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Une grenade gammon n°82

Une grenade gammon est une grenade à main, dont l'explosif est contenu dans un sac souple, développée par l'armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1940, le développement de la grenade anti-char N°74 "Sticky bomb" par les ingénieurs militaires britanniques s’effectue très rapidement étant donné que la menace d’un débarquement allemand pèse sur l’Angleterre. Cette rapidité de conception ne permet pas à cette grenade d’être totalement performante et, durant les mois qui suivent, les militaires prennent le temps de développer une nouvelle grenade capable de la remplacer.

Une équipe placée sous les ordres du capitaine R.S. Gammon (appartenant au 1st Parachute Regiment) imagine une grenade multitâches qui peut servir aussi bien en anti-personnel qu’en anti-char : l’utilisateur peut choisir lui-même l’explosif à utiliser en remplissant une sacoche en toile disposée autour du détonateur.

Pour utiliser la grenade, il faut ôter le capuchon de protection puis la lancer vers la zone cible. Avec le frottement de l’air, le dispositif de mise de feu s’arme automatiquement. Le percuteur est déclenché à l’impact grâce à un système dénommé "Allways-fuze" (identique à celui de la grenade numéro 69) signifiant que le détonateur déclenche l’explosion quel que soit le point d’impact de la grenade.

Cette grenade, surnommée "Gammon bomb" du nom de son inventeur, et numérotée 82, est livrée à compter de mai 1943 aux forces armées britanniques. Elle entre en service prioritairement au sein des unités commandos et des troupes aéroportées qui apprécient sa simplicité d’utilisation et la liberté d’emploi leur permettant de doser la quantité d’explosif (jusqu’à 900 grammes) en fonction de la cible. La grenade N°82 est employée jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale et notamment pendant la bataille de Normandie.

Les stocks restants de grenades Gammon sont retirés du service dans les années 1950, puis détruits, étant considérés à ce moment comme trop dangereux pour leurs utilisateurs. Il existait également une version incendiaire.

Il semblerait que tous les stocks n'aient pas été détruits puisque, au moins jusqu'en septembre 1976, elle était présentée et utilisée comme matériel d'instruction au Centre d'Entraînement Commandos n°8 (26e R.I.) de Pont Saint Vincent. Une dizaine d'engins par compagnie ou escadron et par stage étaient mis en œuvre.

SourceModifier

  • Fernand Tardy, Bonsoir petite princesse bleue - Secteur de Digne de l'Armée secrète, sous-secteur de Thoard, Terradou, 1990, (ISBN 2-907389-14-9), p 61-62
  • Bob Maloubier, Agent secret de Churchill, Tallandier, Paris 2011, (ISBN 978-2-84734-795-1)
  • D-Day overlord, Encyclopedie du débarquement et de la bataille de Normandie, article sur la grennade gammon n°82