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Œuvre d'art

produit s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect
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Exemple d'œuvre d'art : demi-coupole du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, ornée d'arabesques végétales peintes en jaune doré sur fond bleu nuit, IXe siècle.
Le portrait de Mona Lisa, une pièce très célèbre des beaux-arts.

Une œuvre d’art, ou un objet d'art, est un objet ou une création artistique ou esthétique. C'est généralement un élément fait par un artiste.

En particulier, un chef-d'œuvre était anciennement la preuve de l'excellence que devait présenter le compagnon pour être promu à la maîtrise dans sa corporation.

Définition et usage du motModifier

  1. Au féminin on emploie le mot « œuvre » pour désigner « l'ensemble des actions accomplies par quelqu'un en vue d'un certain résultat » : donc « une œuvre d'art ».
  2. Au masculin singulier à valeur collective pour désigner l'ensemble des œuvres (d'un peintre, d'un graveur, d'un musicien)[1].

Ainsi on distingue les « œuvres d'art » réalisées par tel artiste et « son œuvre ». Chaque réalisation d'un artiste, au long de sa vie, constitue tout d'abord « une œuvre » au sens de résultat, produit de son activité ; ce qui est réalisé, créé. Et on emploie le masculin singulier « son œuvre » pour évoquer l'ensemble des réalisations de cet artiste.

« Œuvre », synonyme d'« ouvrage »Modifier

Fin XVIIIe siècle, « œuvre » désigne le travail d'un artisan, il est synonyme avec « ouvrage ».

Ce mot a différentes significations dans l'art de bâtir, on dit :

  • « Hors-œuvre » lorsqu'on prend les mesures de quelque partie de dehors en dehors, comme d'un pavillon ;
  • « Dans-œuvre », lorsqu'on prend les mesures de quelque partie eu dedans, comme d'une chambre ;
  • « Sous-œuvre » : se dit d'un bâtiment qu'on soutient par des chevalements et dont on reconstruit les fondements ; c'est le reprendre en sous-œuvre ;
  • « Mettre en œuvre », c'est employer quelque matière, lui donner une forme, et la mettre en place ;
  • « Gros œuvre » : c'est l'ensemble des ouvrages de l'édifice qui concourent à la reprise des efforts subis en permanence par la construction ;
  • « Second œuvre » (ou « œuvre léger ») : ce qui n'est pas du gros œuvre[2].

En particulier, un chef-d'œuvre était anciennement la preuve de l'excellence que devait présenter le compagnon pour être promu à la maîtrise dans sa corporation.

 
Corps de bâtiment classique :
1- dans œuvre en façade
2- engagé
3- demi hors œuvre
4- hors œuvre
5- en encoignure

Ouvrage d'art et œuvre d'artModifier

 
Alfred Stieglitz, photographie de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917.

Le XIXe siècle n'établit pas de distinction véritable entre « ouvrage » et « œuvre ». L'« ouvrage » renseigne éventuellement sur l'objet final, et « œuvre » (sur la mise en œuvre), sur la manière d'y parvenir, son exécution (distinction que l'on retrouve en construction dans les termes « maître d’œuvre », qui désigne les parties chargées de la réalisation, les entreprises et le « maître d’ouvrage » qui désigne le propriétaire de l'ouvrage). Il en est de même pour les termes « ouvrage d'art » et « œuvre d'art ». On emploie l'un ou l'autre de manière indifférente, pour désigner une réalisation artisanale ou artistique.

Les réalisations de l'ingénieur (l'avènement de la machine comme instrument de production, va nécessiter une étude approfondie des procédés de fabrication. L'ingénieur est une réponse de l'industrie aux nouveaux défis lancés par la révolution industrielle[3]) sont désignées couramment par le terme « ouvrage d'art ». La distinction entre ouvrage d'art et œuvre d'art tend donc à se renforcer et peut devenir l'objet de débats qui engagent notamment les critiques d'art.

Ainsi, pour un critique d'art au XIXe siècle, le terme « ouvrage d'art » pourra correspondre à une sorte de syntagme figé renvoyant à une catégorie bien prévisible issus du génie civil. L'œuvre d'art engage à plus que sa matérialité mise au service de sa fonctionnalité immédiate. Un ouvrage d'art est envisagé comme œuvre d'art lorsqu'il participe à l'activité critique habituellement dévolue à l'œuvre d'art[4]. L'ouvrage d'art a une utilité que n'a pas l'œuvre d'art.

