 17e session »
  72. « Lois et pratiques discriminatoires et actes de violence dont sont victimes des personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, A/HRC/19/41 »
  73. « Discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre en Europe, 2011 »
  74. Trésor de la langue française au Québec, « Constitution du 24 juillet 2004 », sur tlfq.ulaval.ca (consulté le )
  75. Code pénal suisse (CP) du (état le ), RS 311.0, art. 261_bis.
  76. Katy Romy, « L’homophobie devient un crime en Suisse », Swissinfo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  77. Marie-Amaëlle Touré, « Une enquête pénale est ouverte contre Alain Soral pour homophobie », Le temps,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  78. Sandor Ferenczi, « L'homo-érotisme : nosologie de l'homosexualité masculine » in Psychanalyse, 2, Payot, 1978, p. 117-129, repris par Élisabeth Badinter dans XY, De l'identité masculine, p. 175
  79. a et b Élisabeth Badinter, XY, De l'identité masculine, Le livre de poche, p. 175
  80. Élisabeth Badinter, XY, De l'identité masculine, Le livre de poche, p. 176
  81. (en) The last temptation of Ted, GQ
  82. Gay ? Whatever, Dude, The New York Times
  83. a b et c (en) Putting Freud to the test
  84. a et b (en) APA, New Study Links Homophobia with Homosexual Arousal, août 1996
  85. (en) Study examines the roots of homophobia
  86. Interview du Pr Ryan, de l'université de Rochester
  87. (en) Homophobic Men Most Aroused by Gay Male Porn, Psychology Today
  88. (en) Latin American Gays: living la vida loca, The Economist
  89. (en) Merl Storr, Bisexuality : A Critical Reader, Routledge, , p. 78
  90. (en) Merl Storr, Bisexuality : A Critical Reader, Routledge, , p. 75
  91. « L'homophobie masculine : préservatif psychique de la virilité ? », sur infokiosques.net
  92. a b et c (en) Gregory M. Herek (en), « Definitions: Homophobia, Heterosexism, and Sexual Prejudice », Université de Californie à Davis (lire en ligne)

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

 
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Homophobie.

Bibliographie

Ouvrages généraux

  • Arnaud Alessandrin et Yves Raibaud (dir.), Géographie des homophobies, Armand Colin, .
  • (en) Warren J. Blumenfeld (dir.), Homophobia an overview, États-Unis, Beason Press Books, .
  • Daniel Borrillo, L'Homophobie, Paris, PUF, coll. « Que sais-je », , 2e éd. (ISBN 2-13-052179-7), chap. 3563.
  • Pierre Dutey, Daniel Welzer-Lang et Michel Dorais (dir.), La Peur de l'autre en soi, du sexisme à l'homophobie, VLB,, Montréal, .
  • Claude Courouve, Les Homosexuels et les autres, Paris, Athanor, .
  • Claude Courouve, Vocabulaire de l'homosexualité masculine, Paris : Payot, , « Introduction et Préjugé ».
  • Claude Courouve, Dictionnaire français de l'homosexualité masculine, (présentation en ligne), « homophobe et homophobie ».
  • Michel Dorais, Mort ou fif, Montréal, Éditions de l'Homme, .
  • Éric Fassin, L'Inversion de la question homosexuelle, Paris, Éditions Amsterdam, .
  • (en) Scott Eric Gunther, The Elastic Closet : A History of Homosexuality in France, 1942-present, New York, Palgrave Macmillan, , 166 p. (ISBN 978-0-230-59510-1, lire en ligne)
  • Guy Hocquenghem, Le Désir homosexuel, Paris, Éditions universitaires, 1972.
  • Antoine Idier, Les Alinéas au placard : L’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982), Paris, Cartouche, coll. « Cartouche idées », , 201 p. (ISBN 978-2-36622-003-2)
    Thierry Pastorello, « Antoine Idier, Les alinéas au placard : l’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982) », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 124,‎ , p. 223-229 (lire en ligne)
  • Julien Picquart, SOS Homophobie et LDH, Le Droit d'aimer. Combattre l'homophobie, Syros, .
  • Julien Picquart, Pour en finir avec l'homophobie, Léo Scheer, .
  • SOS homophobie, Rapport 2010 sur l'homophobie
  • SOS homophobie, Enquête sur la lesbophobie,
  • Louis-Georges Tin (dir.), Dictionnaire de l'homophobie, Paris, PUF, (ISBN 2-13-053582-8).

Articles

  • Arnaud Alessandrin et Yves Raibaud, « Les lieux de l’homophobie ordinaire », Cahiers de l’action, vol. 40, no 3,‎ , p. 21-26.
  • « À cause de ce que je suis homophobie, transphobie et crimes de haine en Europe », sur amnesty.fr,
  • Christophe Gentaz, « L'homophobie, préservatif psychique de la virilité ? », La peur de l'autre en soi : du sexisme à l'homophobie, Montréal, VLB Éditions,‎ (ISBN 9782890055872, résumé, lire en ligne), directeurs de publication : Daniel Welzer-Lang, Pierre Dutey, Michel Dorais (OCLC 32743526)
  • Christophe Gentaz (auteur) et André Akoun (directeur de recherche), Essai d’épistémologie de l'homophobie (DEA de Sciences sociales, « Cultures et comportements sociaux », option : sociologie, mémoire secondaire, membres du jury : Michel Maffesoli & André Akoun), Université René Descartes (Paris V), UFR de Sciences sociales, Sorbonne, , 41 p. (lire en ligne [PDF])
  • Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France, Centre d'Étude des Politiques Économiques de l'Université d'Evry (EPEE), .
  • Gregory Herek, « L’homophobie », dans Dynes (Wayne R.), Encyclopedia of Homosexuality, vol. I, New York, 552 p..
  • (en) Gregory Herek, « A social psychological perspective on attitudes toward lesbians an gay men », Journal of homosexuality, no 10,‎ , p. 1-21.
  • Thierry Pastorello, « L’abolition du crime de sodomie en 1791 : un long processus social, répressif et pénal », Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, nos 112-113,‎ , p. 197-208 (lire en ligne)
  • Thierry Pastorello, « La sodomie sous l'Ancien Régime : Sources juridico-théologiques et réalité de la répression », sur suite101.fr,
  • (en) Kenneth Plummer, Sexual Stigma. An Interactionist account, Routledge & Kegan Paul., .
  • (en) S Morin et Garfinkle, « Male homophobia », Journal of Social Issues, vol. 34, no 1,‎ .
  • Michael Sibalis, « Tantes » et « Jésus » : La police des homosexuels sous le Second Empire », dans Bruno Fuligni, Dans les secrets de la police : Quatre siècles d'Histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la Préfecture de police, Paris, L’Iconoclaste, coll. « Beaux Livres Histoire », (ISBN 978-2-913366-20-6), p. 82-88

Divers

  • Mark Anguenot-Franchequin, La quasi-invisibilité de l’homosexualité dans la prévention du sida, in Échanges, le sida et le milieu scolaire, no 271, mai-,
  • Kahthryn Arnup, Lesbian Theory, Resources for feminist research, The Lesbian Issue, Toronto, 1983, p. 54.
  • Philippe Aries & André Béjin, Sexualités occidentales, Points, Seuil, 1982.
  • Élisabeth Badinter, XY, De l’identité masculine, Éditions Odile Jacob, .
  • Pierre Bourdieu, La Domination masculine, in Actes de la recherche en sciences sociales no 84, .
  • John Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité, NRF, Gallimard (eds.), Paris, 1985.
  • Michaël Bochow, Attitudes toward gay men in the east and West German Population: has AIDS brought about a signifiant change?, in Communication à la seconde conférence européenne sur l’homosexualité et le VIH, Amsterdam, 14-.
  • Jean Cavailhes, Pierre Dutey, Gérard Bach-Ignasse, Les homosexuels et la religion, in Rapport gai, Enquête sur les modes de vie homosexuels, Personna, 1984, p. 148-155.
  • Claude Courouve, L’homophobie, maladie sociale, in Les homosexuels et les autres, les éditions de l’Athanor, Paris, 1977, p. 38-45.
  • Jean Cottraux, Évelyne Mollard, Les phobies, perspectives nouvelles, PUF, 1986 b première édition.
  • Les comportements sexuels en France, Enquête, dite ACSF, réalisée sous la direction d’Alfred Spira et Nathalie Bajos dans un Rapport au ministre de la Recherche et de l’espace, La documentation Française,
  • Martin Dannecker, Theories of Homosexuality, Gay Men’s Press, London, 1981.
  • Anne-Marie Daune-Richard et Anne-Marie Devreux, Catégorisation sociale de sexe et construction sociologique du rapport social entre les sexes in Catégorisations de sexe et constructions scientifiques, CEFUP, 1989, p. 67.
  • Daniel Defert, L’homosexualisation du sida, in Gai Pied hebdo, no 446, 29/11/90, p. 61-63.
  • Olivier Delorme, La Quatrième Révélation, H&O, 2005. Sur les racines chrétiennes de l'homophobie.
  • Didier Dumas, La sexualité masculine, Édition ALBIN Michel, 1990
  • Sandrine Durand & Christophe Gentaz, La forme scolaire mixte à l’école primaire, Maîtrise en sociologie de l’Éducation, Université Lyon II,
  • Pierre Dutey, Orientations, catégories, et Homosexualités : questions sur le sens, In Homosexualités et Sida, Actes du colloque international du 12 et , Cahiers Gaykitschcamp.
  • Pierre Dutey, Sens, essence, contresens. Des homosexuels, du sida, etc. in Des hommes et du masculin, CREA/BIEF, Presse universitaire de Lyon, 1992.
  • Jan-Willem Duyvendak, Une communauté homosexuelle en France et aux Pays-Bas? Blocs, tribus et liens, Sociétés no 39, 1993.
  • Georges Falconnet & Nadine Lefaucheur, La fabrication des mâles, Seuil, 1975.
  • Susan Faludi, Backlash, la guerre froide contre les femmes, Éditions des femmes, Prix Pulitzer 1993.
  • Sándor Ferenczi, Nosologie de l’homosexualité masculine, in Psychanalyse 2, Payot, 1978.
  • Jean-Louis Flandrin, L’Église et le contrôle des naissances, Flammarion, 1970.
  • Ford. C. & Beach.F., Le comportement sexuel chez l’homme et l’animal, Robert Laffont, Paris, 1970.
  • Michel Foucault, Les régularités discursives, in L'archéologie du savoir, Éditions Gallimard, 1969
  • Michel Foucault, La Volonté de savoir, tome 1, NRF, Gallimard, 1976.
  • Sarah Franklin & Jackie Stacey, Le point de vue lesbien dans les études féministes, in Particularisme et Universalisme, Nouvelles Questions féministes, sous la direction de Christine Delphy, no 16/17/18, 1991, p. 127.
  • Sigmund Freud, Trois Essais sur la théorie sexuelle, 1905 première édition, Folio Essais, Gallimard, 1987
  • Maurice Godelier, La Production des grands hommes, Paris, Fayard, 1982.
  • Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne, Paris, Ed. de Minuit, 1975, tome 2
  • Grenier, Alain A. (2005) Jeunes, homosexualité et écoles, Publication de G.R.I.S.-Québec : Québec.
  • Walter de Gryter, Psychembel Klinisches Wöterbuch stichwort Phobie, Berlin et New York, 1986, p. 1298
  • Monique Haicault, La gestion de la vie à deux, in Sociologie du travail, no 3, 1984,
  • Marie-Élisabeth Handman, La violence et la ruse, Édisud/Monde méditerranéens, Aix-en-Provence, 1983.
  • Shere Hite, Le Rapport Hite sur les hommes, Robert Laffont, Paris, 1977.
  • Warren J. Blumenfeld, Homophobia, an overniew, États-Unis, 1992.
  • L’homophobie, l’hétérosexisme et le sida; en vue d’une réaction plus efficace au sida, Société canadienne du sida, Ottawa, 1991.
  • Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Male, Philadelphie, Saunders, 1948.
  • Richard von Krafft-Ebing, Psychopatia sexualis, Première Édition en 1878, Paris, Payot, 1931.
  • Jacques Le Rider, Modernité viennoise et crises de l’identité, PUF/Perspectives Critiques, 1990
  • Brigitte Lhomond, L’homosexualité un drôle de genre in Catégorisations de sexe et constructions scientifiques, CEFUP/Université de Provence, 1989, p. 99.
  • Hervé Liffran, La loi homophobe, 9 000 condamnations, in Homophonies, no 15, 1982, p. 9.
  • The Making of masculinities, in the New Men’s Studies, Edited by Harry Brod, London, 1987.
  • Nicole-Claude Mathieu, Identité sexuelle/sexuée/de sexe? trois modes de conceptualisation du rapport entre sexe et genre, in : Daune-Richard, Hurtig & Pichevin (eds) 1989, p. 109-147.
  • Nicole-Claude Mathieu, Conscience, identités de sexe/genre et production de connaissance, in L’Anatomie politique, Éditions côté femmes, 1991, p. 131-227
  • Margaret Mead, L’Un et l’autre sexe : les rôles d’hommes et de femme dans la société, Paris, Gonthier, 1966
  • Rommel Mendes-Leite, Pratiques à risque: les fictions dangereuses, in Le Journal du sida, no 42,
  • Kate Millett, La Politique du mâle, Points actuels, 1971.
  • Michaël Pollak, Rommel Mendes-Leite & Jacques Van Dem Borche, Homosexualités et Sida, Cahiers Gaykitschcamp, Actes du colloque international des 12 et .
  • Emmanuel Reynaud, La Sainte Virilité, Éditions Syros, 1981.
  • Catherine Salles, Les bas fonds de l’Antiquité, Collection les hommes et l’histoire, Robert Laffont, Paris, 1982.
  • Serge Simon (édité par), Homophobie 2004 France, éd. Le bord de l'eau, 2004, (ISBN 2-911803-99-X) ; compilation de lettres homophobes reçues par Noël Mamère au printemps 2004.
  • Edward Stein, Forms of Desire, sexual orientation and the social constructionnist, controversy, New York, Garland, 1990.
  • John Stoltenberg, Refusing to be a Man, in International Journal of Women’s studies, Vol. 17, no 1.
  • Carol Tavris, Men and Women Report their Views on Masculinity, in Psychology Today,
  • Dr George Weinberg, Society and the healty homosexual, St Martin’s Press New York,
  • Jeffrey Weeks, Sexuality, Tavistock Publications, London and New York, 1986.
  • Daniel Welzer-Lang, Jean-Paul Filliod (1992 a), L'Émergence du masculin dans l'espace domestique, ministère de la Culture, ministère de l'Équipement, du Logement, des Transports et de la Mer - Plan Construction.
  • Daniel Welzer-Lang (1992 b), Le double standard asymétrique, in Daniel Welzer-Lang Filliot J.P. (eds.) Bulletin d'information des études féminines : des hommes et du masculin, CEFUP, CREA, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1991.
  • Martin Winckler, « Le corps des hommes et le médecin », in Les Hommes en miettes, Le groupe familial, avril/, p. 33-36.
  • Jacques Fortin, L'homosexualité est-elle soluble dans le conformisme ?, éd. Textuel, 2010.

Littérature jeunesse

  • Christophe Léon, Embardée, éditions La Joie de lire, 2015 [présentation en ligne]
    Dans ce roman pour adolescents, l'auteur imagine un retour de l'intolérance et la ghettoïsation des homosexuels dans un futur proche, afin de faire réfléchir les plus jeunes lecteurs aux dérives de l'homophobie.

Articles connexes

Droit

Justice

Liens externes