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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guerre de Dix Ans.
Guerre de Dix Ans
Description de cette image, également commentée ci-après
Siège de Dole en 1636, par le Grand Condé, huile sur toile de 1637 par Nicolas Labbé
Informations générales
Date 1634-1644
Lieu Franche-Comté
Casus belli Invasion du Comté de Bourgogne par la France
Issue

Statu quo ante bellum

Espagne préserve la Franche-Comté jusqu'au traité de Nimègue
Belligérants
Svensk flagg 1815.svg Royaume de Suède
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Drapeau de la Lorraine Duché de Lorraine
Flag of Franche-Comté.svg Comté de Bourgogne
Drapeau de l'Électorat de Bavière Électorat de Bavière
Commandants
Flag of Sweden.svg Charles X Gustave

Flag of Sweden.svg Gustaf Horn
Royal Standard of the King of France.svg Louis XIII
Royal Standard of the King of France.svg Cardinal de Richelieu
Royal Standard of the King of France.svg Henri II de Bourbon-Condé
Royal Standard of the King of France.svg Louis II de Bourbon-Condé
Royal Standard of the King of France.svg Vicomte de Turenne
Royal Standard of the King of France.svg Jean-Baptiste Budes de Guébriant
Royal Standard of the King of France.svg Henri II d'Orléans-Longueville
Royal Standard of the King of France.svg Charles de Neufville
Royal Standard of the King of France.svg Charles de Damas de Thianges
Royal Standard of the King of France.svg Philippe de Chaumont-Guitry
Royal Standard of the King of France.svg Claude de Briord
Royal Standard of the King of France.svg Louis d'Arpajon

Flag of Electoral Saxony.svg Bernard de Saxe-Weimar
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Ferdinand III

Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Matthias Gallas

Flag of Cross of Burgundy.svg Philippe IV
Flag of Cross of Burgundy.svg Antonio Sarmiento de Tolède

Flag of Lorraine.svg Franz von Mercy
Flag of Lorraine.svg Charles IV de Lorraine

Flag of Cross of Burgundy.svg Flag of Franche-Comté.svg Louis de la Verne
Flag of Cross of Burgundy.svg Flag of Franche-Comté.svg Pierre-Louis de Saint-Mauris
Flag of Franche-Comté.svg Gérard de Watteville de Conflans †
Flag of Franche-Comté.svg Jean-Baptiste de la Baume-Montrevel
Flag of Franche-Comté.svg Claude Prost de Lacuzon
Flag of Franche-Comté.svg Philippe-François de Bussolin
Flag of Franche-Comté.svg Christophe de Raincourt

Electoral Standard of Bavaria (1623-1806).svg Maximilien Ier de Bavière
Forces en présence
Royal Standard of the King of France.svg21 000 fantassins
5000 cavaliers
Flag of Franche-Comté.svg11 000 fantassins
1 200 cavaliers
Pertes
Flag of Franche-Comté.svg Environ 200 000 civiles morts de la guerre ou de la famine

La guerre de Dix Ans (1634-1644) est l'épisode comtois de la guerre de Trente Ans (1618 à 1648).

Situation de la région Franche-Comté au XVIe siècleModifier

Durant le règne de Charles Quint au XVIe siècle, la Franche-Comté était une région prospère à l'abri des démêlés entre la France et l'Espagne ainsi que l'Autriche, grâce à son statut particulier garanti dans divers traités de neutralité avec les cantons suisses voisins.

Après l'abdication de Charles Quint, Philippe II devient roi d'Espagne et comte de Bourgogne. Il engage alors une lutte contre le protestantisme qui se diffuse en Franche-Comté, proche à la fois de la Suisse et du comté de Montbéliard.

Le parlement de Dole, fortement appuyé par Philippe II, aide au succès de la cause catholique et évite à la Franche-Comté les troubles des guerres de religion que l'Allemagne connut pendant plus de trente ans. Cependant, la région n'est pas épargnée par la guerre. Le , Henri IV, alors roi de France, déclare la guerre à l'Espagne. La France est victorieuse des Espagnols à Fontaine-Française (en duché de Bourgogne) ; la région est envahie par Henri IV en personne durant le mois de juin 1595, qui ne se soucie guère des traités de neutralité de la région.

