Maison de Valois

branche cadette de la dynastie capétienne
(Redirigé depuis Maison capétienne de Valois)
Maison de Valois
Description de l'image Arms of the Kingdom of France.svg.
Pays France (origine)
Pologne
Lignée Capétiens
Titres Roi de France, roi de Pologne, grand duc de Lituanie, duc d'Alençon, duc d'Anjou, duc de Berry, duc de Bourgogne, duc d'Orléans
Fondation 1285
Charles de Valois
Dissolution 1589
Branches

La maison de Valois est la branche cadette de la dynastie capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons.

Elle tire son nom du comté de Valois, apanage donné à Charles, fils de Philippe III le Hardi et père du roi Philippe VI. La branche aînée s'est éteinte en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets :

Il y a également plusieurs rameaux illégitimes :

  • les Longueville ;
  • les Valois-Saint-Remy ;
  • les ducs d'Angoulême.

Après avoir conservé le trône pendant plusieurs siècles, la lignée masculine de la Maison de Valois finit par s'éteindre, et le trône du royaume de France revint à la plus ancienne branche survivante de la dynastie capétienne, la maison de Bourbon.

Un héritage contestéModifier

La dynastie des Capétiens semble être assurée pendant et après le règne du roi Philippe IV le Bel, de 1285 à 1313. À la mort de Philippe, trois fils lui survécurent (Louis X le Hutin, Philippe V le Long et Charles IV le Bel) ainsi qu'une fille (Isabelle de France). Chacun des fils devint roi tour à tour, mais mourut jeune et sans héritier mâle, en ne laissant que des filles, lesquelles ne pouvaient hériter du trône. Lorsque Charles IV meurt en 1328, la succession du royaume de France devient plus problématique.

En 1328, trois candidats potentiels pouvaient prétendre au trône :

  1. Philippe VI de Valois, fils de Charles de Valois, le plus proche héritier dans la lignée masculine, et petit-fils de Philippe III (régnant de 1270 à 1285). Puisque son père était le frère de Philippe IV, Philippe VI était par conséquent le neveu de Philippe IV ainsi que le cousin de Louis X, de Philippe V et de Charles IV. Ainsi, Charles IV le choisit comme régent avant sa mort.
  2. Jeanne II de Navarre, fille de Louis X. Bien que Philippe V ait utilisé sa position relativement à sa nièce pour prendre le trône en 1316, Jeanne pouvait toutefois très grandement prétendre à l'héritage de Philippe IV, ce qui a été soutenu par sa famille maternelle après la mort de Louis X. Elle reçut finalement le Royaume de Navarre, qu'elle pouvait faire hériter à des filles.
  3. Édouard III, fils d'Isabelle de France, elle-même fille et seul enfant survivant de Philippe IV. Édouard a prétendu au trône du Royaume de France en tant que petit-fils de Philippe IV.

En Angleterre, Isabelle de France prétendit au trône au nom de son fils de 15 ans. Tout comme le système français, la loi d'Angleterre de succession ne permettait pas la succession de femmes[1], mais autorisait la succession dans la lignée féminine (par exemple avec Henri II d'Angleterre). La France contesta sa demande, en avançant que si elle ne pouvait pas elle-même succéder au trône, car étant une femme, elle ne pouvait pas non plus transmettre un tel droit à son fils. Finalement, les magistrats français choisirent Philippe de Valois pour nouveau monarque, qui devint alors Philippe VI de France. Séparément, le trône de Navarre alla à Jeanne de France, fille de Louis X, qui devint Jeanne II de Navarre.

Puisque la diplomatie et les négociations échouèrent, Édouard III devrait recourir à la force pour prétendre au trône de France. Pendant quelques années, l'Angleterre et la France maintinrent une paix difficile. Finalement, une escalade de conflits entre les deux rois aboutit à la confiscation du duché d'Aquitaine par Philippe VI (1337). Plutôt que de rendre hommage au roi de France, comme le firent ses ancêtres, Édouard déclara qu'il était lui-même le roi légitime de France. Ces événements furent les prémices de la Guerre de Cent Ans (1337-1453) entre la France et l'Angleterre. Bien que l'Angleterre finit par perdre ce long conflit, les monarques anglais et britanniques continuèrent de prétendre au trône de France jusqu'en 1801, tout du moins formellement[2].

La Guerre de Cent AnsModifier

La Guerre de Cent Ans peut être vue comme une longue Guerre de Succession entre les maisons de Valois et de Plantagenêt. Le début du règne de Philippe VI était prometteur pour la France. Le nouveau roi combattit les Flamands au nom de son vassal, le comte de Flandres, et lui restaura son pouvoir. L'agression d'Édouard III contre l'Écosse, alors alliée à la France, incita Philippe VI à confisquer la Guyenne. Par le passé, les rois anglais devaient se soumettre aux rois de France. Cependant, Édouard, descendant des rois français, prétendit au trône pour lui-même. La France était au summum de sa puissance. D'aucun ne croyait que le roi d'Angleterre pouvait concrétiser sa prétention au trône de France.

La stratégie initiale d'Édouard était de s'allier à la Flandre et aux princes de l'Empire. Les alliances étaient coûteuses et peu productives. Bien qu'en trêve, les rois français et anglais intervinrent dans la Guerre de Succession de Bretagne. En 1346, Édouard envahit la France et pilla les campagnes plutôt que de tenter d'occuper le territoire. Les forces françaises conduites par Philippe VI affrontèrent Édouard III à la Bataille de Crécy, qui résulta en une dévastatrice et humiliante défaite de la France. Malgré cela, le mieux qu'Édouard puisse prétendre par sa victoire était la capture de Calais.

Jean II succéda à son père Philippe VI en 1350. Il fut menacé par Charles II de Navarre, de la branche d'Évreux de la dynastie des Capétiens, qui convoitait le trône de France par le droit de sa mère, descendante aînée de Philippe IV de France. Le caractère de Charles finit par aliéner les monarques français et anglais, puisqu'il changeait aisément de côté selon où se trouvaient ses intérêts. En 1356, Édouard, le Prince Noir, fils aîné et premier héritier d'Édouard III, guida son armée au cours d'une chevauchée en France. Jean poursuivit le Prince Noir, qui cherchait à éviter d'engager les forces supérieures du roi de France. Les négociations échouèrent. Durant la Bataille de Poitiers, les Français subirent une nouvelle défaite humiliante, et leur roi fut capturé. Édouard espérait la victoire en envahissant la France et en se faisant couronner à Reims. Mais le nouveau leader des armées françaises, le Dauphin Charles, évita une nouvelle bataille rangée, et la ville de Reims résista au siège. Dans le Traité de Brétigny, la Couronne anglaise gagna une Aquitaine élargie dans toute sa souveraineté, abandonna le duché de Touraine, les comtés d'Anjou et du Maine, la souveraineté de la Bretagne et des Flandres, ainsi que son droit sur le trône de France.

Charles V devint roi en 1364. Il soutint Henri de Trastámara durant la guerre civile de Castille, alors que le Prince Noir soutenait le roi régent, Pierre Ier de Castille. Le Prince Noir gagna, mais Pierre refusa de payer pour ses dépenses. Le Prince Noir tenta alors de recouvrer ses pertes en levant des taxes en Aquitaine, ce qui les incitèrent à faire appel au roi de France. La guerre fut de nouveau déclarée. Les Français reprirent leurs territoires les uns après les autres. Lorsque Charles mourut en 1380, seules Calais, Bordeaux et Bayonne furent laissées aux Anglais.

