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Henry de Montherlant

romancier, essayiste, auteur dramatique et académicien français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Montherlant.
Henry de Montherlant
Biographie
Naissance
Décès
(à 77 ans)
Paris
Nom de naissance
Henry Marie Joseph Frédéric Expedite Millon de Montherlant
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Membre de
Conflit
Distinctions
Œuvres principales
signature de Henry de Montherlant
signature

Henry de Montherlant, de son nom complet Henry-Marie-Joseph Millon de Montherlant, est un romancier, essayiste, dramaturge et académicien français, né le à Paris 7e où il est mort le [1].

Souvent désigné sous le seul patronyme de Montherlant, il est notamment connu pour son roman Les Jeunes Filles (1936-1939) et ses pièces de théâtre La Reine morte (1942), Le Maître de Santiago (1947) et La Ville dont le prince est un enfant (1951).

Sommaire

BiographieModifier

Les origines familialesModifier

 
Le château de Montherlant dans l'Oise.

La famille Millon, devenue Millon de Montherlant en 1864, par la voie gracieuse (adjonction par l'autorité administrative d'un ancien nom de terre abandonné à la Révolution), était, selon le généalogiste Louis de Saint Pierre, une famille de petite et ancienne noblesse. Si Le Grand Armorial de France d'Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren va dans le même sens, d'autres auteurs - notamment Pierre-Marie Dioudonnat - indiquent que seule une branche de la famille (celle d'Ainval et d'Ailly de Verneuil) a été anoblie. Les branches de Montherlant et de La Verteville, demeurées non nobles, descendent de François Millon (1726-1794), député du tiers état aux États généraux pour le bailliage de Beauvais[2]. Par d'autres liens de famille, Montherlant était aussi uni à la plus ancienne noblesse germanique, ce dont l'auteur témoigne lui-même : « La bisaïeule Montherlant était Molinguehen, de l'antique maison Molinguehen, originaire de Saxe. Les Molinguehen, comtes et barons du Saint-Empire, apparaissent dans toute l'histoire des Allemagnes du XIIIe au XVIIe siècle. Et le trisaïeul de l'auteur avait épousé une Parseval. La branche allemande de la famille de Parseval a produit deux chambellans du roi de Bavière et l'inventeur des dirigeables Parseval[3]. »

Les armoiries des Millon[n 1] sont décrites comme suit dans l'armorial de d'Hozier de 1696[4]: « de sinople à la tour d'argent maçonnée de sable, enflammée de gueules, surmontée de deux épées du second garnies d'or posées en sautoir ». « Donc, les quatre quartiers [de noblesse] paternels [Millon de Montherlant, Molinguehen, Bessirard de la Touche, Mauge du Bois-de-Entes] ont été prouvés par MM. de Soulès et admis par l'ordre de Malte, sur rapport de M. de Cressac. Quant aux quatre quartiers maternels, les Camusat de Riancey sont nobles depuis 1709, les Lefebvre des Vaux depuis 1823 (avec titre de baron en 1825), les Potier de Courcy depuis la guerre de Cent Ans, et les Gourcuff depuis les Croisades »[5]. Les Millon de Montherlant possédèrent plusieurs châteaux surtout au XIXe siècle ; l'un d'eux, qui se trouve à Montherlant dans l'Oise, est classé monument historique depuis 2003.

La vocation littéraireModifier

 
Plaque au 106 rue Lauriston (16e arrondissement de Paris), où il vit entre 1901 et 1907.

Henry de Montherlant envisage très tôt de faire œuvre d'écrivain. C'est probablement sa mère qui lui donna le goût de la littérature. Quo vadis ? de Henryk Sienkiewicz, dont elle lui fait la lecture, marquera l'ensemble de sa vie : ce roman historique lui apporte une double révélation, « la révélation de l'art d'écrire, et la révélation de ce que je suis », dit-il en 1957-1958[6]. Quo Vadis lui fournira les thèmes qu'il abordera tout au long de son œuvre: l'amitié, le suicide, et la Rome antique.

À l'âge de 7 ou 8 ans, il écrit déjà de petits volumes et s'amuse à rédiger des préfaces et des postfaces. Ses récits ont pour cadre, souvent, l'Antiquité[7]. Il fera ensuite l'expérience du journal intime (détruit à la fin de sa vie). Initié très jeune à la tauromachie, il exécute deux mises à mort de taurillons à l'âge de quinze ans.

Il étudie au lycée Janson de Sailly puis termine ses études à l'institution Notre-Dame de Sainte-Croix à Neuilly, connue pour ses options catholiques progressistes proches du Sillon ; il aura Paul Archambault comme professeur de philosophie en 1911. Il y est dispensé d'éducation physique et d'instruction religieuse, mais, passionné par la Rome antique, il se révèle un excellent latiniste, et se montre aussi doué pour le dessin. Son renvoi du collège Sainte-Croix en 1912 lui fournit, bien des années plus tard, le thème de deux de ses œuvres, La Ville dont le prince est un enfant (1951) et Les Garçons (1969). Philippe Giquel, qui lui inspira le jeune héros de La Ville dont le prince est un enfant, deviendra un as de l'aviation durant la Grande Guerre, puis un journaliste réputé dans le domaine de l'aéronautique[8].

Son père meurt lorsque Henry a 19 ans, sa mère une année plus tard[9]. Sa vocation littéraire se confirme aussi à 19 ans, avec sa première pièce, L'Exil, écrite en novembre-décembre 1914. Le héros de cette pièce est un jeune snob autant de mise que d'esprit, qui croit pouvoir se débarrasser de son genre par un engagement volontaire, alors que sa mère l'empêche de s'engager[10]. Dans la préface, il déclare que Charles Maurras est, avec Paul Bourget et surtout avec Maurice Barrès, l'un des écrivains français contemporains qui l'ont le plus influencé[11],[12].