Plusieurs villes et villages sont alors maltraités, Baume-les-Dames et Lons-le-Saunier sont contraints de payer des sommes faramineuses sous peine d'être dévastés. Henri IV, craignant que les Suisses ne fassent respecter les accords de neutralité, décide de quitter précipitamment Lons-le-Saunier, non sans avoir brûlé ses deux faubourgs.

En 1598, la paix de Vervins est signée, rendant à la France et à l'Espagne leurs conquêtes mutuelles. Cette même année, Philippe II meurt et laisse derrière lui les Pays-Bas et la Franche-Comté à sa fille aînée, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche, épouse de l'archiduc Albert d'Autriche.

La « guerre de Dix Ans »Modifier

Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche renouvelle en 1611 le pacte de neutralité qui avait été convenu en 1522 entre la France et la Franche-Comté par Marguerite d'Autriche. Le pacte indiquait clairement que la neutralité devait être observée au moins jusqu'en 1640. Un répit de courte durée est alors attribué à la Franche-Comté, sous le gouvernement de l'archiduc Albert d'Autriche et d'Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche.

En 1621, l'archiduc Albert d'Autriche décède et au même moment, Philippe IV, son neveu, accède au trône d'Espagne. Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche meurt à son tour quatorze ans plus tard, et laisse la Franche-Comté à Philippe IV. Entre-temps, en janvier 1629, Richelieu écrit à Louis XIII : « On pourrait penser à la Navarre et à la Franche-Comté comme nous appartenant, estans contiguës à la France et faciles à conquérir toutes fois et quantes que nous n'aurons autre chose à faire ».

Louis XIII, excédé par l'agrandissement de la « maison d'Autriche », s'était allié à la Ligue protestante, composée des princes d'Allemagne et du roi de Suède Gustave Adolphe. Face à eux, la Ligue catholique composée de l'empereur germanique Ferdinand II, du roi de Hongrie, du roi d'Espagne Philippe IV et du duc Charles IV de Lorraine. Or Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII et en rébellion contre lui, avait des liaisons avec Charles IV de Lorraine et Philippe IV.

Louis XIII rompt le traité de neutralité, prétextant que Besançon avait accueilli Gaston d'Orléans et, le , il déclare la guerre, malgré l'opposition du Parlement de Dole. Richelieu concentre alors à Auxonne (frontière entre la Bourgogne et la Franche-Comté) une armée composée de plus de 25 000 hommes dont il confie le commandement au prince de Condé. Coté comtois, le parlement attribue le commandement en chef des troupes du comté au maréchal de camp Gérard de Joux de Watteville, marquis de Conflans, assisté et secondé par le parlementaire Jean Girardot de Nozeroy[1]. Les troupes comtoises, manquant de moyens et de munitions s’élèvent à un peu plus de 12 000 hommes[2]. Inférieur en nombre, Watteville ne veut pas attaquer frontalement les français et opte pour un morcellement des troupes qui sont cantonnées dans les villes les plus importantes[1]. Le , le prince de Condé se présente devant Dole qui était à l'époque la capitale de la Province. Ce dernier pensait qu'après la chute de Dole, qui était siège du gouvernement, la conquête de la Franche-Comté se ferait beaucoup plus facilement. Mais après un siège difficile de plus de trois mois et devant l'arrivée en renfort de 13 000 soldats de l'empereur d'Autriche, le prince de Condé doit lever le siège, pour aller défendre Corbie en Picardie.

En 1637, la guerre est toujours d'actualité dans la région franc-comtoise, et elle est loin de se terminer. Watteville charge son fils de lancer une grande offensive sur le Bugey français. Cette offensive sera un demi-succès. Ayant remporté les combats de Martignat et conquis une dizaine de places dont Oyonnax, les comtois, faute de troupes en nombre suffisant, ne pourront les conserver. Fin février, début mars, les comtois retournent chez eux abandonnant la plupart de leurs conquêtes. Cette année-là, trois armées envahissent simultanément la région : le duc Bernard de Saxe-Weimar par la Saône, le marquis de Grancey par Montbéliard et le duc de Longueville par la Bresse. Au retour de la campagne du Bugey, le marquis de Conflans est écrasé lors de la bataille de Cornod le 13 mars 1637. Le , le bourg de Saint-Amour dans le bailliage d'Aval est assiégé par le duc de Longueville, malgré la résistance d'une semaine de la part de ses habitants[3]. Le bourg tombe aux mains des Français, ainsi que plusieurs autres villages des environs. La tactique des Français est simple, mais terriblement efficace : assiéger les petites localités, de façon à éviter de devoir attaquer les grands centres de résistance, souvent situés dans les grandes villes de la région. Ainsi, Saint-Claude et Moirans, sont pris, puis Lons le saunier au bout d'un siège de 2 semaines. Le duc de Saxe-Weimar qui était au service des Français, fit de même, en pillant et dévastant tout sur son passage.Dans le mois d'avril, le marquis se voit retirer le commandement des armées comtoises qui est confié à Jean-Baptiste de la Baume, marquis de Saint-Martin[4].

Article détaillé : Siège de Saint-Amour (1637).
Article détaillé : Bataille de Sainte-Agnès (1637).

De nombreuses localités sont prises d'assaut et assiégées, notamment Jonvelle et Jussey, mais d'autres villages subiront un sort encore plus cruel, comme Pierrecourt qui fut totalement détruit par les flammes, et dont les habitants ont été tous exécutés. Le duc de Saxe-Weimar assiège également de nombreux châteaux et forteresses près de la Saône. Charles IV, le duc de Lorraine, se voit confier le gouvernement de la Franche-Comté par Philippe IV. Il décide de rester à Besançon, alors que ses soldats ont la charge de défendre le bailliage d'Amont. Mais ses soldats indisciplinés se comportent comme de vrais pillards, et dévastent, saccagent et affaiblissent le bailliage d'Amont, aussi bien par ses ennemis, les Français, que par ses alliés, les Lorrains.

Article détaillé : Bataille de Poligny (1638).

En 1638, la région est en partie dévastée par la guerre, en plus d'être victime de la peste qui poursuit ses ravages débutés en 1636 lors du siège de Dole. Mais la Franche-Comté est alors confrontée à un autre fléau encore plus dévastateur : la famine. De nombreux Francs-Comtois fuirent la faim, et émigrèrent en Savoie, en Suisse et même certains en Italie, à Milan et à Rome. Voici ce qu'en dit Girardot de Nozeroy dans ses écrits, intitulés Histoire de Dix Ans de la Franche-Comté de Bourgogne :

« Les livres sacrés racontent avec larmes les tristes afflictions du peuple Juif : Joseph narre la famine qui fut à Jérusalem durant son siège où les mères mangèrent leurs propres enfans : le siège de Paris sous Henri IV a quelque chose d'approchant, mais (sans rien enchérir) la famine de nostre Bourgougne en cette année 1638 a passé par-dessus tout cela incomparablement. La postérité ne le croira pas, les riches qui possedoient force chevances et avoient eu au commencement des espargnes, estoient espuisez, les pauvres paysans estoient retirez dans les villes sans labeur ny employ, le bled (blé) rare partout se vendoit à prix desmesuré : on vivoit des herbes des jardins et de celles des champs : les charognes des bestes mortes estoient recherchées aux voiries, mais cette table ne demeura pas long temps mise : on tenoit les portes des villes fermées pour ne se veoir accablez du nombre des gens affamez qui s'y venoient rendre, et hors des portes les chemins demie lieüe loing estoient pavez de gens haves et deffaictz, la plupart estenduz de foiblesse et se mourant : dans les villes les chiens et les chats estoient morceaux délicats, puis les rats estans en regne furent de requise, j'ay veu moy-mesme des gens bien couverts relever par les rües des rats morts jettez par les fenestres des maisons et les cacher pour les manger. En fin on vint à la chair humaine, premièrement dans l'armée où les soldats estans occis servoient de pasture aux autres qui couppoient les parties plus charnues des corps morts pour bouillir ou rostir, et hors du camp faisoient picorée de chair humaine pour manger : on descouvrit dans les villages des meurtres d'enfans faicts par leurs meres pour se garder de mourir et des freres par leurs freres, et la face des villes estoit partout la face de la mort. »

Après avoir assiégé le duché de Bourgogne, l'Alsace et le Comté de Montbéliard, la France voulait en plus, pour frontière, les montagnes du Jura. Bernard de Saxe-Weimar, qui avait déjà envahi l'Alsace et qui n'arrivait plus à faire vivre ses troupes dans cette région, avait pour projet de se rapprocher de la Franche-Comté. À ce moment-là, Richelieu donne alors l'ordre à Bernard de Saxe-Weimar « d'envahir, de conquérir au nom de la France toute la Franche-Comté limitrophe de la Suisse », c'est-à-dire la région montagneuse beaucoup moins éprouvée par la famine que le plat pays, favorisant ainsi ses desseins. Il entre alors en Franche-Comté sans hésitations par le village de Saint-Hippolyte, qu'il incendie. Peu après, Bernard de Saxe-Weimar pille Morteau et saccage Montbenoît.

Le dimanche des éclaireurs de Saxe-Weimar sont vus à proximité de Pontarlier. Le lundi 17, une soixantaine de cavaliers paraissent près de la ville et le mardi 18, 200 chevaux sont aperçus, marchant du côté de l'abbaye de Montbenoît.

Le mercredi 19, à trois heures de l'après-midi, Bernard de Saxe-Weimar somme le commandant de Saint-Mauris de lui remettre la Ville de Pontarlier, « faute de quoi il saurait ce qu'il aurait à faire ». Le commandant de Saint-Mauris lui rétorque alors « que sa Majesté catholique lui ayant confié cette place pour y faire bonne garde et en rendre compte, il sait aussi ce qu'il a à faire ».

Le jeudi , les soldats suédois et français s'emparent des deux faubourgs de Pontarlier et lancent l'assaut des remparts de la ville. Le vendredi 21, les assiégeants tentent par quatre fois d'escalader les remparts, et bien que la rivière du Doubs soit gelée facilitant ainsi le dressage d'échelles, ils échouent encore. Le samedi 22, aucune attaque n'a lieu des deux côtés, et le dimanche 23, les troupes suédoises mettent le feu au faubourg Saint-Étienne de la ville, espérant que le vent porterait le feu dans la ville dont une grande partie des maisons sont couvertes en bois, mais un vent contraire vient une fois encore les faire échouer. Seule une maison et la chapelle de la Croix brûlent, c'est alors que les troupes tentèrent une nouvelle fois de s'emparer la ville, mais ils furent repoussés.

Le lundi 24, les munitions et l'eau commencent à manquer aux Pontissaliens, et ceux-ci, craignant qu'une canonnade ne détruise les murailles de la ville et n'espérant plus aucun secours, décident de capituler. Les bourgeois envoient alors le docteur Jean Miget auprès de Bernard de Saxe-Weimar, afin de fixer les conditions de la capitulation. Vers 10 heures du soir, le docteur Miget rentre dans la ville avec les articles de la capitulation.

Les articles de capitulation stipulaient que : « la ville ne serait pas pillée, qu'elle ne serait pas obligée de payer une rançon, que les bourgeois seraient maintenus dans la possession de leurs biens et privilèges, qu'il ne devait être fait aucun tort aux femmes et aux religieuses dans leur honneur, que 300 hommes seulement devaient entrer dans la ville et enfin que la garnison en place à Pontarlier pourrait se retirer à Besançon avec armes et bagages. »

Le mardi , le duc de Saxe-Weimar fait publier un édit pour désarmer les bourgeois et recenser les hommes absents. Le commandant de Saint-Mauris sort de Pontarlier avec son régiment et se rend à Besançon, escorté par un détachement de 500 chevaux suédois. Le mercredi 26, Bernard de Saxe-Weimar entre dans la ville, suivi par 3 000 hommes au lieu des 300 prévus par le huitième article de la capitulation.

Le jeudi 27, après avoir mis le feu au faubourg Saint-Étienne, un détachement marche du côté de Nozeroy, pendant que 2 000 hommes en garnison entrent à Pontarlier. Bernard de Saxe-Weimar ordonne au maire de la ville et aux échevins de réunir 60 000 écus dans les huit jours pour la rançon de la ville, sinon la ville sera châtiée sévèrement, même par la mort. Les bourgeois de la ville, n'ayant pu rassembler que 10 000 écus, Weimar s'en prend à huit d'entre eux, qui sont bâtonnés avec grande dureté.

Le , le comte de Guébriant assiège Nozeroy, et y établit ses quartiers. Le 14 février, le château de Joux est pris par les Suédois grâce à la peur ou à la corruption du lieutenant qui le commandait. Le 20 avril, le comte de Guébriant s'empare de Château-Vilain et le lendemain il prend le château de La Chaux.

Le le duc de Saxe-Weimar, s'empare de la ville de Saint-Claude. Weimar, désespérant de prendre Besançon et Salins-les-Bains, fait brûler tous les villages et tous les bâtiments sur la route de Pontarlier jusqu'à Salins-les-Bains. Le 6 juillet, la ville de Pontarlier est ravagée par les flammes, où plus de 400 personnes périrent dans un incendie qui ravagea la ville en moins de deux heures. À la même époque, plusieurs villages sont détruits : Les Alliés, l'ancien village de Cessay, « la Goutte-d'Or » et Bougnon. D'autres villages furent épargnés, de manière parfois anecdotique. Ainsi le village de Bouverans fut épargné parce qu'un habitant avait consenti à ferrer ses chevaux, de même que Bulle échappa à l'incendie à cause d'un épais brouillard, dissimulant le village aux yeux de l'ennemi.

Le 8 juillet, après six mois de pillage et de cruauté pendant lesquels les Suédois se sont enrichis, le duc de Saxe-Weimar retourne en Alsace. Il meurt de la peste le à Neubourg, à l'âge de 35 ans. Durant l'occupation de la région, les Francs-Comtois ne sont pas restés inactifs. En effet, le capitaine Lacuzon, de son vrai nom Claude Prost, qui était le chef des partisans francs-comtois, menait une guerre d'escarmouches contre l'envahisseur et pilla la Bresse.

Aussi, Cart-Broumet mène la vie dure aux troupes suédoises. À la tête d'une troupe de volontaires venant de Mouthe et ses environs, Cart-Broumet harcèle les troupes de Weimar, dispersées dans la région, et acquiert une solide réputation. Il se bat notamment entre Sainte-Colombe et La Rivière, près de Chaffois et à proximité de Bief-du-Fourg; il participa également à la défense de Nozeroy. Après la mort du duc de Saxe-Weimar, le marquis de Saint-Martin reprend Nozeroy, Château-Vilain et le château de La Chaux.

Au même moment, don Antonio Sarmiento de Tolède tente de reprendre le château de Joux avec l'aide des troupes du duc de Bourgogne. En réalité, cette tentative visait à attirer l'ennemi dans un coin de la province franc-comtoise et de permettre ainsi aux habitants de faire les moissons et les vendanges. Quelque temps après, Sarmiento lève le siège du château de Joux. Après avoir appris que ce siège était levé, le marquis de Villeroy décida de retourner en France pour continuer la guerre sur les bords de l'Ain, contre les troupes de partisans francs-comtois. Le roi d'Espagne Philippe IV nomme le conseiller Boyvin président du parlement de Dole en avril 1639, ce dernier s'étant plaint qu'il n'avait personne à sa tête. Les autres places vacantes sont également attribuées et, le , le parlement de Dole reprend ses séances ordinaires.

Toujours en 1639, le parlement de Dole mit une garnison à Nozeroy, sous le commandement d'Arnans. Durant les trois années qui suivirent cette décision, les hommes de cette garnison se comportent en véritables truands : ils pillent et malmènent la population. À Grimont (ancien village), les Français rançonnent fortement les personnes qu'ils font prisonnières. En Franche-Comté, la famine ravage toujours les villes de Besançon, Salins-les-Bains, Dole et Gray. Excepté quelques convois de blé provenant de Suisse ou de Savoie, la nourriture se fait de plus en plus rare.

Par chance, le royaume de France connaît quelques changements à cette époque, à la suite de la mort de Richelieu en décembre 1642, suivie par celle de Louis XIII en mai 1643. Par l'intermédiaire de M. de la Pie, fermier des sauneries de Dole, et avec le consentement du roi d'Espagne, le parlement de Dole traite avec la France qui est placée sous la régence d'Anne d'Autriche puisque le nouveau roi de France, Louis XIV n'a que cinq ans.

À la suite d'un traité particulier conclu avec le cardinal Mazarin en 1644, la France s'engage à faire cesser les hostilités en Franche-Comté, moyennant la coquette somme de 40 000 écus, mais garantissant ainsi à nouveau la neutralité de la région. L'année 1644 voit donc le terme de la guerre de Dix Ans en Franche-Comté. La guerre ne s'arrête pas pour autant en Europe, et plus particulièrement en Allemagne mais les traités de Westphalie en 1648 conclus entre l'empereur germanique Ferdinand III, la France et la Suède, mettent fin à la guerre de Trente Ans.

Conséquences de la guerre de Dix AnsModifier

Après la guerre de Dix Ans, la situation est désastreuse en Franche-Comté. La guerre, la peste et la famine ont dévasté la région. Le bilan est extrêmement lourd : plusieurs villes incendiées, 70 châteaux brûlés, 150 villages ont disparu avec des dizaines de milliers de morts.

Toute l'économie et la démographie de la région se trouvent bouleversées, notamment l'agriculture qui fut totalement anéantie. Le nombre de morts et d'exilés est également très important : le recensement de 1614 montrait que vivaient entre 405 000 et 410 000 personnes en Franche-Comté, comparé à celui de 1657 (soit 13 ans après la fin des combats) indiquant qu'il n'y avait environ que 160 000 habitants dans la région, soit une baisse de plus de 60 %. On estime ainsi que ce sont environ les deux tiers des Francs-Comtois qui sont morts pendant la guerre de Dix Ans[5].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, (ISBN 9782251606514, lire en ligne)
  2. Daniel Antony, Nouvelle histoire de la Franche-Comté Tome II,, Pontarlier, Editions du belvédère, (ISBN 978-2-37362-021-4), p. 344
  3. Annuaire Departemental, administratif, historique, industriel et statistique, suite a la collection seculaire des Almanachs de Lyon, commencée en 1711: Année 1846. Contenant dans la seconde partie, une serie de Notes et documents inedits pour servir à l‛histoire de Lyon sous Henri IV et Louis XIII par. Pericand, Mouzin-Rusand, (lire en ligne)
  4. François Pernot, La Franche-Comté espagnole: à travers les archives de Simancas, une autre histoire des Franc-Comtois et de leurs relations avec l'Espagne de 1493 à 1678, Presses Univ. Franche-Comté, (ISBN 9782848670324, lire en ligne)
  5. Guy J. Michel, L'Histoire de la Franche-Comté V, 1978, éditions Mars et Mercure Wettolsheim, p.123

BibliographieModifier

  • Histoire de la Franche-Comté, publiée sous la direction de Roland Fiétier. - Toulouse : Privat, 1977.
  • GIROD (Édouard). - Esquisse de la ville de Pontarlier. - Pontarlier : Imp. Thomas, 1857.
  • Jean Girardot de Nozeroy, Histoire de Dix Ans de la Franche-Comté de Bourgogne, Besançon, J. Chrestin / impr. d'Outhenin-Chalandre, (réimpr. 1843).
  • Annuaire du Doubs - Années 1847, 1848 et 1864.
  • PETIT-HUGUENIN - Épisode de la vie de Cart-Broumet Alexis surnommé la Plaque. - Pontarlier : Imp. Thomas.
  • LOUIS (Gérard). - La Guerre de Dix Ans : 1634-1644. - Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, 1998. - (Annales littéraires de l'université de Franche-Comté). - [Prix du Livre Comtois, 1999].

Articles connexesModifier

Liens externesModifier