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Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg

édifice religieux situé à Saint-Pétersbourg, en russie
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale ne doit pas être confondue avec une autre cathédrale de Saint-Pétersbourg.

Cathédrale Saint-Isaac
Image illustrative de l’article Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg
La cathédrale Saint-Isaac
Présentation
Nom local Исаакиевский собор
Culte Église orthodoxe
Type Cathédrale
Début de la construction 1818
Fin des travaux 1858
Architecte Auguste Ricard de Montferrand
Style dominant Architecture néoclassique
Site web www.cathedral.ruVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la Russie Russie
Ville Saint-Pétersbourg
Coordonnées 59° 56′ 03″ nord, 30° 18′ 24″ est

Géolocalisation sur la carte : Saint-Pétersbourg

(Voir situation sur carte : Saint-Pétersbourg)
Cathédrale Saint-Isaac

La cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg est une cathédrale orthodoxe russe bâtie entre 1818 et 1858, sous les règnes des empereurs Alexandre Ier (1801-1825), Nicolas Ier (1825-1855) et Alexandre II (1855-1881). Elle a été inspirée par la cathédrale Saint-Paul de Londres et a été conçue pour accueillir 14 000 fidèles[1].

C'est une des plus vastes cathédrales à dôme du monde avec 111 m de long, 97 m de large et 101,5 m de haut, soit 10 767 m2. C'est par ses dimensions, la troisième cathédrale d'Europe après la basilique Saint-Pierre et cathédrale Saint-Paul de Londres.

Chaque colonne positionnée à l'avant de la cathédrale pèse 114 tonnes ; il a fallu un total de 45 minutes pour les ériger à l'aide d'un système de palans.

Sommaire

HistoriqueModifier

ConstructionModifier

L'empereur Alexandre Ier a lancé un concours pour la construction de la cathédrale, concours qui a été remporté par l'architecte français Auguste Ricard de Montferrand[2], un élève de Charles Percier. L’architecte y a dédié toute sa vie pendant les quarante années de la construction. Celle-ci a donné naissance à une véritable école d’architecture expérimentale où l’on a essayé des techniques nouvelles[3].

L'édifice a été construit entre 1818 et 1858, avec des techniques d’ingénierie innovantes[4] puisque pour asseoir cet édifice de 300 000 tonnes, il a fallu placer des milliers de pilotis en bois dans le terrain marécageux du site, avant de mettre en place les 48 colonnes en granit.

Un autre exemple est la coupole entièrement métallique, de 28,5 mètres de diamètre, technique d’abord critiquée puis reprise dans les projets qui ont suivi (construction du premier pont métallique en 1842). Le mathématicien Gabriel Lamé et l’ingénieur Émile Clapeyron, ont calculé à l'été-automne 1821, la dimension exacte de la coupole et son agencement dans la construction[5].

Outre 400 kilos d'or, 1 tonne de bronze, plus de cent types de nuances de granit, de marbre, de malachite (16 tonnes, extraites de la mine de Nijni Taguil, non loin d'Ekatérinbourg)[6], 500 kilos de lazulite et de lapis-lazuli (extraits de la mine de Sar-e-Sang, province de Badakhchan en Afghanistan) ont été utilisés pour sa décoration[7].

Le sculpteur Henri Lemaire, (auteur du « Jugement dernier » du fronton de l’église de la Madeleine à Paris), est aussi l’auteur en 1841 de deux bas-reliefs de la cathédrale : « la Résurrection du Christ » et « Isaac de Dalmatie demandant à l’empereur Valens de cesser la persécution des chrétiens ». La cathédrale comporte aussi près de 300 statues. Les mosaïques couvrent une surface totale de 6 500 m2.

ConsécrationModifier

 
La cathédrale Saint-Isaac, la nuit.

Quarante ans après le début de sa construction, la cathédrale a été inaugurée et consacrée le , jour de la fête de saint Isaac de Dalmatie (en), qui était aussi le saint patron de Pierre le Grand[8], en présence de l'empereur Alexandre II.

Elle était le centre de la vie religieuse de Saint-Pétersbourg jusqu'au début des années 1920.

Utilisations depuis la révolutionModifier

Après la révolution d'Octobre 1917, elle est pillée par les bolcheviks, les objets de culte sont confisqués et ses cloches fondues[9].

La cathédrale est fermée sur ordre des autorités communistes en juin 1928 et transformée en 1931 en musée de l'athéisme jusqu'en 1937, où elle devient un musée d'histoire et de l'art.

En juin 1990, peu avant la chute de l'URSS, les offices religieux ont repris dans la cathédrale, après une longue interruption forcée.

Le , une nouvelle cloche de 10 tonnes a été montée à l'un des clochers de la cathédrale[10].

Le 10 janvier 2017 le gouverneur de Saint-Pétersbourg (Georgy Poltavchenko) a annoncé le transfert de la cathédrale à l'Eglise orthodoxe russe. Le bâtiment reste propriété de l'état russe, son entretien reste à la charge de la ville de Saint-Pétersbourg, l'Eglise orthodoxe russe recouvre l'entière jouissance de l'occupation du lieu, tout en conservant sa fonction de musée; cette décision s'est accompagnée d'une grande controverse citoyenne.[11].


La cathédrale en chiffreModifier

De nos jours, la cathédrale Saint-Isaac est la 4-ème plus haute cathédrale à coupole en Europe après Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et Santa-Maria del fiore à Florence. Sa hauteur est de 101 m.

Le poids de cet édifice est de 300 000 tonnes.

La superficie de la cathédrale 4000 m2.

La cathédrale peut accueillir 10 000 personnes en même temps pour les messes.

La cathédrale est décorée par 112 colonnes en granit.

Le poids des colonnes est 114 tonnes.

562 marches nous emmènent vers la colonnade de la cathédrale d'où s'ouvre la vue sur la ville.[12]

Le fondement de la cathédrale Saint-IsaacModifier

En vu de réduire au maximum les conséquences de l'affaissement inégal de l'édifice, Monferrand avait projeté un soubassement sur pilotis s'étendant sous toute la cathédrale.

Afin d'affermir la terre, on enfonça dans l'excavation, des pilotis de pin goudronnés de 6,5 m de longueur et de 26-28 cm de diamètre. Les pilotis étaient enfoncés de manière très serrée les uns à côté des autres. Au total 24000 pilotis en bois de pin ont été utilisé.

Par-dessus les pilotis, on installa deux rangées de dalles en granit sur lesquelles on posa une maçonnerie de pierres, liées avec un mortier hydrolique.

Ces travaux ont duré plus de cinq ans, plus de cent vingt-cinq mille ouvriers y ont pris part.

L'installation des colonnes de la cathédrale Saint-IsaacModifier

Les blas monolite de granit, taillés dans les carrières près de Viborg, ont été embarqués sur des peniches, qui les transportaient par la mer jusqu'à le débarcadère spécial sur la Néva. Les colonnes étaient polis sur place.

Une maquette réalisée avant l'installation represente l'échaffaudage des colonnes de portiques en une seizième de la grandeur nature. Chacune des 48 colonnes des portiques pèse 114 tonnes, leur hauteur est de 17 mètres. Grâce au système, l'installation ne prenait que 45 minutes.

A côté de ces échaffaudages on a placé 16 cabistants de fonte, chaque colonne enveloppé de natte et de feutre et enroulée de cable, était pousée et roulée dans un des couloirs entre deux rangées de pilliers. Les cables passaient par un système de pouli et étaient fixées aux cabistants. Chacune était actionnée par huit ouvrièrs.

L'installation de la coupole de la cathédrale Saint-IsaacModifier

L'envellope de la coupole est en fer et en fonte. La coupole comprend trois voûtes liées entre elles:

  1. sphèrique
  2. conique
  3. parabolique

La dorure de la coupole extérieur a été réalisée avec de l'amalgame composé d'or et de mercure. En chauffant les plaques de cuivre avec l'amalgame liquide, on faisait évaporer le mercure et fixait l'or sur la surface.

Plus de 100 kg d'or ont été utilisés pour la dorure de la coupole.

RéférencesModifier

  1. (en)St. Isaac's Cathedral, sur le site saint-petersburg.com, consulté le 18 juillet 2014.
  2. http://fr.rian.ru/photolents/20130611/198521929_9.html
  3. La place Saint-Isaac et ses alentours, sur le site ambafrance-ru.org, consulté le 15 juillet 2014.
  4. http://www.bestguides-spb.com/fr/tour-isaac.html
  5. Irina Gouzévitch et Dmitri Gouzévitch, « Gabriel Lamé à Saint Pétersbourg (1820 – 1831) », sur journals.openedition.org (consulté le 22 avril 2019).
  6. Trompe-l'œil à la russe : mosaïque et malachite, sur le site lizotchka-russie.over-blog.com, consulté le 15 juillet 2014
  7. http://fr.rian.ru/photolents/20120614/195045748_8.html
  8. http://fr.rian.ru/photolents/20120614/195045748_12.html
  9. http://fr.rian.ru/photolents/20130611/198521929_13.html
  10. (en) Russia beyond the headlines, « Photo of the day - December 20, 2012 », sur rbth.com, (consulté le 27 mars 2016).
  11. Le Courrier de Russie, « La cathédrale Saint-Isaac à Saint-Pétersbourg cesse d’être un musée et redevient une église », sur lecourrierderussie.com, (consulté le 12 février 2017).
  12. « Post | Guide Francophone à Saint-Pétersbourg *mise à jour 2019* », sur Guides à Pétersbourg (consulté le 5 septembre 2019)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier