Claude Prost de Lacuzon
Image illustrative de l’article Lacuzon

Titre Écuyer
Arme Corps-franc
Grade militaire Capitaine
Années de service 1636 - 1674
Commandement
Conflits
Faits d'armes Prise de Saint-Laurent la Roche (1641)
Distinctions anobli en 1667
Biographie
Nom de naissance Claude Prost
Naissance
Longchaumois
Flag of Franche-Comté.svg Comté de Bourgogne
Décès
Milan
Flag of the Duchy of Milan (1450).svg Duché de Milan
Père Pierre Prost
Mère Clauda Jacquemain
Conjoint Jeanne Blanc
Liaisons Denise Gobey
Enfants Anne-Marie et Jeanne-Claude

Blason de Claude Prost de Lacuzon

Claude Prost dit Lacuzon (ou Lacuson ou encore La Cuson) puis de Lacuzon serait né (d'après Dom Benoît) le à Longchaumois dans le comté de Bourgogne, alors possession des Habsbourg, et mort le à Milan. Il est un militaire et un personnage controversé de l'histoire de la Franche-Comté,

BiographieModifier

Il paraît impossible de fixer sa date de naissance avec précision car les registres des baptêmes et enterrements de Longchaumois n'ont été conservés qu'à partir de l'année 1668. Cette date précise émane d'un religieux érudit et historien, Dom Benoît qui publia "Histoire de l'abbaye et de la terre de Saint-Claude" (en 2 volumes 1890 -1892). Aucun autre historien n'a confirmé cette date et on ne sait pas de quelle archive Dom Benoît a-t-il pu la tirer. Cette date est donc à prendre avec la plus grande circonspection.

Commerçant à Saint-Claude, il prend les armes dès l'invasion de la Franche-Comté en 1636 par les Français[1]. Il réussit à se constituer une force militaire capable de lutter contre les troupes suédoises alliées des Français et dirigées par Bernard de Saxe-Weimar. Il est placé, vraisemblablement à partir de 1638, sous les ordre de César de Saix d'Arnans dans son régiment de corps-franc. Il le remarquera assez vite et le fera capitaine[2]. Il est surnommé Lacuzon, ce qui, en dialecte local, signifie « le souci » à cause de son humeur taciturne et vigilante[3].

Il lutte d'abord dans le Bugey, puis multiplie les coups de main en Bresse. Installé au château de Montaigu, il s'empare en 1641 de la forteresse de Saint-Laurent-la-Roche et pousse ses actions jusqu'à Louhans. Les traités de Westphalie en 1648 mettant fin à la guerre de Trente Ans, Lacuzon interrompt son activité militaire.

Il s'est enrichi, est devenu un petit hobereau local. En 1654, on lui intente un procès (en partie dirigé en sous-main par son ennemi Marc de Montaigu). On l'accuse de harcèlement sexuel, de violences et abus de pouvoir. Il réplique par un contre-procès et l'emporte, avec un fort soutien populaire.

Lorsque Louis XIV entre en Franche-Comté en 1668, le vieux partisan reprend les armes mais la résistance comtoise s'essouffle rapidement.

En 1674, Lacuzon à la tête de 130 hommes, participe au siège de Salins et refuse de cesser les tirs de ses canons pendant les négociations de la reddition[4]. « Le héros de l'indépendance », refusant l'annexion française de la Franche-Comté qui s'en suit, s'exile, sur le point d'être pris, et gagne le Milanais, possession espagnole. Il meurt à Milan le , entouré de ses camarades d'exil. On ne sait pas où il fut enterré.

Postérité et controversesModifier

Longtemps ignoré de l'Histoire officielle, il entre dans la légende. Le XIXe siècle le redécouvre et les romantiques, tel Désiré Monnier, se passionnent pour le "Robin des Bois franc-comtois". Victor Hugo envisage même d'écrire sur lui un roman de cape et d'épée à la manière de Walter Scott. Il reste néanmoins un personnage controversé, dont les motivations ne sont pas clairement établies: authentique patriote et héros de l'indépendance franc-comtoise pour les uns (notamment pour Robert Fonville), soudard opportuniste et intéressé pour les autres (notamment pour Louis Lautrey). Gérard Louis, dans sa Guerre de Dix ans, 1634 - 1644, considère que son importance a été nettement exagérée par certains historiens du XIXe siècle et que son rôle dans les guerres comtoises fut mineur comparé à d'autres chefs comtois comme de la Verne ou son supérieur, le baron d'Arnans[5].

