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Quatrième circonscription du Haut-Rhin

circonscription législative française

Cette circonscription a été supprimée lors du Redécoupage des circonscriptions législatives françaises de 2010. Le canton de Habsheim a été rattaché à la 5e circonscription, le canton de Huningue à la 3e et le canton de Sierentz à la 6e.

Description géographique et sociologiqueModifier

La 4e circonscription du Haut-Rhin était constituée de trois cantons :

Ancienne possession de la famille impériale Habsbourg le Sundgau rhénan reste très largement catholique, aussi bien à Sierentz, Huningue qu'à Habsheim. La part des populations protestantes est ici, comme dans les circonscriptions voisines d'Altkirch et Guebwiller, l'une des plus faibles d'Alsace. La pratique religieuse garde par ailleurs ici un bon niveau.

Historiquement dialectophone, une très large part de la population de la circonscription déclare comprendre et parler l'alsacien, cela dans l'ensemble des cantons. Le Français n'a ici été utilisé couramment qu'à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, auparavant seule une minorité de la population déclarait le comprendre, établissant ici l'un des niveaux les plus bas de compréhension du français du Haut-Rhin.

Description politiqueModifier

Ancienne circonscription de « Mulhouse-Campagne », qui alors regroupait aussi les cantons actuels de Wittenheim et Illzach, l'arrondissement avait été l'un des fiefs du parti catholique Union populaire républicaine durant l'entre-deux-guerres, représenté ici par Médard Brogly, défenseur ardent des particularismes alsaciens. Il s'agissait d'un des bastions les plus solides du catholicisme politique, M.Brogly étant réélu très facilement en 1932, et son successeur s'imposant facilement en 1936. Ici, comme dans l' "autre" Sundgau, la domination de la démocratie-chrétienne régionaliste ne fut pas réellement menacée avant les débuts de la Ve république.

En effet, le MRP dépassait ici en 1946 et 1956 la majorité absolue, menacé de façon épisodique par le mouvement gaulliste RPF. Il disposait de plus d'une implantation plus solide qu'ailleurs, incarnée par le député Henri Ulrich, très présent dans le canton d'Habsheim. Celui-ci fut le seul « rescapé » MRP de la vague gaulliste qui toucha le département en 1958, il triompha en effet d'une courte tête du gaulliste Kroepflé et du chrétien-social Moser de Sierentz. H.Ulrich fut cependant battu à son tour en 1962 par Kroepflé, ne devançant celui-ci qu'à Habsheim. La circonscription fut depuis lors représentée par des élus gaullistes : Kroepflé jusqu'en 1967, R.Schouler de 1967 à 1968, Antoine Gissinger, soutenu par le CDS après 1973, la détenant de 1968 à 1986. Si la circonscription accordait donc des résultats impressionnants au gaullisme lors des élections nationales - le général de Gaulle y recueillait 74 % des voix en 1965 - les élus locaux restaient démocrates-chrétiens, à l'image des conseillers généraux Ulrich, Weber et Moser. À partir de 1986, J.Ueberschlag, « dauphin » de A.Gissinger et maire de Saint-Louis, représenta la circonscription, celle-ci ayant par ailleurs été considérablement modifié par la création d'une nouvelle circonscription en 1986, lui ôtant les cantons de Wittenheim et Illzach.

La 4e Circonscription présente une relative hétérogénéité entre le canton rural de Sierentz et les cantons urbains de Habsheim (orienté vers Mulhouse) et Huningue (très orienté vers la ville voisine de Bâle). Cette circonscription reste très largement orientée à droite, et cela dans l'ensemble des cantons. Le député J. Ueberschlag a été élu au 1er Tour en 1988, réélu en 1993 et 1997 contre le candidat du FN avec des majorités très larges (76 % en 1993 et 74 % en 1997). En 2002 la gauche (13 % des voix pour la candidate socialiste) a été présente pour la première fois depuis 1981 au 2e Tour face au député sortant. Celui-ci, malgré une concurrence interne à droite du conseiller général de Huningue, a cependant été très largement réélu au 2e Tour (71 %). La gauche ne dispose pas de véritables points de force dans cette circonscription. Le FN y réalise des scores plus faibles qu'ailleurs en Alsace, ceux-ci restant tout de même au-dessus de sa moyenne nationale. Une particularité de la circonscription réside dans le poids important des regroupements de travailleurs frontaliers (20 % de la population active) qui présente un candidat, J.L. Johanneck, lors des législatives: en 1997 et 2002 celui-ci a réalisé plus de 10 % des voix.

