Ludovic Sforza

noble italien qui fut duc de Milan en Lombardie

Ludovic Sforza
Illustration.
Ludovic le More
miniature de Giovanni Ambrogio de Predis.
Titre
Duc de Milan

(5 ans, 5 mois et 19 jours)
Prédécesseur Jean Galéas Sforza
Successeur Louis XII de France
Biographie
Dynastie Sforza
Date de naissance
Lieu de naissance Vigevano
Date de décès (à 55 ans)
Lieu de décès Loches
Père Francesco Sforza
Mère Blanche Marie Visconti
Conjoint Béatrice d'Este
Enfants Maximilien Sforza Red crown.png
François II Sforza Red crown.png
Enfants illégitimes:
Maddalena
Bianca
Leone
Cesare
Giampaolo

Ludovic Marie Sforza dit le More (en italien Ludovico Maria Sforza detto il Moro)[1], né le à Vigevano (entre Milan et Pavie) et mort le à Loches en France[2], fut duc de Milan. Surnommé le More en raison de son teint bistre ainsi que de ses pratiques éloignées des commandements de l'Eglise.

Deuxième fils du duc Francesco Sforza qui a régné sur Milan de 1450 à 1466 et à qui son frère aîné Galéas Marie a succédé jusqu'en 1476, Ludovic le More, dans un premier temps mi-condottiere mi-pillard, met tout en œuvre, à partir de l'été 1479 pour confisquer le pouvoir au fils de ce dernier, son neveu Jean Galéas.

Il y parvient en septembre de la même année et, dès lors, régit le duché sous le couvert du tutorat du jeune duc. Pendant les quinze années qui suivent, le duché connaît une période de tranquillité extérieure, sans aucun conflit, et Ludovic s'investit dans un mécénat actif en invitant à la cour ducale nombre d'artistes de renom tels que, par exemple, Léonard de Vinci à qui il demande de peindre La Cène pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie. Guichardin célèbrera l'intelligence et l'éloquence de Ludovic le More, tout en rappelant sa présomption et son impudence.

ContexteModifier

Géographie de l'ItalieModifier

 
L'Italie du Nord en 1494

Dans cette seconde partie du XVe siècle, le Quattrocento, l'Italie est morcelée en États, souvent des fiefs impériaux dans le nord de la péninsule, de diverses tailles allant de la minuscule république de Saint-Marin n'occupant que 61 km²[3] dans l'est des Apennins jusqu'à l'imposant royaume des Deux-Siciles réunifié en 1442 et gouvernant toute l'Italie du Sud et la Sicile[4].

Le duché de Milan se situe au centre de l'Italie du Nord, de chaque côté de la partie médiane de la vallée du , bordé, au nord, par les massifs méridionaux des Alpes, les Alpes lépontines, et, au sud, par les hauteurs occidentales des Apennins, les Alpes Apuanes.

Les États limitrophes du duché sont, au nord la Confédération des VIII cantons suisses, au nord-est la principauté épiscopale de Trente, fief du Saint-Empire romain germanique, à l'est la République de Venise et le marquisat de Mantoue des Gonzague, au sud-est le duché de Modène et Reggio entre les mains de la maison d'Este avec celui de Ferrare, au sud la République de Gênes à cette époque sujette du duché de Milan, à l'ouest le marquisat du Montferrat des Paléologues et au nord-ouest le duché de Savoie.

Le duché fait partie des États « majeurs » de la péninsule qui sont, essentiellement, la Savoie, Venise, la république de Florence régie par la famille Médicis, le royaume des Deux-Siciles aux mains de la couronne d'Aragon ainsi que les États pontificaux, propriété du pape qui mêle sa voix importante au chapitre. Au second plan dans le « concert des grandes puissances », se trouvent Mantoue, Montferrat, Modène et Ferrare. Enfin, nettement en retrait, le marquisat de Saluces, la République de Lucques et celle de Sienne ne se font guère entendre.

La cité de Milan, avec 120 000 habitants, est la plus peuplée de la péninsule, devant Florence et Venise qui comptent 100 000 âmes. Les villes de Gênes, Mantoue, Naples et Bologne, possession papale, comptent, quant à elles, environ 50 000 habitants tandis que Rome n'atteint pas ce chiffre[5].

Seule possession « étrangère » dans le nord de la « botte », le duché d'Asti, enserré entre Savoie et Montferrat, est un fief français des Valois-Orléans depuis 1389, apporté en dot par Valentine Visconti lors de son mariage, le , avec Louis de France, duc d'Orléans[6].