La démarche d'un Marcel Duchamp est symptomatique des questionnements sur l'art au XXe siècle. Duchamp est l'un des premiers à qualifier « œuvre d'art » n'importe quel objet[5], en accolant son nom à celui-ci. L'attitude du ready-made consiste, initialement, à simplement choisir un objet manufacturé et le désigner comme « œuvre d'art ». Initiée par Duchamp, cette démarche a donné naissance à une grande partie des pratiques artistiques actuelles, qu'elles s'en réclament ou s'en défendent.

Œuvre d'artModifier

En France, la législation encadre strictement la notion d'œuvre d'art car la fiscalité régissant les œuvres d'art est spécifique (en matière de TVA comme en matière d'impôt sur la fortune). Ainsi, l'article 98-A du code des impôts[6] donne les critères permettant de définir ce qu'est une œuvre d'art du point de vue du législateur, et ce, par discipline artistique :

  1. S'agissant des tableaux, collages, peintures et dessins, ceux-ci doivent être entièrement exécutés à la main par l'artiste ;
  2. S'agissant des gravures, estampes et lithographies originales, elles doivent être tirées en nombre limité directement en noir ou en couleurs, d'une ou plusieurs planches entièrement exécutées à la main par l'artiste, quelle que soit la technique ou la matière employée, à l'exception de tout procédé mécanique ou photomécanique ;
  3. S'agissant des tapisseries faites à la main, elles doivent être limitées à plus de huit exemplaires de chacun d'eux ;
  4. S'agissant des photographies, elles doivent être prises par l'artiste, tirées par lui ou sous son contrôle, signées et numérotées dans la limite de trente exemplaires, tous formats et supports confondus. En matière de photographie d'art[7], l'impression et les supports utilisés sont essentiels, en ce sens qu'ils forment un tout indissociable de la photographie. L'impression des photographies d'art utilise soit la technologie dite « argentique », soit la technologie dite « pigmentaire » (plus chère mais plus précise) qui monte en puissance depuis plusieurs années et les principaux matériaux utilisés pour l'encadrement sont le cadre avec passe-partout, le contre-collage sur aluminium et la caisse américaine.

Notes et référencesModifier

  1. Œuvre - Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).
  2. J. M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814 (maçonnerie).
  3. L'avènement de la machine comme instrument de production, va nécessité une étude approfondie des procédés de fabrication. En réponse à cette exigence, l'industrie va donner naissance à un nouveau type d'intellectuel : l'ingénieur ; « c'est à lui que seront dévolues la recherche et l'innovation technologique. Spécialiste en science appliquée, l'ingénieur est aussi un cadre technique qui organise le processus de production. Les ingénieurs s'inscrivent dans la division moderne du travail ». Dans René Vittone, Bâtir : Manuel de construction, Presses polytechniques et universitaire romandes, 2010.
  4. Dominique Rouillard, Mobilité et esthétique : Deux dimensions des infrastructures territoriales, Éditions L'Harmattan, 2000.
  5. « Bonnes feuilles : Jean-Luc Chalumeau publie ces jours-ci un nouveau livre, Comprendre l'art contemporain (éditions du Chêne). », Visuelimage.com.
  6. « Code général des impôts, annexe 3 - Article 98 A », Legifrance, (consulté le 27 juin 2016).
  7. « Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? - ArtPhotoLimited - Photographie - Œuvre d’art », Artphotolimited.com, .

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Sandrine Baranski, « Manières de créer des sons : l'œuvre musicale du grand versus le dispositif musical », Revue DEMéter, novembre 2009, université Lille-III [lire en ligne]
  • (en) Arthur C. Danto, The Transfiguration of the Commonplace, New York, Harvard University Press, 1981. Traduction française de Claude Hary-Schaeffer, La Transfiguration du banal - Une philosophie de l’art, Paris, Le Seuil, coll. Poétique, 1989, 330 pages.
  • Françoise Chaudenson, À qui appartient l'œuvre d'art ?, Paris, Armand Colin, 2007, 309 p.
  • Gérard Genette, L’œuvre de l’art. Immanence et transcendance, Paris, Le Seuil, coll. Poétique, 1994, 301 pages.
  • Michel Haar, L’œuvre d'art: essai sur l'ontologie des œuvres, Paris, Hatier, 1994, 79 pages.
  • Sylvie Dallet, Georges Chapouthier et Émile Noel(sous la direction de), La création –définitions et défis contemporains, Paris, Éditions L'Harmattan, 2009, 243 pages.

Articles connexesModifier

Œuvres d'art :

Liens externesModifier