Les anciennes grandes familles de la noblesse féodale furent grandement remplacées par une classe de puissance équivalente : les princes de sang royal. Avec la confiscation de la Guyenne, la seule famille non capétienne restante était la Maison de Flandres. Les ducs de Montfort de Bretagne, les Maisons d'Évreux et de Bourbon ainsi que les princes de la Maison de Valois constituaient la grande noblesse du Royaume.

Succédant au trône à l'âge de 11 ans, le règne de Charles VI de France était le premier règne minoritaire (en) depuis celui de saint Louis, en 1226. Le pouvoir était détenu par ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne. Les ducs gaspillèrent les ressources de la monarchie afin de poursuivre leurs propres fins. Le duc d'Anjou prétendait au Royaume de Naples ; celui de Berry gouvernait ses vastes domaines dans le Languedoc ; et celui de Bourgogne, s'étant marié à l'héritière des Flandres, trouva plus commode de diriger ses vastes dominions depuis Paris. Charles mit fin à la régence de ses oncles à l'âge de 21 ans, bien qu'il aurait pu le faire dès l'âge de 14 ans. Son début de règne était prometteur, mais le début de la folie, qu'il pourrait avoir hérité des ducs de Bourbon du côté de sa mère, allait se révéler désastreux pour la France. Le duc de Bourgogne, le plus puissant des princes et de ses pairs, pris naturellement le pouvoir. Mais son neveu, Louis Ier, duc d'Orléans, le frère du roi, contesta son autorité. La rivalité entre les deux princes et leurs descendants conduisit à la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

En 1415, Henri V d'Angleterre, arrière-petit-fils d'Édouard III envahit la France. Durant la Bataille d'Azincourt, la faction Armagnac combattit les Anglais et fut décimée. Les ducs d'Orléans et de Bourbon furent capturés et le parti bourguignon gagna de l'ascendance à Paris. Henri poursuivit sa conquête de la Normandie. Les Armagnacs assassinèrent Jean sans Peur, duc de Bourgogne, une revanche tardive pour l'assassinat de Louis Ier, duc d'Orléans. Le nouveau duc, Philippe le Bon, s'allia à l'Angleterre. Par le Traité de Troyes, Henri V d'Angleterre devient le régent de France et héritier à ce trône ; il se marie à Catherine de Valois, fille du roi de France. Aussi, le Dauphin Charles fut déshérité. Pour le rendre parfaitement légal, le traité fut ratifié par les États généraux plus tard dans l'année.

Accepter le Traité de Troyes serait un déni de légitimité des Valois. Alors que l'Angleterre était accoutumée à changer ses rois, la France adhérait grandement aux siens. Le traité fut seulement reconnu par les territoires contrôlés par l'Angleterre du Nord de la France, ainsi que par les ducs alliés de Bourgogne et de Bretagne. Henri V mourut avant son souffreteux beau-père, Charles VI, laissant le futur des Lancastre du Royaume de France entre les mains de son enfant, encore bébé, Henri VI d'Angleterre, ainsi qu'à son frère, Jean de Lancastre.

Le compétent duc de Bedford empêcha Charles VII de reprendre le contrôle du Nord de la France. En 1429, Jeanne d'Arc parvient à lever le siège d'Orléans et permit au roi d'être couronné à Reims, une importante victoire pour la propagande française. Les luttes de pouvoir entre Jean, duc de Bedford, son frère Humphrey, duc de Gloucester, et leur oncle Henri, cardinal de Beaufort entrava l'effort de guerre anglais. Le duc de Bourgogne, aliéné par les bévues du duc de Gloucester, se réconcilia avec le roi de France par le Traité d'Arras (1435). Le duc de Bedford mourut la même année.

Les différentes factions en guerre conclurent de longues trêves, durant lesquelles le roi de France prépara le renouvellement de la guerre, tandis que les Anglais faisaient une pause et profitaient de nouvelles taxes sur les royaumes conquis. En 1450, les Français avaient reconquis la Normandie, et la Guyenne l'année suivante. Une dernière tentative de l'Angleterre pour retrouver ses pertes aboutit à sa défaite à la Bataille de Castillon en 1453. Avec cette victoire, les Anglais avaient été chassés de toute la France, à l'exception de Calais. La succession des Valois était confirmée et assurée.

Centralisation du pouvoirModifier

Par sa victoire face à la Couronne d'Angleterre, Charles VII replaça son royaume comme la plus grande puissance d'Europe de l'Ouest. Il créa la première armée permanente de France depuis les temps romains, et limita la puissance papale de l'Eglise gallicane par la Pragmatique Sanction de Bourges. Puis les années suivantes furent entachées par des querelles avec son fils aîné et héritier, le Dauphin Louis, qui refusait de lui obéir. Le Dauphin fut banni de la Cour pour ses intrigues, et ne revint en France qu'à la mort de son père.

Louis XI succéda à son père en 1461. Au début de son règne, Louis défit les politiques de son père, abolissant la Pragmatique Sanction afin de faire plaisir au Pape, et délaissa les armées régulières, en lesquelles il n'avait pas confiance, au profit des mercenaires suisses. En tant que prince, il s'était allié à la noblesse contre son père, mais en tant que roi, il trouva que la seule manière de maintenir son pouvoir était de la soumettre. Toute sa vie durant, il fut l'adversaire de Charles le Téméraire, comte de Charolais et futur duc de Bourgogne. En 1465, la Ligue du Bien public, une alliance des princes féodaux composée de Charles de Valois, duc de Berry, le frère du roi, le comte de Charolais, les ducs de Bretagne, de Bourbon et de Lorraine (et donc un membre de la Maison d'Anjou), ainsi que plusieurs autres, tenta de restaurer leurs prérogatives féodales. Louis craignit une possible escalade du conflit face à cette formidable coalition. Afin de maintenir la paix, il concéda à leurs demandes, dont la cession du Duché de Normandie à son frère, grâce auquel il obtint le tiers des charges de l'État.

Louis ne comptait que rarement sur les fortunes de guerre, mais plus sur les intrigues et la diplomatie. Il maintint son pouvoir en payant des tributs à des gens bien-placés dans les Cours de ses vassaux et des États voisins. Il reprit la Normandie à son frère à la première occasion. Il acheta la paix à Édouard IV d'Angleterre afin de le dissuader d'attaquer la France. Il fomenta des rebellions dans les dominions de Bourgogne. À la mort de Charles le Téméraire, en 1477, il s'accapara le Duché de Bourgogne, qu'il réclama comme son fief légitime, bien que la législation originale n'excluait pas les femmes de la succession. Mais le mariage de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, à Maximilien d'Autriche, se révéla problématique concernant les générations futures. En 1481, le dernier héritier mâle de Maison d'Anjou mourut, cédant toutes les possessions des Angevins au roi. À la fin de son règne, le pouvoir royal était absolu en France.

Les Guerres d'ItalieModifier

Charles VIII succéda à son père en 1483, à l'âge de 13 ans. Lorsqu'il était mineur, les nobles tentèrent une nouvelle fois de s'emparer du pouvoir, mais ils furent battus par la sœur de Charles, Anne de France. Le mariage de Charles à Anne de Bretagne évita un futur encerclement total de la France par les Habsbourgs.

En tant qu'héritier de la Maison d'Anjou, Charles VIII décida d'accélérer sa prétention au Royaume de Naples : ce fut le début des Guerres d'Italie. En septembre 1494, Charles envahit l'Italie avec une armée de 25 000 soldats, et atteignit son objectif le 22 février 1495, virtuellement sans opposition. Mais la rapidité et la puissance de l'avancée française effraya les puissances d'Italie. La Ligue de Venise s'unit contre la France, composée des Républiques de Venise et de Florence, des Duchés de Milan et de Mantoue, des rois d'Espagne et de Naples, de l'Empereur et du Pape. Charles, qui ne voulait pas être piégé à Naples, dû les affronter lors de la Bataille de Fornoue. Charles parvint à retourner en France, mais toutes ses conquêtes et butins furent perdus. Les dettes qu'il contracta pour mener sa campagne ne l'incitèrent pas à reprendre cette guerre, et il mourut accidentellement en 1498. Par sa mort, la branche aînée de la Maison de Valois s'éteignit. Son cousin, duc d'Orléans, lui succéda et devint Louis XII de France.