Il reste pour les Comtois le symbole de l'esprit d'indépendance et de révolte. De nos jours, de nombreuses rues et places portent son nom dans les villes et villages comtois.

AnecdotesModifier

 
Grotte de Lacuzon
  • N'étant pas un guerrier né, Lacuzon tremble au début de chaque combat et se dit pour se donner du courage : « Chair, qu'as-tu peur ? Ne faut-il pas que tu pourrisses ? ».
  • Plusieurs grottes du Jura portent son nom notamment celle qui se trouve sur le parcours des cascades du Hérisson, près de la cascade du Grand Saut, où il aurait selon la légende, trouvé refuge entre ses coups de main mais c'est fort improbable. Le personnage était le plus souvent à Montaigu ou au château de Saint-Laurent-la-Roche.
  • Dans la grotte de La Frasnée, en 1810, un jeune chevrier découvre un squelette tenant une épée espagnole à la main. L'imagination populaire le fait longtemps passer pour Lacuzon, qui se serait laissé mourir de faim dans la grotte de la Vouivre, sa protectrice, après la victoire des Français et l'annexion de la Comté.
  • Xavier de Montépin s'est inspiré très librement du personnage pour son livre Le Médecin des pauvres, publié en 1861, une version qui tord définitivement le cou à toute vérité historique. Ce livre est d'ailleurs issu du plagiat d'un ouvrage paru en 1844, Lacuzon de Louis Jousserandot et qui valut un procès à de Montépin. Dans son livre, la grotte dite le Trou des Gangônes correspond en réalité à la grotte Lacuzon (appelée aussi le Grand Cellier), située près des cascades du Hérisson. Par contre, la scène où Lacuzon, accompagné de son trompette Garbas et du colonel Varroz, fait exploser la voûte de la grotte près du Champ Sarrasin, lui permettant ainsi de dévoiler un escalier jusque là obturé par un gros rocher et de s'enfuir, est une caverne différente qui a priori n'existe pas. Elle est la plupart du temps confondue, mais à tort, avec la grotte Lacuzon.

ArmesModifier

Blason: « Coupé de gueules à la fleur de souci d’or et d’azur à l’épée d’argent »[6].

Anobli initialement le 29 janvier 1642[7], Il fut confirmé à la noblesse par Charles II, le sous le nom Claude Prost de Lacuzon[6]

BibliographieModifier

  • Louis Jousserandot, Le Diamant de la Vouivre, Paris, L. de Potter, 1843
  • Louis Jousserandot, Le Capitaine Lacuzon, vol. 2 vol., Paris, L. de Potter, , in-8° (notice BnF no FRBNF30664432)
  • Lacuzon d'après de nouveaux documents, impr. de Gauthier (Lons-le-Saunier), 1847, in-8
  • Robert Fonville, Lacuson. Héros de l'indépendance franc-comtoise au XVIIe siècle, éditions Marque-Maillard, 1955.
  • Louis Lautrey, Vie du Capitaine La Cuson, Librairie ancienne H. Champion - Paris, 1913.
  • Joël Van der Elst : L'héritage de Lacuzon, roman, paru en aux éditions Cabédita, ne peut pas être considéré comme une source mais raconte de manière intéressante et bien documentée, des épisodes romancés de la vie du capitaine Lacuzon.
  • André Besson : Indomptable Lacuzon, Éditions Vulliens, Mon Village, 2006
  • Monique Lancel : La Tentation du capitaine Lacuzon, Éditions L'Harmattan, Théâtre des Cinq Continents, 2014 (ISBN 978-2-343-03622-9)

Notes et référencesModifier

  1. Lacuzon d'après de nouveaux documents, imprimerie et lithographie de Gauthier frères, (lire en ligne)
  2. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, , 379 p. (ISBN 978-2-251-60651-4, lire en ligne)
  3. Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Claude Prost dit Lacuzon ou Claude Prost dit Lacuson ou Claude Prost dit La Cuson », sur www.larousse.fr (consulté le 1er mars 2020)
  4. Henri BLANCHOT, Le Siége de Salins en 1674 d'après des documents contemporains, (lire en ligne)
  5. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, , 379 p. (ISBN 978-2-251-60651-4, lire en ligne)
  6. a et b R de Lurion, « Livre Nobiliaire de Franche-Comté », sur Gallica (consulté le 18 septembre 2019)
  7. Deux époques militaires à Besançon et en Franche-Comté : 1674-1814, Turbergue, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier