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Hétéronormativité

L'hétéronormativité, ou hétéronormalité, est la croyance selon laquelle tous les individus appartiennent à un des deux genres distincts et complémentaires (homme et femme) possédant des rôles naturels dans la vie. Elle suppose que l'hétérosexualité est la seule orientation sexuelle ou seule norme, et considère que les relations sexuelles et conjugales sont plus (ou uniquement) faites pour des personnes de sexes opposés. Par conséquent, la vision « hétéronormale » implique un alignement entre le sexe biologique, la sexualité, l'identité de genre et les rôles de genre. Elle est souvent liée à l'hétérosexisme et à l'homophobie[1].

Origine du termeModifier

Michael Warner a popularisé le terme en 1991[2], dans l'une des premières œuvres majeures de la théorie queer. Le concept prend ses racines dans la notion du système « sexe/genre » de Gayle Rubin et dans celle de l'hétérosexualité forcée d'Adrienne Rich[3].

Dans une série d'articles, Samuel A. Chambers encourage à comprendre l'hétéronormativité comme un concept qui révèle les attentes, les exigences et les contraintes qui apparaissent lorsque l'hétérosexualité est considérée comme une norme dans la société[4],[5]. Conçue à l'origine pour décrire les normes contre lesquelles les non-hétérosexuels luttent, l'hétéronormativité s'est très vite intégrée au débat sur le genre[6],[7] et la transidentité[8].

DiscriminationModifier

De nombreux critiques telles que Cathy J. Cohen, Michael Warner, et Lauren Berlant, qualifient les attitudes hétéronormales comme étant oppressives, stigmatisantes et induisant la marginalisation des formes de sexualité et des genres perçus comme « déviants », rendant ainsi l'auto-expression plus difficile lorsque celle-ci ne se conforme pas à la norme[1],[9]. L'hétéronormativité décrit la façon dont les institutions sociales et politiques renforcent la présomption que les individus sont hétérosexuels et que le genre et le sexe sont naturellement binaires[10]. La culture hétéronormale « privilégie l'hétérosexualité comme normale et naturelle » et favorise un système dans lequel les personnes LGBT sont victimes de discrimination dans le mariage, les impôts, et dans l'emploi[9]. Suite à Berlant et Warner, Laurie et Stark font également valoir que la « sphère intime » familiale devient « le non-lieu incontesté qui ancre les débats publiques hétéronormaux, particulièrement ceux concernant le mariage et les droits d'adoption[11]. »

Contre les gays, lesbiennes, bisexuels et transgenresModifier

Selon l'anthropologue culturel Gayle Rubin, l'hétéronormativité dans la société courante crée une « hiérarchie sexuelle » qui classe les pratiques sexuelles de « bon sexe » à « mauvais sexe ». La hiérarchie place le sexe monogame entre hétérosexuels comme « bon » et place n'importe quels autres actes sexuels et individus qui ne rentrent pas dans ces critères de plus en plus bas jusqu'à atteindre le « mauvais sexe ». Plus précisément, cela place les couples homosexuels engagés dans une relation à long terme et les homosexuels plus versatiles entre les deux pôles[12]. Pour Patrick McCreery, maître de conférences à l'Université de New York, cette hiérarchie explique la stigmatisation des homosexuels pour leurs pratiques sexuelles « déviantes » qui sont souvent pratiquées aussi par les hétérosexuels, comme la consommation de pornographie ou les relations sexuelles dans des lieux publics[9].

McCreery indique que cette hétéronormativité se répercute dans le lieu de travail où les gays, lesbiennes et bisexuels sont discriminés, notamment par des pratiques d'embauche anti-homosexuelles ou via une discrimination qui laisse souvent les individus au "plus bas de la hiérarchie", comme les transgenres, vulnérables à la plus manifeste des discriminations et à l'impossibilité de trouver du travail[9].

Les candidats à un emploi et les employés peuvent être légalement rejetés ou renvoyés pour être non-hétérosexuels ou perçus comme non-hétérosexuels dans de nombreux pays. Ce fut le cas de la chaîne de restaurant Cracker Barrel, qui a attiré l'attention nationale en 1991 après avoir renvoyé une employée pour être ouvertement lesbienne, invoquant leur politique comme quoi « les employés avec des préférences sexuelles ne parvenant pas à montrer des valeurs hétérosexuelles normales étaient incompatibles avec les valeurs Américaines traditionnelles. » Les travailleurs tels que cette employée et d'autres, comme les serveurs efféminés (qui auraient été décrits comme étant les vraies cibles), ont été légalement licenciés pour « transgression » d'une culture hétéronormale[9].

En analysant les liens entre l'hétéronormativité et la discrimination à l'emploi, Mustafa Bilgehan Ozturk a retracé l'impact des pratiques et des institutions patriarcales sur les expériences au travail des employés non-hétérosexuels dans différents contextes en Turquie. Il a démontré de manière plus poussée l'histoire spécifique et la gouvernementalité qui a donné naissance aux préjudices physiques, professionnels et psycho-affectifs contre les minorités sexuelles[13].

Lien avec le mariage et la famille nucléaireModifier

Les structures familiales modernes sont différentes de la famille nucléaire typique des années 1950. Aux États-Unis, les familles de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle étaient caractérisées par la mort de l'un ou des deux parents pour de nombreux enfants américains[14]. En 1985, les États-Unis contenaient environ 2,5 de familles recomposées abritant des enfants[15]. À la fin des années 1980, près de 20 % des familles avec enfants dirigés par un couple marié étaient des familles recomposées[16].

Au cours des trois dernières décennies, les taux de divorce, de monoparentalité, et de cohabitation ont augmenté de façon vertigineuse[17]. Les familles non traditionnelles (qui divergent de la « famille de classe moyenne avec un père gagne-pain et une mère au foyer, mariés et élevant leurs enfants biologiques ») constituent la majorité des familles aux États-Unis aujourd'hui[17]. Le mariage avec deux parents hétérosexuels qui sont à la fois fournisseurs de ressources et pourvoyeurs de soins pour les enfants est devenu populaire. Les familles modernes peuvent aussi être monoparentales de par un divorce, une séparation ou un décès; constituées de deux parents qui ne sont pas mariés mais qui ont des enfants; ou encore être homoparentales. Avec l'insémination artificielle, les mères porteuses, et l'adoption, les familles ne sont pas nécessairement formées par l'union biologique hétéronormale d'un homme et d'une femme.

Les conséquences de ces changements pour les adultes et les enfants sont fortement débattues.

En 2009, Michael Lamb, psychologue du développement, a déclaré que l'orientation sexuelle des parents n'affectait pas négativement le développement de l'enfant. « Depuis la fin des années 1980... il a bien été établi que les enfants et les adolescents peuvent s'ajuster aussi bien dans en environnement non traditionnel que traditionnel » a-t-il soutenu[18].

Cependant, la chroniqueuse Maggie Gallagher soutient que les structures sociales hétéronormales sont bénéfiques pour la société parce qu'elles sont optimales pour l'éducation des enfants[19]. L'éthicienne australo-canadienne Margaret Somerville a déclaré que « donner à des couples de même sexe le droit de fonder une famille rompt le lien entre la parentalité et la biologie[20]. » Cet argument a été récemment critiqué Timothy Laurie, qui affirme que l'intersexualité et les taux l'infertilité ont toujours compliqué les liens entre la biologie, le mariage et l'éducation des enfants[21].