Louis XII se maria à la veuve de son prédécesseur, Anne de Bretagne, afin de conserver cette province à la France. Le nouveau roi poursuivit également la politique de son prédécesseur en Italie. Les ducs d'Orléans descendaient de Valentine Visconti (1368-1408), et clamèrent leur légitimité au Duché de Milan par cette ascendance. De 1499 à 1512, exceptée une bref période en 1500, Louis XII fut duc de Milan. L'activité militaire de la France en Italie se poursuivit, avec des ligues variées formées afin de contrer la puissance dominante. Louis mourut sans fils ; son cousin (et beau-fils), François d'Angoulême, lui succéda et devint François Ier en 1515.

François Ier appartenait à une branche cadette de la Maison d'Orléans. Durant la Bataille de Marignan, François battit les Suisses, qui avaient évincé son prédécesseur de Milan et pris le contrôle du duché. Au cours des élections impériales de 1519 (en), les rois d'Espagne, de France et d'Angleterre s'affrontèrent pour le titre impérial. Le roi d'Espagne était le petit-fils de l'Empereur décédé, mais les Électeurs le considéraient comme un étranger, tout comme le roi de France. Les rois recoururent à des pots-de-vin, et c'est finalement le roi d'Espagne qui devint Charles Quint, Empereur du Saint Empire.

L'élection du roi d'Espagne au trône impérial fit de lui le premier monarque d'Europe, tant en titre qu'en réalité. Ennuyé, le roi de France demanda à ce que l'Empereur rende hommage pour la Flandres et l'Artois ; l'Empereur répondu en réaffirmant sa prétention au duché de Bourgogne. La rivalité de la Maison royale de France avec les Hasbourgs domina le reste du XVIème siècle. L'Empereur prit Milan à la France en 1521. Le roi d'Angleterre et le Pape soutinrent l'Empereur. La France était encerclée d'ennemis de tous les côtés. Des troubles internes aux Maisons aboutirent au transfuge de Charles III, duc de Bourbon et Connétable de France, à l'Empereur. En 1525, à la Bataille de Pavie (1525), les Français furent battus et le roi lui-même fut capturé. François obtint sa liberté par le Traité de Madrid (1526), dans lequel il renonçait à ses prétentions sur Naples et Milan, rendait la Bourgogne à l'Espagne, abandonnait sa souveraineté sur les Flandres et l'Artois, et livrait deux de ses fils en tant qu'otages. François répudia le traité. S'étant souvent trouvé seul durant sa lutte contre l'Empereur, François forma l'Alliance franco-ottomane avec le Sultan, scandalisant l'Europe chrétienne. François soutint la conversion des princes germains au Protestantisme, ce qui allongea sa liste d'alliés potentiels contre l'Empereur. Cependant, dans ses propres dominions, les Protestants furent bannis.

Henri II succéda au trône en 1547. Il poursuivit les politiques de son père, tout comme le firent ses successeurs. Il persécuta les Protestants de son Royaume, alors que les Protestants des pays étrangers étaient ses alliés. Henri pris les Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun. Les offensives françaises échouèrent en Italie. En 1556, Charles V abdiqua, répartissant les dominions des Hasbourgs entre ses fils, Philippe II d'Espagne, qui gagna l'Espagne et les Pays-Bas, et son frère Ferdinand Ier, qui devint Empereur. Les Français reprirent Calais après que l'Angleterre s'allia avec l'Espagne. La paix de Cateau-Cambrésis (1559) mit fin aux guerres d'Italie. La France perdit tous ses territoires italiens, à l'exception de Saluces, et confirma sa mainmise sur Calais ainsi que sur les Trois-Évêchés. Ce fut une victoire diplomatique pour Philippe II, qui n'abandonna rien de ce qu'il possédait. Le roi d'Espagne conserva la Franche-Comté et affirma sa mainmise sur Milan, Naples, la Sicile, la Sardaigne, et l'État des Présides, faisant de lui le plus puissant dirigeant d'Italie.

