Siège de Saint-Amour (1637)

Le siège de Saint-Amour est une bataille qui eut lieu du au à Saint-Amour dans le comté de Bourgogne durant l'épisode comtois de la guerre de Trente Ans. Elle oppose les troupes françaises du duc de Longueville au régiment de Georges Jacquinot de Goux[1]. Cette bataille fait suite à celle de Cornod.

Siège de Saint-Amour
Description de cette image, également commentée ci-après
Vestiges du système défensif de Saint-Amour
Informations générales
Date 29 mars - 2 avril 1637
Lieu Saint-Amour (Jura)
(Comté de Bourgogne)
Issue Victoire française
prise de la place
Belligérants
Flag of Franche-Comté.svg Comté de BourgogneDrapeau du royaume de France Royaume de France
Commandants
Flag of Franche-Comté.svg Georges Jacquinot de Goux †
Flag of Franche-Comté.svg François de Beauregard
Royal Standard of the King of France.svg Henri d'Orléans-Longueville
Royal Standard of the King of France.svg Louis d'Arpajon
Forces en présence
1 000 fantassins
300 miliciens
50 cavaliers
8 000 fantassins
2 000 cavaliers
Quelques pièces d'artillerie
Pertes
Environ 500 tués
200 prisonniers
Inconnues (au moins plusieurs centaines)

Guerre de Trente Ans

Batailles

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Coordonnées 46° 26′ 11″ nord, 5° 20′ 38″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Siège de Saint-Amour
Géolocalisation sur la carte : Franche-Comté
(Voir situation sur carte : Franche-Comté)
Siège de Saint-Amour

ContexteModifier

En 1637, la France et le comté de Bourgogne sont en guerre. Louis XIII avait investi le comté de Bourgogne et ses troupes dirigées par le prince de Condé, avaient échoué à prendre Dole en août 1636. Jusqu'en , la guerre avait plutôt été favorable aux Comtois, pourtant inférieurs en nombre. Mais, l'armée comtoise menée par Gérard de Joux de Watteville a été décimée à la bataille de Cornod, le , par un détachement de l'armée de Longueville, commandé par le baron de Thianges[2]. Forts de ce succès et débarrassé de l'armée comtoise, les Français peuvent s'en prendre aux riches villes du Revermont, et plus particulièrement Lons-le-Saunier, qui est leur objectif principal. Longueville, avec des troupes fraîches, quitte son quartier général de Chalon-sur-Saône pour prendre désormais la campagne en main. Il est accompagné du vicomte d'Arpajon et de Philippe de Chaumont-Guitry. Le 26, les Français entrent en Franche-Comté au sud de Lons, prennent Beaufort, Maynal, La Biolée, Digna, puis se dirigent sur Saint-Amour[3]. La place de Saint-Amour, ville prospère et importante, est commandée, en l'absence du comte de Saint-Amour, par Georges Jacquinot de Goux, fils du colonel Vincent de Goux, trésorier du Comté de Bourgogne, qui participa quelques jours plutôt à la bataille de Cornod[4].

La batailleModifier

 
Ancien couvent des Capucins ou les français placèrent leur artillerie pendant la durée du siège

Rapport de forceModifier

L'armée française est puissante et bien équipée. Elle dispose de 8 000 hommes, 2 000 cavaliers et de plusieurs pièces d'artillerie[5]. Son moral est galvanisé par la victoire récente à Cornod. Le siège est confié à l'un des deux seconds de Longueville, le vicomte d'Arpajon. Coté comtois, les troupes de plus d'un millier d'hommes sont composées d'un régiment d'infanterie, d'un petit corps de miliciens et de 50 cavaliers commandés par le capitaine de Beauregard[6]. Ce dernier s'est déjà plusieurs fois illustré lors de la campagne comtoise de Bresse. De Goux fait consolider les murailles dès qu'il apprend la menace française sur sa ville. Si les fortifications de la ville sont anciennes et vétustes, celles du château sont très bonnes. Ce sont les bourgeois de la ville qui ont insisté pour que la ville soit défendue et non livrée, malgré la connaissance du rapport de force largement défavorable. Ces derniers sont également à l'origine de la création de la milice. La population en général est très favorable à l'idée de tenir tête aux français, galvanisée par les discours de la comtesse de Saint-Amour.[7] Peu avant l'arrivée des Français, les femmes et les enfants sont évacués.

Le siègeModifier

Le , Longueville arrive enfin et fait cerner la ville. Il installe son artillerie près du couvent des capucins sur la route de Cuiseaux[8]. Ce premier jour, seules quelques salves de canon sont tirées, sans conséquences.

Le lendemain, les Français donnent l'assaut par le faubourg et la porte Guichon[8]. Mais au cours de l'assaut, Longueville apprend que Watteville, le chef de l'armée comtoise, a pu rassembler les débris de son armée et s’apprête à venir en aide à la cité assiégée. Il scinde alors ses forces et ordonne au maréchal de camp Jean de Chaumont-Guitry d'aller au devant de Watteville. Pendant ce temps, l'assaut est repoussé mais d'Arpajon, parvient à ouvrir une brèche dans un des murs de la ville.

Le lendemain, les combats reprennent avec plus de violence. 60 salves d'artillerie tombent sur la ville et la brèche est élargie. Un officier français proposealors une capitulation aux défenseurs comtois: ces dernier refusent. Peu après, les tirs d'artillerie reprennent et De Goux est alors mortellement touché[9]. Les Français parviennent enfin à rentrer dans la ville et un féroce combat de rue commence. Ce jour-là, 400 défenseurs comtois trouvent la mort dans ces combats. Les femmes de la ville se distinguent en soignant les blessés et apportant munitions et vivres aux combattants comtois. En fin de journée, la ville finit par tomber et 600 hommes parviennent à se réfugier dans le château sous les ordres de Beauregard.[10] Ces derniers sont toujours déterminés à résister, le château étant encore en très bon état.[11]

Échec de l'armée de secours et redditionModifier

Le 1er avril se déroule la bataille de Sainte-Agnès, au déroulement flou et contesté. Néanmoins Guitry parvient à stopper l'armée de secours comtoise qui reçut pourtant de puissants renforts lorrains[12]. Longueville apprend la nouvelle au matin du . Il donne aussitôt l'ordre à son artillerie de pilonner le château. Les Français voient arriver Guitry vers la fin d'après midi à Saint-amour. Les assiégés pensant que c'était l’armée de secours victorieuse qui arrivait, furent dans la joie avant de sombrer dans la consternation. Sans espoirs de secours et éprouvés par les bombardements, ils acceptent alors la reddition.

Ce même jour, les Français se sont emparés des châteaux de Cheuraux et de l'Aubepin proches de Saint-Amour[13].

Les conséquencesModifier

La ville est livrée au pillage et au saccage, c'est pour elle la fin d'une époque faste: elle ne retrouvera jamais sa prospérité passée. Beauregard comme 200 autres[14], fut fait prisonnier et relâché contre la somme de 300 pistoles. Il mourra quelques années plus tard lors de la bataille de Rocroi[15].

Il n'existe a ce jour, aucune donnée des pertes françaises, mais on peut les estimer à plusieurs centaines de pertes, notamment lors des coûteux combats de rues. Hésitant finalement à s'en prendre à Lons qui a reçu de puissants renforts, les Français s'attaqueront plutôt au secteur de Saint-Claude et notamment à la ville de Moirans, qui connaîtra le même destin. Plusieurs mois plus tard, à l'été, Longueville pourra enfin prendre Lons, cette fois ci abandonnée par ses précieux renforts.

Si pour les Comtois, il s'agit d'une défaite de plus, elle laissera pour eux le souvenir d'un acte de courage et de résistance[11].

BibliographieModifier

  • Alexandre Corneille Saint-Marc, Le siège de Saint-Amour en 1637 : épisode de la guerre de dix ans, Poligny, 1864 (Lire en ligne)
  • Jean Girardot de Nozeroy, Histoire de dix ans de la Franche-Comté de Bourgogne, 1632-1642, publié en 1843 à Besançon. Livre 8, page 162 (Lire en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. Annuaire Départemental, administratif, historique, industriel et statistique, suite a la collection séculaire des Almanachs de Lyon, commencée en 1711 : Année 1846. Contenant dans la seconde partie, une série de Notes et documents inédits pour servir à l‛histoire de Lyon sous Henri IV et Louis XIII par. Pericand, Mouzin-Rusand, (lire en ligne)
  2. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, , 379 p. (ISBN 978-2-251-60651-4, lire en ligne)
  3. Louis Gérard, « Chapitre 1. La campagne de Franche-Comté », dans La guerre de Dix Ans : 1634-1644, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Annales littéraires », (ISBN 978-2-84867-694-4, lire en ligne), p. 13–69
  4. R. de Auteur du texte Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté , par R. de Lurion, (lire en ligne)
  5. « CHAPITRE PRELIMINAIRE », sur webcache.googleusercontent.com (consulté le )
  6. Nicolas François Louis Besson, Annales Franc-Comtoises, (lire en ligne)
  7. Eugène Rougebief, Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne : précédee d'une description de cette province, Ch. Stèvenard, (lire en ligne)
  8. a et b Corneille Saint-Marc, « Le siège de Saint-Amour en 1637 », sur Gallica, (consulté le )
  9. Corneille Saint-Marc, « Le siège de Saint-Amour en 1637 », sur Gallica (consulté le )
  10. Corneille Saint-Marc, « Le siège de Saint-Amour en 1637 », sur Gallica, (consulté le )
  11. a et b Alexandre (1796-1874) Auteur du texte Corneille Saint-Marc, Le siège de Saint-Amour en 1637 : épisode de la guerre de dix ans, en Franche-Comté de Bourgogne : par M. Corneille St-Marc..., (lire en ligne)
  12. Mémoires, (lire en ligne)
  13. Histoire de dix ans de la Franche-Comté de Bourgougne, (1632-1642). [Edited by J. Crestin.], (lire en ligne)
  14. V. de Noailles, Le Mar?chal de Gu?briant (1602 ? 1643), Рипол Классик (ISBN 978-5-88144-986-5, lire en ligne)
  15. Besançon Société d'émulation du Doubs, Mémoires (lire en ligne)