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XXe siècle av. J.-C.

période de l'histoire

ÉvènementsModifier

AfriqueModifier

Proche-OrientModifier

 
Tablette d'argile découverte à Kültepe portant une impression de sceaux-cylindres et une écriture cunéiforme (quittance pour un prêt de cuivre).
  • 2000-1800 av. J.-C. : bronze moyen II en Anatolie[5]. Les archives des colonies marchandes assyriennes écrites en akkadien découvertes à Hattusa, Ankuwa et Kültepe font entrer l’Anatolie dans l’Histoire. Les Assyriens achètent de la laine, du cuivre, et vendent aux Anatoliens de l’étain et des tissus fins[6]. L’onomastique montre qu’au début du IIe millénaire av. J.-C., trois groupes occupent l’Anatolie : les proto-hittites, ou Hattis, qui rassemblent toutes les populations établies de longue date et qui ont souvent fusionné. Ensuite les Hourrites, numériquement dominant dans certaines régions, parfois maîtres de cités. Enfin les Hittites qui parlent des langues apparentées comme le nésite (« langue de Nesha »), le palaïte et le louvite, que l’on retrouve dans les territoires occidentaux[7]. Les Hittites, peuple indo-européen venu de l’est de l’Europe par le Bosphore ou le Caucase sont arrivés, au moins pour certains d’entre eux (louvites), au IIIe millénaire av. J.-C.[5], comme le suggèrent les affinités profondes existant entre la civilisation hittite et celles de cités comme Alaca Hüyük. Le mot « Hittite » regroupe trois peuples (luwili, palaumnili, nashili) arrivés à des époques différentes mais parlant des langues très proches. C’est par petits groupes, sporadiquement, qu’ils se sont installés au pays des Hattis[6]. L’impression domine donc qu’ils n’ont représenté qu’une minorité et leur langue ne comporte pas plus de 20 % de mots indo-européens. Les Hittites adoptent un système hiéroglyphique propre de 400 signes environ, mis lentement en place à partir du début du IIe millénaire av. J.-C. Il est utilisé dans les inscriptions monumentales ou dans les sceaux à partir du XIVe siècle av. J.-C. Il survivra un peu à l’effondrement de l’empire, mais n’aura pas de réelle postérité.

EuropeModifier

  • Vers 2000 av. J.-C. :
    • époque des plus anciens vestiges indiscutables de chars de combat attelés de chevaux découverts à Krivoe Ozero, au sud de l'Oural, en Ukraine (culture de Sintashta)[9]. L’invention de la roue à rayons et à jante, plus légère, permet la construction de chars de guerre ;
    • destruction de Troie lors des migrations indo-européennes[10].
 
Jarre de stockage du Bronze moyen découverte à Égine.
 
Figurines masculines en argile retrouvées à Petsofas (en), près de Palekastro.
  • 2000–1700 av. J.-C. : la civilisation minoenne aborde sa période paléopalatiale. C'est durant cette période que sont construits les premiers palais à Cnossos, Phaistos, Malia, Aghia Triada, et Zakros dans les plaines les plus fertiles de l'île. Des agglomérations urbaines apparaissent, qui succèdent, sur le même emplacement, à des communautés agricoles restreintes. Ces premiers palais sont des édifices prestigieux, organisés autour d’une cour rectangulaire, qui comportent des magasins de stockage, des pièces à fonction religieuse et des salles d’apparat avec colonnes. Ils supposent un pouvoir central et la participation de la communauté pour leur construction. La civilisation crétoise utilise des bateaux à voiles, qui permettent un commerce prospère avec l’Égypte (vases de pierre, ivoires, sceaux égyptiens contre poterie crétoise, cuivre, étain, lin, laine, bois, etc.). Des relations régulières semblent exister avec les Cyclades (Théra, Mélos, Céos) et Égine, et de là avec l’Attique et la Thessalie. Une colonie crétoise est attestée à Castri, sur l’île de Cythère, qui permet les relations avec le Péloponnèse (Lerne et Haghios Stéphanos)[11]. La société crétoise semble être une société de justice et de liberté, où le développement de l’économie de marché et une importante division du travail vont de pair avec l’individualisme et la libération de tous les éléments de l’esprit et de la culture. La femme a une position forte à tous les niveaux de la vie économique, sociale, politique et religieuse. Sa prospérité conduit la Crète à un éblouissant épanouissement culturel.

Notes et référencesModifier

  1. Musée Guimet, Les Cités oubliées de l'Indus : Archéologie du Pakistan, FeniXX (ISBN 9782402052467, présentation en ligne)
  2. David N. Edwards, The Nubian Past : An Archaeology of Sudan, Routledge (ISBN 9781134200870, présentation en ligne)
  3. Florence Maruéjol, 100 Questions sur l’Égypte ancienne, La Boétie (ISBN 9782368650288, présentation en ligne)
  4. Andrea L. Stanton, Edward Ramsamy, Peter J. Seybolt, Carolyn M. Elliott, Cultural Sociology of the Middle East, Asia, and Africa : An Encyclopedia, SAGE Publications, (ISBN 9781452266626, présentation en ligne)
  5. a et b Corinne Julien, Histoire de l'humanité : 3000 à 700 av. J.-C, UNESCO, (ISBN 9789232028112, présentation en ligne)
  6. a et b Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, (ISBN 9782020086325, présentation en ligne)
  7. Jacques Freu, Michel Mazoyer, Les Hittites et leur histoire : Des origines à la fin de l'ancien royaume hittite, vol. 1, Harmattan, (ISBN 9782296027442, présentation en ligne)
  8. a b et c Yves Denis Papin, Chronologie de l'histoire ancienne, Éditions Jean-paul Gisserot, (ISBN 9782877473460, présentation en ligne)
  9. David W. Anthony, The Horse, the Wheel, and Language : How Bronze-Age Riders from the Eurasian Steppes Shaped the Modern World, Princeton University Press, (ISBN 9780691148182, présentation en ligne)
  10. Gustave Glotz, Robert Cohen, Histoire grecque, vol. 1, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130791089, présentation en ligne)
  11. a b c et d Jean-Claude Poursat, La Grèce préclassique : Des origines à la fin du VIe siècle, Points (ISBN 9782757845004, présentation en ligne)
  12. Nicolas Platon, Béatrice de Tournay, La Civilisation égéenne - tome 1 : Du néolithique au Bronze récent, vol. 1, Albin Michel, (ISBN 9782226225214, présentation en ligne)
  13. Ella Dardaillon, « Analyses métallurgiques. Actes du colloque international tenu à Lyon en novembre 2001 « Ougarit au IIe millénaire av. J.-C. État des recherches » », MOM Éditions. Ougarit au Bronze moyen et au Bronze récent, no 47,‎ , p. 159-168 (présentation en ligne)