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Ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre

ordre religieux
Ne doit pas être confondu avec Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre
Image illustrative de l’article Ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale 1113
par Pascal II
Institut Chanoine régulier
Spiritualité Règle de saint Augustin
But Assurer la liturgie des Heures à l’église du Saint-Sépulcre
Structure et histoire
Fondation 1099
Jérusalem
Fondateur Godefroy de Bouillon
Autres noms
  • Ordre du Saint-Sépulcre
  • Chapitre du Saint-Sépulcre
  • Ordre canonial du Saint-Sépulcre
Fin / XIXe siècle
Liste des ordres religieux

L’ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre, chanoines du Saint-Sépulcre ou congrégation du Saint-Sépulcre[1] est un ordre religieux de chanoines réguliers créé par Godefroy de Bouillon après la prise de Jérusalem en 1099. Suivant la règle de saint Augustin, cet Ordre a pour fonction la protection du Saint-Sépulcre mais aussi la vie liturgique du sanctuaire. Avec l’extension des conquêtes en Terre sainte, l’Ordre se développe en étendant sa mission de protection des lieux saints sur l’ensemble du Royaume franc de Jérusalem.

Avec la perte des États latins d'Orient, l’Ordre se replie sur l’Europe. En 1489, Innocent VIII décide la suppression de l’ordre canonial et son incorporation à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

HistoireModifier

En OrientModifier

C'est comme avoué du Saint-Sépulcre que Godefroy de Bouillon constitue, sur le modèle d’un chapitre de chanoines qu’il avait fondé à Anvers avant son départ en croisade, un chapitre du Saint-Sépulcre pour protéger le tombeau du Christ et organiser la vie spirituelle en assistant le patriarche[2].

Le chapitre est composé de vingt chanoines séculiers qui vivent en communauté. En adoptant la règle de saint Augustin en 1113, le chapitre devient ordre régulier sous le nom d’ordre du Saint-Sépulcre avec la reconnaissance du pape Pascal II[3].

Des congrégations de chanoines s’installent à Jaffa, à Acre, au mont des Oliviers, à Bethléem, au mont Thabor et dans d’autres lieu de Terre sainte, et prennent le nom de chanoines du Saint-Sépulcre. Ils forment tous une même congrégation, dont le chef-lieu est à Jérusalem[4].

La notoriété de Jérusalem a permis à l’ordre de se répandre en Occident dans tous les pays de la chrétienté latine. De nombreux établissements affiliés sont créés, tous rattachés à la maison mère hiérosolymitaine, et ayant la même liturgie[5].

Ces chapitres du Saint-Sépulcre sont établis en Allemagne, en Pologne, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas. Un couvent est également fondé en France, à Orléans, par le roi Louis VII le Jeune à son retour de la deuxième croisade[6].

Après la perte de Jérusalem en 1187, le chapitre du Saint-Sépulcre continue à exister depuis Acre[5].

Les papes continuent ensuite à favoriser un ordre canonial qui gagne encore en importance, en multipliants concessions, confirmations et élargissements de privilèges. Urbain IV lui accorde l’exemption en 1262, lui permettant ainsi de s’affranchir de toute tutelle, étant seulement rattaché au Saint-Siège[5].

Les milites sancti SepulcriModifier

Autour du chapitre du Saint-Sépulcre se regroupent en une fraternité des hommes et des femmes dévoués qui forment comme un tiers-ordre. Des croisés, restés en Terre sainte, mettent spontanément leurs armes au service des chanoines pour protéger et défendre le Saint-Sépulcre et le chapitre avec le statut de donat, c'est-à-dire de laïc « donné » à la religion[2].

Les milites sancti Sepulcri, les donats gens d'armes, ont alors une double dépendance, une dépendance religieuse envers les chanoines et une dépendance charitable envers les Hospitaliers qui les entretiennent[3].

Avant de créer les « pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon », Hugues de Payns a très certainement fait partie des milites sancti Sepulcri dès 1115[3].

Les patriarches de Jérusalem, que servaient les chanoines, étant parmi les plus gros propriétaires terriens du royaume de Jérusalem —plus du quart de la ville sainte leur appartenant— sont tenus de fournir un contingent armé au roi de Jérusalem[5]. C'est cette obligation militaire, dérivée d'obligations féodales, qui fit longtemps penser à tort aux historiens que l’ordre du Saint-Sépulcre était un ordre militaire[5].

Après l’OrientModifier

Obligé de quitter la Terre sainte à la fin du XIIIe siècle, le chapitre du Saint-Sépulcre se replie à Pérouse[5].

Les chanoines répandus en Europe ne constituent pas une organisation unique, et ne se reconnaissent pas de chef commun ; leurs usages et constitutions varient selon les lieux[6].

Le , le pape Innocent VIII publie la bulle Cum solerti meditatione, qui fait disparaitre l’ordre canonial du Saint Sépulcre en l’incorporant à l’ordre des Hospitaliers[5].

Toutefois, dans plusieurs pays, les souverains réussiront à obtenir la révocation de cette bulle, ce qui permet aux chanoines du Saint-Sépulcre de continuer à exister, en Pologne et en Espagne, jusqu’au XIXe siècle[5].

HabitModifier

 
Chanoine du Saint-Sépulcre

Le premier habit des chanoines est blanc, mais, à la perte de tous leurs établissements d’Orient, ils prennent en signe de deuil, l’habit noir qu'ils ont conservé par la suite[6].

Les chanoines portent une croix patriarcale latine à double traverse écarlate, cousue sur leur habit[5].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Anthony Allaria, Catholic Encyclopedia, vol. III, New-York, The Encyclopedia Press, , « Canons and Canonesses Regular »   (Wikisource anglophone)
  2. a et b Demurger 2008, p. 25.
  3. a b et c Demurger 2008, p. 26.
  4. Tiron 1845, p. 217.
  5. a b c d e f g h et i Jaspert 2009, p. 826.
  6. a b et c Tiron 1845, p. 218.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier