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Cet article traite du budget du secteur économique de la Défense et des dépenses militaires dans le monde.

Sommaire

Définitions variablesModifier

Article connexe : Septennat (Empire allemand).

Il existe différentes variables dans la façon de calculer celle-ci. Prendre le budget annoncé des ministère de la défense par exemple est la plus courante. Mais une partie de celui-ci peut être destiné à un usage non militaire et comprend généralement les pensions et retraites des anciens militaires. En 2011 par exemple, le département de la Défense des États-Unis consacre 50,7 milliards de dollars pour la santé de 9,6 millions de soldats, retraités, réservistes et personnes à charge [1]. Des organismes d'États peuvent également consacrer un budget au secteur militaire. La recherche et développement pour la mise au point des réacteurs et armes nucléaire, dépend ainsi du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives pour la France et du Département de l'Énergie des États-Unis pour ce pays. Des forces de sécurité intérieure – tel les gendarmeries dans la francophonie ou la police armée du peuple en République populaire de Chine – jouent également un rôle dans la défense mais leurs budgets peuvent être inclus dans celui de ministères de l'intérieur ou équivalents. Il convient de noter que les fluctuations des taux de change et l’inflation rendent une évaluation stricte difficile au niveau international.

Budget de la Défense aux XIXe et XXe sièclesModifier

Dépenses de défense des grandes puissances en 1897Modifier

Selon la revue Saturday Review (en) de février 1898, on indique que le pourcentage des rentrées fiscales affecté aux budgets militaires se répartit comme suit[2] :

Dépenses militaires entre 1905 et 1913Modifier

Les dépenses militaires, selon un article de l'homme politique allemand Matthias Erzberger écrit en 1914, sont répertoriées par armée de terre et marine de guerre pour une meilleure classification du budget de la défense des principaux États à la veille de la Première Guerre mondiale; Compte tenu du contexte, il faut prendre les chiffres suivant avec prudence.

Les dépenses d'armement des grandes puissances 1905-1913[4]
Année Population Armée Marine Population Armée Marine
Total Total Par habitant Total Par habitant Total Total Par habitant Total Par habitant
En millions En millions de Goldmark En Goldmark En millions de Goldmark En Goldmark En millions En millions de Goldmark En Goldmark En millions de Goldmark En Goldmark
  Empire allemand   Autriche-Hongrie
1905 60,6 697 11,5 231 3,8 47,4 419 8,8 97 2
1910 64,9 831 12,8 426 6,6 51,5 407 7,9 57 1,1
1913 67,5 1 009 14,9 467 6,9 52,7 496 9,4 155 3
  France   Empire britannique
1905 39,2 603 15,3 254 6,5 43 581 13,5 676 15,7
1910 39,5 698 17,7 301 7,6 45 560 12,4 825 18,3
1913 39,7 766 19,3 412 10,4 46 576 12,5 945 20,5
Année Population Armée Marine Population Armée Marine
Total Total Par habitant Total Par habitant Total Total Par habitant Total Par habitant
En millions En millions de Goldmark En de Goldmark En millions de Goldmark En Goldmark En millions En millions de Goldmark En Goldmark En millions de Goldmark En Goldmark
  Empire du Japon   Royaume d'Italie
1905 47,9 23 0,5 49 1 33,3 237 7,1 106 3,2
1910 52,4 180 3,4 158 3 34,5 381 11,1 192 5,6
1913 54,3 207 3,8 203 3,7 35,1 332 9,5 205 5,9
  Empire russe   États-Unis
1905 143 817 5,7 252 1,8 83,2 506 6,1 467 5,6
1910 151,5 1 046 6,9 244 1,6 92,0. 673 7,3 504 5,5
1913 157,8 1 254 8 498 3,2 96,8 422 4,4 595 6,1

Dépenses militaires de l'Allemagne et l'URSS de 1928 à 1939Modifier

Les chiffres des dépenses proviennent de l'ouvrage de R. J. Overy, The Dictators: Hitler's Germany and Stalin's Russia, qui note que « les chiffres du budget soviétique ne représentent pas le fort taux d'inflation. Calculé sur la base de 1937, les dépenses soviétiques sont de 1,7 milliard de roubles en 1928, 10,7 en 1937 et 45,2 en 1940. De même, la déflation allemande entre 1929 et 1936 font que les chiffres de ces années sont plus élevées dans la réalité. » Les indices de l'inflation allemande proviennent de l'ouvrage de Frank C. Child The Theory and Practice of Exchange Control in Germany. Les indices soviétiques sont de Arthur W. Lewis dans Economic Survey 1919-1939.

Pour contourner les restrictions du traité de Versailles, les deux pays collaborèrent dès les années 1920 pour permettre aux Allemands d'établir des centres de recherches en Union soviétique pour concevoir et tester des chars, des armes chimiques et des avions tandis que des instructeurs soviétiques venaient en Allemagne. Cette collaboration fut cependant stoppée par l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933. Peu après, il ordonna le triplement des effectifs de l'armée en une année. L'Allemagne réalisa des augmentations secrètes des dépenses militaires et cessa de publier la liste de ses officiers. Plus de 20 % de tous les travailleurs industriels allemands ont travaillé pour les forces armées, tandis que près de 33 % de ceux dans les secteurs manufacturier et la construction y travaillaient.

En 1939, plus de 20 % de travailleurs allemands de l'industrie ainsi que prés d'un tiers du secteur manufacturier et de la construction travaillaient pour les forces armées. Par comparaison, la Grande-Bretagne et les États-Unis produisit 8 fois moins de matériels militaires que l'Allemagne en 1938. Les dépenses militaires passèrent de moins de 2 % du produit national brut sous la République de Weimar à 23 % en 1939 :

Dépenses allemandes
(Mil. RM)
Dépenses soviétiques
(Mil. Rbls)[5]
Dépenses allemandes
après ajustement*[6]
Dépenses soviétiques
après ajustement*[7]
1928 0,75 0,88 NA NA
1929 0,69 1,05 0,69 1,05
1930 0,67 1,20 0,73 1,12
1931 0,61 1,79 0,75 1,43
1932 0,69 1,05 0,98 0,70
1933 0,62 4,03 0,91 2,46
1934 4,09 5,40 5,7 2,82
1935 5,49 8,20 7,40 3,39
1936 10,27 14,80 13,53 5,05
1937 10,96 17,48 14,19 5,54
1938 17,25 22,37 27,04 7,66
1939 38,00 40,88 38,6 10,25
*Ajustement dû à l'inflation calculé sur une base de 1929

Budget de la Défense au XXIe siècleModifier

Dépenses de défense des pays de l'OTAN en 2002Modifier

Budgets 2002 des pays de l'OTAN en milliards de dollars US et en pourcentage du PIB si indiqué.

Dans sa comptabilité, la seule qui vaille pour les comparaisons internationales, l'OTAN harmonise les dépenses, retirant par exemple toute l'activité non militaire des gendarmeries ou des marines militaires. Ces tâches sont la plupart du temps assurées par des administrations civiles, Police ou Garde-Côtes dans la majorité des nations de cette alliance.

Classement des pays par budget consacré à la Défense[8]
Pays Dépense en milliards
de dollars américains 2002
Dépense
en pourcentage du PIB
  États-Unis 329,00 2,9 %
  France 46,30 2,5 %
  Royaume-Uni 46,00 2,4 %
  Allemagne 24,90 1,5 %
  Italie 19,40 1,9 %
  Espagne 11,40 1,2 %
  Canada 7,40 1,2 %
  Pays-Bas 6,60 1,6 %
  Turquie 5,80 3,8 %
  Norvège 3,80 2,1 %
  Grèce 3,50 4,6 %
  Pologne 3,50 2,0 %
  Belgique 2,53 1,3 %
  Danemark 2,40 1,5 %
  République tchèque 1,62 2,1 %
  Portugal 1,30 2,1 %
  Roumanie 1,15
  Hongrie 1,08 1,8 %
  Slovaquie 0,45
  Bulgarie 0,43
  Slovénie 0,31
  Lituanie 0,23
  Luxembourg 0,18 0,8 %
  Estonie 0,13
  Lettonie 0,12
  Islande 0,03

Dépenses de défense en 2003Modifier

Le rapport annuel du Stockholm International Peace Research Institute indique que les budgets de la défense pour l'année 2003 sont en progression de 11 % par rapport à 2002 (6,5 % en volume). Dans certains pays, ce budget a retrouvé son niveau de l'époque de la guerre froide.

Les États-Unis pèsent énormément sur ce mouvement. Tout d'abord, ils représentent 47 % (417 400 000 000 $) des 956 milliards de dollars de dépenses de défense mondiales l'an dernier. De plus, sans leur décision de faire la guerre en Irak et les 60 milliards de dollars de dépenses supplémentaires que cette guerre a entraînés, les dépenses globales n'auraient progressé que de 3,5 %. Ensuite parce que leur effort d'équipement a un effet d'entraînement sur les autres pays, les pays européens au premier chef. Ainsi la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie représentent 13 % de ces dépenses (soit 120 milliards). La France et le Royaume-Uni notamment poussent leurs dépenses d'équipement à la hausse.

Pour leur part, le Japon a dépensé 46,9 milliards de dollars pour sa défense en 2003, la Chine officiellement 32,8 milliards, la Russie 13 milliards (respectivement 5, 4 et 1 % du total mondial)

Dépenses de défense en 2006Modifier

La dépense militaire mondiale a augmenté de 37 % en dix ans, atteignant 1 204 milliards de dollars (902 milliards d'euros) en 2006, selon le SIPRI[9]. De 2005 à 2006, les dépenses ont encore augmenté de 3,5 %, selon le SIPRI, qui pense que la tendance à la hausse devrait se poursuivre.

Il ne s'agit pas que d'une augmentation qualitative, les ventes d'armes des cent principaux fabricants au monde ont aussi augmenté de 3 % en 12 mois (2005) pour un chiffre d'affaires estimé à 290 milliards de dollars (plus de 217 milliards d'euros), essentiellement concentré aux États-Unis et en Europe de l'Ouest qui ont réalisé 92 % des ventes, notamment vers le Proche-Orient, où ces armes risquent d'augmenter l'instabilité de la région, note le SIPRI.

Après les États-Unis, ce sont le Royaume-Uni, la France, la République populaire de Chine et le Japon, qui ont chacun compté pour 4 à 5 % du budget militaire mondial connu en 2006[10].

83 % du total mondial des dépenses a été dépensé par les 15 "premiers" pays les plus militarisés en 2006[10].

États-Unis d'AmériqueModifier

Les États-Unis représentaient, en 2006, 46 % de l'ensemble des dépenses militaires officielles du monde (528,7 milliards de dollars, soit 395,8 milliards d'euros), justifiés par les opérations en Afghanistan et en Irak. La part de leurs dépenses militaires dans le PNB américain a augmenté de 34 % en cinq ans[10] et représente 1 483 euros par habitant (source : OTAN). Le budget 2007 équivaut à 3,7 % du PIB américain, une somme similaire à celle de l’année 1995, et qui demeure inférieure aux 11 à 12 % du PIB consacrés à la défense pendant la guerre de Corée, 9 % pendant la guerre du Viêt Nam et 6,2 % en 1986 sous la présidence Reagan[11].

Pour 2008, le budget de la Défense des États-Unis s'élèvera à 670 milliards de dollars dont 190 pour les deux conflits : Afghanistan et Irak.

FranceModifier

Le projet de budget de la défense 2007 s'établissait à 47,52 milliards d'euros. En 2008, il atteignait 48,07 milliards d'euros[12].