Un sous-ensemble de l'hétéronormativité est le concept de temporalité hétéronormale. Cette idéologie établit que l'ultime but de la vie en société est le mariage hétérosexuel. Les facteurs sociaux influencent les adultes à rechercher un partenaire du sexe opposé pour s'engager dans une union hétérosexuelle, avec pour but d'avoir des enfants par le biais d'une structure familiale nucléaire traditionnelle. La temporalité hétéronormale promeut l'abstinence jusqu'au mariage. Beaucoup de parents Américains adhèrent à cette hétéronormativité et l'enseignent à leurs enfants en conséquence. Selon Amy T. Schalet, il semble que la majeure partie de l'éducation sexuelle entre parents et enfants aux États-Unis s'articule autour de pratiques d'abstinence seulement, bien que cela diffère dans d'autres parties du monde[22]. De même, Abby Wilkerson, professeure à l'Université George Washington, discute de la façon dont les soins de santé et l'industrie pharmaceutique renforcent la vision du mariage hétérosexuel pour promouvoir la temporalité hétéronormale.

Le concept de temporalité hétéronormale s'étend au-delà de mariage hétérosexuel pour inclure un vaste système où l'hétérosexualité est considérée comme une norme, et rien en dehors de ce royaume n'est pas toléré. Wilkerson explique qu'il dicte les aspects de la vie quotidienne tels que la santé nutritionnelle, le statut socio-économique, les croyances personnelles, et les rôles de genre traditionnels[23].

TransgressionsModifier

Individus intersexuésModifier

Les individus intersexes possèdent des caractéristiques biologiques qui sont de manière ambiguë soit mâle soit femelle. Dans les sociétés les plus actuelles, les individus intersexués sont dans la plupart des cas toujours associés à un sexe normatif peu de temps après la naissance[24]. Une chirurgie (impliquant généralement la modification des organes génitaux) est souvent effectuée dans une tentative de produire un corps sans ambiguïté mâle ou femelle, avec le consentement des parents plutôt que de l'individu concerné[25]. L'enfant est alors généralement élevé comme un individu cisgenre et hétérosexuel, membre du sexe assigné, ce qui peut ou non correspondre plus tard à son identité de genre ou à des caractères sexuels restants (par exemple des chromosomes, des gènes ou des organes génitaux internes)[26].

Individus transgenresModifier

Les personnes transgenres sont confrontées à une discordance entre leur identité de genre ou leur expression de genre et leur sexe assigné[27],[28],[29] Transgenre est également un terme générique, car, en plus d'inclure les hommes trans et les femmes trans dont l'identité de genre binaire est à l'opposé de leur sexe assigné (et qui sont parfois spécifiquement appelés transsexuels s'ils souhaitent une assistance médicale dans leur transition), il peut inclure les individus queers (dont les identités ne sont pas exclusivement masculine ou féminine, mais peuvent, par exemple, être bigenre, pangenre, genderfluid ouagenre)[30],[31]. D'autres définitions incluent les individus du troisième genre comme transgenres ou conceptualise les transgenres comme un troisième genre[32],[33]. Le terme est aussi rarement défini de façon très large pour inclure les travestis[34].

Certains transgenres effectuent une chirurgie de réattribution sexuelle, et peuvent ne pas se comporter selon le rôle de genre imposé par la société. Certaines sociétés considèrent les comportements transgenres comme un crime digne de la peine capitale, y compris l'Arabie Saoudite[35] et beaucoup d'autres nations. Dans certains cas, des homosexuel(le)s ont été contraints de subir un changement de sexe pour « réparer » leur sexe ou leur genre : dans certains pays d'Europe au cours du XXe siècle[36],[37] et en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980[38].

Dans certains pays, y compris l'Amérique du Nord et les pays européens, certaines formes de violence à l'encontre des transgenres peuvent être approuvées tacitement lorsque les procureurs et les jurys refusent d'enquêter, de poursuivre ou de condamner les individus ayant frappé ou tué (actuellement, dans certaines parties de l'Amérique du Nord et en Europe)[39],[40],[41]. D'autres sociétés considèrent la transidentité comme une maladie psychiatrique grave suffisant pour justifier l'institutionnalisation[42].

Dans les communautés médicales avec ces restrictions, les patients ont la possibilité soit de réprimer leur transidentité et se conformer aux normes de leur sexe biologique (qui peut être nécessaire pour éviter la stigmatisation sociale ou même la violence), soit de respecter strictement les normes de leur « nouveau » sexe afin d'être éligible à une chirurgie de réassignation sexuelle et aux traitements hormonaux. Les tentatives d'atteindre une identité de genre ambiguë ou « alternative » ne seraient pas prises en charge ou autorisées[8]. Parfois, le changement de sexe est obligatoire pour un changement de genre officiel, et souvent « masculin » et « féminin » sont les seuls choix disponibles, même pour les personnes intersexes et transgenres[43]. Pour les gouvernements qui autorisent uniquement les mariages hétérosexuels, un changement officiel de genre peut avoir des impacts sur certains droits et privilèges, comme la garde des enfants, l'héritage, et la prise de décision médicale.

HomonormalitéModifier

L'homonormalité peut se référer aux privilèges perçus de l'homosexualité[44] ou l'assimilation d'idéaux hétéronormaux dans la culture LGBTQ et l'identité individuelle[45]. Le terme est presque toujours utilisé dans ce dernier sens, et a été utilisé abondamment par Lisa Duggan en 2003[46], bien que l'experte sur les études du genre Susan Stryker a relevé qu'il était aussi utilisé par les militants transgenres dans les années 1990, en référence à l'imposition des normes gay/lesbiennes au-dessus des préoccupations des personnes transgenres[47].

Selon Penny Griffin, maître de conférences sur les relations politiques et internationales à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, l'homonormalité défend le néolibéralisme plutôt que de critiquer la monogamie, la procréation et les rôles de genre binaires comme intrinsèquement hétérosexistes et racistes[48]. Duggan affirme que l'homonormalité fragmente les communautés LGBT en hiérarchies de mérite, et que les personnes LGBT qui se rapprochent le plus d'un standard hétéronormal de l'identité de genre sont considérées comme plus dignes de recevoir des droits. Elle stipule également que les personnes LGBT au bas de cette hiérarchie (par exemple, les bisexuels, les personnes trans, non-binaires, intersexes ou de genres non occidentaux) sont considérées comme un obstacle à cette classe d'individus homonormaux recevant leurs droits. Par exemple, une étude empirique a constaté que, dans les Pays-Bas, les personnes transgenres ou de genres non-conformes sont souvent méprisés dans la communauté LGBT pour ne pas agir « normalement ». Ceux qui s'assimilent deviennent souvent invisibles dans la société et ressentent une peur et une honte constantes des non-conformistes au sein de leurs communautés[49].

Représentation dans les médiasModifier

Cinq différentes études ont montré que l'existence de personnages gays à la télévision diminuait les préjugés des téléspectateurs[50]. Les radiodiffuseurs restent plus en arrière, puisque les chaînes câblées et les services de streaming sont plus inclusifs et contiennent des personnages homosexuels, bisexuels ou transgenres[51]. Selon GLAAD, ces chaînes et ces services de streaming manquent néanmoins de diversité, beaucoup de personnages LGBT étant des hommes gays (41 % et 39 % respectivement). Le nombre total de personnages LGBT sur le câble a augmenté de 31 % en 2015, et les représentations bisexuelles ont quasiment doublées.

Les personnes intersexes sont presque complètement exclues. L'intersexuation n'est pas si rare qu'il apparaît qu'environ 1 % de la population est intersexe d'une certaine façon[52]. Les médias accentuent ce que signifie être homme ou femme, ce qui crée un vide pour les personnes qui ne correspondent pas à l'une de ces catégories. Cela a amené les journaux à soulever des questions sur l'intersexuation chez les athlètes en raison de la sexuation du sport. Ces questions ont notamment été soulevées de manière mondiale avec le cas de Caster Semenya, pour laquelle les officiels du sport se sont demandé si elle devait être considérée comme femme ou homme[53].

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

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BibliographieModifier

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Lectures complémentairesModifier

Articles connexesModifier