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Charles Denner
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DreuxVoir et modifier les données sur Wikidata
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Charles Denner est un acteur français, né le à Tarnów (Galicie en Pologne) et mort le à Dreux en Eure-et-Loir.

Sommaire

BiographieModifier

Issu d'une famille juive polonaise, il est le fils de Jeanne Denner née Micenmacher et de Joseph Denner[1]. Charles Denner arrive à Paris à l'âge de quatre ans.

Durant la Seconde Guerre mondiale, sa famille se réfugie à Brive-la-Gaillarde où elle est aidée par le rabbin David Feuerwerker qui sauve son frère aîné, Alfred Denner. Charles entre à seize ans dans la Résistance avec Alfred. Maquisard, chasseur alpin du Vercors, il est grièvement blessé à la colonne vertébrale lors de l'embuscade tendue par son groupe à un convoi nazi comprenant un camion de SS qu'il fait exploser à la grenade gammon. Il recevra la croix de guerre pour ce fait d'armes.

Après la guerre, il s'initie au théâtre en entrant au cours d'art dramatique Charles Dullin. Il y suit des cours le jour, et travaille comme fort des Halles la nuit. Tout en poursuivant ses cours il commence sa carrière de comédien au théâtre dans la jeune compagnie des Compagnons de l'Arche d'André Marcovici. Attaché au renouveau du théâtre yiddish en langue française porté par cette jeune troupe, il joue plusieurs rôles dans quatre pièces, dont Le Dibbouk de An Ski (1946) au théâtre Edouard VII, Le Keroub et le mariage de Rachel (1947) au Théâtre La Bruyère, et Tel Haï (1947) aux Théâtre Edouard VII et La Bruyère. Ces premières expériences des planches lui procureront les plus grandes satisfactions de sa carrière. Il interprète ensuite un clown dans Les Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire, mise en scène par Clément Harari. C'est là que Jean Vilar, qui dirige le Festival d'Avignon, le remarque. Il entre alors au Palais de Chaillot dans la troupe du Théâtre national populaire, que Jean Vilar dirigera ensuite. Au Festival d'Avignon, il donnera la réplique à Gérard Philipe en 1951 dans Le Prince de Hombourg (von Kleist). Au TNP encore, il joue avec Jeanne Moreau, François Périer, Michel Galabru et bien d'autres acteurs célèbres de cette génération, qui firent comme lui leurs débuts dans ce haut lieu de l'art dramatique français.

Il prêtera aussi sa voix de basse baryton au timbre puissant et si particulier à l'interprétation de trois chansons du microsillon 45 tours Chants Yiddish, Chant du Monde - Paris, 1958, recueillis, arrangés, harmonisés et orchestrés par Robert Cornman. Il interpréte Dos lid fon'em Tanz Firer (le chant du meneur de danse), Cha Chtil (Le Rabbin emmène ses disciples dans la danse), Aroïz iz in Wilna a naeir Bafehl (Le nouvel édit de Wilna).

Plus tard et toujours au TNP, alors dirigé par Georges Wilson, il donne aussi une belle vision de son talent en incarnant Matti dans Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht, mis en scène et joué par Georges Wilson, avec Judith Magre.

Des années plus tard, en duo avec Philippe Avron, il est un Rogogine magistral dans L'idiot de Dostoïevski, mis en scène par André Barsacq au Théâtre de l'Atelier.

La première apparition de Charles Denner au cinéma débute avec Volpone en 1941, mis en scène par Maurice Tourneur. En 1946 il fait de la figuration en soldat allemand dans le court métrage de 28 minutes Rappel à la vie / Der Ruf tsum leben (en yiddish non sous-titré dans sa version originale) réalisé par Maurice Wolf (sous le pseudonyme de Saint Lou) et Élie Davidson. Yves Allégret lui offre ensuite un petit rôle en 1955, dans La meilleure part, suivi deux ans plus tard par Louis Malle dans Ascenseur pour l'échafaud.