SociétéModifier

Tous ces États ne sont ni fédérés ni autarciques et ont des relations qui vont des guerres territoriales, selon les appétits des uns et les périodes de faiblesse des autres, jusqu'aux échanges culturels comme les prêts d'artistes. C'est, en effet, la période de la première Renaissance italienne, un véritable bouillonnement culturel, qui voit s'affirmer au premier plan, en matière d'art, les cités de Venise, Florence, Milan, Rome et Mantoue pour ne citer que les plus émergentes. On assiste à une véritable compétition des cités-États qui s'offrent les services d'artistes aux noms prestigieux. Ce sont[7],[8] les peintres Fra Angelico (1387-1455) à Rome et Florence, Paolo Uccello (1397-1475) à Florence, Domenico Veneziano (ca 1400-1461) à Venise, Piero della Francesca (1412/20-1492) à Florence, Ferrare, Venise, Urbino et Rome, Giovanni Bellini (ca 1425/33-1516) à Venise, Andrea Mantegna (ca 1431-1506) à Mantoue, Sandro Botticelli (1445-1510) à Florence et Rome, Le Pérugin (ca 1448-1523) à Pérouse, les sculpteurs Donatello (ca 1386–1466) à Florence, Mino da Fiesole (ca 1429-1484) également à Florence, et les architectes Filippo Brunelleschi (1377-1446) à Florence, Leon Battista Alberti (1404-1472) à Rimini, Florence et Rome, Bramante (1444-1514) à Milan et Rome ainsi que l'ingénieur, peintre et architecte Francesco di Giorgio Martini (1439-1502) à Milan et Sienne sans oublier le surdoué Léonard de Vinci (1452-1519), peintre, sculpteur, architecte, ingénieur à Milan puis en France. Les Italiens s'illustrent également sur les mers avec le Génois Christophe Colomb (1451-1506) qui découvre les Amériques le et le Florentin Amerigo Vespucci (1454-1512) qui laisse son prénom au continent nouvellement découvert. Par ailleurs, Ludovic Sforza est toujours au courant des nouveautés artistiques florentines comme en témoigne un rapport sur les peintres célèbres de Florence qui a été rédigé par un agent de Ludovic.

BiographieModifier

À Trets, depuis 1450, la famille Sforza a supplanté, à la tête du gouvernement du duché, les Visconti en place depuis 1277. Après la brève expérience de la République ambrosienne (1447-1450), les Milanais ont fait appel, pour prendre les rênes de la cité, au condottiere Francesco Sforza, époux, depuis 1441, de Blanche Marie Visconti, l'unique descendante en ligne directe du dernier duc viscontien.

Ludovic est le deuxième fils du duc Francesco Sforza (1401-1466) et de Blanche Marie Visconti (1425-1468), elle-même fille illégitime de Philippe Marie Visconti (1392-1447) , dernier duc viscontien de Milan, et d'Agnès du Maine. Parmi les fils de Francesco Sforza, il est celui qui reçoit certainement la meilleure éducation et est le favori de sa mère[9]. Son frère aîné, Galéas Marie, qui avait succédé à leur père en 1466, méfiant de ses frères, le traite avec froideur[9]. Il meurt assassiné en 1476. Son fils devient le duc Jean Galéas II à l'âge de sept ans et la mère de celui-ci, Bonne de Savoie, assume la régence.

L'homme de guerreModifier

Les premiers faits d'armes de Ludovic ont lieu en mars-avril 1477, lorsqu'il part avec son frère Ottaviano (1458-1477), comte de Lugano, réprimer avec succès une insurrection de la cité de Gênes, à l'époque sous la férule de Milan.

Au retour, les deux frères cherchent, avec l'aide de Roberto Sanseverino, de Donato del Conte et d'Obietto Fieschi, à éliminer Francesco (« Cicco ») Simonetta[10], l'homme de confiance de la duchesse régente. L'aventure tourne au conflit entre guelfes et gibelins[N 1] avec l'incarcération de Donato del Conte. Deux autres frères de Ludovic, Sforza Maria, duc de Bari, et Ascanio Sforza (cardinal de l'Eglise catholique romaine), viennent grossir les rangs des troupes rebelles. Les forces de Bonne de Savoie ont cependant le dessus, Obietto Fieschi est également incarcéré et les autres s'enfuient. Dans l'affolement, Ottaviano se noie en traversant l'Adda à cheval. Les frères restants se retrouvent assignés à résidence puis jugés et exilés. Ludovic part pour Pise.

Deux années plus tard, début 1479, Ludovic, Sforza Maria et Roberto Sanseverino sont devenus des hors-la-loi et effectuent des razzias en Toscane[N 2] puis, en compagnie d'Obietto Fieschi, en pays génois. Les deux frères sont jugés rebelles et leur butin confisqué. Peu après, en juillet 1479, Sforza Maria meurt empoisonné[N 3] et Ludovic assume le titre de duc de Bari.

Désormais, c'est avec une troupe de 8 000 hommes que se déplacent les trois brigands qui prennent Tortona en août 1479 et sèment la terreur dans la région d'Alexandrie[N 4] au sud-est du duché.

À Milan, un groupe de notables gibelins, guidé par Pietro Pusterla, cherchent à faire la paix entre le gouvernement du duché et Ludovic. Cicco Simonetta appelle à son secours le duc de Ferrare Hercule Ier d'Este[N 5] et le condottiere Jacques de Trivulce pour préserver le duché du More.

La prise du pouvoirModifier

 
Portrait de Ludovic Sforza.