En 2010, le projet de dépense à long terme lié à la défense prévoit de dépenser 185,9 milliards d'euros sur 5 ans (2009-2014) dont 101,9 milliards d'euros dans l'équipement mais la crise économique durant cette période a conduit au contraire à des coupes budgétaires.

RussieModifier

Alors que la course aux armements est censée avoir été freinée par des conventions internationales, et que la guerre froide est finie, le SIPRI s'inquiète de la progression de près de 12 % du budget de défense de la Russie en 2006, qui suit une hausse de 19 % en 2005 (depuis 1998, les dépenses de la Russie ont augmenté de 155 %[10]).

Selon l’hebdomadaire russe Nezavisimoye Voyennoye Obozreniye, une part de plus en plus importante du budget fédéral russe n'a pas d'affectation rendue publique : entre 2003 et 2006, la part du budget dont l'affectation n'est pas publiée serait ainsi passée de 36,2 % à 44 %. Une grande partie de ces fonds étant destinés aux forces armées de la fédération de Russie.

République populaire de ChineModifier

Le budget militaire de la Chine a maintenu une augmentation annuelle à deux chiffres depuis le milieu des années 1990 et a doublé entre 2000 et 2005[13]. Il a en 2006 pour la première fois dépassé celui du Japon, représentant officiellement 1,35 % de son PIB en 2005. Il s'élève à 7,4 % des dépenses publiques en 2006. La Chine comptait encore augmenter ses dépenses militaires pour l'année 2007 avec une hausse attendue de 17,8 % pour s'établir à 351 milliards de yuans (34,4 milliards d'euros)[14] contre une augmentation de 14,7 % en 2006[15]. En 2010, la Chine prévoit, pour la première fois depuis 10 ans, de ralentir la croissance de ses dépenses militaires (+7,5 % contre une moyenne de +10 % par an depuis 1999). Elle consacrera 6,3 % de son budget à l'armement[16].

2007Modifier

Budgets 2007 des principaux budgets de défense (en milliards d'euros) et pourcentage du PIB du pays concerné[17]
Pays Budget en milliards d'EUR Pourcentage du PIB
  États-Unis 407 4 %
  Chine 52,5 2,1 %
  Royaume-Uni 48,2 2,3 %
  France 44,2 2,3 %
  Russie 35,2 3,7 %

2008Modifier

En 2008, le Stockholm International Peace Research Institute indique que 1 464 milliards de dollars américains ont été dépensés dans la défense, soit 2,4 % du PNB mondial[18].

 
Dépenses militaires en milliards de $US.
 
Dépenses militaires en % du PIB.

Voici la liste des dix principaux budgets par État dans ce domaine. En plus des budgets de la défense proprement dite sont comptabilisés ceux de la R&D militaire, la retraite des anciens combattants, la gestion des stocks nucléaires, etc. :

Rang Pays Dépenses ($ mds.) % du total mondial
Total mondial 1 464,0 100
1   États-Unis 607,0 41,5
2   Chine[19] 84,9 5,8
3   France 65,7 4,5
4   Royaume-Uni 65,3 4,5
5   Russie[19] 58,6 4,0
6   Allemagne 46,8 3,2
7   Japon 46,3 3,2
8   Italie 40,6 2,8
9   Arabie saoudite 38,2 2,6
10   Inde 30,0 2,1

2009Modifier

Toujours selon le Stockholm International Peace Research Institute, 1 531 milliards de dollars américains auraient été dépensés dans les budgets militaires en 2009. Cela représente une augmentation de près de 5,9 % par rapport à 2008 et de 49 % par rapport à l'an 2000[20].

Rang Pays Dépenses ($ mds.) % du total mondial
Total mondial 1 531,0 100
1   États-Unis 661,0 43,2
2   Chine[19] 100,0 6,5
3   France 63,9 4,2
4   Russie 60,7[21] 4
5   Royaume-Uni 58,3 3,8
6   Japon 51,8 3,4
7   Allemagne 45,6 3,0
8   Arabie saoudite 41,3 2,7
9   Inde 36,3 2,4
10   Italie 35,8 2,3

2010Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.) % du total mondial $/habitant
Total mondial 1 630,0 100 238
1   États-Unis 698,0 42,8 2230
2   Chine[19] 119,0 7,3 89
3   France 65[22] 4 1000
4   Royaume-Uni 59,6 3,7 951
5   Russie[19] 58,7 3,6 420
6   Japon 54,5 3,3 428
7   Allemagne 45,2 2,8 555
8   Arabie saoudite 45,2 2,8 1660
9   Inde 41,3 2,5 34
10   Italie 37,0 2,3 600

En valeur absolue, le budget de la défense de la France est passé d’un plus haut de 36 milliards d’euros (constants 2000) en 1991 à un plus bas de 29 milliards en 2002, pour remonter à environ 32 milliards 2010, soit le budget de 1981. En valeur relative, la défense est passée de 14 % du budget de l’État en 1981 à 9,5 % en 2010 et de 3,3 % du PIB à 1,7 %. Depuis 1994, aucune loi de programmation militaire n'a été respectée[23].

2011Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.)[24] % du PIB % du total mondial
Total mondial 1 735 2,6 100
1   États-Unis 711,0 4,7 41
2   Chine[19] 143,0 2,0 8,2
3   Russie[19] 71,9 3,9 4,1
4   Royaume-Uni 62,7 2,6 3,6
5   France 62,5 2,3 3,6
6   Japon 54,5 1,0 3,3
7   Arabie saoudite 48,2 10,4 3,0
8   Inde 46,8 2,5 2,9
9   Allemagne[19] 46,7 1,3 2,5
10   Italie[19] 37,0 1,8 2,3

2012Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.) % du total mondial
Total mondial 1 753,0 100,0
1   États-Unis 682,0 38,9
2   Chine[19] 166,0 9,5
3   Russie[19] 90,7 5,2
4   Royaume-Uni 60,8 3,5
5   Japon 59,3 3,4
6   France 58,9 3,4
7   Arabie saoudite 56,7 3,2
8   Inde 46,1 2,6
9   Allemagne[19] 45,8 2,6
10   Italie[19] 34,0 1,9

2013Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.)  % du PIB  % du total mondial
Total mondial 1 747,0 2,4 100,0
1   États-Unis 640,0 3,8 36,6
2   Chine[19] 188,0 2,0 10,8
3   Russie[19] 87,8 4,1 5,0
4   Arabie saoudite 67,0 9,3 3,8
5   France 61,2 2,2 3,5
6   Royaume-Uni 57,9 2,3 3,3
7   Allemagne[19] 48,8 1,4 2,8
8   Japon 48,6 1,0 2,8
9   Inde 47,4 2,5 2,7
10   Corée du Sud 33,9 2,8 1,9

Au niveau européen, les 27 nations membres de l'Agence européenne de défense (Union Européenne moins le Danemark) ont cette année la un budget global de 186 milliards d'euro soit une baisse de 15 % depuis 2006 ou il était, en monnaie constante, de 218 milliards[25].

2014Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.)  % du PIB  % du total mondial
Total mondial 1776,0 2,3 100,0
1   États-Unis 610,0 3,5 34,3
2   Chine[19] 216,0 2,1 12,2
3   Russie[19] 84,5 4,5 4,8
4   Arabie saoudite 80,8 10,4 4,5
5   France 62,3 2,2 3,5
6   Royaume-Uni 60,5 2,2 3,4
7   Inde 50,0 2,4 2,8
8   Allemagne[19] 46,5 1,2 2,6
9   Japon 45,8 1,0 2,6
10   Corée du Sud 36,7 2,6 2,1

2015Modifier

Rang Pays Dépenses ($ mds.)  % du PIB  % du total mondial
1   États-Unis 596,0 3,3 36,0
2   Chine[19] 214,8 1,9 13,0
3   Arabie saoudite 87,2 13,7 5,2
4   Russie 66,4 5,4 4,0
5   Royaume-Uni 55,5 2,0 3,3
6   Inde 51,3 2,3 3,1
7   France 50,9 2,1 3,0
8   Japon 40,9 1,0 2,4
9   Allemagne 39,4 1,2 2,4
10   Corée du Sud 36,4 2,6 2,2
Total mondial 1 676,0 2,3 100,0

À noter que, selon le SIPRI, en valeur absolue (c'est-à-dire une fois l'inflation prise en compte), les dépenses militaires globales ont augmenté de 1% par rapport à l'année 2014 : cela n'était plus arrivé depuis 2011[26].

Évolution du budget de la Défense en FranceModifier

Tendances depuis 1960Modifier

Le budget consacré à la Défense en France a, en termes de poids par rapport au PIB, fortement baissé depuis 1960. La baisse n'est cependant pas uniforme sur toute la période, on peut distinguer plusieurs phases :

  • Une forte baisse de 1960 au milieu des années 1970 consécutive à la fin de la Guerre d'Algérie.
  • Une stabilisation, voire une faible hausse, entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980 dans un contexte de Guerre fraîche marquée par un regain de tensions avec le bloc soviétique.
  • Une baisse continue entre la fin des années 1980 et le début des années 2000 après la fin de la Guerre froide.
  • Une stabilisation depuis le début des années 2000 avec un pic en 2009 dans un contexte de forte baisse du PIB après la Grande récession.

Loi de programmation militaire de 1997-2002Modifier

Cette loi de programmation militaire (LPM), préparée par le Gouvernement Alain Juppé n'a pas été respectée. Le Gouvernement Jospin, né de l'alternance des élections législatives de 1997, engage dès 1998 une « revue des programmes » qui crée une « encoche » dans le niveau des ressources prévues initialement. Les annulations de crédits se sont succédé dans les années qui ont suivies pour atteindre un sixième du montant total de la LPM (soit l'équivalent d'une annuité complète). Les dépenses de défense chutent de 15 % entre 1996 et 2001 qui représente le point bas de la programmation, elles ne représentaient plus que 2,5 % du PIB contre 3 % en 1996[27].

Dépenses totales de la Défense française entre 1997 et 2002
en milliards d'euros de 2002[27],[28]
1997 1998 1999 2000 2001 2002
Montant inscrit dans la LPM 14,218 14,218 14,218 14,218 14,218 14,218
Montant après la RDP 14,218 14,218 13,552 13,552 13,552 13,552
Montant inscrit dans la LFI 14,271 12,909 13,643 13,041 12,821 12,857
Exécution budgétaire 13,408 12,195 12,244 12,361 12,238 NC
Écart entre la prévision LPM initiale
et l'exécution budgétaire
-0,810 -2,202 -1,974 -1,857 -1,980 NC

Loi de programmation militaire de 2003-2008Modifier

La tendance à la dégradation du budget de la Défense s'interrompt en 2001-2002 sous le coup de deux événements majeurs : les attentats du 11 septembre 2001 et l'alternance politique née des élections présidentielles puis législatives en 2002. Le budget de la Défense se stabilise dès 2002 avec la suspension des annulations de crédits.

Ensuite, la LPM préparée par le Gouvernement Raffarin couvrant les années 2003 à 2008 opère un redressement financier significatif par rapport à la LPM précédente. Son exécution financière a été jugée « très satisfaisante » notamment comparée à l'exécution très médiocre de la LPM 1997-2002. Cette LPM a notamment opéré un redressement significatif des dépenses d'équipements qui ré-atteignent leur niveau de 1996[27].

Dépenses de la Défense française pour les titres V et VI
entre 2003 et 2008
en milliards d'euros courants[27]
2003 2004 2005 2006 2007 2008
Montant actualisé inscrit dans la LPM[29] 13,65 14,82 15,16 15,52 15,88 16,25
Montant inscrit dans la LFI 13,55 14,80 15,08 15,45 15,73 15,78
Exécution budgétaire 13,17 13,71 15,55 15,87 15,46 NC
Écart entre la prévision LPM
et l'exécution budgétaire
-0,48 -1,11 +0,39 +0,35 -0,42 NC

Loi de programmation militaire de 2009-2014Modifier

Le vote de la LPM couvrant les années 2009 à 2014 fait suite à la parution en 2008 d'un livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (le troisième sous la Ve République après celui de 1972 et de 1994). Ce dernier proposait une revue globale de la stratégie de défense française et fixait des objectifs ambitieux appuyés par un important effort financier. La crise économique mondiale, qui dégrade l'état des finances publiques, contrarie cette ambition[27].

Une importante modification de structure intervient avec le vote de la LPM 2009-2014 qui couvre l'intégralité des dépenses relatives à la Défense et non seulement les dépenses des titres V et VI (dépenses d'investissement et en capital) comme les LPM précédentes mais aussi le titre III (dépenses de fonctionnement)[30].

La LPM 2009-2014 prévoit une moyenne de 31 milliards d'euros de crédits par année sur la période 2009-2014, soit un montant 15 % supérieur à celui de la dernière année de la LPM précédente. Cette LPM consacre un redéploiement des moyens en faveur des dépenses d'équipement : il est estimé que celles-ci doivent représenter 57 % des dépenses totales en 2014 (contre 50 % en 2008). À contrario la part des autres dépenses (personnel et fonctionnement) est progressivement réduite par le biais de rationalisation des moyens et suppression d'effectifs[27].

Extrait de la LPM 2009-2014[31]
données exprimées en milliards d'euros de 2008
2009 2010 2011 2012 2013 2014
Mission « Défense » 29,65 29,65 29,55 30,19 30,56 30,90
Mission « Plan de relance » 0,97 0,74
Ressources exceptionnelles 1,61 1,22 0,54 0,20 0,10
Ressources totales 32,22 31,60 30,10 30,39 30,66 30,90

La LPM tient compte des crédits de la mission « Plan de relance » qui ont été instaurés par la loi de finance rectificative du en réponse à la crise économique. Répartis sur 2009 et 2010, ils revêtent un caractère exceptionnel et n'ont pas vocation à être pérennisés. Ces dotations qui s'élèvent à 1,755 milliards d'euros servent au financement de divers projets[27]:

  • L'augmentation de l'effort de recherche (110 millions d'euros)
  • L'accélération du renouvellement des équipements (1 425 millions)
  • Le programme immobilier de la Défense (220 millions)

Loi de programmation militaire de 2014-2019Modifier

La loi de programmation militaire couvrant les années 2014 à 2019 fait suite à la parution d'un livre d'or sur la défense et la sécurité nationale paru le . Cette loi de programmation militaire est bouleversée par le contexte d'attentats en France à partir de l'année 2015.

Le président de la République de l'époque, François Hollande, demande dès le début de l'année 2015 une actualisation de la loi de programmation militaire pour prendre en compte l'évolution du contexte stratégique. L'Opération Sentinelle déployée sur le territoire national pour le renforcement de la sécurité des lieux publics est ainsi lancée le . Puis, à la suite des attentats du 13 novembre, le chef de l'État annonce devant le Congrès réuni à Versailles le l'arrêt des diminutions d'effectifs du ministère de la Défense au moins jusqu'en 2019[32].

Extrait de la LPM 2014-2019[33]
données exprimées en milliards d'euros de 2013
2014 2015 2016 2017 2018 2019
LPM initiale Crédits de paiement 29,61 29,61 30,13 30,65 31,50 32,36
Ressources exceptionnelles 1,77 1,77 1,25 0,91 0,28 0,15
Ressources totales 31,37 31,37 31,38 31,56 31,78 32,51
Actualisation de 2015 Crédits de paiement 31,15 31,73 32,11 32,62 33,87
Ressources exceptionnelles 0,23 0,25 0,15 0,15 0,15
Ressources totales 31,38 31,98 32,26 32,77 34,02
Évolution +0,01 +0,60 +0,70 +0,99 +1,51

Notes et référencesModifier

  1. Greg Grant, « DOD’s Guns Versus Butter Debate », (consulté le 30 juillet 2011)
  2. Félix Martin, Le Japon vrai, première édition 1898, réédition 2001, 336 p. (ISBN 978-1421214474, lire en ligne), p. 248
  3. (en) [PDF] Collège interarmées de défense, « La dynamique de la puissance britannique pendant l'âge Victorien, 1937-1901 », sur http://www.infoguerre.fr, Infoguerre, (consulté le 4 octobre 2010)
  4. (de) Matthias Erzberger, « Die Rüstungsausgaben des Deutschen Reichs », "Finanzwirtschaftliche Zeitfragen", Stuttgart, vol. H. 14,‎ , S. 15 f
  5. R. J. Overy, The Dictators: Hitler's Germany and Stalin's Russia, W. W. Norton & Company, 2004, (ISBN 0-393-02030-4), page 453
  6. Frank C. Child The Theory and Practice of Exchange Control in Germany, Ayer Publishing, 1978, (ISBN 0-405-11209-2)
  7. Arthur W. Lewis Economic Survey 1919-1939, Routledge, 2003, (ISBN 0-415-31359-7)
  8. Source : Atlas stratégique 2004, OTAN.
  9. Rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI, 11 juin 2007) ; résumé (en).
  10. a, b, c et d Source : SIPRI.
  11. FY 2007 Defense budget request : Le budget de la défense pour la longue guerre Par Catherine Croisier/ chercheur associée à l’IRIS
  12. L'Assemblée nationale adopte le budget défense 2008
  13. La politique chinoise de défense, avec Jean-Pierre Cabestan, 08.01.2007
  14. "La Chine prévoit une nouvelle augmentation de ses dépenses militaires », dans Le Monde du 11/06/2007
  15. "Le budget de la défense de la Chine en hausse de 14,7 % en 2006", dans Le Quotidien du peuple du 05/03/2006
  16. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2566p060.xml1/-France-USA-Russie-d%C3%A9fense-la-chine-reduit-la-voilure.html
  17. Source : SIPRI, 2007.
  18. (en) SIPRI.
  19. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Estimations du SIPRI.
  20. (fr) SIPRI.
  21. http://fr.rian.ru/defense/20101108/187807584.html
  22. http://milexdata.sipri.org/result.php4
  23. Martial Foucault, « Les budgets de défense en France, entre déni et déclin », sur IFRI, (consulté le 5 mai 2012)
  24. SIPRI Yearbook 2011 - Liste des 15 premiers pays en dépenses militaires.
  25. (en) « Latest defence data published », sur Agence européenne de défense, (consulté le 6 avril 2015).
  26. (en) « Trends in World Military Expenditure, 2015 », sur sipri.org,
  27. a, b, c, d, e, f et g Josselin de Rohan, « Rapport d'information sur la LPM 2009-2014 » [PDF], (consulté le 8 juillet 2017)
  28. Sénat, « Projet de loi de finances pour 2003 : Exposé d'ensemble et dépenses en capital », (consulté le 8 juillet 2017)
  29. [PDF] Légifrance, « Loi n° 2003-73 du 27 janvier 2003 relative à la programmation militaire pour les années 2003 à 2008 », (consulté le 9 juillet 2017)
  30. Assemblée Nationale, « Rapport relatif à la LPM 2009-2014 (Tome I) », (consulté le 9 juillet 2017), p. 32
  31. Légifrance, « LOI n° 2009-928 du 29 juillet 2009 relative à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense », (consulté le 8 juillet 2017)
  32. Ministère des Armées, « La loi de programmation militaire 2014-2019 et son actualisation » (consulté le 27 juillet 2017)
  33. Légifrance, « LOI n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale », (consulté le 27 juillet 2017)

Voir aussiModifier