Présidence de Herbert Hoover

Présidence de Herbert Hoover

31e président des États-Unis

Description de l'image President Hoover portrait.jpg.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1928
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 4 ans
Présidence
Nom Herbert C. Hoover
Date de naissance
Date de décès (à 90 ans)
Appartenance politique Parti républicain

La présidence de Herbert Hoover débuta le , date de l'investiture de Herbert Hoover en tant que 31e président des États-Unis, et prit fin le . Membre du Parti républicain, Hoover entra en fonction après avoir largement remporté l'élection présidentielle de 1928 face au démocrate Al Smith. Il fut toutefois battu quatre ans plus tard par Franklin Delano Roosevelt, candidat du Parti démocrate, qui lui succéda à la Maison-Blanche.

Au moment de son investiture, Hoover était le troisième d'une série de présidents républicains successifs et il conserva une bonne partie des politiques et des fonctionnaires des précédentes administrations, à commencer par le secrétaire au Trésor Andrew Mellon. Il chercha à concilier les efforts du gouvernement, des milieux d'affaires et du monde du travail en faveur de la prospérité du pays mais se montra le plus souvent hostile à toute intervention fédérale dans le domaine économique. Afin de répondre à la crise agricole en cours, Hoover signa l’Agricultural Marketing Act of 1929 et intensifia la prohibition en dépit de l'impopularité croissante de cette dernière. En politique étrangère, le président déclara vouloir mettre fin à l'ingérence des États-Unis dans les affaires de l'Amérique latine et mit en œuvre un désarmement militaire dans le cadre du traité naval de Londres.

Lorsque survint le krach de 1929, moins de huit mois après son entrée en fonction, Hoover tenta de répondre à la Grande Dépression qui s'abattait sur le pays en rassurant la population et en coopérant avec les chefs d'entreprise et les autorités locales. Il ratifia par ailleurs le tarif Smoot-Hawley de 1930 qui augmentait les droits de douane et mettait un frein au commerce international. Alors que la crise continuait de s'aggraver tout au long des années 1931 et 1932, Hoover consentit ― non sans réticence ― à un certain degré d'interventionnisme gouvernemental, notamment avec la mise en place de la Reconstruction Finance Corporation et l'adoption d'une loi importante en matière de travaux publics. Il promulgua dans le même temps le Revenue Act of 1932 dont l'objectif était de rehausser les impôts afin de maintenir un budget en équilibre. La persistance du marasme économique fut toutefois préjudiciable à Hoover qui essuya une lourde défaite aux mains de Roosevelt lors de l'élection de 1932. Il est généralement considéré par les spécialistes comme un président inférieur à la moyenne.

Élection présidentielle de 1928Modifier

En , le président Calvin Coolidge annonça qu'il n'était pas candidat à un second mandat complet[1]. Son secrétaire au Commerce Herbert Hoover fut alors reconnu comme le mieux placé pour décrocher la nomination du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 1928. Très vite, Hoover reçut le soutien de nombreux politiciens républicains locaux et remporta plusieurs primaires mais il se heurta également à l'hostilité de plusieurs chefs de file du parti. Coolidge, en particulier, ne l'aimait guère, déclarant : « pendant six ans, cet homme m’a prodigué des conseils que je n’avais d’ailleurs guère sollicités et qui manquaient tous de pertinence »[2]. Le président sortant dû néanmoins mettre de côté sa mauvaise appréciation pour éviter une nouvelle division du Parti républicain[3]. En conséquence, Hoover fut choisi dès le premier tour de scrutin de la convention nationale républicaine de 1928 (en) à Kansas City comme candidat à la présidence[4]. Alors que les délégués envisageaient de reconduire le vice-président Charles Dawes sur le ticket républicain en tant que colistier, Coolidge s'y opposa vigoureusement et la convention se rabattit sur le sénateur fédéral du Kansas Charles Curtis[5].

Dans le cadre du scrutin de 1928, l'adversaire de Hoover fut le gouverneur démocrate de l'État de New York Alfred E. Smith, décrit par son allié Franklin D. Roosevelt comme l'« heureux guerrier du champ de bataille politique »[6]. Le programme des démocrates prônait un rôle accru du gouvernement fédéral en matière de travaux publics, de secours aux agriculteurs et d'éducation ; du côté des républicains, en revanche, l'heure était au maintien d'un tarif douanier protectionniste et de nouvelles baisses d'impôts afin de soutenir la croissance économique. Un autre point de désaccord entre les deux candidats était la prohibition dont Smith réclamait la fin alors que Hoover défendait son application. Tout en étant fortement appuyé par l'électorat catholique des grandes villes, Smith fut la cible d'une intense rhétorique anticatholique de la part du Ku Klux Klan ainsi que de nombreux prédicateurs protestants dans les zones rurales du Sud et de l'Ouest[7].

L'élection se solda, au mois de novembre, par un raz-de-marée en faveur des républicains. Même si Smith arriva en tête dans tous les grands centres urbains du pays, Hoover obtint 58,2 % du vote populaire et 444 voix au sein du collège électoral contre seulement 40,9 % des voix et 87 votes de grands électeurs pour son adversaire démocrate. Le ticket républicain rafla en tout 40 États dont celui de New York, fief d'Al Smith, et parvint même à rompre le bloc du Solid South en étant proclamé vainqueur dans cinq de ces États traditionnellement acquis aux démocrates[7]. Les historiens sont d'accord pour affirmer que la popularité de Hoover et le dynamisme de l'économie, combinés avec les divisions internes du Parti démocrate au sujet de la religion et de la prohibition, furent les facteurs décisifs du résultat de l'élection de 1928[8].

InvestitureModifier

 
Investiture de Herbert Hoover le 4 mars 1929.

Hoover fut assermenté en tant que président le , sous l'autorité du juge en chef (et ancien président) William Howard Taft. Ce fut la première cérémonie d'investiture retransmise aux actualités cinématographiques[9]. Le discours inaugural de Hoover était empreint d'optimisme même si ce dernier parla du « mépris et de la désobéissance à la loi » qu'il considérait comme le problème « le plus pernicieux » auquel était confrontée la nation[10]. À la fin de son allocution, le nouveau président déclara avec confiance :

« Notre pays est riche en ressources, vivifié dans sa glorieuse beauté, rempli de millions de foyers heureux, béni par le confort et les opportunités. Dans aucune nation, les institutions du progrès ne sont plus avancées. Dans aucune nation, les fruits de l'accomplissement ne sont plus sûrs. Dans aucune nation, le gouvernement n'est plus digne de respect. Aucun pays n'est plus aimé de son peuple. J'ai une foi inébranlable dans leurs capacités, leur intégrité et leurs nobles desseins. Je n'ai aucune crainte pour l'avenir de notre pays. Il est resplendissant d'espoir[11]. »

Ces mots contrastèrent fortement avec le désarroi qui se répandit dans le pays au moment de la crise économique survenue quelques mois après le début de sa présidence[11].

Composition du gouvernementModifier

Le cabinet de Hoover était composé pour l'essentiel de conservateurs fortunés et proches des milieux d'affaires[12]. En sa qualité de troisième président républicain consécutif depuis le début des années 1920, Hoover conserva la plupart des hauts fonctionnaires des précédentes administrations, en particulier le secrétaire au Travail James J. Davis et le secrétaire au Trésor Andrew Mellon. Hoover n'avait aucune affection pour Mellon, qui demeurait très en faveur auprès de la vieille garde du parti, et s'appuya de préférence sur le sous-secrétaire au Trésor Ogden L. Mills[13]. Le gouverneur général des Philippines et ancien secrétaire à la Guerre Henry L. Stimson hérita de son côté du département d'État[14].

Pour le poste de procureur général, Hoover avait d'abord songé à son ami et juge de la Cour suprême Harlan F. Stone, mais ce dernier déclina la proposition et le président fit alors appel à l'avocat général des États-Unis William D. Mitchell. Le premier choix de Hoover au ministère de l'Agriculture était Charles McNary, rédacteur de la controversée loi McNary-Haugen sur l'aide aux agriculteurs, à laquelle Hoover s'était fermement opposée en son temps ; le portefeuille échut en définitive à Arthur M. Hyde qui n'avait qu'une maigre connaissance des questions agricoles. Dans le même temps, le département de la Marine fut confié à Charles Francis Adams III, un descendant de la célèbre famille politique du même nom qui partageait les vues du président en matière de désarmement naval. Hoover convainquit en outre le président de l'université Stanford Ray Lyman Wilbur de devenir secrétaire à l'Intérieur. Furent également nommés l'homme d'affaires Robert P. Lamont en tant que secrétaire au Commerce, James William Good en qualité de secrétaire à la Guerre et Walter Folger Brown comme ministre des Postes[15]. Quant au vice-président Charles Curtis, qui s'était opposé à la nomination de Hoover en tant que candidat du Parti républicain, il n'eut que peu d'influence au sein de l'administration[16].

 
Le cabinet Hoover photographié en 1929 à l'extérieur de la Maison-Blanche.
Cabinet Hoover
Fonction Nom Dates
Président Herbert Hoover 1929-1933
Vice-président Charles Curtis 1929-1933
Secrétaire d'État Frank B. Kellogg 1929
Henry L. Stimson 1929-1933
Secrétaire du Trésor Andrew Mellon 1929-1932
Ogden L. Mills 1932-1933
Secrétaire à la Guerre James William Good 1929
Patrick J. Hurley 1929-1933
Procureur général William D. Mitchell 1929-1933
Postmaster General Walter Folger Brown 1929-1933
Secrétaire à la Marine Charles Francis Adams III 1929-1933
Secrétaire à l'Intérieur Ray Lyman Wilbur 1929-1933
Secrétaire à l'Agriculture Arthur M. Hyde 1929-1933
Secrétaire au Commerce Robert P. Lamont 1929-1932
Roy D. Chapin 1932-1933
Secrétaire au Travail James J. Davis 1929-1930
William N. Doak 1930-1933

Nominations judiciairesModifier

Hoover nomma trois juges à la Cour suprême des États-Unis. Le premier d'entre eux fut Charles Evans Hughes qui succéda au juge en chef William Howard Taft après la mort de ce dernier en 1930. Hughes, qui avait été juge associé, gouverneur, secrétaire d'État et même candidat à l'élection présidentielle de 1916, dirigea la Cour jusqu'en 1941. Une deuxième vacance se produisit en 1930 avec la mort du juge Edward Terry Sanford. Le choix initial de Hoover, le juge de cour d'appel John J. Parker, fut rejeté par le Sénat en raison de l'opposition de la NAACP et des syndicats de travailleurs. Le président se rabattit alors sur Owen Roberts, un avocat qui s'était fait connaître pour son enquête sur le scandale du Teapot Dome ; ce dernier fut confirmé par acclamation. Hughes et Roberts se forgèrent une réputation de centristes à la Cour où ils furent souvent appelés à concilier les opinions plus conservatrices ou progressistes de leurs collègues au cours des années 1930. En 1932, le juge Oliver Wendell Holmes Jr., âgé de 90 ans, annonça son départ de la Cour, ce qui incita le sénateur George W. Norris, président du comité judiciaire du Sénat, à faire pression sur Hoover pour la nomination d'un juge progressiste en remplacement de Holmes. Hoover sélectionna Benjamin Cardozo, le très réputé juge en chef de la cour d'appel de New York, qui fut confirmé à l'unanimité par le Sénat. Avec Louis Brandeis et Harlan F. Stone, Cardozo forma à la Cour suprême un trio de juges progressistes connu sous le nom de « trois mousquetaires »[17].

Politique intérieureModifier

Politique étrangèreModifier

Échéances électoralesModifier

HéritageModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Sobel 1998, p. 370.
  2. Ferrell 1998, p. 195.
  3. Ayache 2016, p. 265.
  4. Portes 2017, p. 195.
  5. (en) « Charles G. Dawes, 30th Vice President (1925-1929) », sur senate.gov, Sénat des États-Unis (consulté le ).
  6. (en) Samuel Eliot Morison, The Oxford History of the American People, New York, Oxford University Press, , p. 935-936.
  7. a et b David E. Hamilton, « Herbert Hoover: Campaigns and Elections », sur millercenter.org, Miller Center of Public Affairs/Université de Virginie (consulté le ).
  8. (en) Elesha Coffman, « The 'Religious Issue' in Presidential Politics », American Catholic Studies, vol. 119, no 4,‎ , p. 1-20.
  9. (en) « The 36th Inaugural Ceremonies: President Herbert C. Hoover and Vice President Charles Curtis, March 4, 1929 », sur inaugural.senate.gov, Joint Congressional Committee on Inaugural Ceremonies / Sénat des États-Unis (consulté le ).
  10. (en) Halford R. Ryan (dir.), U.S. Presidents as Orators: A Bio-critical Sourcebook, Westport (Connecticut), Greenwood Press, (ISBN 978-0-313-29059-6), p. 137-138.
  11. a et b (en) « Herbert Hoover's Inaugural Address, 1929 », sur gilderlehrman.org, The Gilder Lehrman Institute for American History (consulté le ).
  12. Fausold 1985, p. 34.
  13. Leuchtenburg 2009, p. 81-82.
  14. Fausold 1985, p. 42-43.
  15. Fausold 1985, p. 34-37.
  16. (en) « Charles Curtis, 31st Vice President (1929-1933) », sur senate.gov, Sénat des États-Unis (consulté le ).
  17. (en) Henry J. Abraham, Justices, Presidents, and Senators : A History of the U.S. Supreme Court Appointments from Washington to Bush II, Rowman & Littlefield, , 439 p. (ISBN 978-0-7425-5895-3, lire en ligne), p. 156-161.