En cinq jours, du 7 au , le More va réussir à s'emparer du pouvoir dans la cité ducale :

Le 7, avec l'aide d'Antonio Tassino, valet de chambre de Jean Galéas et ami de Bonne de Savoie, il entre en contact avec ces derniers et conclut un marché avec eux dont Cicco Simonetta fait les frais.
Le 8, malgré une tentative de rapprochement de Cicco Simonetta auprès de Ludovic, les notables gibelins, menés par Pietro Pusterla et bien décidés à éliminer définitivement Simonetta, décident de passer à l'action, tentent de rallier Roberto Sanseverino, le compagnon de Ludovic, informent Ludovic lui-même de leurs intentions et préviennent le marquis de Mantoue Frédéric Ier et le marquis de Montferrat Guillaume VIII d'avoir éventuellement à intervenir. Ludovic, qui semble ne pas avoir d'idée arrêtée sur ce qu'il compte faire, paraît se rallier aux conjurés.
Le 9, à l'insu de Ludovic, Pietro Pusterla fait emprisonner un ami de Cicco Simonetta et son fils. Ludovic essaie de calmer Pusterla et, devant son inflexibilité, accepte d'aller jusqu'au bout avec lui.
Le 10, ils s'emparent de Simonetta lui-même. Sa famille et un certain nombre de ses affidés sont arrêtés, leurs biens pillés et leurs demeures mises à sac.
Le 11, Ludovic, qui a désormais les moyens d'imposer sa volonté, se fait nommer premier gouverneur du duché par Bonne de Savoie. L'arrivée d'Hercule Ier d'Este, appelé fin août par Cicco Simonetta, ne change rien et le duc, ne pouvant guère modifier l'ordre des choses, s'en retourne à Ferrare.

Les jours qui suivent voient l'installation du nouveau gouvernement qui cherche à renouer de suite avec ses voisins, Venise, Florence et Naples.

Durant la fin de l'année 1479 et le début de 1480, diverses réactions agitent ces voisins. Naples, Florence et Ferrare soutiennent ou, du moins, cherchent à s'entendre avec les Milanais, Venise et le pape préparent la guerre contre Florence et Milan. Milan, Naples et Florence signent une paix et un accord est conclu prévoyant le mariage de Jean Galéas avec Isabelle de Naples et celui de Ludovic avec Béatrice d'Este.

Le , les Turcs s'emparent d'Otrante[N 6] et les affrontements florentino-vénitiens cessent à la demande du pape qui appelle à la croisade pour faire front à cette nouvelle menace. Les Milanais retournent à leurs règlements de comptes : Ludovic s'empare de son neveu Jean Galéas, Cicco Simonetta est décapité le 30 octobre 1480[11], et, en novembre, Bonne de Savoie est emprisonnée à Abbiategrasso puis exilée au Piémont.

 
Testons de Jean Galéas Sforza (à gauche) et de son oncle Ludovic le More

Ludovic se fait désigner tuteur de Jean Galéas, assumant ainsi totalement le gouvernement du duché. Bonne est autorisée à rentrer à Milan en septembre 1482 et, en décembre 1483, est de nouveau incarcérée à Abbiategrasso[N 7] à la suite d'une conjuration organisée contre Ludovic par Luigi da Vimercate. Les années suivantes sont des années de calme pour Milan, sans guerre à l'horizon, et Ludovic peut gérer le duché à sa guise.

Fin 1481, Venise attaque Ferrare, ce qui provoquera la coalition de Florence, Milan, Bologne et Mantoue contre elle. Les Vénitiens, abandonnés du pape, feront donc appel à la France en promettant le duché de Milan au duc d'Orléans (héritier de Valentine Visconti), Louis XII, et le commandement de leurs troupes à René II de Lorraine qui convoite le royaume de Naples, mais Ludovic Sforza se retire du conflit, entraînant l'abandon de ces projets.

Comme prévu depuis 1480, Jean Galéas épouse, le , Isabelle de Naples, fille du roi de Naples Alphonse II et d'Ippolita Maria Sforza, sa tante. De son côté, Ludovic épouse, le , au cours de noces fastueuses[9], Béatrice d'Este (1475-1497), fille d'Hercule Ier d'Este (1431-1505), duc de Ferrare, de Modène et de Reggio d'Émilie, et d'Éléonore de Naples (1450-1493), elle-même fille de Ferdinand Ier de Naples et d'Isabel de Claremont.

En janvier 1492, une ligue défensive est formée entre Ludovic et le roi de France, Charles VIII. Ludovic a d'ailleurs des contacts à la même période avec les Médicis puisqu'il fait dépêcher en 1492 le plus célèbre médecin de Lombardie au chevet de Laurent de Médicis lorsque celui-ci agonise (le médecin déclara que rien ne pouvait être fait et Laurent mourut le 8 avril 1492)[12]. Malgré cela, Pierre II de Médicis, fils de Laurent, se rapproche du roi Ferrante privant Ludovic d'un soutien de poids. En 1492, Ludovic écarta du pouvoir son neveu Jean Galéas, ce qui sera mal supporté par Catherine d'Aragon, fille du duc de Calabre Alphonse et petite fille du roi Ferrante, dont Ludovic redoute la puissance. Mais en 1492, l'Italie est en paix en raison d'un subtil équilibre précaire établi entre les cinq principaux Etats (Venise, Florence, Milan, Naples et les Etats pontificaux)[13]. A l’élection du nouveau pape Alexandre VI, Ludovic tente de reprendre à son compte la politique d'équilibre menée par Laurent de Médicis en proposant d'adresser un compliment d'obéissance au nouveau pape mais cela se soldera par le refus de Pierre II de Médicis. Par ailleurs, grâce à son frère le cardinal Ascanio Sforza qui a joué un rôle majeur dans l'élection du pape, Ludovic jouit d'un grand prestige à Rome mais craint que celui-ci ne s'effrite à cause des intrigues du roi Ferrante. Il tenta donc de se rapprocher de Venise en vain puisque Venise garde un intérêt à la désunion italienne. Ludovic encouragera donc plus encore le roi de France à intervenir sans se faire la "réflexion que rien n’est plus dangereux qu’un remède trop violent pour le mal et au-dessus des forces du malade", selon le mot de François Guichardin. L'accession au trône d'Alphone II le 25 janvier 1494 fait craindre à Ludovic son éviction du pouvoir, ce qui encouragera plus encore Ludovic à faire appel à Charles VIII.

Pour s'attirer les bonnes grâces de l'empereur Maximilien Ier dont le mariage avec Anne de Bretagne a été annulé en 1491, Ludovic lui offre en mariage sa nièce Blanche-Marie âgée de 22 ans. Le mariage a lieu le  ; il en coûte à Ludovic 400 000 ducats soit 300 000 ducats pour la dot et 100 000 ducats destinés à assurer son investiture au titre ducal.

Le ducModifier

Les aspirations de Ludovic au titre ducal sont satisfaites le avec la mort mystérieuse de Jean Galéas[14],[N 8]. Sa descendance se réduit à une fille, Ippolita, qui a quatre ans, et un garçon, Francesco, appelé il Duchetto (le petit Duc), qui a trois ans et devrait normalement hériter du duché de son père. Sa veuve, Isabelle de Naples est enceinte[N 9] et demeure à Pavie. Ludovic reçoit de la noblesse milanaise l'investiture du duché et se fait couronner duc de Milan dans la cathédrale de la ville lors d'une cérémonie fastueuse, acquérant la légitimité à laquelle son père et son frère avaient aspiré. La ville connait alors quinze années de paix relative qui lui permettent de renforcer son pouvoir et de jouer le rôle d'arbitre dans la péninsule[9].

Première guerre avec la FranceModifier

Entretemps, en septembre 1494, a lieu le premier épisode des guerres d'Italie qui amèneront, à terme, la chute de Ludovic : Charles VIII franchit les Alpes avec 30 000 hommes, effectif exceptionnel pour l'époque. Il déclarera à Giovan Battista Ridolfi (ambassadeur de Florence à Milan) en septembre 1494 : "La guerre vient chez nous, et ils ne veulent plus être retenus par des mots"[15]. Le roi de France Charles VIII, héritier des prétentions de René d'Anjou sur le royaume de Naples dont l'ont privé les Aragonais, a traversé les Alpes, rejoint le duché d'Asti[N 10] puis, en octobre, est hébergé au château de Pavie. La Lombardie, alliée à la France depuis 1492, est ainsi épargnée mais la Ligurie, la Romagne, la Toscane[N 11] et le Latium subissent les affres des exactions des troupes françaises. Charles VIII s'empare de Naples en février 1495. François Guichardin attribue à Ludovic le More la responsabilité de la "descente" de Charles VIII en Italie bien qu'il ne soit ni le premier ni le seul à demander l'aide du roi de France (en effet, Innocent VIII l'envisagea dès septembre 1488). Dès décembre 1491, les barons napolitains exilés par le roi Ferrante rencontrèrent à la cour de France les envoyés de Ludovic Sforza et ils "firent sentir à ce jeune Roi Charles VIII, de 22 ans, les fumées et les gloires d'Italie, lui remontrant le droit qu'il avait en ce beau royaume de Naples" selon Philippe de Commynes, au moment opportun puisque Charles VIII était libéré des guerres bretonnes.

Dans une conversation, rapportée par S. Romanin, qui se serait tenue en décembre 1494 entre Ludovic et deux orateurs vénitiens (Sebastiano Badoer et Benedetto Trevisan), Ludovic remet en cause le pouvoir de Charles VIII concernant la guérison de la scrofule arguant les maux dont Charles VIII serait responsable en Italie, il évoquerait également sur un ton sarcastique les projets de Charles VIII de réforme de l'Eglise. On trouve par ailleurs une allusion de ce toucher royal dans une lettre de deux ambassadeurs à Ludovic Sforza en date du 22 août 1494, ce qui vient appuyer l'existence de cette conversation.

La République de Venise, le duché de Milan, les États pontificaux, le Saint-Empire romain germanique, et la Couronne d'Aragon se regroupent, le , dans une coalition anti-française, la ligue de Venise. Charles VIII décide de quitter Naples le avec ses 9 000 hommes et de rentrer en France où l'attendent les affaires de son royaume. Il laisse son gouverneur Gilbert de Montpensier à la tête d'une garnison pour tenir la ville.

De son côté, le cousin de Charles VIII, Louis d'Orléans, resté en Lombardie, ne peut résister à l’envie de s’emparer de Novare où il entre le . En sa qualité de petit-fils de Valentine Visconti et dans la mesure où il a été favorablement accueilli dans Novare, Louis se fait appeler duc de Milan[N 12] mais ne cherche pas à s'emparer de la cité. Sur sa route de retour, Charles VIII se heurte aux troupes de la ligue italienne en Romagne le 6 juillet et les affronte au cours de la bataille de Fornoue qu'il gagne malgré des effectifs nettement inférieurs. Le répit ainsi acquis lui permet de continuer son repli vers le duché d'Asti. Entretemps, Louis d'Orléans se retrouve assiégé dans Novare par les 30 000 hommes de Ludovic. Charles VIII signe avec le duc milanais un traité de paix à Verceil le puis rentre en France. Novare réintègre le giron milanais.

 
Le gisant de Ludovic et de Béatrice à la Chartreuse de Pavie, sculpture de Cristoforo Solari, 1497/98

Les trois années qui suivent sont des années calmes aux plans politique et militaire. La diplomatie du duc, changeante mais pragmatique, lui permet de préserver le duché de la tourmente[9]. Ludovic se consacre au gouvernement et, par-dessus tout, à faire œuvre de mécène et à gérer les travaux de voirie et les embellissements de la cité qui concernent d'abord les bâtiments religieux et leur décoration.

Son coup du sort est la mort de son épouse Béatrice lors de la naissance d'un enfant mort-né, le . Elle est ensevelie dans l'abside de l'église Santa Maria delle Grazie[N 13].

Deuxième guerre avec la FranceModifier

Le , Charles VIII décède et son successeur se trouve être Louis d'Orléans, le conquérant de Novare. Roi sous le nom de Louis XII, il descend des ducs de Milan par sa grand-mère Valentina Visconti qui avait toujours cherché à récupérer son héritage, ainsi, Ludovic Sforza sera considéré comme un usurpateur. Obnubilé par le duché de Milan, il signe avec les Vénitiens le traité de Blois en avril 1499. Louis XII nomme le condottiere Jacques de Trivulce, l'ennemi juré de Ludovic, maréchal de France et chef des troupes françaises en Italie. Il prend contact avec les principaux opposants de la noblesse milanaise et réussit à faire admettre sa légitimité sur le trône de Milan à certains aristocrates[16]. Une alliance est signée entre la France et la Papauté et, en juillet 1499, Milan, qui est très isolée, est envahie par les troupes françaises. En août, la ville s'insurge contre Ludovic et nomme un gouvernement provisoire. Le duc s'enfuit le 2 septembre et trouve refuge à Innsbruck auprès de l'empereur, son suzerain, Maximilien Ier. Trivulce entre dans Milan le 6 septembre où une grande partie de l'aristocratie accueille favorablement la nouvelle domination[9]. Le 18 octobre, c'est au tour de Louis XII de faire une entrée triomphale dans la cité. Il en repart le 7 novembre auréolé de la couronne ducale et laisse le gouvernement de Milan au nouveau vice-roi, Trivulce. Pillage et saccage de la ville commencent : la bibliothèque viscontienne du château de Pavie avec ses magnifiques maniscrits est transférée à Blois[9],[N 14], les soldats détruisent de nombreux édifices et œuvres d'art. Léonard de Vinci retourne à Florence tandis que Bramante et Solari partent rejoindre la cour pontificale de Rome[9]

 
Château de Loches : le donjon où fut enfermé Ludovic

En janvier 1500, la population milanaise, durement opprimée par Trivulce, se révolte et il faut au condottiere de Louis XII une nouvelle campagne pour reconquérir le pays. Les nobles milanais, qui avaient espéré un retour à une forme de gouvernement communal libéré de la tutelle ducale sont déçus[9]. Profitant du soulèvement populaire, Ascanio, le frère de Ludovic, entre dans Milan le 2 février, et Ludovic, à la tête d'une troupe de mercenaires suisses, le suit le 5 février et reprend son trône. Il ne reste qu'une seule journée et repart pour Pavie pour organiser l'armée. Mais, le 10 avril, trahi par des mercenaires suisses lors du siège français de la ville de Novare, il tombe entre les mains de l'armée française alors qu'il tente de s'enfuir en se dissimulant sous des vêtements de simple soldat et est livré au général français La Trémoille. Il est aussitôt emmené en France et incarcéré d'abord au château de Pierre Scize à Lyon[17], puis au château de Lys-Saint-Georges, près de Bourges.

En 1504, il est transféré au château de Loches où il vivra ses dernières années. Il meurt dans sa prison le . Officiellement, il est mort le jour de sa libération, "ébloui par la lumière du soleil". Cette étrange cause de décès camouflerait une mort de maladie ou un assassinat. Son corps aurait été, dans un premier temps, enseveli près de la collégiale Saint-Ours, à Loches, puis transféré à Milan dans l'église de Santa Maria delle Grazie auprès de celui de Béatrice d'Este[2], mais il semblerait que les Milanais n'aient pas voulu du corps de celui qu'ils n'ont jamais reconnu comme duc de Milan. Aucune sépulture connue à ce jour[18], ne lui est consacrée.

Le mécèneModifier

Aussi bien durant sa régence que pendant son gouvernement ducal, Ludovic se préoccupe de l'aspect et du rayonnement intellectuel de la cité de Milan et du duché. Pour ce faire, il convie et héberge de nombreux artistes et savants. Comme son père, il élabore un audacieux programme d'urbanisme pour la ville de Milan qui dégage des rues et des places. Son mécénat se rapproche de celui de son père bien qu'il y introduise des différences subtiles. Pour donner plus de lustre à sa cour, il abandonne les artistes locaux et recherche un style architectural classique à la manière toscane pour évoquer la culture impériale et légitimer son pouvoir[9].

L'architecte Bramante est milanais de 1478 à 1500. En 1486, il édifie pour Ludovic le Castello della Sforzesca, une vaste maison de campagne. Il participe à la décoration de l'église Santa Maria presso San Satiro, du presbytère et des cloîtres de la basilique Sant'Ambrogio[19], de l'abside de l'église Santa Maria delle Grazie à Milan où le duc décide en 1492 d'élire sa sépulture[9],[N 15],[19] , de la place Ducale et du Castello Sforzesco à Vigevano[20]. À partir de 1492, il conçoit les plans du nouveau cloitre et de la sacristie de Santa Maria delle Grazie, ainsi que ceux de l'extension de la chapelle principale qui est destinée à accueillir le mausolée ducal et à devenir le chœur de l'église. Elle s'organise en un plan centré couvert d'une coupole, une tribune à l'étage permettant d'installer la sépulture de Ludovic Sforza et de Béatrice d'Este. De forme massive et classique, elle contraste avec le style gothique de la nef commencée sous Francesco Sforza. La première pierre est posée le 29 mars 1492, puis le chantier progresse lentement jusqu'à la mort de Béatrice le 2 janvier 1497. Ludovic commande alors une double tombe pour lui et son épouse défunte à Christoforo Solari. Si Amadeo supervise le chantier, le dôme et les trois absides suivent les projets de Bramante[9]. Concernant la croissance de Vigevano, un secrétaire ferrarais écrit en 1492 : "[Ludovic] fait tout ce qu'il peut pour donner à Vigevano la civilité et le nom de citade"[21]. En effet, il reconstruisit la piazza dei Mercanti, rénova les voies de circulation et l'enceinte fortifiée, restaura le château Sforza et chercha à faire élever l'église Saint-Ambroise au rang de cathédrale (cathédrale de Vigevano)[22].

Lorsque son ambassadeur doit trouver les quatre meilleurs peintres de Florence, c'est finalement Léonard de Vinci qui est choisi par le duc, principalement pour ses qualités d'ingénieur militaire et d'organisateur de fêtes de cour[9]. Dans une célèbre lettre, Léonard propose ses services à Ludovic et propose d'effectuer : les travaux d'irrigation, de drainage, de génie militaire, de poliorcétique et d'art[23],[N 16]. Il demeure de 1482 à 1500 dans la cité ducale où il réalise les commandes habituelles d'un artiste de cour, comme le portrait de la maîtresse de Ludovic, Cecilia Gallerani, ou des décors éphémères pour les fêtes de la cour. Il élabore le projet d'une imposante statue équestre qui doit être dressée à la gloire de Francesco Sforza dans la cour du château de Milan. Il peint à la détrempe en 1498 les branches de dix-huit mûriers, l'un des emblèmes du duc, sur les murs et les voûtes de la sala delle Asse du château des Sforza, où elles s'entremêlent autour d'un oculus doré aux armes de Ludovic et de Béatrice[9]. Entre autres réalisations, il peint La Vierge aux rochers (La Vergine delle Rocce), Portrait de musicien (Ritratto di musico), Portrait de dame (Ritratto di dama) appelé aujourd'hui La Belle Ferronnière, La Dame à l'hermine (La dama con l'ermellino), un profil de Bianca Sforza, fille de Ludovic, La Belle Princesse, lui serait attribué ; et surtout, de 1494 à 1498, la Cène (L'Ultima Cena) dans le réfectoire du couvent de l'église Santa Maria delle Grazie[N 15],[24]. Le duc est étroitement lié à ce projet; les inscriptions en lettres d'or qui accompagnent la fresque et les armoiries le glorifient, lui et sa femme[9]. Vinci faisait par ailleurs partie de la suite de Ludovic le More qui rencontra Charles VIII à Pavie en 1494.

Le moine mathématicien Luca Pacioli quitte Venise pour Milan en 1496, à la demande pressante de Ludovic ; il écrit en 1497 le Compendium de divina proporzione (Précis de la proportion divine), un de ses ouvrages les plus importants qu'il dédie à son mécène, traité sur les applications du nombre d'or et dont les illustrations sont réalisées par Léonard de Vinci.

Le duc poursuit les chantiers en cours et commande de nouveaux décors pour son château. Le Florentin Benedetto Ferini y construit une chapelle ainsi que le petit portique dit de l'éléphant, la Ponticella, une élégante galerie architravée qui mène aux appartements privés[9].

Vivent et travaillent à la cour de Ludovic les peintres Giovanni Ambrogio de Predis, ses frères Evangelista et Cristoforo, Andrea Solario, Franchino Gaffurio, l'enlumineur Giovanni Pietro Birago, les architectes et sculpteurs Giovanni Antonio Amadeo et Cristoforo Solari.

À partir de 1490, soucieux de réaffirmer ses liens dynastiques avec les Visconti, il lance des projets architecturaux à Pavie. Il confie le tombeau de Giangaleazzo Visconti dans la chartreuse, qui est aussi la nécropole ducale, à Giovanni Cristoforo Romano. En 1491, le chantier de finition de la façade est repris par Amadeo dont il apprécie le style de la Renaissance lombarde. Les décors des stalles du chœur, des fresques et des retables sont coordonnés par le peintre Ambrogio da Fossano dit Bergognone qui exécute lui-même deux peintures dynastiques dans les croisillons du transept, la fresque du Couronnement de la Vierge qui montre Ludovic avec son père en donateurs dans le bras gauche, tandis que dans le bras droit est célébré le fondateur Giangaleazzo Visconti qui présente la maquette de la chartreuse à la Vierge. L'église est consacrée en mai 1497[9]. En 1499, un polyptyque est commandé au Pérugin pour la Chartreuse de Pavie.

DescendanceModifier

Ludovic Sforza a laissé plusieurs descendants légitimes et illégitimes[25].

De son mariage, le , avec Béatrice d'Este naquirent deux enfants :

Ludovic eut, hors mariage, plusieurs enfants illégitimes dont :

  • Maddalena (1478-1520) qui épousa, en 1502, Matteo Litta, comte d’Arese
  • Bianca (1482-1496), née de Bernardina de’Corradis, qui épousa, en 1496, Galeazzo Sanseverino, comte de Caiazzo
  • Leone (1482-1501) qui fut abbé de San Vittore à Plaisance
  • Cesare (1491-1512), né de Cecilia Gallerani[N 18], qui fut abbé de San Nazaro Maggiore à Milan puis chanoine de Milan
  • Giampaolo (1497-1535), né de Lucrezia Crivelli, qui fut marquis de Caravaggio et comte de Galliate et épousa, en 1520, Violante Bentivoglio, fille naturelle d'Annibale II, seigneur de Bologne. Il tentera d'être reconnu comme duc à la mort de son frère François II mais mourut rapidement à son tour.

Liens de parentéModifier

L'arbre de parenté ci-après fait apparaître les liens entre la maison capétienne de Valois, de Jean II jusqu'à Charles VIII et Louis XII et les familles Visconti et Sforza. Il permet, entre autres, de constater que Louis XII et Ludovic Sforza ont un arrière-grand-père commun, Jean Galéas Visconti.

 
Rois de France - Capétiens-Valois
 
 
 
 
 
 
 
Seigneurs et ducs de Milan:ViscontipuisSforza


Jean II
(1319-1364)
 
 
 
Bonne de Luxembourg
(1315-1349)
 
Galéas II Visconti
(1320-1378)
 
 
 
Blanche de Savoie
(1336-1387)
 
Barnabé Visconti
(1323-1385)
 
 
 
Reine
della Scala

(1331-1384)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Isabelle de Valois
(1348-1372)
 
 
 
 
Jean Galéas
(1351-1402)
 
 
 
 
 
 
 
Catherine
(1360-1404)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles V
(1338-1380)
 
 
 
Jeanne de Bourbon
(1338-1378)
 
 
 
 
 
 
 
 
Jean Marie
(1388-1412)
 
Philippe Marie
(1392-1447)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louis d'Orléans
(1372-1407)
 
 
 
 
Valentine
(1368-1408)
 
 
 
 
Blanche Marie
(1425-1468)
 
 
 
Francesco Sforza
(1401-1466)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles VI
(1368-1422)
 
 
 
Isabeau de Bavière
(1371-1435)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Galéas Marie
(1444-1476)
 
 
 
Bonne de Savoie
(1449-1503)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles VII
(1403-1461)
 
 
 
Marie d'Anjou
(1404-1463)
 
Charles d'Orléans
(1394-1465)
 
 
 
Marie de Clèves
(1426-1487)
 
Jean Galéas
(1469-1494)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louis XI
(1423-1483)
 
 
 
Charlotte de Savoie
(1440-1483)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles VIII
(1470-1498)
 
 
 
Anne de Bretagne
(1477-1514)
 
 
 
 
Louis XII
(1462-1515)
 
 
 
 
Béatrice d'Este
(1475-1497)
 
 
 
Ludovic Sforza
(1452-1508)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maximilien
(1493-1530/52)
 
 
 
François II
(1495-1535)

AnnexesModifier

NotesModifier

  1. Pour mémoire, les guelfes sont les partisans du pape et les gibelins les partisans de l'empereur. Les Visconti et les Sforza sont gibelins.
  2. La Toscane et Florence sont, à cette époque, dirigées par Laurent le Magnifique et se remettent à peine de la conjuration des Pazzi de 1478.
  3. Le bruit courut que le meurtre de Sforza Maria avait été commandité par Cicco Simonetta.
  4. La ville d'Alexandrie, à l'époque cité lombarde se trouve aujourd'hui dans la région du Piémont.
  5. Hercule Ier d'Este est le père de Béatrice d'Este qui deviendra, en 1491, l'épouse de Ludovic et qui n'a, à ce moment, que quatre ans.
  6. La petite cité d'Otrante, importante forteresse à l'époque, se situe à l'extrémité du « talon » de la « botte » italienne.
  7. Bonne de Savoie décède à Fossano en 1503.
  8. La mort de Jean Galéas fut sotto voce attribuée à son oncle Ludovic qui le remplaça à la tête du gouvernement.
  9. L'enfant qui naît trois mois après la mort de Jean Galéas est Bona, qui deviendra reine en épousant Sigismond le Vieux, roi de Pologne.
  10. La cité d'Asti fut érigée en duché pour servir de dot à Valentine Visconti à l'occasion de son mariage avec Louis d'Orléans, second fils vivant du [roi de France Charles V. Depuis cette époque, plus de cent ans, le duché est propriété des Valois-Orléans. Le couronnement, en 1598, de Louis d'Orléans qui devient Louis XII, ajoute aux possessions royales françaises ce duché qui en fera partie jusqu'en 1529, date où François Ier doit le céder à Charles Quint qui le remet à la Savoie.
  11. À Florence, le , le duc Pierre de Médicis (1416-1469) qui a accepté les conditions désastreuses de reddition de Charles VIII est chassé et la République florentine instaurée.
  12. L'appellation que Louis d'Orléans s'attribue est Dux Mediolani, chef ou duc de Milan. Le nom latin de Milan est Mediolanum.
  13. Le monument funéraire de Béatrice et Ludovic, tombeau et gisant, sculpture de Cristoforo Solari, fut achevé en 1498. Le tombeau sera détruit en 1564 et il n'en restera que le couvercle. L'ensemble a été reconstitué et est exposé à la Chartreuse de Pavie.
  14. De nombreux manuscrits enluminés font partie du transfert et font aujourd'hui partie des trésors de la Bibliothèque nationale de France.
  15. a et b L'église a été construite entre 1463 et 1482 par Guiniforte Solari sur commande de François Sforza.
  16. En 1500, lorsque Ludovic Sforza est fait prisonnier, Vinci n'eut plus le soutien et la protection d'un mécène et eut des débuts compliqués avec les Français puisqu'ils prirent pour cible la maquette d'argile de la statue équestre de Francesco Sforza que Vinci mit 10 ans à modeler.
  17. À l'instar de son père Ludovic avec le roi de France Louis XII, Maximilien aura maille à partir avec son successeur François Ier qui s'emparera du duché de Milan de 1515 à 1529.
  18. Cecilia Gallerani servit de modèle à Léonard de Vinci pour le portrait de La Dame à l'hermine en 1485.

RéférencesModifier

  1. Les prénoms initiaux étaient Ludovico Mauro. Le second prénom a été transformé en Maria et il est resté à Ludovico le surnom de il Moro. Source : (it) Maria Grazia Tolfo & Paolo Colussi, « Cronologia di Milano dal 1451 al 1475 », Storia di Milano, (consulté le 24 août 2007)
  2. a et b (it) Maria Grazia Tolfo & Paolo Colussi, « Cronologia di Milano dal 1501 al 1525 », Storia di Milano, (consulté le 24 août 2007)
  3. « Saint-Marin - Géographie physique », Étudiants du Monde / Students of the World, (consulté le 24 août 2007)
  4. « Le Royaume de Naples sous les Anjou et les Aragon », Maison Royale de Bourbon des Deux-Siciles (consulté le 24 août 2007)
  5. Philippe Jansen, « Échec et réussite d’une métropolisation en Italie à la fin du Moyen Âge : étude comparée des cas ligure et marchésan », (consulté le 12 juillet 2007)
  6. Serge Jodra, « Monuments et Lieux d'histoire - Asti », Imago Mundi, (consulté le 24 août 2007)
  7. « La peinture de la Renaissance - Le Quattrocento », Animation Renaissance Amboise, (consulté le 26 août 2007)
  8. « La peinture de la Renaissance - Le Quattrocento à Sienne et à Venise », Animation Renaissance Amboise, (consulté le 26 août 2007)
  9. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6)
  10. Frédéric Charles J. Gingins La Sarraz, Dépêches des ambassadeurs milanais sur les campagnes de Charles-le-hardi, duc de Bourgogne, de 1474 à 1477, publ. avec sommaires et notes historiques par le baron F. de Gingins la Sarra, Université d'Oxford, 1858, p. 35
  11. Pierre Savy, « L’interrogatoire de Tempesta. Un cas de torture dans le duché de Milan à la fin du xve siècle », Labyrinthe, no 13,‎ , p. 69–79 (ISSN 1950-6031, DOI 10.4000/labyrinthe.1511, lire en ligne, consulté le 29 juin 2020)
  12. Bennassar, Bartholomé., 1492, un nouveau monde ? (ISBN 978-2-262-04364-3 et 2-262-04364-7, OCLC 1153446984, lire en ligne), page 84
  13. Bartolomé Bennassar et Lucile Bennassar, 1492, un nouveau monde ?, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-04364-3, lire en ligne), p. 121
  14. Léon Galibert 1847, p. 193
  15. (it) Négotiations, Tome 1, 566-7
  16. Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6)
  17. Arthur Kleinclausz, dir., Histoire de Lyon - Tome 1, Des origines à 1595, Librairie Pierre Masson, 1939, Lyon, page 366
  18. Une reprise au lundi d'une campagne officielle de fouilles archéologiques dans la nef de la Collégiale Saint-Ours de Loches. Lire en ligne Reprise des fouilles archéologiques autour de la sépulture de Ludovic Sforza à Loches sur le site web de France3 - Publié le 01/12/2020 à 08h00. Consulté le 02/12/2020.
  19. a et b (en) « Sforza, Lodovico (1451-1508) », Web Gallery of Art, (consulté le 24 août 2007)
  20. (it) [PDF] « Cenni storici », Città di Vigevano, (consulté le 24 août 2007)
  21. (it) Richard Schofield, Ludovico il Moro and Vigevano, Arte Lombarda, , vol 2, p 102-103
  22. Marco Folin, « Les noms de ville dans l'Italie moderne (xive-xviiie siècles) », Genèses,‎ , p 4-25 (lire en ligne)
  23. Yves Renouard, « Léonard de Vinci et la France », Commentaire (numéro 168),‎ , p 741-750 (lire en ligne)
  24. « Patrimoine mondial - L'église et le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie avec « La Cène » de Léonard de Vinci », Unesco, (consulté le 24 août 2007)
  25. (en) Miroslav Marek, « Sforza family », Genealogy.EU, (consulté le 24 août 2007)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier