Herbert Hoover

président des États-Unis de 1929 à 1933

Herbert Hoover
Illustration.
Herbert Hoover en 1928.
Fonctions
31e président des États-Unis

(4 ans)
Élection 6 novembre 1928
Vice-président Charles Curtis
Gouvernement Administration Hoover
Prédécesseur Calvin Coolidge
Successeur Franklin D. Roosevelt
3e secrétaire du Commerce des États-Unis

(7 ans, 5 mois et 16 jours)
Président Warren G. Harding
Calvin Coolidge
Gouvernement Administration G. Harding
Administration Coolidge
Prédécesseur Joshua W. Alexander
Successeur William F. Whiting
Biographie
Nom de naissance Herbert Clark Hoover
Date de naissance
Lieu de naissance West Branch (Iowa)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès New York (État de New York)
Nature du décès Hémorragie interne
Sépulture West Branch (Iowa)
Nationalité Américain
Parti politique Parti républicain
Conjoint Lou Henry Hoover
Diplômé de Université Stanford
Profession Ingénieur des mines
Homme d'affaires
Religion Société religieuse des Amis

Signature de Herbert Hoover

Herbert Hoover Herbert Hoover
Présidents des États-Unis
Secrétaires au Commerce des États-Unis

Herbert Clark Hoover (/ˈhɝbɚt klɑɹk ˈhuvɚ/), né le à West Branch et mort le à New York, est un homme d'État américain, 31e président des États-Unis, en fonction de 1929 à 1933.

Lorsqu'il est élu sous l'étiquette républicaine, l’économie est relativement florissante et l’optimisme règne. Quelques mois plus tard, la bourse de New York s’écroule et la Grande Dépression commence. Hoover tente sans grand succès d’y mettre fin et a été critiqué pour son inaction face à la crise. Le démocrate Franklin D. Roosevelt lui succède alors.

BiographieModifier

Herbert Hoover naît le 1874 dans une modeste famille quaker[1] de West Branch, dans l'État de l'Iowa. Son père Jesse Hoover meurt en 1880, sa mère Hulda Minthorn, en 1884. Après leurs décès Herbert vit à Newberg, dans l'État de l'Oregon, à l'ouest des États-Unis.

Durant l'été 1885, Bert Hoover, alors âgé de 11 ans, prend un train de l'Union Pacific vers l'ouest, à destination de l'Oregon. Il emporte deux pièces de 10 cents cousues dans ses vêtements et un baluchon contenant les spécialités culinaires de sa tante Hannah. Il est attendu à l'autre extrémité du pays par son oncle, John Minthorn, médecin et directeur d’école. Hoover le décrivit plus tard comme un « homme d'apparence sévère, mais, à l'instar de tous les Quakers, doté d'un bon fond ».

Pendant ses six années dans l'Oregon, Herbert Hoover apprend à se débrouiller seul. « Mon ambition d'enfant était, quel que fût l'endroit, de gagner ma vie sans aucune aide ». Employé de bureau dans la compagnie de son oncle, la Oregon Land, il apprend la comptabilité et la dactylographie tout en suivant des cours du soir dans une école de commerce. Grâce à sa maîtresse d’école, Mlle Jane Gray, il découvre les romans de Charles Dickens et de Walter Scott. David Copperfield, l'histoire d’un orphelin obligé de se débrouiller seul, resta toute son existence un de ses livres favoris.

ÉducationModifier

À l’automne 1891 Hoover s’inscrit en géologie à l’université Stanford de Palo Alto, en Californie. Il s'y fait remarquer plus souvent en dehors de la classe qu’à l’intérieur en gérant l’équipe de baseball et celle de football ; il ouvre une blanchisserie et s’occupe d’une agence de conférenciers. Il s’associe avec d’autres étudiants pauvres contre les plus riches, et il est élu, contre son gré, trésorier de l’association des étudiants. Il rembourse les 2 000 $ de la dette que cette association avait contractée auprès du gouvernement.

Hoover paye ses études en faisant de la dactylographie pour son professeur de géologie John Casper Branner, qui lui obtient aussi un emploi d'été pour cartographier les monts Ozark dans l'Arkansas. C'est dans le laboratoire de géologie de Branner qu'il rencontre Lou Henry, la fille d'un banquier, née à Waterloo (Iowa) en 1874. Lou partage son amour de la nature et son penchant pour l'indépendance. « Ce qui est important ce n'est pas ce que les autres pensent de vous, mais ce que vous ressentez au plus profond de vous-même » disait-elle à ses amies d'université.

Hoover obtient son diplôme de géologue trois mois avant ses 21 ans en . Il quitte Stanford avec 40 $ en poche et aucun emploi en vue, mais il a une identité, une profession libérale et une fiancée. De plus, pour l'orphelin de West Branch Stanford devient sa famille d'adoption, un endroit auquel il a l'impression d'appartenir.

En 1899 il épouse sa petite amie de Stanford, Lou Henry. Ils partent pour la Chine, où il travaille dans une entreprise privée en tant qu'ingénieur en chef. En juin 1900, la révolte des Boxers surprend le couple Hoover à T'ien-Tsin. Pendant presque un mois, le campement se trouve pris sous la mitraille. Alors que sa femme travaille dans les hôpitaux, Hoover dirige la construction de barricades et, à une occasion, risque même sa vie pour sauver des enfants chinois[réf. nécessaire].

Les années humanitaires de HooverModifier

 
« L'homme qui a nourri l'Europe ». L'action de Herbert Hoover comme ministre du Ravitaillement pendant la Première Guerre mondiale, vue par Le Petit Journal en 1919.
 
Herbert Hoover en 1925.

Lassé de travailler uniquement pour l'argent Hoover s'intéresse à l'aide humanitaire, poussé par ses penchants quakers. L'occasion se présente en août 1914 avec l'assassinat de l'archiduc d'Autriche-Hongrie, François Ferdinand, qui déclenche les hostilités entre les nations européennes. La Première Guerre mondiale commence, et peu d'Américains y sont préparés. Environ 120 000 compatriotes de Hoover se retrouvent coincés du mauvais côté de l'Atlantique sans argent et un peu perdus.

Le 3 août Hoover reçoit un appel à l'aide de l'ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni, Walter Hines Page. En moins de vingt-quatre heures, cinq cents volontaires se rassemblent dans la salle de bal de l'hôtel Savoy transformée en une immense cantine et en un centre de distribution de nourriture, de vêtements, de billets de bateau et d'argent. « Je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment, mais le j'ai mis un terme à ma carrière d'ingénieur pour me lancer sur la pente glissante de la vie publique. »[réf. nécessaire]

Pendant les semaines qui suivent, Hoover aide aussi bien le chef Plume Blanche de Pawhuska (Oklahoma), que des héritières couvertes de bijoux à rentrer au pays. Lorsque l'une d'entre elles lui demande un engagement certifiant que son navire ne serait pas attaqué par un sous-marin allemand au milieu de l'océan, Hoover s'exécute ![réf. nécessaire]

Hoover et neuf autres ingénieurs prêtent 1 500 000 $ à des voyageurs désespérés. À 400 $ près cette somme fut complètement remboursée, ce qui confirme la confiance que le Grand Ingénieur (son surnom) avait dans la moralité des Américains. Selon Hoover, « la différence entre une dictature et une démocratie est simple : les dictateurs organisent à partir du haut vers le bas, les démocraties travaillent à partir de la base vers le haut ».

Coincée entre les baïonnettes allemandes et le blocus britannique, la Belgique, en 1914, se retrouve au seuil de la famine. On demande[Qui ?] à Hoover de venir au secours du petit royaume qui dépend à 80 % des importations pour ses besoins en nourriture. Hoover est obligé d'abandonner sa carrière prometteuse d'ingénieur des mines. Il réfléchit pendant quelques jours et déclare finalement à l'un de ses amis : « Au diable la fortune ! »[pas clair]. Il prend la responsabilité de l'immense tâche à deux conditions — ne pas recevoir de salaire et avoir carte blanche pour organiser et gérer ce qui allait devenir la Commission d'aide à la Belgique.

Cette commission devient de facto une république indépendante avec son drapeau, sa flotte, ses usines, ses ateliers et son réseau ferré. Le budget mensuel de 12 000 000 $ provient de donations et de subventions gouvernementales. Plus d'une fois Hoover s'engage personnellement sur des montants dépassant ses capacités de remboursement. Il est le premier à faire une navette diplomatique en traversant la mer du Nord quarante fois pour persuader les belligérants, à Londres comme à Berlin, de laisser les vivres atteindre les victimes de la guerre. Il apprend aussi aux Belges, pour qui le maïs sert à nourrir le bétail, à se nourrir avec du pain fait de farine de maïs. Au total, la commission sauve 10 000 000 personnes de la famine[réf. nécessaire].

Les crises se succèdent quasiment tous les jours. Les Britanniques le soupçonnent d'être un espion allemand. Les Allemands expulsent des jeunes travailleurs de la Commission, y compris un commandant de l'Armée du Salut, sur la base de soupçons similaires. Dans son pays, le sénateur Henry Cabot Lodge veut mettre Hoover en examen pour intelligence avec l'ennemi. Theodore Roosevelt lui promet de calmer Lodge avec ce conseil : « le courage politique se révèle dans la fonction, pas dans les journaux. »

Malgré ces obstacles Hoover s'entête, achète du riz en Birmanie, du maïs en Argentine, des haricots en Chine et du blé, de la viande et du lard aux États-Unis. Bien avant l'Armistice de 1918 il est un héros, et selon l'ambassadeur Walter Hines Page « un petit homme simple, modeste et énergique qui a commencé sa carrière en Californie et la terminera au paradis. »

Après l'entrée en guerre des États-Unis, le président Woodrow Wilson nomme Hoover à la tête du ministère de l'Agriculture. Il réussit à faire baisser la consommation des vivres nécessaires à l'Europe tout en évitant le rationnement dans son pays. Il assure ainsi l'approvisionnement des Alliés et prend la tête des services de secours à la Belgique[1].

Après l'Armistice, Hoover, membre du Conseil économique suprême et directeur de l'Administration de l'aide américaine, organise l'envoi de cargaisons de vivres à des millions d'affamés d'Europe centrale. Il étend cette aide à la Russie bolchévique frappée par la famine en 1921. Quand un critique lui demande si cela n'aide pas le bolchevisme, Hoover réplique : « vingt millions de personnes meurent de faim, elles seront nourries quelle que soit leur appartenance politique ! »

Hoover est un efficace secrétaire au Commerce[1] (équivalent de ministre) dans le gouvernement des présidents Warren G. Harding et Calvin Coolidge entre le et le , et après avoir dirigé les secours à la suite des inondations du Mississippi en 1927 il devient le candidat du Parti républicain le . Il déclare alors : « es Américains sont aujourd'hui plus près de vaincre la pauvreté que n'importe quelle autre nation dans l'histoire ». Il remporte les élections le 6 novembre avec une marge confortable du vote populaire. Son slogan électoral durant la période pré-électorale fut « a chicken in every pot, a car in every garage » (« un poulet dans chaque casserole, une voiture dans chaque garage »)[2].

Candidat Parti Vote populaire % Collège électoral
Herbert C. Hoover Républicain 21 411 991 58,2 444
Alfred E. Smith Démocrate 15 000 185 40,8 87

PrésidenceModifier

1929Modifier

  •  : Investiture de Herbert Hoover en tant que trente-et-unième président des États-Unis.
  •  : Hoover signe une loi de protection du marché agricole et des agriculteurs (Agricultural Marketing Act)[3]. Cette politique se démarque de celle menée par les Républicains avant lui.
  • 24 -  : ces deux journées sont celles du « jeudi noir » et du « vendredi noir », lors desquels la Bourse de New York s'effondre.

Hoover déclare le vendredi : "Les activités fondamentales du pays reposent sur des bases saines, très prometteuses pour l'avenir."

1930Modifier

  •  : Hoover signe la loi Hawley-Smoot augmentant les droits de douane afin de protéger le marché intérieur américain. Comme les pays importateurs font de même, le résultat va à l’encontre de l’objectif et la récession s’installe.
  •  : Hoover obtient du Congrès 116 M$ d’autorisations de programme pour fournir du travail aux 4,5 millions de chômeurs.

1931Modifier

  •  : Hoover est informé que le nombre de chômeurs atteint la barre des cinq millions.
  •  : le président Hoover signe la loi instituant «The Star-Spangled Banner» en tant qu’hymne national des États-Unis.
  •  : Hoover propose au Congrès un moratoire d’un an sur les dettes entre les États-Unis et les pays d’Europe. La crise économique ne faiblit toujours pas.

1932Modifier

  •  : Hoover crée une agence de prêt aux institutions financières avec un capital de deux milliards de dollars afin de relancer l’économie.
  •  : Hoover fait campagne contre le candidat démocrate Franklin Delano Roosevelt et son programme de « New Deal » (Redistribution).
  •  : Hoover est contraint d’augmenter les impôts pour équilibrer le budget grevé par la chute des recettes fiscales et l’accroissement des dépenses induites par le soutien aux banques et les dépenses de relance économique.
  •  : Hoover est largement battu par Roosevelt aux élections présidentielles.
Candidat Parti Vote populaire % Collège électoral
Franklin D. Roosevelt Démocrate 22 825 016 57,4 472
Herbert C. Hoover Républicain 15 758 397 39,6 59

Politique étrangèreModifier

La politique étrangère de Hoover est destinée à éviter les effets de la Grande dépression sur l’économie mondiale. Il propose la suspension des remboursements et dommages de guerre liés aux accords de paix de 1918 lors de la Conférence de Lausanne de 1932.

Sous Hoover, les États-Unis participent à la Conférence mondiale pour le désarmement, organisée par la Société des Nations. L'administration Hoover élabore un plan de désarmement, qui est publié en . La publication de ce plan visait aussi à améliorer le bilan de la politique extérieure du président quelques mois avant l'élection présidentielle américaine.

Hoover continue la politique d’intervention ou de pression militaire pour protéger les intérêts américains lorsqu’ils sont menacés. Il s’oppose à l’annexion de la Mandchourie par le Japon.

Politique intérieureModifier

Huit mois après l’investiture de Hoover, Wall Street subit un krach, et l'économie s'enfonce dans la Grande Dépression de 1929. Hoover annonce qu'il va maintenir le budget fédéral en équilibre, qu'il va réduire les impôts et augmenter les travaux publics ainsi que la masse monétaire[4]. Il signe aussi la loi Hawley-Smoot qui augmente les droits de douane sur 20 000 articles. Cette loi est souvent accusée d'avoir aggravé la dépression et est sa plus grave erreur politique. Le gouvernement Hoover diminue la quantité d'argent disponible par peur de l'inflation, ce qui est aujourd'hui, et dans ces circonstances, considéré comme une erreur par la plupart des économistes.

La critique, partisane, fait de lui un adepte du laissez-faire bien que l'Histoire démontre le contraire. En raison de son expérience durant la Première Guerre mondiale, Hoover était persuadé que le gouvernement pouvait faire évoluer favorablement la vie des gens. En conséquence, Hoover non seulement aida le Congrès à légiférer pour améliorer l'économie américaine, mais il utilisa ses pouvoirs de chef d'État pour mettre en œuvre divers programmes et réformes.

On trouvera ci-dessous une liste de quelques-unes des initiatives prises pour mettre fin à la Grande dépression et aux souffrances du peuple américain :

  1. Signature de la loi de secours d'urgence et de reconstruction, la première intervention du gouvernement fédéral contre le chômage.
  2. Signature de la loi d'aide aux prêts d'acquisition immobilière permettant à tous les citoyens de financer l'achat d'une maison.
  3. Augmentation des subventions aux fermiers.
  4. Création de l'Organisation de secours d'urgence pour coordonner les initiatives locales et privées résultant en la création de 3000 comités à travers le pays.
  5. Incitation des banques à créer le Crédit national pour aider les banques en difficulté et protéger l'argent des dépositaires.
  6. Encouragement des industriels à maintenir les salaires à un niveau élevé pendant la Dépression. Beaucoup d'entre eux, et en particulier Henry Ford, augmentèrent et maintinrent les salaires dès le début de la Dépression, considérant que plus les consommateurs avaient d'argent, plus cela aiderait à relever l'économie.
  7. Signature de la loi de financement de la reconstruction qui permit de prêter aux États pour les travaux publics et pour aider aux emplois de secours. Elle permit de prêter aussi aux banques, aux compagnies ferroviaires et aux organismes de crédit ruraux.
  8. Augmentation des droits de douane pour protéger l'emploi. Après avoir entendu les conclusions de la Commission des lois, qui avait généré plus de 20 000 pages de comptes rendus d'audition, il signa avec hésitation la loi Smoot-Hawley qui, au lieu de protéger l'emploi, entraîna une guerre économique mondiale aggravant la situation économique.
  9. Augmentation des travaux publics, dont en particulier :
– augmentation de 400 millions de dollars du budget fédéral de construction ;
– ordre au ministère du Commerce de mettre en place une division des Travaux publics en  ;
– augmentation des subventions à la construction navale grâce au Bureau fédéral naval ;
– incitation des gouverneurs d'État à augmenter leurs travaux publics, encore que beaucoup d'entre eux n'allaient rien en faire.

Pour financer ces projets gouvernementaux (et il y en a d'autres) Hoover accepte l'une des augmentations des impôts les plus fortes de l'histoire des États-Unis. La loi budgétaire de 1932 augmente les prélèvements sur la tranche la plus élevée de 25 à 63 %. Les taxes foncières sont doublées, et les taxes sur les entreprises augmentent d'environ 15 %. Hoover incite aussi le Congrès à enquêter sur le fonctionnement de la Bourse de New York, et cette pression entraîne plusieurs réformes.

Malgré ces actions et l'intervention massive de son successeur, Franklin Delano Roosevelt, l'état de l'économie ne s'améliore pas. Une récession importante se produit en 1937-38 (certains économistes parlent de dépression), et l'économie continue à chanceler jusqu'en 1940 (le taux de chômage ne descend pas sous les 9,9 % avant 1942).

L'incident de la prime à l'arméeModifier

Les anciens combattants de la Première Guerre mondiale et leurs familles manifestent à Washington D.C., en juin 1932 pour obtenir une prime (bonus en anglais) qui leur avait été promise après le conflit[5]. Hoover utilise les forces armées pour expulser les campeurs du Capitole[6]. Cette action est critiquée car elle est contraire à la loi Posse Comitatus de 1878.[pas clair]

Politique partisaneModifier

Hoover n'est pas fidèle aux thèses du Parti républicain prônant une intervention minimale dans l’économie intérieure. Dans les circonstances de la Grande Dépression, sa politique interventionniste ne permet pas de mettre fin au chômage et ouvre la porte au succès du Parti démocrate et au programme de « Redistribution » de Franklin Roosevelt.


Défaite à l'élection présidentielle de 1932Modifier

À la mi-1931, peu d'observateurs pensaient que Hoover avait beaucoup d'espoir de remporter un second mandat au milieu de la crise économique actuelle. Néanmoins, Hoover a rencontré peu d'opposition pour sa nouvelle nomination lors de la Convention nationale républicaine de 1932, car Calvin Coolidge et d'autres républicains éminents ont tous laissé passer l'occasion de défier Hoover. Franklin D. Roosevelt avait remporté l'investiture présidentielle au quatrième tour de la Convention nationale démocrate de 1932, battant le candidat démocrate de 1928, Al Smith. Les démocrates ont attaqué Hoover en tant que responsable de la Grande Dépression, et pour avoir été indifférent à la souffrance de millions de personnes. En tant que gouverneur de New York, Roosevelt avait demandé à la législature de New York de fournir une aide aux nécessiteux, établissant la réputation de Roosevelt d'être plus favorable à l'interventionnisme gouvernemental pendant la crise économique. Le Parti démocrate, dont Al Smith et d'autres dirigeants nationaux, se rallia à Roosevelt, tandis que des Républicains progressistes, comme George Norris et Robert La Follette Jr., lâchèrent Hoover.

Les détracteurs de Hoover se sont demandé pourquoi il n'avait rien fait pour rééquilibrer le Congrès après le recensement de 1920 aux Etats-Unis, qui vit une augmentation des populations urbaines et immigrantes. Le recensement de 1920 a été le premier et le seul recensement décennal dont les résultats n'aient pas été utilisés pour redistribuer les sièges au Congrès, ce qui finalement influença le Collège électoral de 1928 et eut un impact sur l'élection présidentielle.

Hoover avait initialement prévu de ne faire qu'un ou deux grands discours, et de laisser le reste de la campagne aux mandataires, comme le faisaient traditionnellement les présidents en exercice. Cependant, encouragé par les plaidoyers républicains et outré par les revendications démocrates, Hoover est entré dans la mêlée publique. Dans ses neuf grands discours à la radio, Hoover a principalement défendu son administration et sa philosophie de gouvernement en exhortant les électeurs à s'en tenir aux "fondements de l'expérience" et à rejeter l'idée que l'interventionnisme du gouvernement pourrait sauver le pays de la dépression. Lors de ses voyages de campagne dans le pays, Hoover a été confronté à des foules peut-être les plus hostiles jamais vues par un président en exercice. En plus de voir son train et ses cortèges de voitures jonchés d'oeufs et de fruits pourris, il était souvent chahuté lorsqu'il parlait, et à plusieurs reprises les services secrets déjouèrent des tentatives de meurtre contre Hoover venant de citoyens en colère, notamment en arrêtant un homme qui s'approchait de Hoover avec des bâtons de dynamite, et un autre qui avait déjà retiré plusieurs attaches de rails devant le train du président.

Les tentatives de Hoover pour justifier son administration se sont heurtées à un mur, car une grande partie de la population reprochait à son administration d'être responsable de la dépression. Lors des élections, Hoover ne remporta que six États et n'obtint que 39,7 % des voix, soit une réduction de 26 points par rapport à son résultat de 1928.

A la suite de sa défaite Hoover quitte ses fonctions de président et cède la place à Roosevelt le 4 mars 1933.

Après la présidenceModifier

Herbert Hoover pensait que ses opposants sabotaient ses programmes pour s'assurer des bénéfices électoraux personnels. De leur côté ils le considéraient comme cruel et insensible. Lorsque Franklin D. Roosevelt prend la présidence, Hoover, opposé à l'intervention étatique, devient un critique du New Deal. Ses doutes apparaissent dans son livre « Combat pour la liberté » où il parle du fascisme, du communisme et du socialisme comme ennemis des libertés américaines.

Lors d'un voyage en Europe en 1938, Hoover rencontra Adolf Hitler et séjourna au pavillon de chasse de Hermann Göring. Il exprime son désarroi face à la persécution des juifs en Allemagne et pense que Hitler est fou, mais qu'il ne représente pas une menace pour les États-Unis. Hoover pense plutôt que Roosevelt représente la plus grande menace pour la paix, soutenant que la politique de Roosevelt provoque le Japon et décourage la France et le Royaume-Uni de trouver un "arrangement" avec l'Allemagne. Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne en septembre 1939, Hoover s'oppose à la participation des États-Unis à la Seconde Guerre mondiale, y compris à la politique de prêt-bail. Il rejeta les offres de Roosevelt d'aider à coordonner les secours en Europe, mais, avec l'aide de vieux amis de la CRB, il contribua à la création de la Commission pour les secours polonais. Après le début de l'occupation de la Belgique en 1940, Hoover fournit de l'aide aux civils belges, bien que cette aide ait été décrite comme inutile par les émissions allemandes.

Lors d'une émission de radio le 29 juin 1941, une semaine après l'invasion nazie de l'Union soviétique, Hoover dénigra toute "alliance tacite" entre les États-Unis et l'URSS, déclarant : "si nous entrons en guerre et que Staline gagne, nous l'aidons à imposer plus de communisme à l'Europe et au monde... Faire la guerre aux côtés de Staline pour imposer la liberté est plus qu'une farce, c'est une tragédie". À sa grande frustration, Hoover n'a pas été appelé à servir après l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, en raison de ses différends avec Roosevelt et de son impopularité persistante. Il n'a pas cherché à obtenir l'investiture présidentielle lors de la Convention nationale républicaine de 1944 et, à la demande du candidat républicain Thomas E. Dewey, il s'est abstenu de faire campagne pendant les élections générales.

En 1947, le Président Truman nomme Herbert Hoover à la Commission de réforme des ministères, qui fait de lui son président. Il est nommé président d'une commission similaire par le Président Eisenhower en 1953. Les travaux de ces deux commissions génèrent de nombreuses économies dans le fonctionnement du gouvernement. Herbert Hoover écrit ensuite de nombreux articles et livres. C'est en écrivant l'un d'eux qu'il meurt d'un cancer intestinal à l'âge de 90 ans à New York le .

PublicationsModifier

  • (en-US) The Challenge to Liberty, l934.
  • (en-US) Addresses Upon The American Road, 1933-1938, Charles Scribner's Sons, New York, l938
  • (en-US) The Great Depression, 1952.

TraductionModifier

Hoover et sa femme, brillants linguistes, traduisirent du latin en anglais, dans une traduction qui fait toujours référence, De Re Metalica de Georgius Agricola, ouvrage scientifique datant du XVIe siècle.

D'autre part, ils avaient appris le mandarin au cours de leur séjour en Chine, et pour empêcher d'éventuelles indiscrétions il leur arrivait de parler mandarin entre eux à la Maison-Blanche.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p. 19
  2. [https://books.google.fr/books?id=amHFva_VM9EC&pg=PT377&lpg=PT377&dq=A+Chicken+in+Every+Pot.+A+car+in+every+garage+un+poulet+dans+chaque+pot,+uen+voiture+dans+chaque+garage&source=bl&ots=Ex-cl_IJ55&sig=ACfU3U2Yp19WBOVU0S-m-nW5atTMgBDKjw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjavt_g0f_fAhUPuRoKHa3dBiIQ6AEwAHoECAMQAQ#v, Google Livre "La Méthode Coué pour les Nuls de Jean-Pierre Magnes, Luc Teysseir d'Orfeuil], consulté le 21 janvier 2019
  3. Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p. 22
  4. Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p. 35
  5. Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p. 39
  6. Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p. 41

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • (de) Claus Bernet, « Herbert Hoover » dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL), vol. 30, Nordhausen 2009 (ISBN 978-3-8830-9478-6), 644–653 p.
  • Clotilde Druelle-Korn, « Herbert C. Hoover (1874-1964) : un entrepreneur au service d’une cause humanitaire pendant la Première Guerre mondiale », in Mélanges offerts au Professeur Pierre Spiteri, Toulouse, Presses des Sciences Sociales de Toulouse 1, 2008, p. 445-457.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier