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Irène l'Athénienne

impératrice byzantine
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Irène
Impératrice byzantine
Image illustrative de l’article Irène l'Athénienne
Un solidus à l'effigie d'Irène.
Règne
-
5 ans, 2 mois et 13 jours
Période Isauriens
Précédé par Constantin VI
Suivi de Nicéphore Ier
Biographie
Naissance v. 752
Athènes
Décès (~51 ans)
Lesbos
Époux Léon IV le Khazar
Descendance Constantin VI

Irène l'Athénienne (en grec Ειρήνη η Αθηναία ; née vers 752 à Athènes, morte le sur l'île de Lesbos) est régente de l'Empire byzantin de 780 à 790 puis impératrice régnante (Βασιλεύς , basileus) de 797 à 802. Elle est la première femme à régner seule, en tant que basileus.

Sommaire

BiographieModifier

Origines et débutsModifier

Les origines d'Irène sont peu connues. Nous savons qu'elle est née à Athènes[1], dans une région continuellement détenue par l'Empire byzantin mais régulièrement soumise aux incursions des Slaves. Au cours de sa jeunesse, Irène a reçu une éducation religieuse iconophile. Sa première apparition dans les sources remonte à 758. Théophane la mentionne alors qu'elle se rend à Constantinople. Étant donné les pratiques de l'époque et le fait qu'elle soit légèrement plus jeune que son futur mari, elle doit avoir une quinzaine d'années à son arrivée dans la cité impériale, ce qui daterait sa naissance aux environs de 752.

Ses origines sociales aussi sont obscures. Il semble tout de même qu'elle soit issue d'une riche famille de l'aristocratie athénienne[2]. C'est ce statut qui lui aurait permis d'être promise à un époux de rang impérial. Beaucoup de chroniqueurs iconophiles de l'époque, influencés par l'iconophilie d'Irène, ont célébré sa grande beauté, toujours présente avec l'âge. Si ses attraits physiques ont bien sûr pu jouer un rôle, l'ascendance sociale est probablement un élément déterminant d'explication du choix de son épouse par Léon IV le Khazar.

Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, le concours de beauté était en effet un moyen récurrent utilisé par les empereurs pour choisir leurs épouses. Comme le note Irène Sorlin, épouser la plus belle femme faisait partie des attributs de la couronne byzantine. Le monarque pouvait ainsi asseoir sa légitimité tout en rejetant les autres partis possibles. Néanmoins, pour l’historienne, il est probable que les « dés étaient pipés » dès le départ dans ces concours et que les mariages étaient « arrangés »[3].

Quoi qu'il en soit, Irène se rend à Constantinople pour se marier avec Léon IV, l'héritier du trône impérial. Elle arrive dans la capitale au cours de l'été 768. Elle se rend d'abord au palais de Hiéreia, situé dans les environs de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore puis rejoint Constantinople le 1er septembre 768, ce qui donne lieu à d'importantes festivités. Elle s'unit avec son époux le 17 décembre 768[1]. En 770 leur naît un fils, le futur Constantin VI, qui fut baptisé du même que son grand père, Constantin V[4]. Lorsque Constantin V meurt en septembre 775, Léon IV accède au trône à l'âge de 25 ans. Sa femme Irène devient alors impératrice consort[4]. Léon IV meurt après seulement cinq ans de règne, le 8 Septembre 780. Irène devient alors régente pour le compte de leur fils, Constantin VI, qui est alors âgé de 9 ans[5]. Entre la naissance de son fils en 770 et sa nomination en tant que régente en 780, les activités d'Irène sont inconnues.

