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Bondage

pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire dans le cadre d'une relation érotique ou sexuelle
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bondage (homonymie).
Bondage d'une femme sur scène.
Démonstration de bondage à la foire Eros & Amore de Munich (mars 2013).
Suspension d'un pratiquant.
Suspension en sleeping bag cuir.

Le bondage est un comportement sexuel humain sadomasochiste qui consiste à ligoter son partenaire, dans le cadre d'une relation de soumis/domination.

Le bondage s'appuie sur un certain nombre de fantasmes qu'il met en scène, et qui peuvent se référer à des supplices anciens, tels que les techniques de ligotage utilisées au Japon appelé couramment shibari(hojōjutsu), ou tels que les différentes formes de crucifiement.

Outre les cordes permettant de ligoter son partenaire, le bondage fait appel à toutes sortes de moyens de contrainte. On peut notamment citer les corsets, les sacs d'enfermement, les combinaisons de latex, les camisoles, minerves et autres carcans

Le bondage compte un certain nombre d'adeptes reconnus pour leur art, notamment en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Les pratiquants de l’enfermement, de l’usage des camisoles, et toutes autres sortes d’accessoires de contrainte, ont nommé leurs pratiques « bondage », les fabricants internationaux usent du terme « bondage ».

Le bondage a fait l'objet d'analyses philosophiques et psychanalytiques, qui se réfèrent à des fantasmes qui ont pu être mis en scène dans des créations artistiques.

Sommaire

Origine du termeModifier

La définition en français du bondage comme une pratique sadomasochisme qui « consiste à attacher son partenaire dans le cadre d'une relation érotique ou sexuelle » est donnée par quelques dictionnaires, dont le Petit Robert 2012[1].

Le terme bondage est anglais. Dans cette langue, son sens initial est celui d'esclavage, de servitude. On parle par exemple de debt bondage pour la servitude pour dettes. Depuis l'après-guerre, le terme bondage a acquis une signification supplémentaire, à savoir la signification liée à la pratique sadomasochiste qui consiste à ligoter et à restreindre la liberté de mouvement de son partenaire dans le cadre d'un jeu sexuel[2]. La lettre B dans l'acronyme BDSM se réfère à la pratique du bondage.

Histoire des pratiques de bondageModifier

Selon Sacha Nacht, parmi les premières apparitions de pratique du bondage avant la lettre, Flavius Josèphe racontait que le frère d'Hérode, Phérosas, se faisait, lui, enchaîner par ses esclaves[3].

Selon Agnès Giard, « au XXe siècle, les techniques d’immobilisation par corde [au Japon], qui sont encore de nos jours enseignées aux policiers (sous le nom de taihojutsu), laissent progressivement la place à un art plus « déviant », le shibari (« lié ») ou encore kinbaku (« ligotage »), l’art d’attacher de façon érotique[4] ».

Pratiques japonaises ayant inspiré le bondageModifier

Articles détaillés : Hojōjutsu et Bondage japonais.
 
Crucifiement au début de l'ère Meiji, Yokohama, Japon.

À l'époque Edo (1603 - 1868), le ligotage est utilisé, sous le nom de zainin shibari (« le shibari des coupables ») comme technique de répression policière ; les techniques utilisées visent « à ce que tous comprennent, en voyant le ligotage du prisonnier, qui il est, ce qu’il a fait et quand il a été arrêté »[5]. La corde, qui symbolise la loi, apparaît alors comme le châtiment le plus terrible qui puisse frapper un être humain[6],[7].

Parmi les techniques utilisées, l'une des plus douloureuses consiste à attacher les avant-bras du prisonnier par derrière, en reliant ses chevilles et ses coudes. Une autre position - suruga doi - consiste à poser une énorme pierre sur le dos d'un prisonnier suspendu jusqu'à ce qu'il [...] craque[7].

Ces techniques ont été reprises dans le kinbaku, un type de bondage sexuel japonais entrant dans le cadre de jeux sadomasochiste.

Selon Midori, Seiu Eto fait ses premières photographies de femmes punies en 1919, il est, selon elle, le précurseur de la forme moderne du ligotage érotique japonais[8].

Dans un long passage, Midori[8]. nous explique que « les contraintes érotiques utilisant la corde » remontent à une époque sombre où l'on torturait, capturait, entravait des prisonniers : le « hobaku-jutsu ». Le « hojo-jutsu » permettait d'utiliser la corde sur un adversaire déjà capturé[9].

Dans l'imaginaire des pratiquants du bondage, un autre supplice pratiqué autrefois au Japon tient une place de choix : il s'agit des crucifiements pratiquées pendant la période troublées par des guerres civiles de l'époque Sengoku, du milieu du XVe siècle au début du XVIIe siècle[10].

Selon Charles Alexander Moore, c'est l’introduction du christianisme qui aurait influencé le Japon dans la pratique des crucifiements[10].

Accessoires utilisés en bondageModifier

Article détaillé : Accessoire de contrainte.
 
Monogant.

Les accessoires de contrainte utilisés dans le cadre du bondage sont nombreux et variés. Outre les cordes utilisées notamment par le kinbaku, le bondage japonais, d'autres accessoires sont également très présents. Sans chercher à être exhaustif, on peut citer les classiques corsets (qui peuvent être en fer dans ce contexte), les combinaisons de latex, les monogants, les camisoles (y compris les véritables camisoles psychiatriques de toile écrue), ou encore les minerves, monogants.

Indépendamment de ces accessoires qui permettent de réduire la mobilité du corps d'une personne, d'autres permettent de lui interdire de se déplacer, tels que les sacs d'enfermement, les vacuum beds, les suspensions, ou les cages.

Risques et mesures de sécuritéModifier

Dans la communauté BDSM, des règles strictes de sécurité sont appliquées afin de limiter les risques, y compris en ce qui concerne le bondage[11]. Bien que les accessoires de contrainte sont en vente libre, la pratique du bondage n'est pas sans risques.

 
Crochets avec dispositif de sécurité

Les mesures de sécurité relatives au bondage figurent dans des ouvrages relatifs au BDSM, dans des sites et des forums dédiés. La communauté BDSM participe activement à l'éducation de ses nouveaux membres, particulièrement en ce qui concerne ses normes relatives au consentement et à la sécurité[11]. Outre les principes généraux de sécurité du BDSM (principes du safe, sane and consensual), les mesures suivantes sont généralement préconisées[11],[12],[13]:

- ne jamais attacher quelqu'un sur le devant du cou ;

- ne jamais laisser une personne attachée sans surveillance ;

- ne pas laisser une partie du corps devenir engourdie ;

- pas d'alcool ou de substance psychoactive induisant une altération de l'état de conscience ;

- garder des ciseaux à proximité immédiate pour un dégagement rapide des sangles en cas d'urgence ;

- communication constante entre les deux partenaires, en particulier toute sensation de picotement ou de fourmillement dans un membre car ces sensations signalent la possible compression d'un nerf ou l'endommagement d'un vaisseau sanguin et doivent mener à l'interruption immédiate du jeu.

Dans de nombreux espaces publiques de la communauté BDSM, il est interdit de consommer de l'alcool ou d'autres substances susceptibles de modifier l'état de conscience, et donc la capacité à donner et à recevoir le consentement[11]. Un état d'intoxication altère également la capacité à se concentrer sur ses sensations et à communiquer, ce qui s'avère particulièrement dangereux. La personne ligotée pourrait ne pas donner l'alerte à temps en cas de sensation de picotements, de fourmillements ou d'une perte de la sensibilité dans un membre.

Un couple non averti qui s'essaie à la pratique du bondage dans un cadre privé se met en danger s'il essaie de reproduire des images ou des vidées qu'il aurait visionnées. En effet, des figures complexes sont réalisées par des professionnels du BDSM ayant une connaissance approfondie de l'anatomie humaine, de quel lien où nœud peut passer où sans danger majeur, quel accessoire utiliser pour quelle pratique, etc. : tenter de les reproduire en version diy peut mener à la catastrophe[12],[14].

De même, les pratiques d'auto-bondage sont considérées comme étant particulièrement dangereuses car elles impliquent d'enfreindre la règle selon laquelle il ne faut jamais laisser seule une personne attachée[11]. Dans les cas de mort auto-érotique, on retrouve le corps entravé dans une pratique d'auto-bondage dans près de 40 % des cas[15].


Aspects philosophiques et psychanalytiquesModifier

Origine fantasmatique (selon la psychanalyse)Modifier

Naissance du fantasmeModifier

 
John Willie, Revue Bizzare.

Les images, gravées en mémoire, picturales ou cinématographiques, les lectures, et le vécu durant l'enfance, peuvent être à l'origine d'un fantasme. La représentation des supplices a, de tout temps, marqué l'humanité, laissant des traces indélébiles dans l'inconscient collectif.

Selon Roland Villeneuve, durant l'Inquisition, les procès en sorcellerie, « le recours à d'étonnants procédés de recherche de preuves mêle l'érotisme le plus morbide au sadisme le plus raffiné[16],[17] »

Selon Mo, « ce n'est pas un hasard si le fantasme de l'Inquisition et du bûcher est si répandu chez les soumises[18]. » Mo, dominateur pratiquant des jeux sadomasochistes, n'a pas spécifié si les hommes dominés partageaient, aussi, les mêmes fantasmes.

C'est bien l'érotisme morbide, sous-jacent et le sadisme le plus raffiné dont parle Roland Villeneuve qui a donné naissance à un fantasme. Dans son livre le Musée des supplices[19], Roland Villeneuve publie de nombreuses gravures anciennes où les artistes ont transcendé les supplices en œuvre d'art. Dans la majorité de ces supplices, les victimes sont immobilisées, attachées, crucifiées, étirées.

Michel Foucault cite le cas de François Billiard (1772), qui s'était poudré, frisé, s'était offert une paire d'escarpins neufs. « L'écriteau qu'il portait sur la poitrine s'étant dérangé, on a remarqué qu'il le rectifiait[20]. »

Pour Theodor Reik, « l'autopunition pour les premiers moines chrétiens et les ascètes devient un moyen d'excitation sexuelle. L'augmentation de la souffrance produit l'extase. L'Église est amenée à défendre des pratiques expiatoires trop sévères parce qu'elles aboutissent fréquemment à la satisfaction sexuelle. […][21],[22] »

Selon Virginie Despentes : « Les saintes, attachées, brûlées vives, les martyrs ont été les premières images à provoquer chez moi des émotions érotiques[23]. »

Plusieurs scènes aperçues, vécues ont suscité la sexualité de Leopold von Sacher-Masoch :

« Déjà, enfant, j’avais, pour le genre cruel, une préférence marquée, accompagnée de frissons mystérieux et de volupté […]. Je dévorais les légendes des saints et la lecture des tourments endurés par les martyrs me jetait dans un état fiévreux… »

Leopold von Sacher-Masoch en parle pour la première fois dans la Revue bleue[24].

Les fabricants d'objets érotiques se sont adaptés à la demande des pratiquants du bondage et des sexualités plurielles : « ceintures de chasteté », « cage à forme humaine » (vierge de Nuremberg), « menottes de forçats, de galériens », « camisoles de force ». Tout ce que l'humanité a utilisé pour supplicier, contraindre, est copié de façon caricaturale. Pour servir, non plus à l'asservissement social de l'individu, mais à des jeux sexuels où les partenaires sont consentants.

Les artistes Eric Stanton, John Willie et le photographe Charles-François Jeandel[25]-[26] se sont inspirés de l'Inquisition et représentent des « suppliciés ludiques », attachés, emprisonnés par des accessoires copiés sur ceux des tortures ancestrales. Les grands maîtres selon Gilles Deleuze : « Les amours de Leopold von Sacher-Masoch prennent leur source dans l'œuvre d'art », « C’est quand les sens ont pour objet des œuvres d’art qu’ils se sentent pour la première fois masochistes[27] ». Ainsi la Vénus au miroir du Titien serait l’une des images originaires de l’écrivain.

Selon Le Journal des Arts[28], « le sexe n’entre pas au musée, il y était déjà... », allusion à l’exposition de 2000 intitulée « Posséder et détruire : stratégies sexuelles dans l'art d'Occident », organisée au Musée du Louvre par Régis Michel, qui en a signé le catalogue[29].

Selon Theodor ReikModifier

Pour Theodor Reik, le dominé organise une situation dans laquelle il se trouve obligé d'accepter tout ce que son partenaire veut lui imposer, le sujet échappe, ainsi, à la culpabilité qu'il associe à ce qu'il considère comme une faute. Le sentiment d'impuissance lui permet de surmonter l'interdit. Il s'agit du plaisir sans responsabilité. C'est le dominant qui endosse la faute. Theodor Reik l'explique de façon lumineuse dans son livre sur le masochisme[21]. Selon Theodor Reik la personne ligotée se sent plus désirée qu'à l'ordinaire. Elle se dit que si elle s'est retrouvée dans cette situation, c'est que quelqu'un juge utile de la garder captive. Pour le psychanalyste Theodor Reik, le sentiment de culpabilité masochiste porte un coup au narcissisme du sujet[30],[21], dont les pratiques pourront ensuite témoigner de la recherche d'une mise en valeur personnelle[21].

« Mais en revenant à ces fantaisies elles-mêmes - par exemple le cycle de Moloch ou celui de la reine meurtrière - nous sommes toujours en face d’une énigme. Que disons-nous de la fantaisie d’un prisonnier ligoté et sexuellement manipulé par de belles vierges jusqu'à l’orgasme ? Et des autres fantaisies, si excitantes pour l’un de nos patients, de Laocoom dans l’étreinte mortelle des serpents, ou de Marsyas écorché par Apollon ? Pouvons nous espérer découvrir la nature de ce que le masochiste craint vraiment derrière ces distorsions ? Leur découvrir, malgré leur différences individuelles, un commun dénominateur ? Il y a du reste un moyen de se débrouiller dans toutes ces complications et de pénétrer au cœur de leur conception[31]. »

Selon Reik il est important de noter qu'il y a pathologie lorsque le patient qui vient le consulter n'a d'autres modes de sexualité que celle de vivre enfermé ou attaché.

« Le masochisme est une tendance instinctive commune en tant que possibilité et réalisation à tous les êtres humains, et ne devient pathologique qu'en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l'instinct. »

Selon Karl AbrahamModifier

C'est le cas de cette patiente et, plus loin, le cas du patient de Karl Abraham :

« J’ai parmi mes patientes une jeune veuve qui se protège contre l’envie de sortir de chez elle, c’est-à-dire de s’exposer inconsciemment aux tentations sexuelles, en verrouillant la porte et en en cachant la clé. Elle est ensuite obligée d’emporter cette clé dans une autre pièce. Le processus du déplacement se traduit dans un second temps par les démarches suivantes : elle attache la clé à quelque chose, par exemple à la porte; puis les nœuds sur la ficelle passée autour de la clé deviennent de plus en plus nombreux et compliqués. Plus tard la clé finit dans une boite qui est à son tour verrouillée et ligotée, et ainsi de suite, si bien que chaque fois que ma patiente doit ouvrir sa porte au facteur ou à un ami en visite elle se trouve dans une situation plutôt difficile. Enfin la clé est confiée à la vieille cuisinière qui reçoit en même temps l’ordre exprès de veiller à ce qu’elle ne tombe pas aux mains de sa maîtresse, laquelle est dévorée par le désir inconscient de sortir et de se faire "draguer" par un homme. On dirait vraiment à lire cette description que la malade purge une peine de prison. Ce type de processus met en lumière non seulement le déplacement qui se produit au niveau de la satisfaction substitutive et des mesures de protection, mais aussi l’intensité du besoin de punition, intensité qui correspond à la violence de la tentation et qui subit comme elle un déplacement. Nous constatons en outre que la gratification d’une pulsion interdite peut, en même temps, satisfaire le besoin de punition[32]. »

Le cas relaté par Karl Abraham : « Son intérêt sexuel prit une autre direction. À quatorze ans, il commença à se ligoter; il répétait cet acte chaque fois qu’il se trouvait seul chez lui. Il se complaisait à des lectures traitant de ligotage, en particulier à des histoires d’Indiens ou les prisonniers sont attachés et torturés mais il ne tenta jamais de ligoter quelqu’un d’autre; il n’était pas davantage tenté de subir ce procédé[33]. »

Selon Otto RankModifier

Selon Otto Rank, le sujet qui pratique le ligotage cherche à retrouver au travers de son immobilisation la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine ; « c'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste essaie de rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine[34] », avant le traumatisme de la naissance. Toujours d'après ce psychanalyste, le bondage constitue un élément typique du masochisme.

C'est aussi de castration dont il s'agit : cas relaté plus haut par Theodor Reik, le cas Leopold von Sacher-Masoch et la Vénus de marbre[24], le cas Hans Bellmer tel qu'expliqué par Jean-Tristant Richard[35], puis par Pascal Quignard dans Le Sexe et l'effroi[36]. Quignard explique la fascination dans le sens attirance/répulsion, parce que « nous transportons avec nous le trouble de notre conception [...] Il n'est point d'image qui nous choque qu'elle ne nous rappelle les gestes qui nous firent [...] Or cette “chose regardée en même temps”, nous ne pouvons en aucun cas la voir. Nous sommes venus d'une scène où nous n'étions pas. » Pour Pascal Quignard, le sexe de la femme représente, dans l'inconscient, le non-être, la mort. En bondageant la femme, l'homme la rend disponible (attirance) et immobile, donc non dangereuse (répulsion).

L'exemple d'Ulysse selon Michel FoucaultModifier

 
Odysseus and the Sirens de John William Waterhouse (1891).

Michel Foucault analyse l'épisode célèbre de l'Odyssée d'Homère lorsque Ulysse et ses compagnons entendent au large le chant des sirènes. Tous les compagnons d'Ulysse sont irrésistiblement attirés, fascinés par la voix des sirènes, tout en sachant qu'elles sont des émanations de la mort. Mais leur voix provoque une telle fascination, un tel embrasement pulsionnel que la raison, c'est-à-dire la conscience de l'instinct de survie, est annihilée par l'attrait sexuel du chant, si bien qu'ils se jettent par-dessus bord dans l'océan, dans la Mer, qui apparaît comme une image de la Déesse Mère[37], sachant d'avance qu'ils ne survivront pas. Cet épisode illustre l'impossibilité de résister à la fascination du gouffre et à l'engloutissement dans le gouffre de la Mer/Mère.

Les membres de l'équipage ne résistent pas, sauf Ulysse, personnage symbolique de la ruse de la pensée. Sachant qu'on n'échappe pas à l'appel des sirènes et donc à la mort, Ulysse s'enchaîne au mât du navire, et donc en même temps, il peut jouir du chant des sirènes, sans mourir. Dans La Pensée du dehors (dans un chapitre intitulé « Eurydice et les sirènes »), Michel Foucault commente ainsi cette mortelle promesse des sirènes, « promesse à la fois fallacieuse et véridique » :

Elle [cette promesse] ment puisque tous ceux qui se laisseront séduire et pointeront leurs navires vers les plages ne rencontreront que la mort. Mais elle dit vrai puisque c'est à travers la mort que le chant pourra s'élever et raconter à l'infini l'aventure des héros. Et pourtant ce chant pur - si pur qu'il ne dit rien que son retrait dévorant - il faut renoncer à l'entendre, boucher ses oreilles, le traverser comme si on était sourd pour continuer à vivre et donc commencer à chanter ; ou plutôt, pour que naisse le récit qui ne mourra pas, il faut être à l'écoute, mais demeurer au pied du mât, chevilles et poings liés, vaincre tout désir par une ruse qui se fait violence à elle-même, souffrir toute souffrance en demeurant au seuil de l'abîme attirant, et se retrouver finalement au-delà du chant, comme si on avait traversé vivant, la mort, mais pour la restituer dans un langage second[38].

À propos d'Ulysse selon Pascal QuignardModifier

Et le chant des sirènes : « Il faut être attaché pour qu'elles n'attachent pas (...) Il faut s'attacher pour se défaire de l'attachement[39]… »


Bondage dans la cultureModifier

Arts graphiquesModifier

Johann Heinrich FüssliModifier

L'œuvre de Johann Heinrich Füssli évoque à plusieurs reprises la situation du ventre maternel dont parle Otto Rank[34]. Par exemple : le Cavalier attaqué par un serpent géant. La bête devient maternelle. Son corps enserre, ligote le cavalier, elle forme une protection quasi fœtale. Dans Le Silence, la jeune femme est en position fœtale. Enfin dans Brunehilde observant Gunther, Gunther est pieds et mains ligotés comme un paquet. Il est suspendu au plafond sous le regard dominant et inquisiteur de Brunehilde.

Régis Michel[40] évoque l'état fœtal de Gunther, soit le rapport masochiste au ventre maternel dont parlent Otto Rank[34] et Sándor Ferenczi[41].

Dans ce même catalogue, Régis Michel évoque L'Éros suspensif de Gunther Scènes S/M à la cour de Worms. « Gunther est suspendu à son crochet comme un quart de viande. […] Le prince de rhénan, chevalier modèle, n'a plus guère de forme humaine. On dirait un œuf. » Régis Michel évoque l'état suspensif dont parle Gilles Deleuze, lorsqu'il analyse le masochisme. Trois pages après, toujours dans le même catalogue, Régis Michel évoque Brunehilde domina Brunehilde en « Phallique. Sadique (…) Voici Brunehilde en domina : vraie tortionnaire et fière de l’être ».

Eugène DelacroixModifier

 
L'Enlèvement de Rebecca d'Eugène Delacroix.

Dans son catalogue pour l’exposition « Posséder et détruire. Stratégies sexuelles dans l’art d’occident », Régis Michel évoque les sexualités plurielles dans la peinture et oblige le visiteur à regarder d'un œil oblique l’œuvre d’art, c'est le cas pour L'Enlèvement de Rebecca dont Régis Michel dit :

« Esthétique du spasme. Ce kidnapping tourne au bondage. Or le...transport ne tient pas seulement à la jouissance des chaînes. Il lui faut encore la souffrance de l'enchaînée. De là cette volte-face : Rébecca ne me regarde pas (ses yeux se dérobent). Mais elle attire mon regard en m'offrant son visage. […] Rébecca n'est plus qu'une chose à la merci de ses tortionnaires »

— Extrait de l'ouvrage de Régis Michel[42]

Hans BellmerModifier

Les dessins et les gravures de Hans Bellmer, qui a illustré le Marquis de Sade, Georges Bataille et Lautréamont, expriment des univers oniriques où la conciliation des contraires est possible, conformément au Manifeste du surréalisme de Breton.

Selon le psychanalyste Jean-Tristant Richard, Hans Bellmer aurait été influencé dans le choix de la forme de son art par la lecture de lettres publiées d'Oskar Kokoschka (Der Fetish, 1925) et aurait été fasciné par la représentation des Contes d'Hoffmann d'Offenbach, inspirés par l'histoire de la poupée Olympia de L'homme au sable. Freud lui-même a été sensible à ce conte d'Hoffman[43]. Olympia est un automate, auquel le professeur Spalanzani, plus alchimiste que physicien, a donné la vie.

Bellmer décide, pour assouvir ses fantasmes, de créer des poupées qui font alors scandale. Les corps des poupées sont ligotés, écartelés, violés, vidés.

Pour Bellmer Les corps doivent être soumis aux métamorphoses inavouables de la sexualité humaine la plus animale[35].

Pour J-T Richard, Bellmer semble avoir rencontré d'importantes difficulté à intégrer le complexe d'Œdipe :

On associera encore ces comportements et l'utilisation du ligotage aux pratiques du bondage des adeptes du sado-masochisme[35].
Si l'on tient compte que Hans Bellmer a aussi photographié nue et ligotée Unica Zurn sa compagne, on peut avancer que les éléments pervers de sa personnalité ont contribué, pour défier l'irreprésentable de la castration féminine, à faire d'autrui un handicapé rejoignant ainsi les arts érotiques japonais ancestraux, d'essence fétichiste, du "hojojutsu", du "kinbaku" et du "shibari".

Hans Bellmer a vécu dix huit ans avec Unica Zürn, qui, déclarée schizophrène, se défenestrera.

Le martyre des poupées de Hans Bellmer ressemble à celui que les Japonais font à leurs poupées. Ils les ligotent, torturent, pénètrent, installent dans des positions obscènes, griment en prostituées. Une photo de Ryo Yoshida[44] d'une poupée désarticulée ressemble fort aux dessins de Hans Bellmer. Une autre poupée est immobilisée, il s'agit d'une poupée créée par Hiroko Ishima[45].

MusiqueModifier

  • Le Japonais Merzbow, musicien, est connu pour ses performances de bondage sur scène.

PhotographieModifier

  • Charles-François Jeandel (1859-1942), France, le premier témoignage de bondage sont les cyanotypes (ancêtre de la photographie, de couleur bleue) de 1859-1942 d'un notable angoumoisin. Ces clichés sont conservés au musée d'Orsay[46]. Ils ont été identifiés grâces aux travaux d'Hélène Pinet dans les années 1990, qui a reconnu des portions d'une toile de Jeandel sur des clichés (Renversements de l'idole Sérapis, 1889, exposée à la mairie d'Angoulême).[source insuffisante]
  • Irving Klaw (1910-1966), photographe et réalisateur fétichiste, qui fut l'un des premiers photographes dans ce domaine, avec son modèle, Bettie Page.
  • Nobuyoshi Araki (né en 1940), photographe japonais, dont les thèmes sont Tokyo, le sexe et la mort, photographie beaucoup de femmes nues, à commencer par son épouse. Pour lui, la nudité est dans le portrait et non dans le corps. Artiste prolifique, il a décliné de nombreuses séries de photos et d'essais, rapidement auréolées d'une atmosphère sulfureuse et de la figure mythique de l'artiste. Après la mort de sa femme, de nombreuses photos de prostituées, de jeunes étudiantes nues, de scènes ouvertement sexuelles (en particulier de bondages) ponctuent ses travaux.
  • Peter Czernich (né en 1953) est un photographe, créateur d'évènements, designer et éditeur allemand, spécialisé dans le Fashion Fetish. Il est l'éditeur de Marquis, après avoir longtemps coédité la revue britannique Skin Two qui, toutes deux, sont spécialisées dans le fétichisme abordé sous l'angle « fashion ».
  • Romain Slocombe (né en 1953) photographie des jeunes filles accidentées et clouées au lit. Elles sont plâtrées. Elles portent des bandages, des corsets médicaux et des minerves. Bien que certaines légendes des photos soient intitulés fractures, luxations, accident ferroviaire..., les jeunes femmes, toutes japonaises, sont impeccablement maquillées et certaines sourient[47].
  • Gilles Berquet (né en 1956)[48] artiste photographe qui développa l'art du bondage avec une certaine dose d'humour, non sans rapport avec le travail de John Willie. Il est le créateur de la revue Maniac[48] qui se veut un hommage (ou une suite !) à la revue Bizarre de John Willie. Le premier numéro de Maniac (1994) est consacré à John Willie.
  • Bernard Corvaisier est écrivain et photographe. Il a publié en avril 1986 un collector. Les femmes sont ligotées avec des draps déchirés. Cela ressemble un peu au travail de Romain Slocombe, car, à certains moments, les têtes des femmes sont enveloppées dans des bandages de coton blanc qui pourraient ressembler à des pansements. Elles sont souvent couchées sur du coton blanc froissé[49].

CinémaModifier

FilmsModifier

Acteurs, actricesModifier
  • Sakura Sakurada (桜田さくら connue sous le nom de Sakura Matsui), actrice japonaise

Dans la culture populaireModifier

Wonder womanModifier

L'héroïne Wonder Woman, faisant usage régulier du lasso et ligotant ses ennemis, renvoie au concept de bondage. Son créateur, William Moulton Marston, souhaite lui donner l'image d'une dominatrice. Les premiers épisodes comportent de nombreuses scènes renvoyant clairement à cet univers, où Wonder Woman ligote ses ennemis, souvent avec des chaînes[57].
Wonder Woman fut en premier lieu un personnage de bande dessinée, avant d'être portée à partir de 1975 à la télévision dans la série éponyme, puis sur grand écran en 2017 avec le film Wonder Woman. Cette même année, le biopic My Wonder Women consacré à Marston sortit également au cinéma, confirmant l'inspiration que le bondage lui avait apportée pour créer le personnage de Wonder Woman[58].

Publications illustréesModifier

  • Master "K"[59], auteur d'ouvrages sur l'art du shibari/kinbaku, dont The Beauty of Kinbaku Shibari[60],[61]
  • Bridgett Harrington, auteur de Shibari You Can Use : Japonese Rope Bondage and Erotic Macramé Photos, une méthode
  • David Lawrence - auteur d'un portfolio sur Secret Magazine no 31 - a publié, aux éditions Secret Magazine, un ouvrage intitulé Bound[62]
  • Yoji Muku, illustrateur - auteur de dessins en ligne[63].

Bandes dessinéesModifier

  • Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope - intégrale, Georges Pichard, Glénat, 2009 (ISBN 9782723472944)
  • (en) "K", Shibari: the art of Japanese bondage, Secret, (ISBN 9080770620 et 978-9-080-77062-1)
  • Livre Bound, David Lawrence - Éditions Secret Bruxelles
  • The Best Of Stanton, volume 1, Le Cauchemar de Diana, Les Périls de Diana, L’Extraordinaire Aventure de Marie, traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1979
  • The Best Of Stanton, volume 2, L’École de perfectionnement de Mrs Tyrant, Phyllis en péril, Madame Discipline, traduction, préface R. Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1979
  • The Best Of Stanton, volume 3, Le Club de la botte de cuir, Obéir ou être battu, Ceux qui souffrent, etc., traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1981
  • The Best Of Stanton, volume 4, Jill, Détective incognito, Priscilla, Reine de l’Évasion, traduction, préface R. Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1982
  • The Best Of Stanton, volume 5, Un Voyage périlleux, Helga cherche des esclaves, traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1983
  • (ja) Nihon KinbakuShashin Shi by Masami Akita, Nocturna Press, Tokyo, 1996.
  • (ja) The Tokyo Journal, Japanese S/M parts I (10/98) and III (2/99)
  • (ja) NawaYumio (1964) Studies in Jitte and Torinawa, Tokyo
  • (ja) Nawa Yumio (1985) An Illustrated Encyclopedia for historical studies, Tokyo.
  • (ja) Erotique Du Japon by Theo Lesoualc’h, édition Henri Veyrier, Paris, 1987
  • (en) The Adventures of Sweet Gwendoline by John Willie éditions Bizarre Publishing Company
  • (en) Japanese Cinema Encyclopedia, The Sex Films by Thomas and Yuko Weisser, Vital Books, Miami, 1998
  • (en) Bishop On Bondage (series of magazines) (House of Milan, 1984)
  • (en) Bishop: The Art of Bondage (series of magazines) (Lyndon Distributors Limited, 1993)

Personnalités contemporaines du bondageModifier

Article détaillé : Personnalités du bondage.
  • Kogure, Bondage corde et latex[64]
  • Don Sir[64]
  • Hikari Kesko[64]
  • Robert Bishop (en)[61]
  • Nawashi Murakawa[65]
  • Yürgen Boedt, créateur d'évènements et éditeur de Secret Magazine ainsi que de Shibari et l'Anthologie du bondage[60]
  • Max Drault[66]

Notes et référencesModifier

  1. Petit Robert 2012 : Bondage, « pratique sexuelle sado-masochiste dans laquelle un des partenaires est attaché ».
  2. Agnès Giard, « Bondage », dans Janine Mossuz-Lavau (dir), Dictionnaire des sexualités, Paris, Robert Laffont,
  3. S. Nacht, Le Masochisme, éd Denoël -1938
  4. Agnès Giard, Les objets du désir au Japon, Drugstore, (ISBN 9782723472395 et 2723472396, lire en ligne)
  5. Yumio Nawa, (en)An Illustrated Encyclopédia for Historical Studies, citée par Agnès Giard.
  6. Extrait d'une interview de Denki Akechi.
  7. a et b Agnès Giard, L'imaginaire érotique au Japon, Albin Michel, (ISBN 2226166769 et 9782226166760)
  8. a et b Les Sortilèges du bondage japonais en ligne - Midori
  9. Midori, p. 24.
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  11. a b c d et e (en) Lee, E. M, Klement, K. R. et LSagarin, B. J., « Double hanging during consensual sexual asphyxia: a response to Roma, Pazzelli, Pompili, Girardi, and Ferracuti (2013). », Archives of sexual behavior, vol. 44, no 7,‎ , p. 1751-1753
  12. a et b (de) Andreas Gill, « Bondage:Verletzungen beim Fesselsex verhindern », sur www.lifeline.de, (consulté le 23 mars 2019)
  13. (nl) Djanlissa Pringels et Sabine Rovers, « Bondage: Ich habe mich von einem Shibari-Meister verknoten und aufhängen lassen », sur Vice, (consulté le 23 mars 2019)
  14. « "Attacher sa partenaire est un art érotique" », sur LExpress.fr, (consulté le 23 mars 2019)
  15. (en) A. Sauvageon et Gebert VJ, Autoerotic Deaths. Practical Forensics and Investigative Perspectives, CRC Press,
  16. Roland Villeneuve, Les procès de sorcellerie., Payot, (ISBN 2228125709 et 9782228125703, lire en ligne)
  17. Quatrième de couverture.
  18. Hieros et Mo, Le sexe fort, Éditions Léo Scheer, (ISBN 978-2-756-10249-8)
  19. Roland Villeneuve, Le Musée des supplices, éditions Azur - Claude Offensttadt, collector tiré à 100 exemplaires 1968.
  20. Michel Foucault, Surveiller et punir: naissance de la prison, Gallimard, (ISBN 2070291790 et 9782070291793), p. 55
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    un essai de psychanalyse sur la psychologie et le psychisme masochiste
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  25. Biographie et photos de Charles-François Jeandel.
  26. Ange-Dominique BOUZET, « Bondage, liaisons débridées. », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2017)
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    présentation de la Vénus à fourrure et essai sur le masochisme
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  32. « Theodor Reik, article en ligne »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
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  46. Charles-François Jeandel - Musée d'Orsay en ligne en ligne Musée d'Orsay en ligne
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  49. Bernard Corvaisier, Pulsion, collection particulière no 1 éd. Pink Star 1986.
  50. Les Amants crucifiés.
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  52. The Chaser : un chasseur, un tueur : cantique de la rédemption, article d'Alexandre Martinazzo.
  53. Article en ligne sur le blog Bric à Brac.
  54. Diverses scène de bondage au cinéma, première partie
  55. Diverses scène de bondage au cinéma, deuxième partie.
  56. (en) SM-rechter sur l’Internet Movie Database.
  57. (en) Stefan Kyriazis, « Wonder Woman was based on the SEX CULT and bondage orgies of her creator », sur Express.co.uk, (consulté le 9 mars 2019)
  58. « "My Wonder Women": ménage à trois, bondage et super-héroïne (critique) », sur France Soir, 2018-94-17
  59. Portfolio Secret Magazine No 33
  60. a et b (en) "K", Shibari: the art of Japanese bondage, Secret, (ISBN 9080770620 et 978-9-080-77062-1)
  61. a et b (en) "K", The beauty of kinbaku: (or everything you ever wanted to know about Japanese erotic bondage when you suddenly realized you didn't speak Japanese), (ISBN 9780615248769 et 0615248764)
  62. (en) « David Lawrence's Shibari Art Photography ».
  63. Yoji Muku illustrateur - dessins en ligne
  64. a b et c Portfolio Secret Magazine No 34.
  65. Nawashi Murakawa
  66. Max Drault

Articles connexesModifier