Guerres de ReligionModifier

La dernière partie du règne de la Maison des Valois fut marquée par les Guerres de Religion. Henri II mourut accidentellement au cours d'une joute organisée pour l'occasion du mariage de sa sœur, en 1559. Son fils aîné et héritier François II lui succède. Le nouveau roi de France était déjà roi d'Ecosse par le droit de son épouse, Marie Stuart, reine d'Ecosse. Sa famille maternelle, la Maison de Guise, prit l'ascendant sur le jeune roi.

La Maison de Guise était une branche cadette de la Maison ducale de Lorraine. Ils prétendaient descendre de Charlemagne et avaient des vues sur le trône de France. Ils considéraient que la Maison de Bourbon, princes par le sang, était leur rivale (et ennemie) naturelle. Les dirigeants de la Maison de Bourbon, les frères Antoine, roi consort de Navarre, et Louis Ier, prince de Condé, étaient Protestants. La Maison de Guise se considérait comme les champions de la cause catholique.

Par la succession à son fils mineur, Charles IX, en 1560, Catherine de Medicis manœuvra pour un équilibre des pouvoirs. Elle libéra le prince de Condé, avec l'intention de se servir du poids de la Maison de Bourbon comme contre-poids à la Maison de Guise. Antoine de Navarre se convertit au Catholicisme et devint Lieutenant-Général du Royaume. Le Massacre de Wassy déclencha la première guerre religieuse entre les Catholiques et les Huguenots. Le roi de Navarre et le duc de Guise moururent au cours de cette guerre. Anne de Montmorency, Connétable de France, fut la principale victime de la deuxième guerre. Le prince de Condé mourut au cours de la troisième guerre. Les Huguenots n'étaient pas en mesure de remporter une victoire, ne serait-ce que substantielle, mais purent garder une armée sur le terrain.

En 1572, Henri IV, roi de Navarre, s'est marié à Marguerite de France, sœur de Charles IX. Par cette union, on espérait réconcilier les Catholiques et les Protestants ; mais cela fut loin d'être le cas, ce qui fut une grande déception. Le Massacre de la Saint-Barthélemy s'ensuivit ; les Huguenots, venus nombreux à l'occasion du mariage, furent massacrés en masse. Les Maisons de Navarre et de Condé furent épargnées, mais forcées à se convertir et maintenues en captivité. La culpabilité d'avoir permis à un tel massacre de se produire allait hanter Charles pour le reste de sa vie. En 1573, le frère du roi, Henri de France, duc d'Anjou fut élu roi de Pologne.

En 1574, seulement trois mois après son couronnement, le roi de Pologne succéda au trône de France et devint Henri III, roi de France. L'année suivante, le seul frère survivant du roi, François de France, duc d'Alençon, fuit la Cour et rejoint celles de Condé et de Navarre. Cette menace combinée força le nouveau roi à demander assistance aux rebelles. Le duc d'Alençon fut fait duc d'Anjou. Ces concessions faites aux Huguenots inquiétèrent les Catholiques, qui formèrent alors la Ligue Catholique. Cette ligue était dirigée par les princes de la Maison de Lorraine, les ducs de Guise, de Mayenne, d'Aumale, d'Elbeuf, de Mercœur et de Lorraine, et également soutenue par l'Espagne. Les Huguenots tinrent le Sud-Ouest et s'allièrent à l'Angleterre et aux princes de Germanie. À la mort du frère du roi en 1584, le roi de Navarre, appartenant à la Maison de Bourbon, devint l'héritier présomptif au trône de France. Mis sous pression par la Ligue Catholique, le roi de France ratifia l'Édit de Nemours, qui rendait le protestantisme illégal et interdisait à tout Protestant d'occuper une quelconque fonction royale.

Cette situation conflictuelle eut pour résultat la Guerre des Trois Henri. Les royalistes étaient guidés par Henri III, roi de France ; les Huguenots étaient conduits par Henri III, roi de Navarre ; et la Ligue Catholique était menée par Henri Ier, duc de Guise. Tous s'affrontèrent au cours d'une triple contestation pour savoir qui devrait hériter du trône de France. Après l'humiliation de la Journée des Barricades (1588), Henri III (roi de France) fuit Paris. Le duc de Guise était entré dans Paris malgré son interdiction explicite. Le roi était alors résolu à assassiner l'audacieux duc. L'assassinat du duc de Guise courrouça la Ligue Catholique. Henri III (roi de France) chercha à faire une alliance avec le Royaume de Navarre. Les deux rois étaient sur le point de reprendre Paris avec leur grande armée lorsque le roi de France tomba entre les mains d'un assassin de la Ligue Catholique. Par sa mort, la lignée masculine de la Maison de Valois s'éteignit complètement, après 261 ans de règne en France.

SuccessionModifier

La Maison de Bourbon est apparue en 1272, lorsque le fils du roi Louis IX se maria à l'héritière du Seigneur de Bourbon[3]. La Maison perdura pendant trois siècles comme branche cadette (en), au service des Capétiens directs et des Valois.

En 1589, à la mort du roi Henri III, la lignée masculine de la Maison de Valois s'éteignit. Suivant la loi salique, le Chef de la Maison de Bourbon, en tant qu'aîné de la plus ancienne branche survivante de la dynastie capétienne, devint roi de France. Ainsi, le trône de France revint à Henri IV[3].

Liste des rois de France issus de la Maison de ValoisModifier

Les Valois directsModifier

Le rameau d'OrléansModifier

Le rameau d'Orléans-AngoulêmeModifier

Henri III est le dernier roi de la maison de Valois. Henri IV lui succède et amène sur le trône de France la Maison de Bourbon.

Frise des Capétiens Valois
Charles le TémérairePhilippe III de BourgogneJean Ier de BourgognePhilippe II de BourgogneMassacre de la Saint-BarthélémyBataille de MarignanBataille d'AzincourtBataille de Poitiers (1356)Bataille de CrécyGuerre de religion (France)Guerres d'ItalieGuerre de Cent AnsHenri III de FranceCharles IX de FranceFrançois II de FranceHenri II de FranceFrançois Ier de FranceLouis XII de FranceCharles VIII (roi de France)Louis XI de FranceCharles VII de FranceCharles VI de FranceCharles V de FranceJean II de FrancePhilippe VI de France


 
Le lien de parenté.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

  1. Mathilde l'Emperesse prétendit au trône d'Angleterre au début du XIIe siècle. Toutefois, Étienne de Blois lui contesta ce droit, engendrant une longue guerre civile, et Mathilde n'était habituellement plus vue comme étant la monarque légitime d'Angleterre.
  2. Alison Weir, Britain's Royal Families : The Complete Genealogy, Random House, (1re éd. 1989), 400 p. (ISBN 978-1-4464-4911-0, lire en ligne), « The House of Hanover », p. 286

    « On 1 January, 1801, [King George III] relinquished for ever the title 'King of France', held by English kings since Edward III laid claim to the French crown in 1340. »

  3. a et b Anselme, Père. ‘’Histoire de la Maison Royale de France’’, tome 4. Editions du Palais-Royal, 1967, Paris. pp. 144–146, 151–153, 175, 178, 180, 185, 187–189, 191, 295–298, 318–319, 322–329.