Élection présidentielle américaine de 1920

trente-quatrième élection du président des États-Unis

Élection présidentielle américaine de 1920
Type d’élection Élection présidentielle[a]
Corps électoral et résultats
Population 106 461 000
Inscrits 61 495 000
Votants 26 788 225
43,56 %[1],[2],[3]
Warren G. Harding I.jpg Warren G. Harding – Parti républicain
Colistier : Calvin Coolidge
Voix 16 166 126
60,35 %
Grands électeurs 404
James M. Cox 1920.jpg James M. Cox – Parti démocrate
Colistier : Franklin Delano Roosevelt
Voix 9 140 256
34,12 %
Grands électeurs 127
Eugene V. Debs, 5 times Socialist candidate for President, set free from prison on Christmas Day LCCN2002697720.jpg Eugene V. Debs – Parti socialiste d'Amérique
Colistier : Seymour Stedman (en)
Voix 914 191
3,41 %
Grands électeurs 0
Collège électoral
Carte
Président des États-Unis
Sortant Élu
Woodrow Wilson
Parti démocrate
Warren G. Harding
Parti républicain

L'élection présidentielle américaine de 1920 est la trentième-quatrième élection présidentielle depuis l'adoption de la Constitution américaine en 1787. Elle est également la première depuis la ratification du XIXème amendement de la Constitution (qui accorda le droit de vote aux femmes). Elle se déroule le mardi .

Elle opposa le sénateur républicain de l'Ohio, Warren G. Harding au gouverneur démocrate de l'Ohio, James Middleton Cox, ce qui en fait l'une des cinq élections présidentielles où les deux candidats majeurs sont du même État fédéré (avec celles de 1860, 1904, 1944 et 2016)[4] et la seule où ils occupent simultanément des fonctions pour cet État.

Choix des principaux candidatsModifier

Le président démocrate sortant Woodrow Wilson espérait en privé se représenter pour un troisième mandat, mais les dirigeants du Parti démocrate étaient opposés à cette idée, ce dernier étant malade (il finira par décéder de ses problèmes de santé en 1924) et impopulaire. L'ancien président Theodore Roosevelt était quant à lui le favori pour l'investiture républicaine, mais il mourut en 1919. Wilson et Roosevelt étant tout les deux hors-jeu, les deux partis majeurs de la vie politique américaine ont chacun choisi pour les représenter des personnalités politiques relativement inconnus originaires de l'Ohio, un Swing state avec un nombre conséquent de grands électeurs (24 à l'époque). Cox remporte l'investiture à l'issue du 44ème tour de scrution de la Convention nationale démocrate de 1920 (en), battant notamment William Gibbs McAdoo (le gendre de Wilson) et Alexander Mitchell Palmer. Harding est quant à lui apparu comme un candidat de compromis entre les ailes conservatrice et progressiste du parti républicain, dont il a décroché l'investiture après le dixième tour de scrutin de la Convention nationale républicaine de 1920 (en).

ContexteModifier

L’élection est dominée par l’environnement socio-politique américain du lendemain de la Première Guerre mondiale, marquée notamment par une réaction hostile à certains aspects de la politique étrangère de Wilson et une réaction massive contre le zèle réformiste de l’ère progressiste. Le boom économique du temps de guerre est révolu et le pays se retrouve plongé dans une profonde récession. Le plaidoyer de Wilson pour l’entrée de l’Amérique dans la Société des Nations se heurte à un retour en force du non-interventionnisme remettant en cause son efficacité en tant que président, tandis qu'à l'étranger, les guerres et les révolutions se multiplient. Sur le plan intérieur, l'année précédente est marquée par des grèves majeures qui touchent les industries de la viande et de l’acier et des émeutes raciales à grande échelle à Chicago et dans d’autres villes : c'est l'été rouge. Les attentats anarchistes (notamment celui contre Wall Street, moins de sept semaines avant le scrutin) contribuent quant à eux à provoquer la première Peur rouge.

RésultatsModifier

Durant sa campagne électorale, Harding ignora volontairement Cox et préféra s'attaquer au bilan de Wilson en appelant à un « retour à la normale ». Le républicain Warren G. Harding fut élu président, battant assez largement le démocrate James Middleton Cox qui ne remporta que les États du Sud (à l'exception de l'Oklahoma, de la Virginie-Occidentale, du Maryland, du Delaware et du Tennesse, qui devient le premier ancien État confédéré à voter pour un candidat républicain à l'élection présidentielle depuis la fin de la Reconstruction). La marge de victoire de Harding au vote populaire (26,2%) est la plus large de l'histoire des élections présidentielles américaines depuis la réélection sans opposition du président Monroe en 1820. Cependant, des candidats ont par la suite réussi à obtenir des parts du vote populaire légèrement plus importante que la sienne (60,3%) : Franklin Delano Roosevelt en 1936, Lyndon B. Johnson en 1964 (61%) et Richard Nixon en 1972 (60,7%).

Le socialiste Eugene Victor Debs (déjà trois fois candidat à l'élection présidentielle par le passé), réussit à obtenir 3,4% des suffrages exprimés, bien qu’il fit campagne depuis sa cellule du pénitencier d'Atlanta, où il était incarcéré sur des charges de sédition.

L'ancien gouverneur du Texas, James Edward Ferguson, réussit à obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés dans 4 comtés de son État (ceux de Fort Bend, Blanco, Lavaca et Austin) et la majorité relative dans 6 autres (ceux de San Augustine, Colorado, Lee, Comal, Washington et Fayette), mais il ne parvient pas à remporter ce dernier (n'y obtenant qu'un dixième des suffrages exprimés) et n'étant candidat que dans celui-ci, il obtient un score dérisoire au niveau national (moins de 50 000 voix, soit 0,2% des suffrages exprimés).

Étant donné que cette élection présidentielle fut la première où les femmes américaines prirent part au scrutin, le nombre de votants augmenta de 8,2 millions par rapport à la précédente, malgré un taux de participation en forte baisse.

Résultats du vote populaire de l'élection présidentielle américaine de 1920[3],[5]
Inscrits 61 495 000
Abstentions 34 706 775 56,44 %
Votants 26 788 225 43,56 %
Bulletins enregistrés 26 788 225
Bulletins blancs ou nuls 0 0 %
Suffrages exprimés 26 788 225 100 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Warren G. Harding Parti républicain 16 166 126 60,35 %
James M. Cox Parti démocrate 9 140 256 34,12 %
Eugene V. Debs Parti socialiste d'Amérique 914 191 3,41 %
Autres candidats - 567 652 2,12 %
Résultats du collège électoral de l'élection présidentielle américaine de 1920[5],[6]
Inscrits 531
Abstentions 0 0 %
Votants 531 100 %
Bulletins enregistrés 531
Bulletins blancs ou nuls 0 0 %
Suffrages exprimés 531 100 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Warren G. Harding Parti républicain 404 76,08 %
James M. Cox Parti démocrate 127 23,92 %

SuiteModifier

C'est la seule élection présidentielle de l'histoire des États-Unis, où les deux principaux candidats à la vice-présidence (Calvin Coolidge et Franklin Delano Roosevelt) sont de futurs présidents.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Élection au suffrage universel indirect. Le vote populaire permet aux grands électeurs désignés par les différents partis de voter pour le candidat arrivé en tête dans chaque État.

RéférencesModifier

  1. (en) « Voter Turnout in Presidential Elections », sur www.presidency.ucsb.edu (consulté le 29 décembre 2019).
  2. (en) « National General Election VEP Turnout Rates, 1789-Present », sur www.electproject.org (consulté le 6 novembre 2020).
  3. a et b William R. Schonfeld et Marie-France Toinet, « Les abstentionnistes ont-ils toujours tort ? : La participation électorale en France et aux États-Unis », Revue française de science politique, vol. 25, no 4,‎ , p. 645-676 (lire en ligne, consulté le 23 août 2020).
  4. (en) Christina Capatides, « Both candidates from the same home state? That's pretty rare », sur CBSnews.com, (consulté le 7 novembre 2020)
  5. a et b (en) David Leip, « 1920 Presidential General Election Results », sur www.uselectionatlas.org (consulté le 22 décembre 2020).
  6. (en) « 1920 Electoral College Results », sur www.archives.gov (consulté le 24 décembre 2020).

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