Le culte des vertus antiquesModifier

 
Montherlant à 14 ans en 1910, photo dédicacée à Philippe Giquel.

Nourri par la lecture de Barrès, de Nietzsche et de Plutarque, Henry trouve un idéal dans le courage et les vertus antiques. Il apprécie particulièrement le Satyricon de Pétrone, qu'il préfacera plus tard.

Durant la Première Guerre mondiale, il est affecté au service auxiliaire. En février 1918, il se porte volontaire pour être versé dans un régiment d'infanterie de première ligne[13]. Parti au front pour mourir[13], il en revient « grièvement blessé », selon le texte de sa citation, par sept éclats d'obus dans les reins, dont un seul put être extrait[14]. En 1919, il devient secrétaire général de l'Œuvre de l'ossuaire de Douaumont ; impressionné par l'exemple des Grecs d'Homère proclamant qu'en se battant, ils n'ont pas de haine, eux qui pouvaient voir en l'adversaire de la veille « l'ami que l'on s'est fait par la lance »[15], Montherlant restera fidèle toute sa vie à ces valeurs de respect pour l'adversaire qui a loyalement accompli son devoir : aussi souhaite-t-il que l'Ossuaire soit dédié « à la gloire de l'homme », et donc aussi du soldat allemand, « afin de mettre tout à fait hors d'atteinte la part humaine vraiment admirable qui s'était exercée à Verdun »[16].

Patriote sans être nationaliste, il décrit dans Le Songe, paru en 1922, le courage et l'amitié des combattants. De 1920 à 1925, il se tourne vers le sport, notamment l'athlétisme, la tauromachie, l'équitation et le football, et fréquente les stades, où il renoue avec la fraternité des tranchées. Avec Les Olympiques en 1924, il évoque « les heures de poésie que le sport nous fit vivre, dans la grâce — la beauté parfois — des visages et des corps de jeunesse, dans la nature et dans la sympathie »[17]. La même année paraît Chant funèbre pour les morts de Verdun, écrit comme un acte de piété « tel que celui d'allumer une petite lampe sur un des tombeaux de son pays. » Il oppose les valeurs de la « guerre », que les soldats vivent sur le champ de bataille, à celles de la « paix »[18].

La « crise des voyageurs traqués »Modifier

 
Lithographie de Robert Delaunay pour une édition de La Relève du Matin (1928).

Ces œuvres, en lui apportant la notoriété, lui en retirent aussi le goût : l'attrait du bonheur et de la vie devient plus fort que tout, et, selon sa propre expression, il « prend le large. » Laissant ses biens mobiliers au garde-meubles, il quitte la France le 15 janvier 1925 pour l'Italie, le Maroc espagnol et surtout l'Espagne. En amateur passionné des civilisations du bassin méditerranéen[19], principalement celle de la Rome antique, de l'Espagne, et des Arabes, il va errer dans leurs contrées jusqu'en 1932, s'adonnant à ses plaisirs et à ses sports favoris. C'est ainsi qu'à la fin de 1925, dans un élevage près d'Albacete, il est renversé par un taurillon, et le coup de corne qu'il reçoit taillade la périphérie de son poumon. Victime d'une fièvre typhoïde et de deux congestions pulmonaires, il passe quatre mois de 1926 dans des maisons de santé, et entre en convalescence à Tanger.

Dès 1925, le jeune Montherlant traverse une crise qui est pour une part une crise de satiété sensuelle : « J'eus sur-le-champ tout ce que je voulais, et sur-le-champ en eus par-dessus la tête[20]. » Mais elle se double aussi d'une crise métaphysique : Pourquoi vivons-nous ? Et à quoi bon ?

Parti pour se livrer au détachement, il accumule les renoncements pour mieux se forger une existence tout entière de travail, lecture et réflexion, délivrée de tout ce qui n'est pas l'essentiel. « Cessant de sourire à la gloriole », selon ses propres termes, il renonce à la vanité sociale, ce « cancer qui ronge le monde civilisé[21]. » Il renonce à l'ambition et à l'idée de faire carrière ; il renonce à l'action, tenue dès cette époque pour « risible, fors [hormis] quand elle est charité » ; il renonce au désir d'argent et aux intérêts du monde ; il renonce enfin au mariage. Sur le plan spirituel, il abandonne « un grossier amalgame du paganisme avec un catholicisme décoratif et fantaisiste d'où tout christianisme était absent » : désormais, il se tiendra à l'écart de la religion mais en la respectant[22]. Quant à la violence du fort sur le faible, de l'Européen sur l'indigène, qu'il constate en Afrique du nord, elle a pour effet de le dégoûter de toute violence pour la vie.

De la crise traversée par Montherlant, dénouée en 1929, se dégage, selon ses propres dires, un homme meilleur à l'équilibre retrouvé. Il vivra trois mois par an à Paris (en été), et le reste du temps en Afrique du Nord, surtout en Algérie. Ces séjours sont à l'origine de sa réflexion sur le principe colonial : dans ses errances, il est au contact de « ces parias du peuple que sont les indigènes coloniaux », et malgré le conflit où il se trouve pris, entre la patrie et la justice, il compose l'œuvre intitulée La Rose de Sable où il dénonce sous forme romanesque les excès de la France coloniale.

De retour en France en avril 1932, devant le réarmement de l'Allemagne, il publie dans le journal La Liberté un long article sur l'état de la France qui ne se prépare pas à la guerre inévitable, où le sentiment national et l'esprit public font défaut. De crainte d'ajouter aux difficultés de la France, « dans un temps où le pays allait avoir besoin de tout ce qui lui restait de forces pour se défendre à la fois contre l'ennemi du dehors et contre son gouvernement[23] », il renonce à publier La Rose de Sable. Toutefois, une version tronquée sera publiée hors commerce en 1938 - limitée à soixante-cinq exemplaires, sous le pseudonyme de François Lazerge - réservée à ses amis. Il ne voulait pas être assimilé à la catégorie des écrivains de gauche ; il se définira en effet comme un « anarchiste de droite »[24].

Montherlant durant la Seconde Guerre mondialeModifier

Dès les années 1930, il invite par de nombreux articles et ouvrages à intervenir contre l'Allemagne nazie (1936, puis 1938). Dans L'Équinoxe de septembre (septembre 1938), il attaque violemment la tentation défaitiste et la lâcheté des chefs de gouvernement Daladier et Chamberlain, ce dernier qualifié de « Marx brother de la Paix » : « Les chefs des grandes démocraties accourant l'un après l'autre, gravissant l'Olympe en suppliants pour embrasser les genoux du Jupiter à la mèche, suspendus à un froncement de ses sourcils, sans d'ailleurs prendre la peine de s'en cacher, le flattant du bout des doigts, tandis qu'ils font dans leur culotte »[25]. Après les accords de Munich, le 29 septembre 1938, un des journaux français ayant demandé une minute de silence, Montherlant s'indigne : « Chaque jour, avec une savante technique de la bassesse, on s'efforce de donner à la France une âme et une morale de midinette », « Ce n'est pas de minutes de silence que nous avons besoin, c'est d'avions, Monsieur Daladier »[26]. La publication de L'Équinoxe de septembre sera interdite par l'occupant nazi pendant trois semaines en 1941[n 2].

Réformé pour blessures de guerre après 1918, empêché par deux congestions pulmonaires de reprendre du service en 1939, il assiste aux combats de la Somme et de l'Oise comme correspondant de guerre pour l'hebdomadaire Marianne[27]: Le Solstice de juin est ainsi consacré à la bataille de France de mai-juin 1940.

Dans cet essai, il rappelle les paroles de six écrivains qui ont soutenu sa fermeté dans ces heures douloureuses où la vie des soldats était presque chaque jour en jeu, paroles qu'il conservait dans son portefeuille, transcrites sur un carton bristol[28]. Il défend aussi en certaine mesure l'occupation allemande - d'abord par le principe d'une amitié « chevaleresque » entre vainqueur et vaincu, à l'image de la Grèce antique, ce qui l'engage à réclamer la création d'un « organisme qui ait pouvoir discrétionnaire pour arrêter tout ce qu'il juge devoir nuire à la qualité humaine française. Une sorte d'inquisition au nom de la qualité humaine française[29] ». Son humanisme se définit par rapport au désespoir de Dieu, et prône la force d'un courage en face au néant : « Le combat sans la foi, c'est la formule à laquelle nous aboutissons forcément si nous voulons maintenir la seule idée de l'homme qui soit acceptable : celle où il est à la fois le héros et le sage[30] ». Il voit ainsi en la victoire allemande le symbole de l'éternel recommencement : « La victoire de la Roue solaire n'est pas seulement victoire du Soleil, victoire de la paiennie. Elle est victoire du principe solaire qui est que tout tourne... Je vois triompher en ce jour le principe dont je suis imbu, que j'ai chanté, qu'avec une conscience entière je sens gouverner ma vie[31] ».

Ces paroles lui vaudront la réputation de collaborateur et des ennuis passagers à la Libération. Le 9 septembre 1944, un manifeste des écrivains français de gauche[32] demande le « juste châtiment des imposteurs et des traîtres »[33]. Montherlant est explicitement nommé, et ce, dès la première liste, qui sera ensuite étoffée et remaniée sans que l'on en ôte son nom. En octobre 1944, dans un article de Paul Gentizon publié sur la première page du quotidien italien Corriere della Sera[n 3], son nom figure dans la liste des partisans du gouvernement de Vichy[34].

Cependant, de nombreux éléments montrent que Montherlant n'était pas un collaborateur : dès 1940, il a refusé de participer à la rédaction de La Gerbe, dont le fondateur Alphonse de Châteaubriant est le président du groupe Collaboration ; Montherlant refuse aussi de se rendre à Weimar, à l'invitation des Allemands, avec beaucoup d'autres écrivains français comme Robert Brasillach, Marcel Jouhandeau ou Abel Bonnard ; enfin il refuse de publier dans les journaux ou revues collaborationnistes. Cependant, il a été affirmé qu'il adhéra au gouvernement du maréchal Pétain d'un point de vue moral et spirituel[35]. D'autres sources soutiennent qu'il aurait collaboré à plusieurs périodiques collaborationnistes tels que la Nouvelle Revue Française de Pierre Drieu la Rochelle, Je suis partout, Deutschland Frankreich et La Gerbe. Enfin, il a félicité Lucien Rebatet pour le succès de son livre Les Décombres[36].

Des résistants auraient reproché à Montherlant de s'être dérobé à certaines responsabilités et de ne s'être pas appliqué les principes d’héroïsmes qu'il chantait avant l'Occupation de la France par l'Allemagne. Montherlant répond qu'il ignorait tout de la Résistance[37]. Léon Pierre-Quint, membre du Comité national des écrivains, résumera en octobre 1945 le dossier Montherlant : « La seule accusation qui pourrait être reconnue contre lui, ce n'est pas d'avoir pris un mauvais parti, c'est de n'avoir pas pris de parti du tout ; il s'agirait de savoir si un écrivain a le droit, pendant l'occupation de son pays, de rester indépendant et de vouloir garder sa liberté d'esprit, — s'il est autorisé, alors que deux camps se disputent le monde, à se tenir à l'écart »[38].

Le « dossier Montherlant » sera successivement examiné par plusieurs organismes[39] : par la Direction générale des services spéciaux du 2e Bureau, par la Commission d'épuration de la Société des gens de lettres, par la Haute Cour et par la Chambre civique, et à chaque fois classé sans suite[40]. En septembre 1944, la Direction générale des services spéciaux du 2e Bureau rend un non-lieu ; en février 1945, la Commission d'épuration de la Société des gens de lettres[33] ne retient aucune charge contre l'écrivain, après l'avoir entendu. Un tribunal d'épuration composé de certains écrivains de la Résistance lui inflige une peine, une interdiction professionnelle de six mois rétroactifs de non-publication. Ils furent deux « juges » sur huit à se déplacer pour entendre Montherlant[39]; en mai 1945, la Haute Cour classe l'affaire à la suite d'une information contre Montherlant[37]; pendant l'été 1945, une information contre Montherlant devant la Chambre civique se solde par un classement sans suite. Il n'y aura jamais d'instruction[41].

Le retrait après la GuerreModifier

Après la Guerre, en rupture avec la société contemporaine et cherchant à transcender les luttes partisanes, il se consacre à l'écriture de son théâtre. Il y peint la grandeur et la misère des hommes et des femmes d'honneur, tiraillés par leurs passions, souvent trahis et perdus (Demain il fera jour, Brocéliande, La Mort qui fait le trottoir, la Guerre civile, etc.). Il réalise aussi de nombreux dessins à la mine de plomb, des esquisses représentant tour à tour des scènes de tauromachie, des hommes en habits de lumière et quelques nus féminins ou masculins. Il renoncera cependant au dessin, expliquant que « tout ce qui n'est pas littérature ou plaisir est temps perdu ».

En 1960, Montherlant est élu à l'Académie française sans en avoir fait expressément la demande (fait rare mais non unique).

Le suicideModifier

En 1959, une insolation modifie son rythme de vie et provoque l'accident qui, en 1968, lui fait perdre l'usage de l'œil gauche[n 4]. Devenant ensuite quasiment aveugle à la suite de cet accident, il se suicide le jeudi , le jour de l'équinoxe de septembre, « quand le jour est égal à la nuit, que le oui est égal au non, qu'il est indifférent que le oui ou le non l'emporte[42] ». Il met ainsi en pratique jusqu'au bout l'équivalence des contraires de sa philosophie morale. À son domicile du 25, quai Voltaire à Paris, il avale une capsule de cyanure et, simultanément, se tire une balle dans la bouche, de crainte que le cyanure ne soit éventé[43]. Montherlant laisse un mot à Jean-Claude Barat, son légataire universel : « Je deviens aveugle. Je me tue.[44] » De cette mort volontaire, Julien Green écrit quelques jours plus tard : « Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d'éclat, il [Montherlant] a fini par le prendre pour lui et s'y est conformé jusqu'à la fin. »[45]

Ses cendres sont dispersées à Rome, sur le Forum, entre les pierres du temple de Portunus (ou temple de la Fortune virile) et dans le Tibre, par Jean-Claude Barat et Gabriel Matzneff[46].

Les points controversésModifier

Montherlant et les garçonsModifier

Montherlant n'a jamais écrit sur sa vie sentimentale et sexuelle[47]. Cependant, à 17 ans il est renvoyé de l'institution Notre-Dame de Sainte-Croix de Neuilly pour une relation avec un camarade plus jeune, Philippe Giquel, futur as de l'aviation durant la Première Guerre mondiale[48]. Cette attirance pour les jeunes garçons expliquerait aussi la perte de son œil en mars 1968 : il l'aurait perdu en étant molesté dans la rue lors d'une expédition nocturne en chasse de jeunes adolescents et non des suites d'une insolation comme le veut la version officielle[n 5]. Admis dans une clinique de la rue de Passy, il est éborgné (l'ethmoïde gauche fracturée), les mains et le visage couverts de sang et on lui a dérobé sa montre[49]. Cette attirance sexuelle envers les jeunes garçons expliquerait aussi sa rupture avec son milieu familial après la mort de ses parents survenue dans les deux ans suivant le scandale à l'école. Elle expliquerait aussi le goût de l'auteur pour l'Afrique du Nord, pays où — comme André Gide, et peut-être conseillé par lui — il pouvait pratiquer sa pédérastie[50].

Montherlant a toujours minimisé les rapports autobiographiques que l'on pouvait supposer entre ses œuvres traitant des garçons et sa vie sentimentale. Pour certains, son roman Les Garçons reflète assez précisément ses amours de jeunesse, comme il s'en est d'ailleurs expliqué ouvertement dans ses derniers écrits, par exemple dans Mais aimons-nous ceux que nous aimons? (1973). Les Garçons est publié en 1969, mais des passages significatifs à cet égard n'ont paru qu'après sa mort chez Gallimard, dans une édition illustrée par Mac-Avoy (1973), puis dans la version de la Bibliothèque de la Pléiade (Romans, tome II, 1982 ; voir par exemple p. 550)[51]. Malgré tout, Montherlant avait toujours affirmé par principe que Les Garçons était une œuvre imaginaire construite à partir de sa courte expérience d'élève à Sainte-Croix de Neuilly. Son amitié adolescente avec Philippe Giquel, son cadet, a été la source de son inspiration comme cela est maintenant bien documenté[8].

Pierre Sipriot a écrit que Montherlant se serait souvent avancé masqué afin de cultiver une forme de secret. Par exemple, sur sa date de naissance, qu'il a falsifiée, se rajeunissant d'un an (il a, de plus, voulu naître le 21 avril, jour de la fondation de Rome, et même l'Académie française s'y est perdue donna longtemps dans sa notice officielle la date du 30 avril)[52], ou dans le domaine de sa vie privée : Roger Peyrefitte a publié une première partie de la correspondance partiellement codée qu'il a entretenue avec Montherlant en en fournissant le décryptage, semblant démontrer qu'il l'accompagnait dans sa recherche de garçons entre 1938 et 1941[53]. Le scandale du premier tome de cette correspondance empêcha la publication des années suivantes.

La biographie de Sipriot, qui s'appuie principalement sur Roger Peyrefitte, laisse entendre que Montherlant aurait entretenu toute sa vie des relations sexuelles avec de jeunes adolescents. De plus, Sipriot prétend que Peyrefitte et Montherlant faisaient des virées ensemble et « entretenaient » à eux deux des mères de familles complaisantes. Montherlant, qui pressentait ces révélations, avait écrit dans ses derniers carnets :

« Aussitôt que je serai mort, deux vautours, la Calomnie et la Haine, couvriront mon cadavre pour qu'il leur appartienne bien à eux seuls et le déchiquetteront[54]. »

Ces révélations posthumes ont modifié l'image qui dominait à son sujet de son vivant, contraignant certains à renoncer à un Montherlant idéalisé, et d'autres à le relire de plus près[55].

Montherlant et les femmesModifier

On a aussi montré que beaucoup de femmes s'éprirent de cet « ennemi des femmes », qui affiche un « goût pour les valeurs viriles et fraternelles » selon l'Académie française[56].

Son œuvre est traversée par un courant fortement misogyne, ainsi que le souligne Simone de Beauvoir, qui lui consacre la première partie du deuxième chapitre de la troisième partie (« Mythes ») de son essai Le Deuxième Sexe. C'est notamment dans les quatre romans qui forment le cycle des Jeunes Filles que se déploie cette vision négative des femmes, où les « bêtes féminines » sont « malades, malsaines, jamais tout à fait nettes » et où le héros masculin s'inscrit toujours dans un rapport foncièrement asymétrique avec la femme : « Prendre sans être pris, seule formule acceptable entre l'homme supérieur et la femme. » C'est le même discours qu'il développe dans La Petite Infante de Castille : « Ce qui est agaçant chez les femmes, c'est leur prétention à la raison ».

Jacques Laurent tempère ce trait de caractère :

« Il y a chez lui un peu de misogynie — mais pas systématique, sans méchanceté… et en général amusante. Il ne faut pas la ramener (comme l'a fait par exemple Pierre Sipriot) à son homosexualité[57]. »

Montherlant est par ailleurs resté des décennies durant en contact suivi et prolongé avec des femmes intellectuelles comme Élisabeth Zehrfuss, Jeanne Sandelion, Alice Poirier, Mariette Lydis et Banine[58] ou encore la poétesse Mathilde Pomès et le professeur et critique Marguerite Lauze (1892-1973)[59], qu'il fréquente en toutes sortes d'occasions : concerts, restaurants, voyages, recherche d'imprimeurs et d'éditeurs.

Il institue en 1952 Marguerite Lauze, qu'il avait connue en 1926 et retrouvée à Grasse en 1940, et le fils de celle-ci, Jean-Claude Barat, pour ses héritiers, la mère pour l'usufruit et son fils pour la nue-propriété[n 6]. Marguerite Lauze meurt quatre mois après Montherlant. Lorsqu'on interroge Jean-Claude Barat sur sa filiation, celui-ci répond : « Quand on me demande si je suis le fils d'Henry de Montherlant, je ne réponds pas. Mais, puisqu'il avait de l'amitié pour nous, j'irai jusqu'à vous dire : il y a de grandes chances que oui. »

Jean-Claude Barat est antiquaire[60] et père d'une fille. Selon Marie-Christine Giquel, qui le tiendrait de son père (lequel le tiendrait lui-même de Montherlant), Montherlant serait prétendument le père de deux enfants, dont l'identité n'est pas établie[61].

ŒuvreModifier

Montherlant est l'auteur d'une très abondante œuvre littéraire comprenant pour l'essentiel des romans, récits, pièces de théâtre et essais, mais aussi des notes de carnets, de la poésie et une correspondance. L'essentiel de cette œuvre est disponible dans la Bibliothèque de la Pléiade (deux tomes de romans, un tome de théâtre, un tome d'essais incluant les carnets).

RomansModifier

Cycle La Jeunesse d'Alban de BricouleModifier

Cycle Les Jeunes FillesModifier

  • Les Jeunes Filles (1936)
  • Pitié pour les femmes (1936)
  • Le Démon du bien (1937)
  • Les Lépreuses (1939)

Autres romansModifier

Romans posthumesModifier

  • Thrasylle (1984)
  • Moustique (1986)

ThéâtreModifier

RécitsModifier

Cycle Les Voyageurs traquésModifier

  • Aux fontaines du désir (1927)
  • La Petite Infante de Castille (1929)
  • Un voyageur solitaire est un diable (1961)

Récits posthumesModifier

  • Mais aimons-nous ceux que nous aimons ? (1973)
  • Le Fichier parisien (1974)
  • Coups de soleil (1976)
  • Quelques mois de féerie, quelques jours de galère. Inédits nord-africains (1926-1940) (1995)

EssaisModifier

  • La Relève du matin (1920)
  • Les Olympiques (1924)
  • La Mort de Peregrinos (1927)
  • Mors et vita (1932)
  • Service inutile (1935)
  • L'Équinoxe de septembre (1938)
  • Les Nouvelles chevaleries (1941)
  • Le Solstice de juin (1941)
  • Notes de théâtre (1943)
  • Textes sous une occupation (1940-1944) (1963)
  • Discours de réception à l'Académie française et réponse du duc de Lévis Mirepoix (1963)
  • Le Treizième César (1970)
  • La Tragédie sans masque. Notes de théâtre (1972)
  • Essais critiques (1995), publication posthume

CarnetsModifier

  • Carnets (1930-1944) (1957) dans Essais (1963), Bibliothèque de la Pléiade, p. 965-1369
  • Va jouer avec cette poussière (1958-1964) (1966)
  • La Marée du soir (1968-1971) (1972)
  • Tous feux éteints (1965, 1966, 1967, 1972 et sans dates) (1975, posthume)
  • Garder tout en composant tout (Derniers carnets, 1924-1972) (2001, posthume)

PoésieModifier

  • Encore un instant de bonheur (1934)
  • Les Sauteurs de haies (1924)

CorrespondanceModifier

DiversModifier

  • Pages catholiques, recueillies et présentées par Marya Kasterska, Plon, 1947
  • Dessins, préface de Pierre Sipriot, Copernic, 1979

Livres illustrésModifier

Certaines œuvres de Henry de Montherlant ont donné lieu à des éditions d'art illustrées : Les Jeunes Filles illustré par Mariette Lydis, Port-Royal illustré par René Aubert, La Déesse Cypris (avec des photogravures de Laure Albin-Guillot) et d'autres textes illustrés par Cocteau, Cami (Encore un instant de bonheur), Mac-Avoy, Pierre-Yves Trémois, Emmanuel Poirier… Don Juan (1958) est illustré par Mariano Andreu[réf. nécessaire]. Publié après sa mort, son roman Thrasylle, œuvre de jeunesse, fut illustré successivement par les graveurs burinistes Albert Decaris et Philippe Mohlitz.

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Ces armoiries sont visibles sur le site consacré à l'auteur.
  2. Marguerite Yourcenar a pensé que cette critique était due à son attachement aux valeurs aristocratiques plus qu'à une réelle opposition idéologique ; mais ce point de vue méconnaît le rôle d'écrivain humaniste qui fut toujours celui de Montherlant, refusant de prendre des positions politiques engagées (Lettre de M. Yourcenar adressée à Jeanne Carayon le 23 mars 1977, citée dans Lettres à ses amis et quelques autres, Gallimard, 1995).
  3. En octobre 1944, le Nord de l'Italie était encore occupé par les Allemands et la presse sous le contrôle strict du gouvernement collaborationniste installé à Salò.
  4. Selon d'autres sources, il l'aurait perdu lors d'une agression. Cf. #Montherlant et les garçons.
  5. Selon le journal Minute, le seul à relater cet incident, il aurait « été retrouvé inconscient boulevard de Bonne-Nouvelle en mars 1968, à deux pas d'une boutique d'appareils à sous ». Cité par Philippe Alméras, Montherlant, une vie en double, Via Romana, 2009, p. 394.
  6. Ils furent désignés par Montherlant comme uniques héritiers par un billet signé le jour de son suicide, le 21 septembre 1972. Cf. Montherlant et Elisabeth Zehrfuss sur montherlant.be.
Références
  1. Acte de naissance no 526 (vue 10/31), avec mention marginale du décès, registre des naissances du 7e arrondissement pour l'année 1895 sur le site des Archives de Paris.
  2. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, Sedopols 2002, p. 387.
  3. Montherlant, Essais, Bibliothèque de La Pléiade, 1976, p. 565.
  4. Charles d'Hozier, Armorial général de France : recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696, Henry Bouchot, Dijon, 1875.
  5. Louis de Saint-Pierre, Montherlant et les Généalogistes, Amiot-Dumont, 1956 et l'article « Polémique autour d'une famille : Une noble famille, les Millon de Montherlant de Louis de Saint-Pierre », Arts, 25-31 juillet 1956.
  6. Montherlant, Le Treizième César, Gallimard, 1970, p. 145 et 150.
  7. Archives du XXe siècle, p. 27.[réf. non conforme]
  8. a et b Christian Lançon, « Philippe Giquel, le prince des airs », sur montherlant.be (consulté le 12 janvier 2017).
  9. « Ce qu'il faut dire d'abord, c'est que ma mère, qui mourut à quarante-deux ans, en 1915… ». Cf. Enfance de Montherlant sur le site montherlant.be.
  10. Montherlant, préface et notes à L'Exil, Théâtre, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 5 à 15.
  11. Une affirmation initialement formulée dans Le Nouveau Mercure, avril 1923, pp. 9-12.
  12. (it) Pierre Pascal, In ricordo di Montherlant: XXI settembre MCMLXXII, sedicesima ora, la Destra, no 10, octobre 1972, p. 79.
  13. a et b Lettre à François Mauriac du 22 février 1918, citée dans François Mauriac, Lettres d'une vie (1904-1969), p. 386, Grasset, Paris, 1989.
  14. Avant-propos de Montherlant à Service inutile, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 573.
  15. Montherlant, Service inutile, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 633-635 ; Mors et Vita, ibid., p. 555.
  16. Préface de Pierre Sipriot aux Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. XXIX.
  17. Préface de Montherlant aux Olympiques, Bibliothèque de la Pléiade, 1975, p. 227.
  18. Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun, Bibliothèque de la Pléiade, 1963, p. 183.
  19. Montherlant, Un voyageur solitaire est un diable, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 335 à 457.
  20. Montherlant, avant-propos à Service inutile, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 572.
  21. Montherlant, avant-propos à Service inutile, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 575-576.
  22. Montherlant, Essais, Avant-propos à Service inutile, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 577.
  23. Montherlant, Essais, Avant-propos à Service inutile, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 586.
  24. Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome I : « L'Enfant prodigue », Robert Laffont, Paris p. 251.
  25. Montherlant, L'Équinoxe de septembre, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 825.
  26. Montherlant, L'Équinoxe de septembre, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 832.
  27. Montherlant, Textes sous une occupation, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 1381.
  28. Montherlant, Le Solstice de juin, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 888.
  29. Le Solstice de juin, p. 270.
  30. Le Solstice de juin, p. 211.
  31. Le Solstice de juin, p. 308.
  32. Les Lettres Françaises, 9 septembre 1944.
  33. a et b « Listes noires » sur thyssens.com.
  34. (it) Paul Gentizon, « Ai miei amici italiani. Sguardi sulla Francia: La casa capovolta », Corriere della Sera, no 244, 12 octobre 1944, p. 1.
  35. (it) Claudio Vinti, Il ventaglio del Samurai. H. de Montherlant e l'ideologia della guerra, ESI, 1985, p. 103
  36. (en) Richard J. Golsan, « Henry de Montherlant », French writers and the politics of complicity,, The Johns Hopkins University Press, 2006, p. 36.
  37. a et b Guerre de 40-45
  38. Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome II, p. 251-252.
  39. a et b Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome II, p. 252-253.
  40. Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, Le Livre de poche, p. 521.
  41. « Montherlant fut absous par la Commission d'épuration de la Société des gens de lettres, par la Haute Cour, par la Chambre civique ». Cf. Fabienne Bercegol et Didier Philippot, La pensée du paradoxe, approche du romantisme,Presse Université Paris-Sorbonne, Maison de la recherche, Paris, 2006, p. 396.
  42. Montherlant, L'Équinoxe de septembre, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, p. 806.
  43. « Christian Lançon, « La Dernière Journée de Montherlant » » (version du 31 juillet 2013 sur l'Internet Archive)
  44. Cette lettre est reproduite dans l'Album Montherlant de la Pléiade.
  45. Julien Green, « La Bouteille à la mer », Journal, .
  46. Gabriel Matzneff, « Le Tombeau de Montherlant », Le Défi, La Table Ronde, coll. La Petite Vermillon, 2002.
  47. Jean Cau, Croquis de mémoire (Biographie), Paris, Julliard, , 261 p. (ISBN 978-2-260-00402-8, OCLC 13272050), p. 191-193 et biographie de Pierre Sipriot.
  48. Lettre de Montherlant à Philippe Giquel, 8 janvier 1951 sur montherlant.be. Montherlant deviendra le parrain de la fille de Philippe Giquel.
  49. Victoria Thérame, Hosto blues, édition des Femmes, 1974, cité par Philippe Alméra, p. 393. Victoria Thérame est l'infirmière qui s'est occupée de lui.
  50. Philippe Alméras, Gide et Montherlant à Alger, p. 121.
  51. Il est à noter que ces passages ne sont pas repris dans la plus récente réédition de la collection Folio no 3111, 1998.
  52. « À 2 heures du matin », selon le fac-similé de l'acte de naissance de Montherlant reproduit dans le livre de Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome I : « L'Enfant prodigue », Robert Laffont 1982, p. 119. On y apprend aussi p. 15 que Montherlant a truqué la date de sa naissance notamment dans l'index biographique du volume « Théâtre » de la Pléiade puisqu'il y affirme être né le 21 avril 1896, afin se rajeunir d'un an et être né le jour de la fondation de Rome. La date du 30 avril est parfois retenue (Académie française et autres). Cf. la discussion à ce sujet.
  53. Propos secrets, tome I, Albin Michel, 1977.
  54. « La mort de Montherlant », Carnets, 1972.
  55. Henry-Jean Servat et Cyrille Boulay, Les Nouvelles Amours particulières, Paris, Pré aux clercs, , 251 p. (ISBN 978-2-842-28189-2, OCLC 58602940), « Henry de Montherlant et les garçons du faubourg ».
  56. Notice biographique sur le site de l'Académie française.
  57. « Parlons de Montherlant » (entretien) sur montherlant.be.
  58. Articles sur Montherlant et Élisabeth Zehrfuss, Montherlant et Jeanne Sandelion, Montherlant et Alice Poirier, Montherlant et la comtesse Govone, Montherlant et Banine sur montherlant.be. Élisabeth Zehrfuss (1907-2008) était la tante de Dominique Zehrfuss alias Patrick Modiano.
  59. Marguerite Lauze sur montherlant.be.
  60. Article de Guy Verdot, Télé 7 Jours n°757, semaine du 26 octobre au 1er novembre 1974, pages 92-93.
  61. « Ces secondes retrouvailles furent les bonnes. Certes, à partir de 1953, les lettres des deux amis s'espacèrent (souvent une seule dans l'année, à l'occasion des vœux) mais ils se rencontrèrent plusieurs fois lors des passages du cadet à Paris. Au cours d'une de ces rencontres, Montherlant aurait confié à son ancien condisciple qu'il était père de deux enfants » : témoignage de Mme Marie-Christine Giquel (filleule de Montherlant), à qui son père avait rapporté cette confidence citée par Christian Lançon dans « Philippe Giquel, le Prince des Airs ». Voir aussi le Journal inédit d'Élisabeth Zehrfuss.
  62. La Guilde du livre, Lausanne, 1955.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Mathilde Pomès, Deux aspects de Montherlant, Paris, 1934
  • Jacques-Napoléon Faure-Biguet, Les Enfances de Montherlant, Plon, 1941
  • Michel de Saint Pierre, Montherlant, bourreau de soi-même, Gallimard, 1949
  • Simone de Beauvoir, « Montherlant ou le Pain du dégoût », Le Deuxième Sexe, Gallimard, 1949
  • Jeanne Sandelion, Montherlant et les femmes, Plon, 1950
  • Jean-Louis Curtis, « Montherlant ou la Fureur du rien », Haute École, Julliard, 1950
  • Georges Bordonove, Henry de Montherlant, Éditions Universitaires, 1958
  • Jean de Beer, Montherlant, homme encombré de Dieu, avec des commentaires de Henry de Montherlant, Flammarion, 1963
  • Denise Bourdet, Montherlant et le Théâtre, dans : Pris sur le vif, Paris, Plon, 1957.
  • John Cruickshank, Montherlant, Edimbourg-Londres, 1964
  • André Blanc, Montherlant, un pessimisme heureux, Le Centurion, 1968
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  • Philippe de Saint Robert, Montherlant le séparé, Flammarion, 1969
  • André Blanc (dir.), Les Critiques de notre temps et Montherlant, Garnier, 1973
  • Lucile Becker, Montherlant, a critical biography, Londres-Amsterdam, 1970
  • John Batchelor, Existence et imagination. Essai sur le théâtre de Montherlant, Mercure de France, 1970
  • Paule d'Arx, La Femme dans le théâtre de Henry de Montherlant, Librairie A.-G. Nizet, 1973
  • Pierre Sipriot, Montherlant par lui-même, Le Seuil, 1953 (nouv. éd., 1975)
  • Jacqueline Michel, L'Aventure janséniste dans l'œuvre de Henry de Montherlant, Nizet, 1976
  • Manuel Sito Alba, Montherlant et l'Espagne, Klincksieck, 1978
  • Pierre Sipriot (dir.), Album Montherlant, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1979
  • Michel Raimond, Les Romans de Montherlant, CDU-SEDES, 1982
  • Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, Robert Laffont, t.1, L'Enfant prodigue, 1982, t.2, Écris avec ton sang, 1990 (rééd. en un volume au Livre de Poche)
  • Claudio Vinti, Il ventaglio del Samurai. H. de Montherlant e l'ideologia della guerra, Napoli, ESI, 1985.
  • Pierre Duroisin, Montherlant et l'Antiquité, Les Belles Lettres, 1987
  • Jean-François Domenget (dir.), Les Jeunes Filles, Roman 20-50, no 21, juin 1996.
  • Jean-François Domenget, Montherlant critique, Genève, Droz, 2003.
  • Pierre Sipriot (dir.), Montherlant et le Suicide, Éditions du Rocher, 1988
  • Michel Mohrt, Montherlant, « homme libre », La Table Ronde, 1989
  • Philippe de Saint Robert, Montherlant ou la Relève du soir, avec 93 lettres inédites, Les Belles Lettres, 1992
  • Paule d'Arx, Henry de Montherlant ou les Chemins de l'exil, Librairie A.-G. Nizet, 1995
  • André Blanc, L'Esthétique de Montherlant, SEDES, 1995
  • Romain Lancrey-Javal, Le Langage dramatique de La Reine morte, PUF, 1995
  • Sabine Hillen, Le Roman monologue. Montherlant, auteur, narrateur, acteur, Minard, 2002
  • Henri Perruchot, Montherlant, La Bibliothèque idéale, Gallimard, 1959
  • Philippe Alméras, Montherlant : une vie en double, Versailles, Via romana, , 471 p. (ISBN 978-2-916-72751-6, OCLC 492092202).
  • Michel Monnerie, La Dramaturgie catholique de Henry de Montherlant : La tentation du christianisme “pris au sérieux”, Séguier, novembre 2009.
  • Michel Mourlet, « Montherlant ou le Démon des possibles », suivi de « Le Solstice d'hiver, dernier entretien avec Montherlant » et de « Montherlant retrouvé », Écrivains de France, XXe siècle, édition augmentée, France Univers, Paris, 2011.
  • Christian Chabanis, Montherlant encombré de Dieu ?, Nouvelles Littéraires, 23 janvier 1964
  • Henri de Meeûs, Pour Montherlant, Bruxelles, 2011,474 pages (ISBN 978-2-8052-0082-3).
  • Philippe de Saint Robert, Montherlant ou l'Indignation tragique, Éditions Hermann, 2012
  • Stavroula Kefallonitis, « Montherlant ou le Minotaure démasqué », dans Catherine d'Humières et Rémy Poignault (dir.), Autour du Minotaure, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, coll. « Mythographies et sociétés », 2013, p. 146-156.
  • à l'initiative de Christian Dedet, Montherlant aujourd'hui, vu par 15 écrivains et hommes de théâtre, éditions de Paris Max Chaleil, 2012, (ISBN 9782846211666).
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