XXVIe dynastie égyptienne

XXVIe dynastie égyptienne
Égypte

−664–−525

Informations générales
Statut monarchie
Langue égyptien ancien
Religion religion de l'Égypte antique
Histoire et événements
−664 création
−664 à −525 nouvelle période dite saïte
−525 disparition
Pharaon
- premier
- dernier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Statues de la famille de Psammétique, Ägyptisches Museum

La XXVIe dynastie égyptienne, première dynastie incluse intégralement dans la Basse époque[1], ainsi nommées par les égyptologues, et autres historiens spécialistes, couvre la période d'environ −664 à −525, dite période saïte, du nom de la ville de Saïs dont est originaire la dynastie.

Profitant des difficultés que rencontrent les Assyriens, un des gouverneurs, Psammétique Ier, réussit à les expulser grâce à des mercenaires lydiens et grecs. Psammétique Ier réunifie le pays. Son règne et ceux de ses successeurs sont marqués par la « renaissance saïte » : ils vont imiter le Moyen Empire, et même l'Ancien Empire, alors qu'ils ont aussi le Nouvel Empire déjà derrière eux.

Cette dynastie est évoquée dans la Bible (Ancien Testament chrétien, Deuxième Livre des Rois judéo-chrétien), donc du point de vue des Hébreux, notamment à travers la personne du pharaon Nékao II, nom aussi y transcrit sous les formes Néko, Neko et Néco (cf. extraits bibliques référencés infra).

Nékao II va monter contre le roi d'Assyrie, vers l'Euphrate, en se heurtant au passage au royaume de Juda, pris tour à tour entre Égyptiens et Mésopotamiens (que ces derniers soient Assyriens ou Babyloniens... alternativement...), voire Perses[réf. nécessaire], royaume de Juda qu'il va tenter de soumettre, par la force comme par la rançon[2] ; ce qui amènera Pharaon à se heurter ensuite plus directement aux Babyloniens, qui le battront à la bataille de Karkemish. Lui, comme plus tard ses successeurs directs, se trouvant alors retranché à l'ouest du « Torrent d'Égypte » (le Nil ? la Mer rouge ?...)[3], il entreprend des initiatives de désenclavement de son pays : par le creusement d'un canal destiné à relier le Nil à la mer Rouge, et qui a fonctionné, avant d'être ensablé ; et par l'envoi d'une expédition phénicienne d'exploration, de l'actuel continent africain par ses côtes, à partir du delta du Nil, et qui va ainsi en accomplir la première circumnavigation.

Le dernier grand roi de cette dynastie, Ahmôsis II, doit faire face aux réactions xénophobes de la population. Il va édifier, dans le delta, la ville de Naucratis, réservée aux Grecs, et installer, sur l'île Éléphantine, une sorte de ghetto pour les Juifs[4]. Mais il sent monter le danger perse, c'est pourquoi il resserre ses relations avec les Grecs, les Lydiens (−546), et les Babyloniens (−539). Il est aussi le plus philhellène des rois d'Égypte ; il finance, par exemple, la reconstruction du temple d'Apollon.

Cyrus II, le roi perse, vainc les Lydiens en −546 et les Babyloniens en −539. En −525, c'est son fils Cambyse II qui conquiert l'Égypte en battant l'armée de Psammétique III à la bataille de Péluse[5], initiant ainsi une XXVIIe dynastie de pharaons, dite achéménide.

Économie et sociétéModifier

Plus que jamais, la société égyptienne, et tout particulièrement l’armée, apparaissent très cosmopolites et métissées. Grecs et Cariens s’ajoutent aux Nubiens et Libyens anciennement intégrés, et aussi aux contingents juifs, syriens et phéniciens, ces derniers très présents, avec les Grecs d’Ionie, dans la marine militaire, comme dans la flotte marchande voire d'exploration (supra).

On note le développement d’un armement et d’un négoce international d’initiative privée, surtout d’origine orientale. Dans l’armée, l’influence des clans militaires d’origine libyenne reste réelle, mais est équilibrée par ces nouvelles forces mercenaires. Cette ouverture accrue sur la Méditerranée entraîne un renforcement des liens militaires et commerciaux avec les Grecs (comptoir commercial de Naucratis). L’État saïte profite de ces évolutions : pour assurer sa sécurité et sa prospérité économique, il perçoit des taxes avantageuses sur le négoce international. Il le favorise aussi en aménageant le canal des pharaons, qui permet de relier la Méditerranée à la mer Rouge par le delta. La bureaucratie saïte réussit à encadrer cette expansion économique fructueuse, entre importations de l’Égée et du Proche-Orient et exportations égyptiennes de céréales, tissus de lin et papyrus.

L'ouverture du port commercial de Naucratis tourné, en partie vers le monde grec, avec l'installation de la colonie grecque, va avoir une importance décisive sur l'histoire de l'art occidental. Le type du kouros, très stylisé, qui a été élaboré au VIIe siècle av. J.-C. au contact des statues égyptiennes, se métamorphosera au fil des siècles en la représentation « classique » du nu masculin debout, par émulation entre les cités et les ateliers. La création des grands colosses, mise au compte des relations entre Samos et l'Égypte, est déjà bien attestée au VIIe siècle, sous la XXVIe dynastie [6], et une étude (2003)[7] a mis en lumière le rôle des sculptures égyptiennes pour les Grecs à Naucratis, pendant la période archaïque.

Art et cultureModifier

On assiste à une renaissance culturelle, pendant la période saïte. L’art d’État, qui avait repris, sous les Kouchites, se développe grâce à la restauration de l’ordre et à la prospérité économique. On voit réapparaître, sur les sarcophages des notables, des séquences des anciens textes des pyramides, et le déplacement du centre du pouvoir, de Saïs à Memphis, fait du classicisme memphite de l’Ancien Empire le modèle artistique plus que jamais imité pour affirmer la grandeur retrouvée.

L’activité monumentale est forte à Memphis, où le Sérapéum de Saqqarah est agrandi, alors que culmine le culte du taureau Apis, dans le mouvement général de dévotion aux animaux sacrés, réceptacles de la puissance divine incarnée sur terre, substituts d’une royauté sujette à tant de soubresauts, pour garantir la marche de l’univers.

Les constructions sont nombreuses aussi à l’intérieur du delta, en particulier à Saïs, berceau de la dynastie, où le grand temple de la déesse Neith devient un des principaux centres de la vie religieuse et culturelle, spécialement réputé pour son école de médecine. C’est auprès de la maison de vie du temple de Neith, qu’au milieu du Ve siècle avant notre ère, Hérodote cherche à pénétrer le savoir des scribes. C’est aussi à l’époque saïte que se codifient nombre de grands corpus de textes religieux et funéraires (recension saïte du livre des morts développé au Nouvel Empire).

Pharaons de la XXVIe dynastieModifier

  Pharaon[8]   Règne[9]   Capitale   Tombe   Momie
Gouverneurs de Saïs et pharaons
Ammeris -715 à -695 Saïs Nécropole royale de Saïs ? ?
Stephinates ou Tefnakht II -695 à -688 Saïs Nécropole royale de Saïs ? ?
Néchepso ou Nekauba -688 à -672 Saïs Nécropole royale de Saïs ? ?
Nékao Ier -672 à -664 Saïs Nécropole royale de Saïs ? ?
Psammétique Ier -664 à -610 Saïs puis Memphis Nécropole royale de Saïs ?
Nékao II -610 à -595 Memphis Nécropole royale de Saïs ?
Psammétique II -595 à -589 Memphis Nécropole royale de Saïs ?
Apriès -589 à -570 Memphis Nécropole royale de Saïs ?
Ahmôsis II -571 à -526 Memphis Nécropole royale de Saïs ?
Psammétique III -526 à -525 Memphis ? ?

Notes et référencesModifier

  1. Jean Winand, Une histoire personnelle des pharaons, PUF, , 408 p., 12,5 x 19 cm (ISBN 978-2-13-073146-7, lire en ligne), « Chapitre 9. La Basse Époque (664‑332) », p. 315. Voir aussi : Guillemette Andreu-Lanoë (dir.), Sophie Labbé-Toutée, Patricia Rigault et al., L'art du contour : le dessin dans l'Égypte ancienne, Musée du Louvre : Somogy, , 350 p., 31 cm (ISBN 978-2-35031-429-7 et 978-2-7572-0634-8), p. Chronologie in Annexes (non paginé)
  2. Bible, 2R 23,29-35, extrait qui parle précisément du Pharaon Neko (Nékao), roi d'Egypte, mais sans préciser qu'il s'agit du deuxième roi/gouverneur de Saïs, à porter le nom Neko.
  3. Bible, 2R 24,7, extrait qui n'évoque pas nommément le roi d'Egypte (sic).
  4. Bible, 2R 25,26, extrait où ni Éléphantine ni Ahmôsis ne sont nommément désignés, et qui peut donc concerner surtout l'époque de ce pharaon, comme de tout autre de ses proches prédécesseurs ou/et successeurs sur leur trône, mais correspond bien au contexte ici évoqué, même non précisément daté...
  5. Hérodote, Histoires, III.11
  6. Antoine Hermary, « Le corps colossal et la valeur hiérarchique des tailles dans la littérature et la sculpture grecque archaïque », dans Francis Prost et Jérôme Wilgaux dir., Penser et représenter le corps dans l'Antiquité, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 2-7535-0205-6), p. 122-123
  7. Sabine Fourrier. Divinités égyptiennes à Chypre à l’époque archaïque. « Egypt and Cyprus in Antiquity », Apr 2003, Nicosie, Chypre. pp.97-103. hal-01453034.
  8. Les trois premiers ne sont que rois de Saïs (ou proto-saïtes).
  9. Plusieurs dates peuvent exister ; voir le détail à la page de chaque pharaon.

BibliographieModifier

  • Damien Agut et Juan Carlos Morena-Garcia, L'Égypte des pharaons : De Narmer à Dioclétien, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », (ISBN 2701164915)
  • Olivier Perdu, « De Stéphinatès à Néchao ou les débuts de la XXVIe dynastie », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 146, no 4,‎ , p. 215-1244 (lire en ligne, consulté le 13 mai 2020).

Article connexeModifier

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