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Bataille de Cornod (1637)

Bataille de Cornod
Description de cette image, également commentée ci-après
Château de Cornod qui fut au centre de la bataille
Informations générales
Date 13 mars 1637
Lieu Cornod (Comté de Bourgogne)
Issue Victoire des Français, déroute de l'armée comtoise
Belligérants
Flag of Franche-Comté.svg Comté de BourgogneDrapeau du royaume de France Royaume de France
Commandants
Flag of Franche-Comté.svg Gérard de Watteville de ConflansRoyal Standard of the King of France.svg Charles de Damas de Thianges
Forces en présence
1 750 fantassins
900 cavaliers
1 canon
1 000 fantassins
300 cavaliers
Pertes
Environ 600 tués
Environ 700 blessés
400 prisonniers
Moins d'une centaine

Guerre de Trente Ans

Batailles

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Coordonnées 46° 18′ 51″ nord, 5° 32′ 58″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Cornod

Géolocalisation sur la carte : Franche-Comté

(Voir situation sur carte : Franche-Comté)
Bataille de Cornod

La bataille de Cornod est une bataille majeure qui eu lieu les 13 mars 1637 à Cornod dans le comté de Bourgogne durant l'épisode comtois de la Guerre de Trente Ans. Elle oppose les troupes françaises du duc de Longueville, aux troupes du comté de bourgogne de Gérard de Joux de Watteville, marquis de Conflans . Cette bataille marqua un tournant dans la guerre[1] et la déroute de l'armée comtoise qui ne s'en relèvera pas durant ce conflit.

ContexteModifier

En 1637 la France et le Comté de Bourgogne sont en guerre. Louis XIII avait investit le comté de Bourgogne et ses troupes dirigées par le prince de Condé, avaient échouées à prendre Dole en août 1636. Jusqu'en mars 1637 la guerre avait plutôt été favorable aux comtois pourtant inférieurs en nombre. Le commandement de ces troupes est assuré par le maréchal de camp Gérard de Joux de Watteville, marquis de Conflans, qui avait comme stratégie d'effectuer de petites escarmouches plutôt que de grandes batailles ou il se savait en infériorité numérique. A partir de la mi-janvier 1637, il charge son fils, le comte Philippe-François de Bussolin, de lancer dans une série d'expéditions à travers la Bresse et le Bugey. De multiples villes et châteaux sont conquis et pillés comme Oyonnax, Martignat et Apremont[2].

Article détaillé : Bataille de Martignat (1637).

Le projet d'attaquer le château de Cornod ne fait pas l'unanimité dans les rangs comtois, le parlement et certains officiers n'y sont pas favorable[3]. Watteville insiste et le 11 mars, les troupes comtoises quittent Lons le Saunier pour prendre le château avec 1500 hommes, 600 cavaliers et un canon. Averti du mouvement ennemi, un détachement de l'armée de Longueville, composé en grande partie de miliciens bressans commandé par le maréchal de camp Charles de Thianges se met marche pour soutenir la place de Cornod. Longueville dirige les opérations depuis son quartier général de Chalon sur Saône. A Cessia, L'armée comtoise reçoit un renfort de 300 cavaliers et 250 hommes de troupes, elle est maintenant composée de plus de 2500 hommes[4].

Ordre de batailleModifier

L'armée Française:[5]

  • Cinq compagnies du régiment d'Enghein
  • Le régiment du Baron de Rebé
  • Neuf compagnies des milices de Bresse et du Bugey
  • Une compagnie de gendarmes
  • Cinq compagnies de chevaux-légers
  • Une compagnie de carabins
  • Trente gentilshommes volontaires de Bresse

L'armée comtoise [6]

  • Le régiment de Philippe-François de Bussolin
  • Le régiment d'Henri de Champagne
  • Le régiment de Christophe de Raincourt
  • Le régiment de Vincent de Goux
  • 600 cavaliers du régiment du baron de Boutavant
  • 300 cavaliers du baron de Saint-Germain
  • Un demi canon

La batailleModifier

Le 12 mars au soir, l'armée de Wattevile arrive à Cornod, ce dernier envoi ses cavaliers reconnaître le terrain. Mais les éclaireurs ne pousseront pas très loin l'exploration car il n'y aura pas d’accrochage avec Thianges qui est déjà pourtant très près. Le lendemain matin, à peine le siège du château de Cornod est il entrepris, que l'armée française est en vue. La cavalerie française sans attendre l'infanterie charge l'armée comtoise qui repousse assez facilement l'assaut. Pendant ce temps les français avancent s'emparent du pont de la Valouse[4]. Le baron de Boutavant ordonne la charge générale avec toute la cavalerie comtoise rassemblée au complet, et contre-attaque l'armée française; mais celle ci panique quand elle se retrouve subitement au contacte de cette dernière et submergée par elle. De plus les cavaliers français vont stopper leur retraite et contre-attaquer. Les cavaliers comtois battent en retraite dans le désordre et la panique. Cette retraite inattendue va saper le moral de l’armée comtoise qui est composée en grand nombre de nouvelles recrues, pas encore aguerries. Elles ne sont pas prêtes quand l'infanterie française à porté de mousquet, ouvre le feu[7]. Malgré les efforts de Watteville qui harangue ses troupes, et de ses chefs, dont Bussolin descendu de cheval, qui se bat au milieu de ses hommes avec une pique[7], l'armée comtoise s’effondre au contact de l'infanterie française. Plus de 600 hommes d'infanterie jonchent le champ de bataille et un nombre encore plus grand de blessés qui seront emmenés au monastère de Saint-Amour[8]. 400 sont capturés alors qu'ils tentent de battre en retraite, dont Henri de Champagne et le baron de Reculot, un des chefs de la cavalerie comtoise. Les régiments de Bussolin, de Champagne et de Boutavant sont entièrement anéantis. L'armée comtoise est anéantie et reflue dans le plus grand désordre vers l’intérieur du pays. Les colonels de Raincourt et de Saint-Germain parviennent cependant, avec quelques éléments de cavalerie reconstitués, à couvrir la retraite dans la montagne en direction d'Orgelet[7]. Boutavant qui ne reviendra de sa fuite du champs de bataille, sera soupçonné de trahison et d'entente avec l'ennemi[6].

Les conséquencesModifier

A partir de cette bataille il n'y aura plus véritablement d'armée comtoise mais plutôt des groupes armées plus modeste et éparpillés, obéissant à des capitaines, comme le célèbre Lacuzon. Le 20 mars, le marquis de Conflans perd le commandement de l'armée comtoise au profit du marquis de Saint-Martin[9],[10]. Le parlement le rend responsable de la défaite, et lui, accuse le parlement de ne pas avoir envoyé suffisamment de renforts et soutenu son initiative. Coté français, les troupes progressent et reprennent provisoirement la main dans le comté de Bourgogne, ils entreprennent le siège de Saint-Amour le 29 mars puis de Moirans peu après[11]. Watteville réussira cependant, dans les jours suivants, à rassembler les débris de son armée pour porter secours à la ville de Saint-Amour, mais il en sera empêché à la bataille de Sainte-Agnès les 1er et 2 avril.

BibliographieModifier

  • Gazette de France, La prise de Chavannes et le combat de Cornod, 1878, Lyon
  • Jean Girardot de Noseroy, Histoire de dix ans de la Franche-Comté de Bourgogne: 1632-1642, 1843, Besançon

Notes et référencesModifier

  1. « 1635-1644 - Guerre de dix ans ou guerre de Franche-Comté », sur www.bresse-revermont.fr (consulté le 3 octobre 2019)
  2. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, (ISBN 9782251606514, lire en ligne)
  3. Daniel Antony, Nouvelle histoire de la Franche-Comté Tome II, Pontarlier, Editions du belvédère, , p. 350
  4. a et b Charles Jules Dufay, Dictionnaire biographique des personnages notables du département de l'Ain ..., Martin-Bottier, (lire en ligne)
  5. La prise de Chavannes et le combat de Cornod: relations tirées de la Gazette de France, imprimerie du Courrier de l'Ain, (lire en ligne)
  6. a et b Histoire de dix ans de la Franche-Comté de Bourgougne, (1632-1642). [Edited by J. Crestin.], (lire en ligne)
  7. a b et c Jean Girardot de Noseroy, Histoire de dix ans de la Franche-Comté de Bourgogne: 1632-1642, imprimerie d'Outhenin-Chalandre fils, (lire en ligne)
  8. Alexandre Corneille Saint-Marc, « Le siège de Saint-Amour en 1637 », sur Gallica, (consulté le 15 novembre 2019)
  9. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Univ. Franche-Comté, (ISBN 9782251606514, lire en ligne)
  10. François Pernot, La Franche-Comté espagnole: à travers les archives de Simancas, une autre histoire des Franc-Comtois et de leurs relations avec l'Espagne de 1493 à 1678, Presses Univ. Franche-Comté, (ISBN 9782848670324, lire en ligne)
  11. Adolphe Marlet, Ville et vallée d'Ornans. Episodes de la guerre de dix ans, Imprimerie d'Outhenin-Chalandre Fils, (lire en ligne)