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Gestion des déchets dans le Grand Est

En moyenne, chaque habitant du Grand Est produit 538 kg de déchets ménagers assimilés par an[1],[Note 1]. La gestion des déchets dans le Grand Est revêt une grande importance. Les lieux d’implantation de décharges (appelées installations de stockage de déchets non dangereux ou ISDND) doivent être mûrement choisis. Ainsi, par exemple, la plaine d'Alsace n'est pas propice à l'implantation de décharges, en raison de la présence de la plus grande nappe phréatique d'Europe, qui serait vite polluée par les lixiviats. Il est à noter que la décharge de Hochfelden recèle en profondeur des fûts de lindane[2], qui n’auraient jamais dû s’y trouver, et fait l’objet d’une surveillance particulière, en particulier pour garantir la qualité de l’eau de la Zorn voisine. En fait, la pollution de la nappe au lindane concerne aussi les communes de Wintzenheim, de Sierentz[3] et d'Huningue[4]. Les rivières et les fleuves constituent des vecteurs de transport de plastiques jusqu'aux océans. Ainsi, selon l'université de Bâle, le Rhin rejette à la mer 191 millions de particules de plastique flottantes chaque jour[5],[6].

Les incinérateurs, dont le grand Est est richement doté, génèrent eux-mêmes des déchets, que constituent les mâchefers à hauteur de 30 % et les résidus d'épuration des fumées d'incinération des ordures ménagères à hauteur de 5 %[7]. Les mâchefers finissent en décharge, ou dans les constructions routières, comme c’est la cas du boulevard Wilson à Reims, même s’ ils ne sont pas exempts de risques sanitaires[8]. Quant aux résidus d'épuration des fumées d'incinération des ordures ménagères, il n’y a pas de doute sur leur dangerosité, car ils sont stockés dans les installations de stockage de déchets dangereux (ISDD). En outre selon, l’association Zéro déchet France, l’énergie thermique récupérée dans les incinérateurs est faible au regard de l’énergie grise que recèlent les déchets. L’association Zéro Déchet Strasbourg, membre d’ Alsace Nature, met en exergue la sobriété. StocaMine, située sous la nappe phréatique d'Alsace, et construite sur le modèle de la décharge souterraine d'Herfa-Neurode, est aujourd'hui fermée. Seuls des déchets inertes auraient dû y être accueillis, tel n’a pas été le cas, puisqu’un incendie s’est produit. Les opposants de Cigéo la prennent comme exemple de décharge où la réversibilité du stockage promise ne semble plus être de mise[9].

La méthanisation semble bien se développer sur le territoire du Grand Est. Des sites d’injection du biogaz dans le réseau sont construits. Le tri mécano-biologique, qui assure la production du biogaz, est à éviter car le compost, de piètre qualité, finit majoritairement en décharge[10]. La valorisation agricole du compost, avec ou sans production de biogaz, est un enjeu majeur dans un monde où la pénurie de phosphore est avérée. Une fois par an, la ville de Colmar offre une paire de poules à tous ceux qui en font la demande, à condition qu'ils disposent d'un jardin[11]: c'est un moyen efficace de valoriser les déchets alimentaires.

Certains déchets nucléaires restent dangereux pendant des dizaines de milliers d'années; la France songe à les enfouir dans son sous-sol entre Champagne et Lorraine, dans le cadre du projet Cigéo.

Installations de stockage de déchets non dangereuxModifier

L'Alsace dispose de six décharges, dont cinq dans le Bas-Rhin et une dans le Haut-Rhin[12],[13],[14]. La plaine d'Alsace n'est pas propice à l'implantation de décharges, en raison de la présence de la plus grande nappe phréatique d'Europe.

ISDND du Bas-RhinModifier

Niederbronn-les-Bains va accueillir un centre de stockage de l'amiante après 2016[17],[18].

ISDND du Haut-RhinModifier

ISDND en MeuseModifier

ISDND en Meurthe-et-MoselleModifier

ISDND en MoselleModifier

ISDND dans l'Aube[21]Modifier

ISDND dans la MarneModifier

ISDND dans les Ardennes Modifier

ISDND dans les VosgesModifier

Un collectif de riverains s'inquiète de la possibilité d' « accueillir des déchets des départements voisins », en particulier des départements alsaciens[22].

Installations de stockage de déchets dangereuxModifier

On trouve des ISDD à:

StocaMine, située sous la nappe phréatique d'Alsace, et construite sur le modèle de la décharge souterraine d'Herfa-Neurode, est aujourd'hui fermée. Les 42000 t de déchets resteront définitivement enfouies[23].

Mentionnons également SECOIA, chargé de détruire les munitions anciennes, qui, pour la majorité d'entre elles, polluent les fonds marins.

IncinérateursModifier

En 2017, l'incinération des déchets dans le Grand Est a produit de la chaleur à hauteur de 826 GWh[Note 2], et de l'électricité à hauteur de 194 GWh[24].

En Alsace se trouvent quatre incinérateurs en fonctionnement, à savoir deux dans le Bas-Rhin et deux dans le Haut-Rhin. En Lorraine, on dénombre également quatre incinérateurs. Le boulevard Wilson à Reims a été entièrement refait à partir de mâchefers[25].

L'usine d'incinération de Sausheim produit de l'électricité [26] ainsi que de la chaleur [27], utilisée par une papeterie qui fabrique du carton recyclé.

À Malmerspach, la société Cyclamen devait construire une installation de séparation de l'aluminium et du cuivre à partir des mâchefers d'usines d'incinération. Ils extraient entre 10 et 20 kg de métaux non ferreux par tonne de mâchefer[28]. Mais le projet est finalement abandonné[29].

La liste exhaustive des incinérateurs par département de la région peut être dressée[30]:

MéthanisationModifier

En 2017, huit sites de méthanisation ont permis d'injecter 74 GWh[Note 3] dans le réseau de gaz[32]. La méthanisation a également autorisé la production de 256 GWh d'électricité et de 384 GWh de chaleur[24].

La station d'épuration de Strasbourg-la Wantzenau, la plus grande de la région, produit du biogaz qu'elle injecte ensuite dans le réseau de gaz[33] ,[34]. Les boues, une fois incinérées, finissent en décharge. À Sausheim, en plus du biogaz, le phosphore sera récupéré. Strasbourg envisage de procéder à la méthanisation de la fraction fermentescible des déchets et espère produire du biogaz. Les digestats ne seront pas valorisés comme engrais, en revanche, car ils seront incinérés après pressage hydraulique destiné à en extraire l’humidité [35], malgré les critiques dont le tri mécano-biologique fait l'objet.

Selon l' Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie Grand Est (ADEME Grand Est), la méthanisation commence à se développer[36]. La part de biogaz injecté dans le réseau devrait passer de 1,7 TWh/a à 8,0 TWh/a entre 2018 et 2023[37]. Dans le cadre de la fermeture de la centrale de Fessenheim, GrDF se donne entre autres l'objectif concret de créer 50 unités de méthanisation d'ici 2030 dans le Haut-Rhin[38]. Toujours selon l'ADEME, le Grand Est pourrait produire d'ici 2050 du gaz renouvelable en grande quantité, sous forme de biogaz et de syngaz[39]. Les réseaux électrique et de gaz iront vers une interdépendance toujours croissante, au travers de la méthanation selon le procédé power to gas[40], qui concerne presque exclusivement la Champagne-Ardenne en raison du fort développement de l'énergie éolienne champardennaise.

Le Grand Est compte désormais 13 sites où le biogaz est injecté dans le réseau, ce qui correspond à 174 GWh par an[Note 4]. D'ici trois ans, 118 nouveaux projets pourraient émerger[41],[Note 5].

À Strasbourg, la production industrielle de dihydrogène par pyrogazéification à partir de bois va voir le jour[42],[43].

Déchets nucléairesModifier

Radioactivité naturelleModifier

Il convient de noter l'existence d'une ancienne mine d'uranium à Saint-Hippolyte, au lieu-dit Teufelsloch [44].

Le problème de la radioactivité naturelle renforcée se pose également. C'est ainsi que les cendres de charbon sont dix fois plus radioactives que le charbon lui-même[45]. L'association Robin Wood a dressé la liste des sites où s'amoncellent les cendres de charbon[46],[47]. Il s'agit de Strasbourg (Réserve naturelle nationale de l'île du Rohrschollen), Atton/Blénod, Porcelette, Richemont, Rouhling/Sarreguemines et Woippy. A Woippy, la fosse aux Jonc qui couvre 12 ha recèlerait selon Robin Wood 20 tonnes d'uranium 238 et 20 tonnes de thorium 232, dont les demi-vie vont au-delà des 4 milliards d'années.

Radioactivité artificielleModifier

Le stockage des matières nucléaires est actuellement effectué sur deux sites :

Par ailleurs si le projet Cigéo était réalisé, cela engendrerait un trafic de cent trains de dix wagons par an entre l'usine de la Hague et Bure, pendant 130 ans [48],[49]. Les volumes à enfouir, évalués à 310 000 m3, ont un volume équivalent à celui de 99 piscines olympiques. Mais les volumes à excaver représentent 2 240 piscines olympiques[50], ce qui suscite l'inquiétude de plusieurs associations de protection de l'environnement du Grand Est[51]. Selon Hervé Kempf, de Reporterre, il faut remettre à plat le retraitement, qui conduit à la création de 5 types de déchets (les actinides mineurs, le plutonium, le MOX usé, l’uranium de retraitement ainsi que le combustible uranium usé), rediscuter les conditions de stockage des déchets à l'usine de la Hague en Normandie[52],[53]. Les transports de déchets radioactifs poseraient de nombreux problèmes selon Greenpeace[54] (voir aussi Ligne de Nançois - Tronville à Neufchâteau#Exploitation).

Un autre projet de reconditionnement de déchets radioactifs a été envisagé à Gudmont-Villiers[55], pour être finalement abandonné[56]. En fait, tout un réseau lié à la gestion des déchets nucléaires se met en place dans la région[57]. Ainsi, une plate-forme logistique de transit de matières et déchets nucléaires est implantée à Void-Vacon[58],[59]. Un projet de blanchisserie dédiée à l'industrie nucléaire est à l'étude à Suzannecourt, en remplacement de la laverie de l'usine de la Hague[60].

À Fessenheim, EDF envisage la création d'une unité de valorisation des métaux issus du démantèlement des centrales nucléaires. Une fois fondus, les métaux peuvent être recyclés[61].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Cela correspond à environ 1,5 kg par habitant et par jour de déchets ménagers assimilés.
  2. Soit encore 0,826 TWh.
  3. Ou encore 0,074 TWh.
  4. Ou encore 0,174 TWh/a
  5. À titre d'information, selon l'association négaWatt, la production de biogaz en France pourrait passer de 6 à 134 TWh/a entre 2017 et 2050. Plus d'infos sur Scénario négaWatt 2017; voir pp. 30-31.

RéférencesModifier

  1. [PDF] Lancement du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets à l’échelle du Grand Est sur grandest.fr
  2. a et b Base de donnée BASOL.
  3. Fiche BASOL de Sierentz sur basol.developpement-durable.gouv.fr
  4. Fiche BASOL de Huningue sur basol.developpement-durable.gouv.fr
  5. « La France toxique », Association Robin des Bois, page 32 (ISBN 978-2-0813-6379-3).
  6. (en) microplastics sur phys.org
  7. [ https://blog.francetvinfo.fr/ma-vie-zero-dechet/2015/10/30/la-france-championne-de-lincineration.html Ma vie zéro déchet] sur francetvinfo.fr
  8. Il faut mieux évaluer la toxicité des mâchefers sur journaldelenvironnement.net
  9. Nicolas Hulot valide le « déstockage » partiel sur actus.alsacenature.org, site d’Alsace Nature.
  10. Je veux mon bac bio sur jeveuxmonbacbio.org
  11. Dernières nouvelles d'Alsace en date du dimanche 3 juin 2018. Voir article en page 14 intitulé « La foule pour les poules ».
  12. DREAL Alsace
  13. Voir sur le site de l'ADEME en Alsace: (page 25).
  14. [PDF] carte-installations-traitement sur industrie-environnement-alsace.fr
  15. CP_lindane_010713.pdf site web de l'agence régionale de santé d'Alsace.
  16. Article des DNA
  17. amiante stockée à Niederbronn-les-Bains sur francebleu.fr
  18. Amiante sur antiamiante-niederbronn.fr
  19. DREAL Alsace Voir page 11.
  20. [1].
  21. [PDF] plaquette SITRA sur chantiervert.com Voir page 3 et page 7.
  22. Vosges Matin en date du samedi 19 août 2017. Voir page 5 article intitulé "Non aux déchets alsaciens".
  23. Qu'est-ce que Stocamine, le site où l'État veut laisser enfouis des déchets dangereux ? sur lefigaro.fr
  24. a et b Diagramme de Sankey: Consommation d'énergie en 2017 de la région Grand Est sur observatoire.atmo-grandest.eu, site dépendant de Atmo Grand Est, chargé de la qualité de l'air dans le Grand Est.
  25. [PDF] Rapport de l'ADEME voir p. 21-22.
  26. usine d'incinération de Sausheim stie web sivom-mulhouse.fr
  27. vapeur sausheim site web francetvinfo.fr
  28. Les dernières nouvelles d'Alsace du jeudi 28 février 2019. « Du recyclage de mâchefers sur la friche réhabilitée » page 17.
  29. L'entreprise Cyclamen ne s'implantera finalement pas à Malmerspach sur francebleu.fr
  30. Carte des incinérateurs sur le site [2]
  31. un nouvel incinérateur à la Chapelle-Saint-Luc sur france3-regions.francetvinfo.fr
  32. Dernières Nouvelles d'Alsace en date du 15 février 2017. voir article intitulé « énergie Grand Est »
  33. du-gaz-vert-pour-strasbourg.
  34. biogenese.pdf Site energivie
  35. Strasbourg - Méthanisation des ordures ménagères sur naldeo.com
  36. [PDF] Cartographie des installations de méthanisation en Alsace; cartographie des installations de méthanisation en Champagne-Ardenne; cartographie des installations de méthanisation en Lorraine sur grand-est.ademe.fr
  37. La méthanisation en Grand Est sur grand-est.ademe.fr
  38. Les dernières nouvelles d'Alsace en date du samedi 21 avril 2018; voir page 13, article intitulé « Une task force pleine d'énergie ».
  39. [PDF] Un mix de gaz 100 % renouvelable en 2050? sur ademe.fr. Voir carte page 15. Rappelons que 1000 GWh équivalent à 1 TWh. Le gaz renouvelable serait majoritairement du syngaz produit par pyrogazéification, mais aussi du biogaz produit par méthanisation.
  40. Ibid. p. 13
  41. Les Dernières nouvelles d'Alsace en date du samedi 9 mars 2019. Voir page 19, article intitulé « Le Grand est a consommé moins de gaz »
  42. Strasbourg: la première unité au monde de production d'hydrogène à partir de bois sera mise en service en 2021 sur francetvinfo.fr
  43. [PDF] Pyrogazéification et thermolyse, vapocraquage de la biomasse sur maisondelachimie.com
  44. les anciennes mines site web sortirdunucleaire.org
  45. La France toxique association Robin des Bois pp. 94-95 (ISBN 978-2-0813-6379-3)
  46. La France toxique association Robin des Bois pp. 123-124 (ISBN 978-2-0813-6379-3)
  47. RNTR_2009_V2_complet.pdf sur robindesbois.org
  48. Cigeo sur global-chance.org
  49. burestop sur burestop.free.fr voir page 7
  50. idées site web du Monde.
  51. L'est de la france se rebelle sur reporterre.net, site de Reporterre.
  52. Déchets nucléaire sur reporterre.net, site de Reporterre.
  53. La-stupidite-autoritaire sur reporterre.net, site de Reporterre.
  54. Convois nucléaire sur greenpeace.fr
  55. Déchets nucléaire: encore un projet en Champagne sur republicain-lorrain.fr
  56. Le projet BISON abandonné à Gudmont sur jhm.fr
  57. Un milliard d’euros ont été dépensés pour rendre « socialement acceptable » l’enfouissement de déchets nucléaires sur bastamag.net
  58. Radioactivité à Void-Vacon sur estrepublicain.fr
  59. [PDF] nuclearisation_2017.pdf sur burestop.free.fr
  60. Recours contre le permis de construire de la blanchisserie nucléaire sur sortirdunucleaire.org
  61. Les Dernières nouvelles d'Alsace en date du samedi 9 mars 2019. Voir page 15, article intitulé « La centrale prépare son arrêt définitif »

Voir aussiModifier