Contexte : un Empire affaibliModifier

 
L'Empire byzantin au début du VIIIème siècle
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Quand Irène devient une personnalité influente des destinées impériales, l'Empire byzantin est dans une situation difficile. Depuis plus d'un siècle, il a connu une profonde rétractation territoriale, perdant toutes les provinces orientales en dehors de l'Anatolie, une grande partie de l'Italie et la quasi-totalité de la péninsule balkanique. Constantin V est constamment obligé de combattre les Bulgares installés à proximité directe de Constantinople mais aussi les raids arabes qui frappent annuellement l'Asie Mineure dans une guerre de razzias destructrices. Toutefois, l'Empire a aussi assuré sa survie. Les Arabes ne sont plus en mesure d'accomplir de conquêtes territoriales et, en 772, les forces byzantines reprennent Mopsueste en Cilicie. La même année ou en 773, Constantin V remporte la bataille de Lithosoria contre les Bulgares de Telerig mais finit par mourir au cours d'une nouvelle campagne militaire en 775, sans avoir mis un terme à la menace bulgare. Sous Léon IV, les frontières impériales restent stables et les adversaires de l'Empire peu actifs. En revanche, sur le plan interne, la controverse de l'iconoclasme reste vive. Léon IV décide de rétablir la politique répressive envers les partisans des images, rompant avec sa posture modérée lors des premières années de règne.

La prise du pouvoirModifier

Au décès de Léon IV en 780, Constantin VI n'étant âgé que de dix ans, Irène parvient à écarter ses beaux-frères Nicéphore et Christophore et à se faire reconnaître régente de l'Empire, ce qui provoque un certain mécontentement dans l'armée. Pour restaurer de bonnes relations avec l'Église de Rome dont le roi franc Charlemagne était devenu le protecteur, elle envoie en 781 une ambassade aux Francs, afin de leur proposer le mariage de son fils Constantin VI avec la fille de Charlemagne, Rotrude. Mais ce projet n'aboutit pas[2].

La restauration du culte des images : le second concile de NicéeModifier

 
Icône du XVIIe siècle représentant le Deuxième concile de Nicée (couvent de Novodievitchi).

Issue d'une région de l'Empire où l'iconoclasme (surtout anatolien) est peu implanté, Irène est iconophile. L'abdication du patriarche Paul IV en 784, lui fournit l'occasion de le remplacer par un laïc, Taraise, et de convoquer un nouveau concile œcuménique destiné à rétablir l'orthodoxie en condamnant les édits iconoclastes. Le pape Adrien Ier est invité à y envoyer des délégués.

Le concile s'ouvre à Constantinople le , mais une émeute iconoclaste oblige Irène et Taraise à l'ajourner. Il reprend seulement en à Nicée, sur l'autre rive du Bosphore. Le deuxième concile de Nicée se conclut le par la restauration du culte des images[6].

Éviction d'Irène (790)Modifier

Forte de ce succès, Irène décide d'écarter des affaires son fils Constantin, de plus en plus impopulaire, pour assumer seule le gouvernement de l'Empire. Cette décision rallie à Constantin tous les ennemis d'Irène, dont les iconoclastes ; une mutinerie des Arméniaques déclenche une insurrection dans l'armée. Le 10 novembre 790, ils proclament Constantin VI seul basileus autocrator : Irène est évincée.

Retour au pouvoir (792)Modifier

Après deux ans en exil, Irène est autorisée à rentrer à Constantinole. Elle profite alors des échecs militaires de son fils (défaite en 791 devant les Bulgares) et de son impopularité (due à son divorce d'avec Marie l'Arménienne et de son remariage avec Théodote pour organiser un complot avec l'aide des évêques. Grâce à un coup d'état, elle réussit à reprendre le pouvoir, le [2]. Irène devient alors "basileus" (empereur) et non plus seulement "basilissa" (la femme de l'empereur)[2].

Consciente des sympathies de son fils pour les iconoclastes et craignant une guerre civile dans l'Empire, Irène accepte que Constantin soit énucléé[7] en 797 conformément à un rituel de déposition des empereurs byzantins censés manquer de clairvoyance[8]. En effet, un infirme ne pouvant pas prendre la qualité d'Empereur. Il meurt probablement d'infection peu après.

Basileus (797-802)Modifier

Sur le plan intérieur, Irène prend le contrepied de la politique suivie par Constantin V et Constantin VI et apporte son soutien aux riches commerçants, au détriment des couches populaires. Toutefois elle prend des mesures afin d'améliorer les conditions de vie des plus défavorisés et de satisfaire les moines : une loi déclare une bénédiction suffisante pour sanctionner le mariage des pauvres, une autre loi prohibe les troisièmes noces. Ces innovations sont jugées démagogiques par certains membres de l'aristocratie byzantine.

Elle favorise également la restauration du monachisme, créant le monastère du Stoudion, fédération de monastères qui s'installe à Constantinople sous la direction de l'évêque Théodore.

Dans l'impossibilité de défendre efficacement les frontières de l'Empire, elle s'efforce de résoudre les conflits par la diplomatie[2]. Elle favorise notamment la reprise des échanges commerciaux dans les Balkans et avec l'Occident, et tente d'assurer la paix à l'est en versant un tribut à Haroun al-Rachid en 798. Elle cherche également la paix avec les Francs, mais le couronnement de Charlemagne comme « empereur des Romains » par le pape Léon III, le 25 décembre 800, est regardé à Constantinople comme un acte de sécession. À l'automne 801, elle propose à Charlemagne un projet d'union matrimoniale entre eux deux, destiné à réunifier l'Empire romain[9]. L'aristocratie byzantine, hostile à ce projet, organise un coup d'État en octobre 802 : le logothète du Trésor, Nicéphore, se fait proclamer empereur par une assemblée de hauts fonctionnaires, sous le nom de Nicéphore Ier.

Mort et canonisationModifier

Irène est enfermée dans le monastère fortifié de Prinkipo, où elle jouit du statut d'higoumène.

Théophane le Confesseur rapporte dans ses écrits des propos que l'ex-impératrice aurait tenus à Nicéphore, lorsque celui-ci vient la voir dans sa cellule :

« Je crois que c'est Dieu qui [...] m'a fait monter sur le trône tout indigne que j'en étais; je n'inpute ma chute qu'à moi seule et à mes péchés [...]. Quand à ta promotion, c'est Dieu que j'en considère comme l'instigateur, car je crois que rien ne peut se faire sans sa volonté.[10] »

Irène est ensuite emmenée comme simple moniale au monastère de Mitylène, dans l'île de Lesbos, où elle meurt le 9 août 803 à l'âge de 51 ans environ ; son corps est ramené à Prinkipo.

En 864, elle est canonisée et son corps ramené dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople. Sa tombe a été pillée par les croisés en 1204, puis détruite par Mehmet II en 1461.

RéférencesModifier

  1. a et b Garland 1999, , p. 73
  2. a b c d et e Elisabeth Dumont-Le Cornec, « Irène, empereur de Byzance », Notre Histoire,‎ , p. 44-45
  3. Irène Sorlin, « Concours de beauté pour impératrice », Les Collections L'Histoire (Byzance, L'Empire de mille ans),‎ , p. 47
  4. a et b Garland 1999, , p. 74
  5. Garland 1999, , p. 75
  6. Jean Wirth, interviewé par Fabien Paquet, « Au Moyen Âge, pas d'images interdites ! », L'Histoire n°452,‎ , p. 34-45
  7. Sophrone Pétridès, « Quel jour Constantin, fils d'Irène, eut-il les yeux crevés ? », Échos d'Orient, vol. 4, no 2,‎ , p. 72–75 (DOI 10.3406/rebyz.1900.3319, lire en ligne, consulté le 11 novembre 2016).
  8. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel, , 596 p. (ISBN 2226057196, lire en ligne), p. 91.
  9. Jacques Bloeme, L'Europe médiévale en 50 dates : les couronnes, la tiare et le turban, Éditions L'Harmattan, , p. 129.
  10. Michel Kaplan, « Pourquoi l'empire a duré si longtemps », Les Collections L'Histoire (Byzance, L'Empire de mille ans),‎ , p. 50-51

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sources primairesModifier

Sources secondairesModifier

Sources radiophoniquesModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier