Pap Ndiaye

historien français

Pap Ndiaye est un historien français, spécialiste des États-Unis, né le à Antony. Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, titulaire d'un doctorat de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il fut maître de conférences avant d'être promu en 2012 professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po)[1].

Pap Ndiaye
PapPapPap.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
AntonyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Fratrie
Conjointe
Jeanne Lazarus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Directeur de thèse
Jean Heffer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Prix Jean-Michel-Gaillard (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Famille et enfanceModifier

De père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye passe son enfance en banlieue parisienne avec sa mère et sa jeune sœur, la future romancière Marie NDiaye (leur père les quitte alors qu'il a 3 ans). Entre la vie dans la banlieue parisienne et les vacances dans la ferme familiale en Beauce, ils ont une « enfance française ».

Il est le compagnon de Jeanne Lazarus[2], sociologue de l'économie.

CarrièreModifier

Il entre à l'ENS de Saint-Cloud en 1986 et réussit l'agrégation d'histoire. Lorsqu'il revient sur son parcours scolaire, il évoque une « méritocratie républicaine ».

De 1991 à 1996, il étudie aux États-Unis pour préparer une thèse d'histoire sur la société pétrochimique DuPont de Nemours. Boursier à l'université de Virginie, il est choqué lorsqu'une fraternité noire, la Black Student Alliance, lui demande à lui, qui se perçoit comme un « Français de souche », d'adhérer à cette association… Ce séjour dans la société américaine va éveiller en lui la « part du père », cette moitié africaine jusqu'alors occultée ; il se « découvre » « Noir sur le tard »[3].

À son retour en France, il obtient un poste de maître de conférences à l'EHESS où ses travaux portent désormais davantage sur la question noire, les discours et pratiques de discrimination raciale en France et en Amérique[4]. Il est l'un des pionniers en France à traiter de la question complexe de la population d'ascendance africaine vivant en France et de la diaspora[5] que l'on nomme outre-Atlantique les Black studies (en)[6]. Il rencontre Patrick Lozès, futur président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), et ensemble ils fondent le Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (Capdiv, association membre du Cran)[5].

Il a été membre du Centre d'études nord-américaines et du comité de rédaction de la revue L'Histoire.

Prise de position politiqueModifier

En 2012, il signe une tribune intitulée « Pour une nouvelle République » appelant à voter pour le candidat François Hollande[7].

PublicationsModifier

  • Obama dans l'Amérique noire, Calmann-Levy, coll. « Sciences Humaines et Essais », , 150 p., 13,50 x 18,80 cm (ISBN 2702143512)
  • Les Noirs américains : en marche pour l'égalité, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard, 542 », , 159 p., 18 cm. (ISBN 978-2-07-036040-6)
  • La Condition noire : essai sur une minorité française (préf. Marie NDiaye), Gallimard, (réimpr. 2011 et 2017) (1re éd. 2008 chez Calmann-Lévy, 435 p, 23 cm.), 521 p., 18 cm. (ISBN 978-2-07-036153-3)
  • Du nylon et des bombes : Du Pont de Nemours, le marché et l'État américain, 1900-1970, Belin, coll. « Cultures américaines », , 397 p., 22 cm (ISBN 2-7011-2990-7) Traduction en langue anglaise : Nylon and Bombs, DuPont and the March of Modern America, Johns Hopkins University Press, 2007.

En collaborationModifier

  • Pap Ndiaye et Louise Madinier, Le Modèle noir : De Géricault à Matisse, la chronologie, Flammarion, coll. « Musée d'Orsay », , 96 p., 15,4 x 1,1 x 22,4 cm (ISBN 978-2081485860)
  • Alya Aglan et Robert Frank (dir.), Pap Ndiaye et al. (ouvrage collectif, 22 auteurs), 1937-1947 : la guerre-monde (tome 2), Gallimard, coll. « Folio histoire », , 1072 p., 12,5 x 19 cm (ISBN 9782070464173)
  • Pauline Peretz (dir.), Pauline Peretz, Pap Ndiaye, Simon Hall, Andrew Diamond et al., L'Amérique post-raciale ?, PUF, coll. « La Vie des idées », (réimpr. 2019), 109 p., 19 cm (ISBN 978-2-13-061931-4)
  • Pap Ndiaye et Andrew Diamond (en) (trad. Caroline Rolland-Diamond), Histoire de Chicago, Fayard, , 520 p., 24 cm. (ISBN 978-2-213-64255-0)
  • Pap Ndiaye, Jean Heffer et François Weil (textes réunis par), La Démocratie américaine au XXe siècle, Belin, coll. « Cultures américaines », , 319 p., 22 cm (ISBN 2-7011-2653-3)

ArticlesModifier

DVDModifier

PréfacesModifier

  • Sally Denton et Roger Morris (trad. Geneviève Brzustowski, préf. Pap Ndiaye), Une hyper-Amérique : argent, pouvoir, corruption ou le modèle Las Vegas, Autrement, coll. « Autrement Frontières », , 541 p., 23 cm (ISBN 2-7467-0541-9)

PrixModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Ndiaye | Centre d'histoire de Sciences Po », sur chsp.sciences-po.fr (consulté le 18 mai 2018)
  2. Jeanne Lazarus est une petite-fille de Stanislas Mangin et donc arrière-petite-fille du général Charles Mangin.
  3. Christophe Boltanski, « Noir sur le tard », Libération, (consulté le 9 juillet 2018).
  4. Ivan Jablonka, « Les Noirs, une minorité française. Entretien avec Pap Ndiaye », La vie des Idées,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mai 2018)
  5. a et b Le livre noir de Pap Ndiaye, L'Express,
  6. (en) « Black Studies Program », sur blackstudies.missouri.edu (consulté le 15 décembre 2017)
  7. « Pour une nouvelle république » sur tempsreel.nouvelobs.com, 19 avril 2012.
  8. Voir sur old.rdv-histoire.com.

Liens externesModifier