L'orientation à droite de la circonscription est visible lors des élections nationales. En 1988 J.Chirac y réalisait 54,2 % des voix. En 1995 elle plaçait E. Balladur en tête (26,6 %) devant J.M Le Pen (23 %), J. Chirac (18 % en dépit du soutien de J. Ueberschlag à sa candidature) et L. Jospin (15,5 %). Elle accordait de plus 61,2 % des voix à J. Chirac au 2e tour. En 2002 J.M. Le Pen arrivait en tête (22,8 %) devant J.Chirac (19,8 %), F. Bayrou (9,86 %) et L.Jospin (9,84 %).

Les échéances présidentielle et législatives de 2007 ont ici, comme dans le reste de l4alsac, été marquée par une forte baisse de l'extrême-droite, renforçant largement l'ancrage à droite de la circonscription. C'est en effet dans le Sundgau Rhénan que N. Sarkozy réalisait son meilleur score alsacien le 22 avril, dépassant 40 % (41,1 %). et cela dans chacun des trois cantons composant l'arrondissement. Il faisait plus que doubler le résultat de J. Chirac en 2002, et s'approchait du score de V. Giscard d'Estaing en 1981.Face à ce très fort résultat du candidat UMP, F. Bayrou arrivait en seconde position, avec 20,5 % des voix, un score légèrement inférieur à sa moyenne régionale, mais doublait lui aussi son score de 2002. Il réalisait son meilleur score à Habsheim (21,3 %) dont le conseiller général, C.Buttner, s'était prononcé pour lui. S. Royal arrivait en troisième position, obtenant 14,8 % des voix, en léger retrait du score de L. Jospin en 1995, dépassait 15 % à Huningue et Habsheim, mais n'atteignait que 12,4 % à Sierentz. Enfin, J.-M. Le Pen, qui s'était placé en tête des candidats en 2002, perdait plus de 10 points au profit de N.Sarkozy, voire de F.Bayrou, n'obtenant que 12,7 % et ne dépassant 15 % dans aucun canton. Le second tour des élections profitèrent très largement à N.Sarkozy, réalisant avec 70,2 % des voix le meilleur score d'un candidat de droite depuis V. Giscard d'Estaing en 1974. Il dépassait 73 % à Sierentz, 70 % à Hunigue, et réalisait 68 % à Habsheim et avait très nettement bénéficié de très bons reports des électorats UDF (C.Buttner s'était prononcé pour lui durant l'entre-deux-tours) et FN. La candidate PS était largement dominée dans l'ensemble des communes de la circonscription, ne dépassant pas 38 % à Saint-Louis et Hunigue, et 32 % à Riedisheim, commune proche de Mulhouse.

Les élections législatives de juin confirmèrent cette large domination des candidats de droite dans la circonscription, permettant à J.Ueberschlag d'être réélu au premier tour avec son meilleur score (58,8 %). Critiqué jusque peu avant les élections pour sa longévité - il occupe le siège depuis 1986 - le député sortant infligeait ainsi un démenti important à ceux qui dénonçait son usure. Il est vrai qu'il avait sans doute bénéficié par ailleurs du retrait de C.Buttner, en désaccord avec la nouvelle ligne de F.Bayrou, et de la non-candidature de J-L Johanneck. J.Ueberschlag dépassait 60 % à Sierentz, et s'approchait de 58 % à Hunigue et Habsheim, confirmant l'homogénéité certaine des comportements électoraux de la circonscription. Face à lui, la candidate PS, peu connue, M.Raber arrivait en seconde position, avec 13,9 % elle améliorait légèrement le score de 2002, ne dépassant 15 % qu'à Habsheim, et réalisant 12,7 % à Sierentz. La faiblesse de la gauche était cependant largement confirmée par ce score. À l'image de l'ensemble des candidats présentés par le Modem en Alsace, P.Stirby, fils du conseiller général et candidat malheureux F.Striby, perdît à l'occasion de ces élections plus de la moitié des voix réalisées par F.Bayrou, sans doute opposées à la position "ni droite ni gauche" adoptée par le candidat, au profit du député sortant. Il ne réalisait que 9,7 % des voix, Ses scores variaient de 7,7 % à Sierentz à 12 % à Huningue. Enfin, la chute du FN se confirmait très largement, son représentant, R.Curan pourtant déjà candidat en 2002, n'obtenait plus que 6,6 % des voix, là encore parties vers le député sortant et l'abstention.

