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Élection présidentielle américaine de 1936

Élection présidentielle américaine de 1936
Type d’élection Élection présidentielle
Suffrage universel indirect
Corps électoral et résultats
Population 128 054 000
Inscrits 74 806 629
Votants 45 632 044
61 %  +4,1
FDR in 1933.jpg Franklin Delano Roosevelt – Parti démocrate
Colistier : John Nance Garner
Voix 27 751 597
60,82 %
 +3,4
Grands électeurs 523
LandonPortr.jpg Alf Landon – Parti républicain
Colistier : Frank Knox
Voix 16 679 583
36,55 %
Grands électeurs 8
Collège électoral en 1936
Carte
Président
Sortant Élu
Franklin Delano Roosevelt
Parti démocrate
Franklin Delano Roosevelt
Parti démocrate

L'élection présidentielle américaine de 1936 est la 38e élection présidentielle depuis l'adoption de la Constitution en 1787. Elle se déroule le mardi .

ContexteModifier

Articles détaillés : Grande Dépression et New Deal.

Malgré la mise en oeuvre du New Deal, l'économie américaine restait fragile. En 1932, les plus hautes tranches de revenus n'étaient taxées qu'à 25 %. En 1935, le Revenue Act fit passer le taux d'imposition sur les plus hautes tranches (soit plus de 200 000 dollars) à 63 %, puis à 79 % l'année suivante[1]. En 1936, Franklin Delano Roosevelt déclara dans un meeting à Worcester dans le Massachusetts :

«  Après tout, les impôts sont les cotisations que nous payons pour jouir des privilèges de la participation à une société organisée[1].  »

En 1936, 14 % de la population active américaine était encore au chômage[2],[3].

CampagneModifier

Roosevelt put mener campagne sans difficulté. Sans adversité au sein du Parti démocrate suite à l'assassinat du sénateur de Louisiane Huey Pierce Long, il fut préparer sereinement sa réélection. Le , il fut accueilli en triomphe à la Convention démocrate de Philadelphie, où près de 100 000 personnes assistèrent à sa nomination[4]. Cependant, il refusa de recevoir Jesse Owens après son triomphe aux Jeux olympiques à Berlin[5].

Du côté du Parti républicain, la critique venait surtout de l'ancien président Herbert Hoover, qui se livra à un véritable réquisitoire de la politique du gouvernement fédéral :

«  S’il y a, à ce stade, un élément de la marche du collectivisme européen que le New Deal n’a pas imité, ce doit être un oubli[4].  »

Néanmoins, le candidat Alf Landon ne parvint pas à mener une campagne efficace. Le gouverneur du Kansas quittait rarement son État et n'était pas un opposant farouche au New Deal. De plus, les attaques contre Roosevelt à la radio étaient souvent menées par son équipe de campagne que Landon lui-même. Deux mois après sa nomination, il n'avait toujours pas effectué la moindre apparition en campagne[6]. Paradoxalement, il reçut le soutien de Jesse Owens.

 
Affiches électorales à Manchester dans le New Hampshire.
 
Discours de Franklin Delano Roosevelt à la Convention démocrate à Philadelphie.
 
Eleanor Roosevelt votant à New York le jour de l'élection.

RésultatsModifier

 
Résultats par comté.
Élection présidentielle américaine de 1936
Premier tour
Vote populaire
Second tour
Collège électoral
Inscrits 74 806 629 531
Abstentions 29 174 585 39 % 0 0 %
Votants 45 632 044 61 % 531 100 %
Bulletins enregistrés 45 632 044 531
Bulletins blancs ou nuls 0 0 % 0 0 %
Suffrages exprimés 45 632 044 100 % 531 100 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage Suffrages Pourcentage
Franklin Delano Roosevelt/John Nance Garner Parti démocrate 27 751 597 60,82 % 523 98,49 %
Alf Landon/Frank Knox Parti républicain 16 679 583 36,55 % 8 1,51 %
Autres candidats - 1 200 864 2,63 %

AnalyseModifier

Franklin Delano Roosevelt fut pendant longtemps le dernier président démocrate réélu pour un second mandat. Avant lui, seuls Andrew Jackson en 1832 et Woodrow Wilson en 1916 y étaient parvenus. En 1996, Bill Clinton fut réélu pour un second mandat. Seuls cinq présidents issus du Parti démocrate, avec Barack Obama, sont parvenus à l'emporter en briguant un second mandat. Grover Cleveland fut quant à lui élu pour deux mandats non consécutifs. Malgré l'absence des milieux d'affaires à ses côtés, il parvint à remporter la plus éclatante victoire pour un candidat jusqu'à la victoire de Richard Nixon en 1972[4]. Avec 98,57 % des voix en Caroline du Sud, il obtient le meilleur score jamais atteint pour un candidat dans un État depuis 1820. Il l'emporta dans 46 États sur 48[7],[8]. Il parvint notamment à l'emporter en Pennsylvanie pour la première fois depuis 1856. Roosevelt parvint à l'emporter dans 102 des 106 plus grandes villes américaines de plus 100 000 habitants.

De son côté, Alf Landon est l'un des candidats du Parti républicain qui fut le plus lourdement battu, avec Barry Goldwater en 1964. Contrairement à George McGovern et Walter Mondale, il parvint à l'emporter dans deux États, même s'il subit le plus gros écart en termes de grands électeurs. Il fut le second et dernier candidat issus de l'un des deux principaux partis à remporter moins de dix grands électeurs après William Howard Taft en 1912. Il l'emporte dans le Vermont, qui fut remporté par les républicains de 1856 à 1960, ainsi que dans le Maine qui ne fut remporté par les démocrates qu'en 1912 du fait de la présence de trois candidats majeurs.

SondagesModifier

Cette élection fut marquée par l'émergence des sondages. C'est en 1935 qu'un sondage est publié pour la première fois aux États-Unis. L'intitulé de la question, posée à 3 000 américains, était Comment percevez-vous les sujets d'actualité?[9]. Certains sondages ont donné, à tort, le gouverneur du Kansas Alf Landon comme le vainqueur de l'élection[9]. L'institut Gallup, refusant d'organiser des sondages financés par les deux principaux partis, publia un sondage donnant Roosevelt comme vainqueur avec 56 %[9]. Depuis lors, les sondages publiés par cet institut ont toujours influé sur le résultat final des élections présidentielles aux États-Unis[10].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Lise Tiano, « Quand Roosevelt taxait les hauts-revenus à 91% », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur, (consulté le 13 octobre 2019)
  2. Kaspi 1988, p. 315.
  3. Artaud 1987, p. 124.
  4. a b et c Laurent Joffrin, « Franklin D. Roosevelt, par delà la convention », sur liberation.fr, Libération, (consulté le 13 octobre 2019)
  5. Jérémie Pavlovic, « Owens, un sprinteur contre Hitler », sur leparisien.fr, Le Parisien, (consulté le 13 octobre 2019)
  6. Time Magazine du .
  7. Kaspi 1988, p. 299.
  8. Nicolas Enault, « CARTE. Présidentielle américaine : les 40 dernières élections résumées en un gif », sur franceinfo.fr, (consulté le 14 octobre 2019)
  9. a b et c « L'histoire débute avec l'institut Gallup et l'élection du président Roosevelt », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 13 octobre 2019)
  10. Grégor Brandy, « Gallup, l'institut de sondages qui a décidé de ne pas tester les candidats aux primaires américaines », sur slate.fr, (consulté le 13 octobre 2019)

BibliographieModifier