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Zineb El Rhazoui

journaliste française

BiographieModifier

OriginesModifier

Zineb El Rhazoui naît le à Casablanca[2] d'un père natif de cette ville, cadre[3] chez Royal Air Maroc, et d'une mère, femme au foyer[2],[4], fruit de l'union entre une Française et un Oranais représentant le FLN dans l’Hexagone auprès de la diaspora ouvrière algérienne[2]. Elle dispose des nationalités française et marocaine[5].

FormationModifier

Après un baccalauréat obtenu avec mention dans un lycée de Casablanca[6], elle part étudier à l'université Panthéon-Sorbonne, en licence de langues arabe et anglaise[2].

Elle obtient ensuite une maîtrise de langues étrangères appliquées à l'université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3) en 2004, puis en sociologie des religions à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)[4],[7] ; elle rédige à cette dernière occasion un mémoire sur « L'évangélisation au Maroc » en 2007[8].

Elle enseigne l’arabe classique, la méthodologie de l’écrit et de la recherche avant de couvrir la guerre de Gaza en 2008[9].

Premiers engagementsModifier

Elle est ensuite professeur à l’université française d'Égypte (UFE), où elle enseigne la méthodologie de l'écrit et de la recherche[2],[10],[11] ainsi que l'arabe classique à des étudiants de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en stage de formation au Caire[8].

Elle collabore d'abord au Journal hebdomadaire[2], où elle publie de nombreux articles sur la communauté chrétienne marocaine et le culte maraboutique[12]. Elle est reporter de guerre lors de la guerre de Gaza de 2008-2009[8]. Elle mène de nombreuses enquêtes sur les libertés individuelles et les droits de l'homme au Maroc, ce qui lui vaut d'être arrêtée à trois reprises[13].

En 2009, elle fonde avec une amie, la Marocaine Ibtissam Lachgar, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI)[14] qui réclame notamment l'abrogation de l'article 222 du Code pénal marocain qui punit d'un à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 200 à 500 dirhams quiconque « notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion »[15],[16]. En , le MALI provoque une vive polémique au Maroc après avoir tenté d'organiser, à Mohammédia, un pique-nique en public en plein mois de jeûne[2],[16]. Cette tentative initie le mouvement des « Dé-jeûneurs »[16],[17],[4],[18].

En , elle participe à la coordination du Mouvement du 20 Février[2]. Elle se fait remarquer lors d'une réunion plénière d'Europe Écologie Les Verts le à Clermont-Ferrand par son intervention contre Driss el-Yazami, conseiller du Roi[19].

Fin 2011, elle trouve refuge à Ljubljana, en Slovénie, dans le cadre du programme International Cities of Refuge Network (en) (IPCORN)[20],[21],[22]. Elle y reste un[2] à deux ans[21]. Elle part ensuite vivre en France. Elle devient porte-parole de Ni putes ni soumises en [2] ou [23],[24].

Charlie Hebdo (2013-2016)Modifier

(en) Discours de Rhazoui sur « détruire le fascisme islamique » à Londres, en 2017 (29 min).

Après y avoir signé quelques articles dès 2011, elle est embauchée en 2013 par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo[2], où elle écrit sur le thème des religions[25],[26].

Alors en vacances[27] à Casablanca, elle échappe à l'attentat terroriste islamiste contre le siège social de Charlie Hebdo le [2]. Elle contribue au « numéro des survivants », qui sort en kiosque le mercredi suivant.

En , elle reçoit, ainsi que son mari, des menaces de mort sur Twitter[28]. En , elle préside le jury du prix de la Laïcité[29].

En mai 2015, dans l'émission Le Petit Journal, elle dénonce la mauvaise répartition de l'argent perçu par Charlie Hebdo après l'attentat[30]. La journaliste, membre de la rédaction, reçoit le mercredi 13 mai, un courrier de convocation à un entretien préalable à un licenciement pour faute grave envoyé par la direction, en attendant elle est mise à pied[31]. Elle dit ignorer le motif de sa convocation et la faute grave dont il serait question et déclare : « Je suis choquée et scandalisée qu'une direction qui a bénéficié d'autant de soutien après les attentats de janvier fasse preuve d'aussi peu de soutien envers un de ses salariés, qui est sous pression comme tous dans l'équipe et fait l'objet de menaces »[31]. La procédure de licenciement est annulée deux jours après[30].

En janvier 2016, elle publie chez les Éditions Ring un livre sur les attentats du 13 novembre intitulé 13[32],[33].

Le 9 septembre 2016, elle annonce quitter Charlie Hebdo, lors d'un entretien à la webradio étudiante Web7Radio [34][35].

Après CharlieModifier

Menacée de mort, elle est l'une des femmes les plus protégées de France et vit sous escorte policière en continu[36].

En juillet 2016, elle publie dans la presse « Lettre ouverte à un candidat au djihad »[37].

Un documentaire lui est consacré en 2017[38].

Vie personnelleModifier

Mariée à l'écrivain Jaouad Benaissi[39],[40],[41] à la fin de 2014[2], elle donne naissance à une fille en 2017[9].

DistinctionModifier

PublicationsModifier

FilmographieModifier

  • Rien n'est pardonné, documentaire[38] de Vincent Coen et Guillaume Vandenberghe ; production/diffusion : Savage Film Production, Eklektik Productions, RTBF ; 2017, 61 min.

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en arabe marocain retranscrite selon la norme API.
  2. a b c d e f g h i j k l et m Guillaume Gendron, « Zineb El Rhazoui, Charlie à dos », sur liberation.fr, Libération, (consulté le 26 juin 2016).
  3. Henri Seckel, « Zineb El Rhazoui, une journaliste dans la ligne de mire depuis Charlie Hebdo », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 17 février 2019).
  4. a b et c Chloé Aeberhardt, « Zineb El Rhazoui : la femme la plus protégée de France », sur marieclaire.fr, Marie Claire, (consulté le 26 juillet 2016).
  5. Charlotte Rotman, « Ni putes ni soumises cherche sa direction », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  6. « Zineb El Rhazoui, en lutte contre cette « bien-pensance » qui voudrait excuser les terroristes », sur marianne.net, .
  7. Nicolas Zomersztajn, « La liberté d’expression contre elle-même », Regards, Centre communautaire juif Susskind, no 765,‎ (lire en ligne).
  8. a b et c Ghalia Slaoui, « Zineb El Rhazoui, frondeuse du ramadan », article publié dans Le Temps le 29 septembre 2009 (consulté le 28 juillet 2016).
  9. a et b Aurélie Moreau, « Cinq ans avec la journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui », lalibre.be, (consulté le 5 septembre 2017).
  10. « Ramadan : ces Marocains qui veulent être libres de ne pas jeûner », Rue 89,‎ (lire en ligne).
  11. « Zineb El Rhazoui, Charlie à dos », Libération,‎ (lire en ligne).
  12. Mohamed Leftah et al., Nouvelles du Maroc, Paris, Magellan-Courrier international, coll. « Miniatures », , 144 p., 20 cm (ISBN 978-2-35074-214-4, notice BnF no FRBNF42579919) [lire en ligne (page consultée le 27 juillet 2016)].
  13. Ludivine Le Goff, « Révolutions arabes : et si c'était celles des femmes ? », Au féminin.com,‎ (lire en ligne).
  14. « Les auteurs : Zineb El Rhazoui », sur Mémoire des luttes.
  15. Liliane Charrier, « Au Maghreb, les dé-jeûneurs ont fin de démocratie », sur information.tv5monde.com, TV5 Monde, (consulté le 26 juillet 2016).
  16. a b et c Anaïs Lefébure, « D'où vient l'article 222 du code pénal qui punit les “déjeûneurs” pendant le ramadan ? », sur huffpostmaghreb.com, .
  17. Ghiziaine Khairi, « Maroc : Facebook, refuge des « dé-jeûneurs » du ramadan », Rue 89,‎ (lire en ligne).
  18. « La journaliste adepte du “non-jeûne” réapparaît », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
  19. Vidéo de son intervention
  20. Zineb El Rhazoui, « La révolution est une femme », Arte.tv,‎ (lire en ligne).
  21. a et b (en) « 2015 ICORN Lecture by Zineb El Rhazoui », sur icorn.org, (consulté le 27 juillet 2015).
  22. (en) « Ljubljana City of Refuge (ICORN) », sur culture.si, (consulté le 27 juillet 2016).
  23. « Zineb El Rhazoui, porte parole de “Ni putes ni soumises” », Bladi.net,‎ (lire en ligne).
  24. « Deux nouvelles porte parole pour le mouvement Ni Putes Ni Soumises », sur Ni Putes Ni Soumises, .
  25. « Zineb El Rhazoui : « On veut faire un numéro qui soit presque un numéro intime » », Les Échos.fr,‎ (lire en ligne).
  26. « Zineb de « Charlie Hebdo » : « Il arrivait que l’on dise aux collègues : “Je vous aime” » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  27. E.C., « Une survivante de Charlie Hebdo raconte sa “vision d’horreur” », Paris Match,‎ (lire en ligne).
  28. Ceci n'est pas un blasphème : La force de l'image, des caricatures de Mahomet à l'hypercapitalisme. Ariel Kyrou, Mounir Fatmi Inculte - Dernière Marge - 377 p.
  29. « Prix de la Laïcité 2015 : discours (vidéo) de Zineb El Rhazoui, présidente du présidente du jury », sur laicite-republique.org, comité Laïcité-République, (consulté le 27 juillet 2016).
  30. a et b « Zineb El Rhazoui : l’argent versé à Charlie Hebdo «n'était certainement pas pour les actionnaires» », sur Libération.fr, (consulté le 21 décembre 2018).
  31. a et b « Charlie Hebdo : une journaliste visée par un licenciement », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne).
  32. Ibrahima Bayo, « France : Zineb El Rhazoui de Charlie Hebdo publie un livre chez un éditeur d'extrême droite », Yabiladi, 15 janvier 2016.
  33. Pauline Delassus, « Zineb El Rhazoui, une femme en danger », parismatch.com, (consulté le 5 septembre 2017).
  34. « La journaliste Zineb El Rhazoui quitte Charlie Hebdo », sur Ouest-France, .
  35. « La journaliste Zineb El Rhazoui quitte Charlie Hebdo », sur lexpansion.lexpress.fr, .
  36. Juliette Démas, « La peur à perpétuité », la-croix.com, (consulté le 5 septembre 2017).
  37. « Lettre ouverte à un candidat au djihad », lefigaro.fr, (consulté le 5 septembre 2017).
  38. a et b Voir sur film-documentaire.fr..
  39. notice BnF no FRBNF16195247.
  40. « Charlie Hebdo : Zineb El Rhazoui et son mari menacés de mort, des photos publiées », 20minutes.fr.
  41. AFP, « Menaces de mort contre une collaboratrice de Charlie Hebdo », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 26 juillet 2016).
  42. Voir sur hiram.be.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier