Armée belge

armée
(Redirigé depuis Défense belge)

Armée belge
(nl) Belgisch leger
(de) Belgische Armee

(en) Belgian Army
"La Défense"
Armoiries de la Défense
Armoiries de la Défense
Branches Composante terre
Composante air
Composante marine
Composante médicale
Commandement
Commandant en chef des Forces armées Roi Philippe, 7ième Roi de Belgique
Ministre de la Défense Ludivine Dedonder
Chef de la Défense Amiral Michel Hofman
Main-d'œuvre
Disponibles au service militaire 2 511 523 (2020) (16-49 ans) femmes et [1] hommes
Atteignant l'âge militaire chaque année 63 689 (2020)[1]  hommes
61 041 (2020)[1] femmes
Actifs 24 862 hommes (2021) [2]
Déployés hors du pays 663[3]
Réservistes 4 800 (2021)[4]
Budgets
Budget 3 749,9 millions d'euros[5]
Pourcentage du PNB 1,1 % (2012)
Articles annexes
Grades Grades de l'Armée belge

L’Armée belge aussi appelé la Défense est l'armée nationale du Royaume de Belgique.

Les unités de l'Armée font partie d'une des quatre composantes :

Chacune est sous la tutelle d'un officier général.

L’Armée belge compte, le 1er mars 2021, 24862 militaires dont vous trouverez ci-dessous la répartition par composante : 9250 hommes et femmes dans la composante terre, 4900 dans la composante air, 1300 dans la marine et 1340 au service médical. Il faut y ajouter également les autres militaires qui ne font pas partie d’une des 4 composantes et appartiennent à des états-majors ou à des unités ne faisant pas partie d’une des 4 composantes. À cela s'ajoute aussi les réservistes. La Défense compte 5878 réservistes dont 2540 dans la réserve entraînée et 3338 dans la réserve non entraînée. Le recrutement y est essentiellement fondé sur le volontariat de carrière depuis la suspension du service militaire (le 1er mars 1995).

Du point de vue constitutionnel, le Roi est le chef des armées. Il s'appuie cependant sur une structure composée d'un ministre compétent en la matière (en l'occurrence le ministre de la Défense), qui chapeaute à son tour le travail du chef de la Défense, la plus haute autorité militaire du pays. Ce dernier prépare les éléments pour l'élaboration de la politique de la Défense nationale et conseille son autorité de tutelle au sujet des opérations planifiées et en cours. Il assure également le suivi des décisions politiques arrêtées par le Gouvernement fédéral, ainsi que la gestion administrative du département public concerné.

La Belgique est membre fondateur de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), dont le siège politique se trouve à Bruxelles tandis que le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe est établi en Hainaut (Casteau) depuis 1967.

HistoriqueModifier

 
L'assaut de Montaigu, peinture représentant les grenadiers belges lors de manœuvres en 1894.

La Belgique, État neutre, a subi les guerres mondiales de plein fouet et ses forces sont intervenues au Congo belge puis depuis la décolonisation de celui-ci assez souvent en Afrique noire, souvent comme troupe de maintien de la paix.

Durant la guerre froide, en tant que membre fondateur de l'OTAN, elle participa à la défense de l'Allemagne de l'Ouest avec des forces blindées installées sur son sol. Actuellement, ses militaires sont présents dans nombre d'opérations de l'ONU et de l'OTAN.

Première Guerre mondialeModifier

 
En 1914, l'Armée belge s’entraîne.

En 1913, le service militaire personnel, obligatoire et universel est instauré en Belgique. En août 1914, l’Armée belge était en pleine restructuration à la suite de cette mesure et l’occupation rapide du territoire belge fit que seulement 20 % des hommes mobilisables furent incorporés. En définitive, 350 000 hommes firent partie de l’Armée belge. Un tiers ne participa pas directement aux combats.

Envahie par surprise par l'Allemagne impériale qui déploya 600 000 hommes de la Deutsches Heer, la petite Armée belge comptant 117 000 hommes mal équipés réussit, pendant une dizaine de jours, à retenir l'Armée allemande en avant de Liège, combattant dans les intervalles des forts et avec l'appui de ceux-ci[6]. Cette stratégie de combats était fondée sur la conception napoléonienne de l'avant-garde générale chargée de retenir une partie des forces ennemies pour l'empêcher de se joindre au corps principal. En la circonstance, c'est l'Armée française qui assure le rôle de corps principal. À l'époque, les autorités et l'opinion publique françaises célébrèrent cette résistance belge à laquelle les Allemands ne s'attendaient pas. En effet, c'est en retardant les Allemands que les Belges permirent aux armées françaises de contre-attaquer sur la Marne en profitant du vide laissé entre deux armées allemandes pour surprendre celles-ci au cours de la manœuvre qu'elles effectuaient pour se rassembler en vue de ce que l'empereur d'Allemagne Guillaume II croyait être l'attaque victorieuse qui allait lui permettre d'entrer à Paris en vainqueur. Après la bataille de Haelen où la cavalerie allemande est vaincue, ainsi que son infanterie d'appui, par quelques divisions belges, ce sera le siège d'Anvers durant lequel, pendant un mois, l'Armée belge contint des troupes allemandes au cours de trois sorties s'appuyant sur les trois ceintures fortifiées de ce qui était la plus importante place forte d'Europe. Ayant ainsi rempli son rôle de distraire le maximum de forces allemandes, l'Armée belge parvint sur l'Yser par un mouvement de rocade le long du flanc allemand. Après deux mois de combats, l'Armée prit position aux côtés des Alliés dans le secteur du fleuve Yser selon la conception classique de la réunion des forces. Une bataille décisive s'engage gagnée en liaison avec les franco-anglais en tirant parti des inondations tendues par le génie belge.

Pendant quatre ans, sous le commandement du roi Albert Ier, l'Armée belge allait assurer la garde de l'important secteur de l'aile gauche alliée entre Nieuport, sur le littoral, et Ypres avec l'aide des forces de l'Entente mais ne participa à aucune des grandes offensives alliées, jugées inutilement coûteuses en hommes et inutiles sur le plan militaire par le roi des Belges.

En 1916, un corps d'autos blindées belges comptant après renfort 444 hommes retirés du front de l'Yser est envoyé aider l'Empire russe. Il se retrouve aux côtés d'un corps identique envoyé par les Britanniques sur le front de l'Est[7].

En Afrique, les états-majors et les officiers belges à la tête des troupes coloniales dont la Force publique, après avoir porté secours aux Français aux prises avec les Allemands au Togo, allaient remporter plusieurs batailles contre les forces allemandes de l'Afrique orientale allemande jusqu'à la victoire de Tabora remportée sous le commandement du général Tombeur et à celle de Mahenge sous les ordres du lieutenant-colonel Huyghé.

En Belgique, après quatre ans de guerre, à la date du 26 mai 1918, l'Armée compte 166 000 hommes dont 141 974 combattants, formant douze divisions d'infanterie et une division de cavalerie. Elle dispose de 129 avions et de 952 canons de tous calibres. À partir de septembre 1918, l'Armée belge participe à l'offensive générale des forces alliées jusqu'à la victoire finale du 11 novembre. Elle avait ainsi accompli sa mission de défense du territoire national, achevant cette tâche en participant, avec les Alliés, à la libération de la Belgique[8].

L’Armée belge a eu environ 42 987 tués et 44 686 blessés soit un taux de pertes de 11 %, l'un des plus faibles du front occidental, tandis que l'on estime à 62 000 les pertes civiles durant ce conflit[9]. On note des désertions plus nombreuses au fil des années (1 203 en 1916, 5 603 en 1917, 2 778 durant les cinq premiers mois de 1918)[10].

Après la défaite allemande, l'Armée belge occupe la région d'Aix-la-Chapelle et une partie de la Rhénanie conjointement avec les Franco-Anglais. Après la fin de cette occupation, le gouvernement belge décidera à nouveau, entre 1921 et 1925, l'occupation de la Rhénanie par l'Armée belge conjointement avec l'Armée française. C'est une décision politique destinée à faire pression sur l'Allemagne qui ne peut ou ne veut pas payer les indemnités de guerre auxquelles elle a été condamnée par le traité de Versailles.

Entre-deux-guerresModifier

 
Mise en batterie du canon belge FRC 120 mm mle 1931 par les artilleurs du régiment 26A dans le terrain de la plaine des manœuvres à Ixelles lors de la mobilisation générale de l'armée belge en 1939.

Au lendemain de l'armistice, malgré la victoire des forces armées belges, le gouvernement ne cherche pas à retenir les leçons de la Grande Guerre. Celle-ci a démontré qu'avec l'aviation et les chars, la défensive n'est plus possible. Dans les derniers mois de la guerre, le maréchal Foch qui commandait les troupes alliées envoya à l'attaque des chars soutenus par l'infanterie et l'aviation avec l'appui de l'artillerie et, en quelques jours, les Alliés stoppèrent l'offensive de l'Armée impériale allemande qui plongea rapidement dans la débâcle. Cependant, malgré cette leçon, les gouvernements alliés d'après la guerre, y compris le gouvernement belge, opteront pour une stratégie défensive en vue d'une future guerre. Ainsi, les chars seront-ils attachés à l'infanterie dans une conception destinée à constituer un front linéaire défensif homogène, alors que, dans la conception allemande des années trente, les chars constitueront un corps autonome destiné à effectuer des percées afin de rompre le front ennemi.

Le gouvernement et le parlement belges, enfermés dans la stratégie de 1914, n'attribueront aux forces armées que des dotations minimales en chars et en aviation tout en renforçant les fortifications d'Anvers et, surtout, de la région liégeoise, alors que, en 1914, les forts avaient prouvé leur insuffisance malgré l'appui de l'artillerie et de l'infanterie.

Jusqu'en 1936, la Belgique reste alliée à la France et au Royaume-Uni, puis choisit la neutralité bien que trois ans plus tôt Adolf Hitler ait pris le pouvoir en Allemagne. C'est que, l'inertie de la France et de l'Angleterre face au réarmement allemand et à l'occupation de la Ruhr — interdite aux troupes allemandes par le traité de Versailles — avait démontré, aux yeux des dirigeants belges, qu'il y avait à craindre qu'en cas d'attaque allemande, on ne puisse compter sur un appui efficace des Franco-Anglais. Cependant, Hitler, avide d'une revanche de la défaite de 1918, entamera le réarmement des forces allemandes sur la base d'une nouvelle armée, la Wehrmacht forte en moyens mécaniques. La Belgique, peu équipée en chars et en aviation, ne prend pas conscience de la nouvelle force militaire allemande jusqu'au , lorsque la Wehrmacht envahit la Pologne et que la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. Alors, le Roi Léopold III, ordonne une mobilisation générale, 650 000 Belges étant mobilisés. Malgré les mises en garde des gouvernements franco-britanniques, le Roi, appuyé par le gouvernement et le parlement, se refuse encore à renouer une alliance avec les alliés de 1914-18, craignant que l'Allemagne d'Hitler n'y voie une provocation et envahisse la Belgique qui, à ce moment, n'est pas prête à une résistance efficace.



Seconde Guerre mondialeModifier

Bataille de BelgiqueModifier

 
Citation à l’ordre du jour par le Lt-Gén Van den Bergen commandant du Vème corps d’armée belge, du régiment d’artillerie 26A.
 
Artilleurs belges du régiment 26A internés fin mai début juin dans le camp provisoire des prisonniers de guerre à Ysendyk (Pays-Bas).

Le , l'Armée belge est composée de 650 000 soldats, soit 22 divisions, équipés de 100 chenillettes, de 280 blindés équipés d'un excellent canon de 47 mm propre à percer le blindage des chars allemands, de 1 400 pièces d'artillerie et de 250 avions pour les forces aériennes. Lorsque la Wehrmacht attaque la Belgique, au nord, le fort d'Ében-Émael tombe en 24 heures et, au sud, une percée allemande traverse l'Ardenne, malgré 24 heures de résistance des chasseurs ardennais à Bodange, Martelange et Chabrehez et une éphémère victoire de blindés légers belges contre des troupes aéroportées allemandes déposées à Nimy, Witry et Léglise sur les arrières des chasseurs ardennais par des avions légers Fieseler Storch avant même l'arrivée des forces mécanisées franco-britanniques. Inférieurs dans tous les domaines (infanterie, cavalerie mécanisée, artillerie et armée de l'air), les soldats belges résistèrent courageusement sur la Dendre, tout en reculant en liaison avec les forces françaises et anglaises, elles-mêmes surclassées par les envahisseurs, jusqu'à la bataille de la Lys, bataille d'arrêt menée par les Belges pendant cinq jours. Le 28 mai, dix-huit jours après l'attaque des armées allemandes, les débris des armées belges sont encerclés au nord-est de Dunkerque, tandis que les alliés britanniques rembarquent sans rien prévoir pour les Belges. Le roi Léopold III, après avoir prévenu l'attaché militaire anglais lord Keyes que ses troupes voient venir la fin de leurs approvisionnements en vivres et en munitions, accepte la bedingungslose Waffenstreckung, c'est-à-dire une suspension d'armes inconditionnelle imposée par le commandement allemand. Les Français en sont prévenus par des appels radios sur le réseau militaire français. Le gouvernement belge, représenté auprès du roi par le premier ministre Hubert Pierlot et le ministre des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak, se désolidarise du roi et se replie en France pour continuer la guerre aux côtés des Alliés à Londres. Cependant, une petite partie des troupes belges encore intactes est évacuée lors de la bataille de Dunkerque.

Autres opérations militaires belgesModifier

Pour la Belgique, après la défaite, la guerre va continuer, d'abord pendant la bataille aérienne d'Angleterre avec 29 pilotes, puis en Afrique, avec les victoires des troupes coloniales belges contre les Italiens en Abyssinie, notamment par la victoire d'Asosa. Dans l'ensemble, la Belgique manifeste sa participation à la guerre par la constitution de trois escadrilles dans la Royal Air Force et par la reconstitution de forces terrestres, des commandos qui vont effectuer des raids contre les Allemands en Yougoslavie puis, au sud de la Hollande, lors de l'offensive anglaise de 1944. Pour le reste, les navires marchands belges qui avaient échappé aux troupes allemandes, vont continuer la guerre dans les convois de transports alliés au cours de la bataille de l'Atlantique. En outre, le Congo belge, tandis que ses troupes s'en vont gagner la campagne d'Abyssinie, fournit, pendant toute la guerre, un effort considérable en approvisionnements de céréales et, surtout, la Belgique militarise son industrie stratégique africaine pour la fourniture de minerais stratégiques dont l'uranium par un accord particulier avec les Américains

De 1941 à 1944, les troupes belges libres se battent sur tous les fronts et s'illustrent dans la campagne d'Afrique en recevant la reddition de 7 000 soldats italiens du général Gazzera. Le , au débarquement de Normandie, les Belges libres vont libérer une partie de la côte nord de la France et vont compter jusqu'à 100 000 hommes. À la suite de la libération de la Belgique en septembre 1944 et l'entrée du Gouvernement à Bruxelles, 53 000 personnes s’enrôlent dans les diverses unités belges constituées pour les recevoir, mais les infrastructures militaires belges sont insuffisantes ou même détruites. Cinq brigades d’infanterie de 5 000 hommes sont envoyées en Irlande du Nord afin d’y faire leurs classes[11]. En mai 1945, 170 000 soldats sont en service qui poursuivent leur avance jusqu'en Tchécoslovaquie.

Nécessité politique pour un gouvernement de disposer de forces arméesModifier

Dès la fin de 1940, le Premier ministre ordonne la création des Forces belges libres et la mobilisation de la Force publique du Congo Belge. En Angleterre, outre la constitution de trois escadrilles belges dans la Royal Air Force et la formation d’unités commandos, 539 rescapés des effectifs de 1940, puis des évadés belges du continent constituent en même temps l'effectif de départ d'une nouvelle armée, ce qui va permettre de mettre sur pied la brigade Piron qui, en 1944, participe à la libération de la côte nord de la France, de la Belgique et de Bruxelles. Ces troupes servent, dès la fin de 1944, à la reconstitution, en Belgique même, d'une force de 100 000 hommes qui participe aux offensives contre les Allemands. En Afrique, les 20 000 hommes mobilisés dans les troupes coloniales mises sur pied de guerre — avec des compléments de matériel fournis par les Britanniques et les Français libres de l'Afrique-Équatoriale française — offrent au gouvernement belge un moyen de pression pour participer avec les Alliés au règlement des questions politiques d'après la guerre, cela grâce aux victoires contre les Italiens d'Abyssinie, notamment la reddition d'Asosa avec le butin d'un important matériel. Les fournitures en céréales et en minerais, notamment l'uranium, achèvent de donner un poids international à ce gouvernement.

La guerre froide et les opérations extérieuresModifier

À la fin de la guerre, l'effort belge militaire et économique permet au gouvernement d'intégrer le Gouvernement militaire allié des territoires occupés, puis de participer à toutes les négociations alliées et d'obtenir une zone d'occupation en Allemagne. D'abord intégrée à la zone d'occupation britannique en Allemagne, elle devient spécifiquement belge et grandit pour devenir un « créneau » de l'OTAN, c'est-à-dire une zone militaire considérable s'étendant de la Belgique jusqu'au « rideau de fer ».

Les plus importantes opérations de combats de cette période au lieu en République démocratique du Congo avec l'opération Dragon Rouge et ses suites en 1964 conduit le Régiment Para-Commando[12].

L'intégration des femmes dans l'armée débute en 1975[13].

En 1989, en cas de mobilisation générale, elle pouvait mettre en ligne six brigades et une vingtaine de bataillons, 250 avions dont 230 de combat (hors avions d'entraînement), 4 frégates légères et 16 bâtiments de guerre des mines soit, hors gendarmerie belge, plus de 300 000 personnes[14].

XXIe siècleModifier

 
Soldats belges lors d'un exercice en 2006.

Après la fin de la guerre froide, le contingent de l'Armée diminue très nettement. En 1989, année de la chute du Mur de Berlin, l'Armée belge compte en effet un peu plus de 100 000 hommes. Le contingent se réduit progressivement au début des années 1990 (environ 90 000 en 1992), puis beaucoup plus abruptement au milieu de la décennie, simultanément à la suspension de la conscription (environ 67 000 en 1994 ; 50 000 en 1995). Le nombre d'hommes sous les drapeaux continue par la suite à diminuer progressivement : environ 45 000 en 2000, 42 000 en 2005, 37 000 en 2010. L'ensemble des chars de combat, des obusiers automoteurs et autres engins chenillés sont retirés.

Comparativement à 1992, la fonte des capacités est impressionnante en date de 2015 apparaît certainement comme la plus importante observée en Europe occidentale, toutes proportions gardées : dix fois moins d’effectifs, six fois moins de blindés, cinq fois moins d’avions de combat, quatre fois moins d’artillerie. Cette diminution de l'effectif s'accompagne d'une refondation complète des forces armées dans leur ensemble.

Structure de l'Armée belgeModifier

La structure actuelle de l'Armée belge a été déterminée par arrêté royal du [15]. Celui-ci instaure, à partir du 1er janvier 2002 une administration unique chapeautant les différentes branches armées. Un arrêté royal du nomme les dirigeants des organes nouvellement créés[16]. Ils entrent en fonction le .

Le ministère de la Défense est la plus haute autorité de l'Armée (après le roi). Il se compose, autour de la personne du ministre, de différents organes composés aussi bien de militaires que de civils.

Commandement généralModifier

Le principal organe est le commandement général (en néerlandais : algemeen commando) qui, dirigé par le chef de la Défense (CHOD - Chief of Defence), se compose entre autres de quatre départements d'état-major[17] (chacun dirigé par un sous-chef d'état-major) et de six directions générales[18] (chacune dirigée par un directeur général). Depuis le 10 juillet 2020, le Chef de la Défense est l'Amiral Michel Hofman, ancien Vice-Chef de la Défense[19].

Départements d'état-majorModifier

  • Le département d'état-major « opérations et entraînement » (ACOS Ops & Trg) comprend un état-major et les quatre composantes dirigées chacune par un commandant (au 1er septembre 2016 : le général-major Jean-Paul Dekoninck, Aide de Camp du Roi, pour la Composante terre ; le général-major Aviateur Frederik Vansina pour la Composante air ; l'amiral de flottille Georges Heeren pour la Composante marine ; le médecin général-major Pierre Neerinck pour la Composante médicale) et comprenant un quartier général et des unités. Le sous-chef d'état-major « opérations et entraînement » est officiellement le commandant opérationnel de la force d'intervention et en pratique le no 2 de l'armée.
  • Le département d'état-major « stratégie » (ACOS Strat) s'occupe de la politique de la défense, des études stratégiques et des plans, qui est dirigé par le lieutenant général Guy Busschenschmidt.
  • Le département d'état-major « renseignement et sécurité » (ACOS IS) dirige les opérations de renseignement et la mise en place de la sécurité militaire. Il est dirigé par le lieutenant général Eddy Testelmans.
  • Le département d'état-major « santé, environnement, qualité de vie et bien-être » (ACOS WB) s'occupe de la qualité des conditions de travail dans l'Armée, qui est dirigé par le médecin général-major Geert Laire, Aide de Camp du Roi.

Direction généraleModifier

  • La direction générale « human resources » (DG HR) s'occupe des militaires en tant que personnel, c'est-à-dire de la politique syndicale, linguistique ou de formation. Elle est dirigée par le général-major d'Aviation Hennes, aide de camp du Roi.
  • La direction générale « formation » (DG Fmn) s'occupe de la planification des programmes d'études et scolaires et assure la formation au sein du département. Sous la responsabilité a.i. du général-major Henk Robberecht, réside également les grandes écoles, comme l'école royale militaire, l'école royale des sous-officiers et les centres d'instruction de base.
  • La direction générale « material resources » (DG MR) s'occupe de la gestion du matériel, de la logistique et de l'infrastructure, et des marchés publics. Elle est dirigée a.i. par le général-major Rudy Debaene, Ir.
  • La direction générale « appui juridique et médiation » (DG JM) s'occupe d'épauler le personnel de la Défense dans ses procédés juridiques. Elle est dirigée par l'adviseur général Godelieve Poriau.
  • La direction générale « budget et finances » (DG BudFin) s'occupe des questions financières générales de l'Armée, qui est dirigée par le général-major d'aviation Karel Van Der Auwera.
  • La direction générale « communication » (DG Com) s'occupe de l'organisation de la communication, et est le point de contact officiel avec les agences et organes de presse. Celle-ci est dirigée par le Général de Brigade d'Aviation Corinne Faut

OrganigrammeModifier

 
 
 
 
 
 
 
Ministère de la Défense
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Commandement général
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
ACOS « stratégie »
 
 
ACOS « bien-être »
 
 
 
DG « human resources »
 
 
DG « material resources »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
ACOS « renseignement et sécurité »
 
 
ACOS « opérations et entraînement »
 
 
 
DG « budget et finances »
 
 
DG « appui juridique et médiation »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
DG « Formation »
 
 
DG « Communication »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Composante terre
 
Composante air
 
Composante marine
 
Composante médicale

Communication de la DéfenseModifier

La communication de la Défense donne « Priorité à la paix ». On entend par là que la Défense doit être projetable pour intervenir rapidement et prévenir les guerres plutôt que de résister à une invasion massive.

Le recrutement met un accent sur « Sauvez des vies » et le « terrain d'expérience vaste » comme le monde. On note un investissement dans l'image de marque surtout à destination de la jeunesse : stages, prêt gratuit de matériel et même d'infrastructure, journées « portes ouvertes » …

ComposantesModifier

Composante terreModifier

ArmementModifier

VéhiculesModifier

Les appareils "plus en service" disparaîtront de cette page 20 ans après leur retraite. Cela permet d'avoir un historique des véhicules qui ont jadis constitué l'Armée belge.

Composante airModifier

 
Un F-16 de l'Armée de l'air belge.
 
Un F-16 de l'Armée de l'air belge au Salon de Paris-Le Bourget, juin 2019.

Ordre de bataille [Quand ?] :

Les appareils "plus en service" disparaîtront de cette page 20 ans après leur retraite. Cela permet d'avoir un historique des aéronefs qui ont jadis constitué l'Armée belge.

MarineModifier

HistoireModifier

 
Frégate Léopold Ier.

La Marine belge fut mise sur pied en catastrophe en 1831 pour tenter de bouter hors d'Anvers les Hollandais et de reprendre le contrôle de l'Escaut. Elle s'appela la Marine royale jusqu'en 1862, date de sa disparition, le gouvernement belge renonçant à la Marine militaire. La Marine royale s'illustra surtout lors des expéditions au Rio Nunez par la goélette Louise Marie et son lieutenant de vaisseau de 1re classe Van Haverbeke ainsi qu'avec son enseigne de vaisseau Guillaume Delcourt, futur Conseiller Maritime du roi Léopold II

En 1888, le capitaine de vaisseau comte de Borchgrave d'Altena, sert dans la Marine française à bord du cuirassé Suffren ; il sera à l'origine de la nouvelle marine militaire, en créant à Anvers, une petite flottille de 4 canonnières, qui, en 1914, seront bloquées sur l'Escaut par les Hollandais.

Lorsque la première guerre éclate, il n'existe toujours pas de marine militaire belge. Celle-ci se reconstitue au fur et à mesure des nécessités, d'abord sur le lac Tanganyika au Congo, où les Belges doivent faire face à une flottille allemande, puis en 1917 par la création d'un dépôt des équipages à Calais, enfin par la création d'un détachement puis d'un corps de Torpilleurs et Marins à Bruges en 1923. Cependant, en 1927, un arrêté royal supprime à nouveau la Marine militaire belge, le 31 mars.

Bien que le 15 septembre 1939, le ministère mobilise partiellement le Corps de marine et lui affecte trois anciens bateaux-pilotes servant de patrouilleurs, deux vedettes, trois chalutiers et deux remorqueurs, ce sera sous l'impulsion du lieutenant Victor Billet, que la section belge de la Royal Navy sera créée en Angleterre en 1940 et deviendra la Force navale belge, le 1er février 1946.

NaviresModifier

Composante médicaleModifier

Engagements internationauxModifier

En tant que membre de l'UE, de l'OTAN et de l'ONU, la Belgique a participé à plusieurs missions de maintien de la paix de ces différentes organisations. Aujourd'hui, l'Armée belge est encore déployée dans les pays suivants (chiffres en date du 31 août 2013[3]) :

  •   Liban : 105 militaires au sein de la FINUL ;
  •   République démocratique du Congo : 23 militaires au sein de la MONUSCO (6 policiers belges de l'EUPOL sont aussi présents en RDC) ;
  •   Somalie : 5 militaires au sein de la mission européenne en Somalie (EUTM Somalie) ;
  •   Géorgie : 7 observateurs militaires au sein de la mission européenne en Géorgie ;
  •   Mali : au sein de l'EUTM Mali ; Le 3 juillet 2016, la Belgique a pris le commandement de la mission EUTM Mali avec 150 hommes sous les ordres du général de brigade Eric Harcourt.
  •   Afghanistan : 253 militaires au sein de la FIAS
  •   Irak : un détachement dans le cadre de la formation des soldats irakiens

En 2015 :

  • État islamique: 6 chasseurs-bombardiers F-16 ont été déployés dans le cadre de la coalition internationale pour la lutte contre l'état Islamique, ils opèrent depuis la base aérienne d'Azraq en Jordanie

BudgetModifier

Le budget de la Défense belge est en dessous de la moyenne ouest-européenne. Il a baissé de 20,54 % de 1995 à 2011, malgré un produit intérieur brut en croissance de 30,26 % sur la même période[26]. En 2019, il est équivalent à 0,93 % du PIB, pensions comprises[27]

Hiérarchie et dirigeantsModifier

GradesModifier

Liste chronologique de généraux et chefs d'État-Major de l'Armée belgeModifier

Voir aussi Histoire militaire de la Belgique

XIXe siècleModifier

XXe siècleModifier

Voir aussi Ecole royale militaire - Anciens élèves notables et Liste des commandants

Liste des chefs d'État-Major de l'Armée belge depuis 1958Modifier

  • Lieutenant général Jacques de Dixmude (28.02.1958 - 30.11.1959)[Information douteuse]
  • Lieutenant général baron de Cumont (en) (09.12.1959 - 30.06.1963)
  • Lieutenant général G. Wagner (01.07.1963 - 31.03.1965)
  • Lieutenant général V. Dessart (01.04.1965 - 31.03.1968)
  • Lieutenant général baron G. Vivario (01.04.1968 - 14.03.1972)
  • Lieutenant général aviateur Albert Crekillie (15.03.1972 - 31.10.1979)
  • Lieutenant général Willy Gontier (01.11.1979 - 30.09.1982)
  • Lieutenant général baron Maurice Gysemberg (01.10.1982 - 21.07.1988)
  • Lieutenant général José Charlier (22.07.1988 - 30.09.1995)
  • Vice-amiral, puis amiral Willy Herteleer (01.10.1995 - 31.12.2002)
  • Général d'aviation August Van Daele (01.01.2003 - 01.04.2009)
  • Général Charles-Henri Delcour (02.04.2009 - 29.03.2012)
  • Général aviateur Gerard Van Caelenberge[35] (13.07.2012 - 12.7.2016)
  • Général Marc Compernol (13.07.2016 - 10.07.2020)
  • Amiral Michel Hofman[19] (depuis le 10.07.2020)

MuséeModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c [1].
  2. Note Interne DGHR.
  3. a et b www.operationspaix.net.
  4. Site de la réserve.
  5. [2].
  6. Carl Pépin, « L'invasion de la Belgique », sur La Première Guerre mondiale (1902 - 1932) (consulté le 26 avril 2014).
  7. (en) « 'Belgian Armoured Cars in Russia' » (consulté le 17 février 2011).
  8. (fr) Situation en mai 1918, Front français.
  9. Les chiffres officiels du gouvernement belge pour les pertes militaires s'élèvent à 26 338 tués, morts de blessures ou d'accident, 14 029 morts de maladie ou disparus auxquels il faut ajouter 2 620 soldats tués dans la campagne d'Afrique (dans : l'Annuaire statistique de la Belgique et du Congo Belge 1915-1919, p. 100).
    Les estimations du War Office (incomplètes) en 1922 étaient de 13 716 tués et 24 456 disparus au 11 novembre 1918 (dans : Statistics of the Military Effort of the British Empire During the Great War 1914-1920, p. 352). L'US War Dept estime en 1919 : 102 000 morts sur le champ de bataille (dans : Ayers, p. 139).
    Les pertes civiles excèdent de 92 000 le niveau d'avant-guerre. 55 000 morts sont causées par la famine et 30 000 par la grippe espagnole (dans : Metron, p. 59-62). Le professeur John Horne estime à 6 500 le nombre de civils belges et français tués par les Allemands au cours de représailles (Dans : Horne).
  10. Frédéric Rousseau, « BENVINDO, Bruno, Des Hommes en guerre. Les soldats belges entre ténacité et désillusion, 1914-1918, Études sur la Première Guerre mondiale, Bruxelles, Archives générales du Royaume, 2005, 186 pages. », Collectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre de 1914-1918 (consulté le 26 avril 2011).
  11. « Le Roy des Belges trône toujours à Ballybán », sur Couleurs irlandaises, (consulté le 24 juin 2012).
  12. « RDC, 1964 : L'armée belge déclencha les opérations « Dragon Rouge et Noir » à Stanleyville et Paulis contre les nationalistes Lumumbistes Simba », sur Congo Autrement, (consulté le 27 février 2019).
  13. Nicolas Gros-Verheyde, « Belgique. Plus de 1000 postes ouverts en 2017… et priorité aux femmes », sur www.bruxelles2.eu, (consulté le 18 décembre 2016).
  14. Joseph Henrotin, « L’agonie des forces armées belges », sur www.areion24.news, (consulté le 27 février 2019).
  15. Moniteur belge du .
  16. Moniteur belge du .
  17. Appelés en abrégé ACOS, pour Assistant Chief of Staff.
  18. Appelées en abrégé « DG ».
  19. a et b « L’amiral Michel Hofman est le nouveau «patron» de l’armée », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2020)
  20. Guy Verbruggen, « Derniers coups de canon pour le Léopard », sur Armée belge, (consulté le 26 octobre 2013).
  21. « FOX Rapid Reaction Vehicle », sur Belgian Defence, (consulté le 6 juin 2020)
  22. Wally Struys, Joseph Henrotin, André Dumoulin, « Le remplacement des F-16 belges : une analyse exploratoire », sur orbi.uliege.be, (consulté le 5 février 2020)
  23. « Un technicien belge détruit un F-16 par accident », sur Le Huffington Post, (consulté le 23 septembre 2019)
  24. BFMTV, « Un F16 belge s'écrase dans le Morbihan: les images juste avant son crash et les dégâts causés sur une maison », BFMTV (consulté le 23 septembre 2019)
  25. Emmanuel Huberdeau, « Belgique : Retrait du service d'un premier C130-H », sur https://www.air-cosmos.com,
  26. « L’Armée belge au régime sec », sur L'avenir, (consulté le 23 avril 2013).
  27. « Pour avoir une armée « digne de ce nom », la Belgique doit augmenter son budget militaire de 2,4 milliards d’ici 2024 », sur OPEX360, (consulté le 15 novembre 2019).
  28. « Faire-part de dècès Norbert Stroobants », sur Aars-moriendi.be (consulté en 2020)
  29. A.R. du 26 septembre 1911
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  31. « Faire part de décès Général de longueville », sur Ars-moriendi.be (consulté en 2020)
  32. « Faire-part de décès Jules Stroobants », sur Ars-moriendi.be (consulté en 2020)
  33. Ars-moriendi.be, « Jooris », sur Ars-moriendi.be (consulté en 2020)
  34. Christian Laporte, « Le général Laurent avait évacué les Belges en 1964 Décès du héros de Stanleyville », sur Lesoir.be,
  35. CV du chef de la Défense sur le site du ministère de la Défense belge.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

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