Claude Chabrol tombe sous le charme de la composition qu’il donne du personnage de Gori (Hermann Göring) dans La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertold Brecht monté en 1960 par Jean Vilar et Georges Wilson au TNP. A la suite d'un casting il lui donne le rôle de Landru qui sort en 1963. Affublé depuis ses débuts de rôles de vieillards avec faux nez et perruque, il accepte sans hésiter de se raser le milieu du crâne et de se laisser pousser les favoris pour incarner le personnage. Claude Chabrol parlait alors du mélange de bonhommie et de terreur qui avait contribué au succès de son interprétation en ajoutant qu’il s’était régalé à composer ce personnage de petit bourgeois qui trucide avec une vraie ferveur domestique.

Comédien de composition brillant, il sait incarner une grande variété de registres et de personnages qui vont des anarchistes moraux aux petits et grands voyous, des apatrides aux artistes et séducteurs. On le voit aussi dans L'héritier aux côtés de Jean-Paul Belmondo, puis surtout dans L'homme qui aimait les femmes de François Truffaut, pour lequel il vient supplanter un moment le personnage fétiche d'Antoine Doinel.

À partir de 1970, il joue dans cinq films de Claude Lelouch dont le premier est Le voyou. Il tient l'un des rôles principaux dans L'aventure c'est l'aventure avec Lino Ventura, Jacques Brel, Aldo Maccione et Charles Gérard, ou bien dans Si c'était à refaire avec Catherine Deneuve. Il est tête d'affiche, avec Jacques Villeret, de Robert et Robert, de Claude Lelouch encore, en 1978.

Le cancer a commencé à lui prendre sa voix alors qu'il monte pour la dernière fois sur scène pour incarner Le marionnettiste de Lodz, de Gilles Segal, mis en scène par Jean-Paul Roussillon. Un one-man-show qui signe la fin de sa carrière en 1986. Il sera sujet à la tuberculose en 1968 et durant l'hiver 1986-1987 le froid et de multiples bronchites atteignent à nouveau ses poumons. Après dix années d'épreuves et de traitements, il meurt d'un cancer de la gorge à l'hôpital de Dreux, le 10 septembre 1995. Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (division 107[2]).

Son grand ami de toujours était l'acteur Marie-Pierre de Gérando.

Ses enfants, Ethel et Charlet Denner ont rendu hommage à sa vie et à son œuvre en concevant et mettant sur pieds en 2015 l'exposition Charles Denner qui commémorait les vingt ans de sa disparition, à l'Hôtel Montulé de Dreux. Cette manifestation qui a duré trois mois a été réalisée avec le soutien financier et logistique de la Ville de Dreux et du Département de l'Eure et Loir.

PostéritéModifier

Charlet Denner a écrit La montagne en partage, entre père et fils pour Charles Denner, roman auto-édité en septembre 2015 et publié à l'occasion de l'exposition Charles Denner à Dreux, la même année.

Nathalie Rheims a écrit L'un pour l'autre en 1999, autour de Charles Denner[3].

Un documentaire intitulé Le Chercheur inquiet, réalisé par Avril Tembouret en 2014, est consacré à Charles Denner [4].

Exposition Charles Denner organisée à l'Hôtel Montulé de Dreux en 2015 à l'initiative de ses enfants, Charlet et Ethel Denner, avec le soutien de la Ville de Dreux et du Département de l'Eure et Loir.

Vie privéeModifier

Charles Denner a été marié deux fois. Sa première épouse fut Simone Jaquier. Sa seconde, Marie-Thérèse Voirriot. Du premier mariage sont nés Charlet et Ethel.

FilmographieModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

1958 : L'Alcade de Zalamea, téléfilm de Marcel Bluwal

DocumentaireModifier

ThéâtreModifier

Prix et nominationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Charles Denner, l'homme aux mille visages », sur Master II professionnel Multimédia interactif de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, (consulté le 9 juin 2019)
  2. Collectif Sarka-SPIP, « DENNER Charles (1926-1995) - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 30 mai 2018)
  3. Fiche du livre sur le site de l'éditeur Galilée
  4. Fiche du film sur Imdb

Voir aussiModifier