Au sortir des élections présidentielle et législatives de 2007, la circonscription s'affirme plus nettement encore ancrée à droite, comme l'ont montré les résultats de N.Sarkozy au premier et deuxième tours de la présidentielle, puis la réélection très facile de J.Ueberschlag le 10 juin, en dépit d'une longévité politique importante. La géographie électorale de l'arrondissement reste très homogène, les écarts entre les trois cantons étant minimes et affirmant tous une nette orientation à droite. Tout juste peut-on dire que le canton de Sierentz reste le plus largement ancré à droite, c'est ici que N. Sarkozy et J. Ueberschlag ont obtenu leurs meilleurs résultats, mais les cantons d'Huningue et Habsheim sont tout aussi largement favaorables aux candidats de droite, le rapport de force s'établissant à 69-70 % en faveur de ceux-ci. Le succès relatif de la candidature de F. Bayrou s'ancrait ici, comme dans l'ensemble de la région, dans une dynamique de centre-droit, à l'image de la prise de position de C.Buttner favorable à Bayrou au premier tour puis a Sarkozy au second, qui n'a pas accepté le non-positionnement du candidat UDF au second tour. Le candidat Modem aux législatives, bénéficiant pourtant d'un nom connu, n'a pas pu empêcher ici, plus qu'ailleurs en Alsace, la perte de la moitié des électeurs UDF, partis vers le député sortant en raison du positionnement de F. Bayrou. La gauche n'a pas progressé, régressant même assez nettement par rapport à 1995, et ne dispose pas de points d'ancrage dans la circonscription, même si sa candidate aux législatives a pu dépasser 13 % aux législatives. Enfin, l'extrême-droite, certes moins forte ici que dans le reste de l'Alsace depuis son émergence, est tombée à un niveau très faible, ne dépassant plus 15 % à la présidentielle, et n'atteignant que 6,6 % aux législatives.

La disparitionModifier

Jean Ueberschlag s'est battu contre la suppression de sa circonscription. En effet, la 4e circonscription du Haut-Rhin disparaît à la suite du redécoupage des circonscriptions législatives qui a été voté début 2010. Le nouveau découpage sera mis en œuvre pour les élections législatives de 2012[1].

Historique des résultatsModifier

Députés de la circonscription élus à l'Assemblée nationale pour les législatures de la Ve République v · d · m )
Législature Début de mandat Fin de mandat Député Parti politique Observations

Ire Henri Ulrich MRP Conseiller général d'Habsheim.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IIe Charles Kroepflé UNR-UDT Conseiller municipal de Saint-Louis.
IIIe Raymond Scholer UDVe Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IVe Antoine Gissinger UDR Conseiller général de Wittenheim.
Ve Antoine Gissinger UDR puis RPR Conseiller général de Wittenheim.
VIe Antoine Gissinger RPR Conseiller général de Wittenheim.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
VIIe Antoine Gissinger RPR Conseiller général de Wittenheim.
VIIIe Jean Ueberschlag RPR Adjoint au maire de Saint-Louis.
Proportionnelle par département, pas de député par circonscription.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
IXe Jean Ueberschlag RPR Maire de Saint-Louis.
Xe Jean Ueberschlag RPR Maire de Saint-Louis.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Jacques Chirac.
XIe Jean Ueberschlag RPR Maire de Saint-Louis.
XIIe Jean Ueberschlag RPR Maire de Saint-Louis.
XIIIe Jean Ueberschlag UMP puis RS Maire de Saint-Louis.
XIVe Michel Sordi UMP
XVe Raphaël Schellenberger LR

Élections de 2002Modifier

Les élections ont eu lieu les 9 et 16 juin 2002.

Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Jean Ueberschlag* UMP 18 706 46,18 23 488 71,29
Fabienne Pernot PS 5 314 13,12 9 459 28,71
René Curan FN 4 709 11,63
Jean-Luc Johaneck DIV 4 298 10,61
Frédéric Striby DVD 3 245 8,01
Fabienne Arnold Les Verts 1 328 3,28
Max Delmond Cap21 680 1,68
Serge Neunlist PF 560 1,38
Yvette Knibihler MNR 559 1,38
Jean Pluskota MEI 386 0,95
Jean-Luc Calmels Pôle républicain 376 0,93
Joachim Pires Serra LO 346 0,85
Inscrits 68 865 100,00 68 864 100,00
Abstentions 27 687 40,20 34 527 50,14
Votants 41 178 59,80 34 337 49,86
Blancs et nuls 671 1,63 1 390 4,05
Exprimés 40 507 98,37 32 947 95,95
* député sortant
Résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur

Élections de 2007Modifier

Les élections ont eu lieu le 10 juin 2007.

Candidat Parti Premier tour
Voix %
Jean Ueberschlag* UMP 22 717 58,84
Maud Raber PS 5 398 13,98
Patrick Striby MoDem 3 754 9,72
René Curan FN 2 557 6,62
Emilie Diss Les Verts 1 254 3,25
Colette Marchal MEI 1 013 2,62
Thierry Brunsperger LCR 652 1,69
Michel Parra La France en action 417 1,08
Thierry Dupont DVG 373 0,97
Wilfrid Damgé LO 276 0,71
Serge Sonnino DIV 93 0,24
Roger Stehlin DIV 56 0,15
Hervé Schoner DVD 49 0,13
Inscrits 72 707 100,00
Abstentions 33 100 45,53
Votants 39 607 54,47
Blancs et nuls 998 2,52
Exprimés 38 609 97,48
* député sortant
Résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur

Élections de 2012Modifier

Les élections ont eu lieu les 10 et 17 juin 2012.

Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Michel Sordi* UMP 24 978 45,26 30 812 63,03
Antoine Homé PS-EELV-MEI 15 107 27,38 18 071 36,97
Raoul Biondi FN 11 848 21,47
Nadia Peter FG (PCF) 1 557 2,82
Claude Holler Les Alternatifs 855 1,55
Aimé Sense LO 439 0,80
Xavier Elbel SP[2] 399 0,72
Inscrits 99 189 100,00 99 346 100,00
Abstentions 42 947 43,30 48 656 48,98
Votants 56 242 56,70 50 690 51,02
Blancs et nuls 1 059 1,88 1 807 3,56
Exprimés 55 183 98,12 48 883 96,44
* député sortant de la 7e circonscription
Résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur

Élections de 2017Modifier

Les élections ont eu lieu les 11 et 18 juin 2017.

Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Aurélie Tacquard LREM 14 741 32,79 17 604 49,12
Raphaël Schellenberger LR 7 756 17,25 18 234 50,88
Alain Favaletto FN 7 495 16,67
David Duss UL 3 818 8,49
Gabriel Weisser LFI 3 806 8,47
Cyrille Ast UDI 2 202 4,90
Michel Knoerr EELV 1 735 3,86
Alain Bucher PVB 973 2,16
David Florange MEI 713 1,59
José Sanjuan UDP 495 1,10
Nadia Peter-Lantz PCF 411 0,91
Christophe Alvarez UPR 310 0,69
Aimé Sense LO 299 0,67
Mustafa Sarica PEJ 180 0,40
Claude Holler DVG 17 0,04
Inscrits 102 687 100,00 102 685 100,00
Abstentions 56 659 55,18 63 492 61,83
Votants 46 028 44,82 39 193 38,17
Blancs 792 1,72 2 359 6,02
Nuls 285 0,62 996 2,54
Exprimés 44 951 97,66 35 838 91,44
Résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur

Notes et référencesModifier

  1. L'Alsace Information générale : Redécoupage électoral: le Haut-Rhin perd une circonscription
  2. Liste des candidats Solidarité et Progrès aux législatives 2012