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Église des Saints-Apôtres (Constantinople)

nécropole des empereurs byzantins
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Église des Saints-Apôtres
Image illustrative de l’article Église des Saints-Apôtres (Constantinople)
Miniature représentant l’église des Saints-Apôtres, Homélies de Jacques de Kokkinobaphos, vers 1150.
Présentation
Culte Église orthodoxe
Début de la construction IVe siècle
Style dominant Architecture byzantine
Date de démolition 1461
Géographie
Pays Drapeau de l'Empire byzantin Empire byzantin (jusqu'en 1453)
Empire ottoman (1453-1461)
Ville Constantinople
Coordonnées 41° 01′ 11″ nord, 28° 56′ 59″ est

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Église des Saints-Apôtres

Géolocalisation sur la carte : Istanbul

(Voir situation sur carte : Istanbul)
Église des Saints-Apôtres

L’église des Saints-Apôtres, (grec moderne : Ἅγιοι Ἀπόστολοι, Agioi Apostoloi), également connue sous le nom de Polyandrion (cimetière impérial) ou Myriandrion, est une église byzantine de Constantinople aujourd'hui disparue. Elle fut fondée par Constance II, fils de Constantin Ier, dans les années 350 et bâtie à partir d'un mausolée construit par Constantin[1]. Reconstruite beaucoup plus grande dans la première moitié du VIe siècle sous Justinien, elle était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après la basilique Sainte-Sophie, et elle fut la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Après la chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople, qui l'abandonna en 1456. En 1461, l'édifice alors en très mauvais état fut abattu par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih[2].

Sommaire

ArchitectureModifier

Article détaillé : Architecture byzantine.
 
Plan de l'église des Saints-Apôtres
 
La Basilique Saint-Marc à Venise présente aussi un plan centré à cinq coupoles disposées sur une croix grecque. Architecturalement, elle est l'église actuelle la plus semblable à ce qu'était l'église des Saints-Apôtres de Constantinople qui fut son modèle.
 
La Basilique princière de Valachie, à plan centré à croix grecque inscrite (dont les coupoles sont disposées différemment), accueille les tombes des souverains de ce pays, selon le modèle de l'église des Saints-Apôtres.

L'église des Saints-Apôtres était la plus grande église de Constantinople après Sainte-Sophie et elle date de la même période (VIe siècle) ; elle était aussi la plus richement décorée. Son plan, différent de Sainte-Sophie, est considéré comme le prototype des églises byzantines à plan centré en croix grecque et à cinq coupoles, bien qu'elle ne fût sans doute pas la première. Elle a influencé de nombreuses églises de l'architecture byzantine mais aussi en Occident, le meilleur exemple étant la basilique Saint-Marc de Venise, de même que de nombreuses églises romanes du sud-ouest de la France dont le meilleur exemple est la cathédrale Saint-Front de Périgueux.

HistoireModifier

Constantin, lors de la fondation de l'église, y déposa des reliques de plusieurs apôtres. Il y avait prévu un emplacement pour sa propre tombe. Les Byzantins appelaient cette église Polyandrion ou Myriandrion.

Justinien et Théodora la reconstruisent en 520-550 en lui donnant un plan en croix grecque et en la surmontant d'une grande coupole. La basilique fut richement décorée par Justin II.

Nécropole impérialeModifier

Cette église devint nécropole impériale et les sépulcres de la plupart des empereurs y ont pris place, répartis entre deux mausolées extérieurs, les hérôa, celui de Constantin et celui de Justinien, l’un au nord de l’abside, l'autre au sud. L’église même ne contenait aucune tombe. Chaque hérôon contenait indifféremment des tombeaux modernes ou anciens, aucun ordre chronologique n'ayant été observé dans leur regroupement. Dethier, un érudit ayant vécu à Constantinople, qui connaissait très bien la topographie de la ville médiévale, comptait 19 sarcophages pour l'hérôon de Constantin, 17 pour celui de Justinien. Un écrivain grec moderne, Byzantios, en compte cinq de plus pour le premier et neuf de plus pour le second.

ReliquesModifier

Les reliques détenues par ce sanctuaire auraient été nombreuses : celles des saints apôtres André, Luc, Timothée, le premier évêque d’Éphèse et Matthieu, et aussi celles des saints anargyres Côme et Damien.

TombeauxModifier

Tout autour de l’enceinte des Saints-Apôtres couraient de somptueux portiques, des stoai, le long desquels on avait disposé les sarcophages isolés de quelques basileis. Tous les sarcophages en marbre étaient, paraît-il, entièrement recouverts d’ornements éblouissants, d’une sorte de gaine constituée par les lames d'argent, par des pierreries incrustées ou serties. L’effet en était grandiose et la vue aveuglante lorsque le soleil les frappait. La plupart des couvercles des sarcophages étaient en forme de toit. En plus de la magnificence extérieure, chaque sarcophage contenait des joyaux de toute sorte.

Les patriarches avaient eux aussi leur tombeau aux Saints-Apôtres. On a conservé le nom de plusieurs de ceux qui y furent ensevelis, en particulier celui de saint Jean Chrysostome.

Destruction de l'égliseModifier

Les tombeaux sont d’abord profanés et pillés par Alexis IV Ange qui se sert de leurs trésors pour acheter la paix aux croisés. Ensuite, ces mêmes croisés les brisent et les abîment dans la nuit du 13 au . Pour finir, ce qu’il en reste est définitivement détruit en 1461 par les derviches fanatiques du sultan Mehmed II. Selon Critobule d'Imbros, ces derniers passèrent quatorze heures à briser les derniers vestiges à coups de masses et de barres de fer. Les ossements des apôtres, des basileus, des hauts dignitaires et des patriarches, soit les restes de plus d’une centaine de personnes, sont jetés dans le Bosphore (du côté européen) : parmi ces reliques, des empereurs prestigieux comme Constantin Ier, Justinien ou Basile II. Mehmed II souhaitait diminuer le nombre des monuments, stèles ou tombeaux rappelant le passé romain, chrétien et grec de sa capitale : la destruction de cette église si prestigieuse au profit de la plus grande mosquée d’Istanbul, la Fatih Camii ou « mosquée du Conquérant », constituait un geste politique fort. Au détour de certaines rues d’Istanbul, on peut encore voir des cuves de marbre poli qu’on a supposé être les restes des sarcophages de l’église.

Notes et référencesModifier

  1. John Lowden, L'Art paléochrétien et byzantin, 2001
  2. W. Müller-Wiener, Bildlexikon zur Topographie Istanbuls: Byzantion, Konstantinupolis, Istanbul bis zum Beginn d. 17. Jh, 1977, p. 406

Voir aussiModifier