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Ergué-Armel

ancienne commune du Finistère

Ergué-Armel
Ergué-Armel
Le château de Lanniron au bord de l'Odet ancienne résidence d'été des évêques de Quimper
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Quimper
Statut Ancienne commune
Code commune 29050
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 00″ nord, 4° 04′ 00″ ouest
Historique
Date de fusion 11 décembre 1959
Commune(s) d’intégration Quimper
Localisation

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Ergué-Armel

Ergué-Armel, en breton An Erge-Vihan, est une très ancienne paroisse, située sur un plateau dominant au sud le centre ville de Quimper à laquelle elle a été rattachée en 1960 après avoir été érigée en commune en 1790 ; la paroisse de Locmaria lui avait été adjointe. En 1960, Ergué-Armel perdit son indépendance communale, fusionnant avec Quimper, Kerfeunteun et Penhars pour former le « Grand Quimper ».

GéographieModifier

La vaste campagne comprend encore des exploitations agricoles, dont une cidrerie, mais recule devant l'expansion rapide des zones industrielles et commerciales du Grand-Guélen, de Kerdroniou et de la route de Bénodet. Entre cet axe et la boucle qu'entame l'Odet avant de repartir plein sud, se trouve la zone de Créac'h-Gwenn (en breton : « Colline blanche ou sacrée ») où de nombreuses activités ont été implantées depuis 1975 : une vaste zone commerciale avec hôtels et restaurants, de nombreux immeubles de bureaux, le campus universitaire rattaché à l'université de Brest (UBO) et des installations sportives.

La vue en balcon sur l'élargissement de l'Odet maritime qu'on appelle la baie de Kérogan et l'arrière plan du bois de Keradennec contribuent à l'agrément du site, ce qui n'avait pas échappé aux évêques de Quimper qui y possédaient une résidence d'été dans le château de Lanniron. Au début du XXe siècle, une partie du rivage avait été appelée « la plage des gueux », car tout le petit peuple de Quimper y venait le dimanche. Le nom de la rue attenante en perpétue le souvenir.

Plus récemment, l'axe est-ouest, du vieux bourg à Locmaria, est devenu un axe majeur rassemblant, le centre hospitalier Laënnec, un lycée technique, une halle aux sports et une bibliothèque à l'arrière de la mairie-annexe en vis-à-vis du quartier de plus en plus urbanisé du Braden.

HistoireModifier

Préhistoire et AntiquitéModifier

Dans le quartier du Braden ont été retrouvées d'importantes traces d'établissements agricoles gaulois. Un établissement romain[1], composé de 7 bâtiments, a été identifié à Parc-ar-Groaz, près du village de Lesperbez[2].

Moyen ÂgeModifier

L'église du bourg dédiée à saint Alor date du XVIe siècle, mais l'église prieurale de Locmaria remonte au XIe siècle[3] et a pu succéder à un monastère suivant la règle de Saint Colomban et avoir été placée sous le patronage de saint Tudy qui est aussi Tugdual, Tutuarn ou Pabu. Ce quartier de Locmaria a accueilli une modeste agglomération gallo-romaine dominée par une petite acropole sur le Mont-Frugy et dont on a retrouvé les traces du forum et des thermes.

Époque moderneModifier

En 1645, Louise Gabrielle de Plœuc, dame d'Ergué et du Plessis, épousa Jacques Rivoalen, écuyer, seigneur de Mesléan en Saint Gouësnou, de Pennaneac'h, de Pontéon et de Lanuzouarn en Plouénan.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Ergué-Armel en 1778 :

« Ergué-Armel ; à trois-quarts de lieue à l'est-sud-est de Quimper, son évêché, sa subdélégation et son ressort, et à 38 lieues de Rennes. Cette paroisse relève du Roi et compte 900 communiants[4] ; la cure est à l'Ordinaire. Son territoire est coupé de vallons et de montagnes [sic], bien cultivé et fertile ; on y voit peu de terrains incultes. Le Plessis, maison seigneuriale de l'endroit, est, outre son antiquité, la plus remarquable du canton. Ses domaines, qui sont considérables, ont droit de haute, moyenne et basse justice. L'an 1505, la reine Anne donna permission à Vincent II de Plœuc, seigneur du Plessis, d'ajouter un quatrième poteau à toutes les justices de ses seigneuries. L'église paroissiale dépend de la haute justice de cette maison, dont le seigneur avait des droits honorifiques dans les chapelles de Notre-Dame-de-la-Forêt et de Saint-Laurent, bâties sur les terres du Plessis. Les fonds de ces chapelles ont été amortis du consentement des seigneurs ci-dessus, à condition qu'ils auraient, dans l'église paroissiale, des droits honorifiques, tels que ceux d'armoiries[5]. »

Révolution françaiseModifier

La paroisse d'Ergué-Armel, qui comprenait alors 220 feux, élit trois délégués (Alain Le Berre, Jean Kerfer, Jean Tanguy), pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[6].

Le XIXe siècleModifier

Ergué-Armel en 1845Modifier

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Ergué-Armel en 1845 :

« Ergué-Armel (sous l'invocation de saint Alor, évêque de Quimper) : commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale. (...) Principaux villages : Kerangal, le Guélen, Keranhoat, Quinquis, Kervern, Kermadec, Stangyouen, Kersaguen, Lesneven, Saint-Laurent. Objets remarquables : manoirs de Rozmaria, de Poulguinan, de Lanniron, de Kerusteun, de Keradenec, de Kenaguen, de Lanroz, de Toulven, de Keromnès ; étang du Lenndu. Superficie totale 3 472 hectares, dont (...) terres labourables 1 464 ha, prés et pâturages 266 ha, bois 190 ha, vergers et jardins 60 ha, landes et incultes 1557 ha (...). Moulins à eau de Kervéguen, Allann, du Lenndu. Ergué-Armel est aussi nommé dans le pays breton "Le Petit Ergué" (...) par opposition à Ergué-Gabéric. La route royale n° 165, dite de Nantes à Audierne, traverse la commune de l'est à l'ouest. La route départementale n° 1 du Finistère, dite de Hennebont à Brest, la traverse du sud-est au nord-ouest. Géologie : constitution granitique ; à l'ouest-sud-ouest se montre le terrain tertiaire moyen. À Toulven (Toulven, "trou de pierre" ou carrière) et à Creist, argile plastique. On parle le breton[7]. »

La dévotion à saint AlorModifier

 
Les ruines du monastère du Petit-Guélen en 1903 (chapelle dédiée à sainte Anne, datant du XIIIe siècle)
 
Pèlerinage à la fontaine Saint-Alor au début du XXe siècle

La dévotion à saint Alor est longtemps restée vive. Les chanoines Paul Peyron et Jean-Marie Abgrall décrivent ainsi la dévotion à Notre-Dame du Drennec à cette époque :

« La dévotion des Fouesnantais à Notre-Dame du Drénec[8] est encore bien vive de nos jours. Ils accourent nombreux à son sanctuaire, le jour de son grand pardon, qui a lieu chaque année le dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis aux fêtes du 25 mars, 8 septembre et 8 décembre, où l'office s'y célèbre solennellement, ainsi qu'aux vendredis du Carême où il s'y dit une messe. (...) Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l'obtention d'un beau temps favorable à la moisson ; saint Alour, patron d'Ergué-Armel, au contraire a pour mission d'obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux sécheresses excessives. En 1848 et 1879, la paroisse d'Ergué-Armel vint à Notre-Dame du Drénec demander du beau temps. elle était accompagnée, à son second pèlerinage, de toutes les paroisses du canton de Fouesnant, et l'on évalue à 4 000 personnes environ le nombre des pèlerins qui se retrouvèrent ce jour-là au sanctuaire du Drénec. En 1884, ce fut au tour des paroissiens de Clohars-Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alor. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alor, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante[9]. »

Le crime du moulin de Len-DuModifier

Le , le corps de Marie-Anne Gloanec, âgée de 14 ans, est retrouvé pendu et ensanglanté par son frère Alain Gloanec au moulin de Len-Du. De l’argent a disparu. Les soupçons se portent vite sur Paul Faine, âgé de 39 ans, un homme violent et qui a déjà effectué plusieurs séjours en prison pour des vols, garçon meunier qui avait été congédié du moulin un mois plus tôt en raison de son inconduite. Arrêté dès le lendemain matin dans une auberge de Quimper, il est retrouvé les vêtements maculés de sang. Condamné à mort par la Cour d’assises du Finistère le , il est guillotiné le sur la place du Marché-aux-Bestiaux de Quimper, sa grâce ayant été refusée par le président de la république Sadi Carnot[10].

Locmaria est toujours le siège d'une importante faïencerie tricentenaire née de la présence de l'argile de Toulven à quelques kilomètres de là.

L'école de hameau de Menez-BilyModifier

Fin XIXe la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets :

  • Le décret du qui a délégué une subvention pour 18 écoles de hameaux sur l'arrondissement de Quimperlé ; toutes ont été bâties.
  • Le décret du qui a délégué une subvention pour 50 écoles de hameaux sur les quatre autres arrondissements du département (Brest, Châteaulin, Morlaix, Quimper) à choisir dans les communes « dont le territoire est le plus étendu et les ressources les plus restreintes » ; 49 ont été bâties dont 1 à Ergué-Armel (Menez-Bily)[11].

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par Mgr Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur d'Ergué-Armel écrit : « Les instructions [religieuses] se font toutes en breton »[12].

Le château de Lanroz, sur la rive gauche de l'Odet, est construit en 1905 par l'architecte Charles Chaussepied[13].

Les deux guerres mondialesModifier

Le monument aux morts, qui porte les noms de 198 personnes mortes pour la France lors de la Première Guerre mondiale et de la Deuxième Guerre mondiale[14], fut édifié en 1921 par l'architecte Charles Chaussepied.

AdministrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1800 1851 Charles-François-Marie Loëdon    
1852 1859 Charles de Kerret    
1859 1860 René Diligeard    
1860 1868 Rémy Guillard    
1869 1869 Pierre Meheusse    
1869 1871 Jean-Vincent Guyard    
1871 1873 Eugène Le Bastard de Kerguiffinec    
1874 1874 René Diligeard    
1874 1876 Jean-Vincent Guyard    
1876 1880 Eugène Le Bastard de Kerguiffinec    
1881 1886 Louis Le Couturier    
1886 1891 Yves Feunteun    
1892 1902 Yves Diligeard    
1902 1925 Alain Feunteun Prog.Rép.G  
1925 1935 Louis Feunteun Rad.ind  
1935 1943 Corentin Kernévez   Agriculteur
1944 1959 Yves Thépot
(1893-1967)[15]
SFIO Artisan serrurier

Notes et référencesModifier

  1. Charles Armand Picquenard, L'occupation romaine dans le bassin de l'Odet, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f247.image
  2. http://www.infobretagne.com/ergue-armel.htm
  3. Voir la fiche du prieuré de Locmaria sur la base Mérimée.
  4. Personnes en âge de communier.
  5. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist02og/page/89
  6. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  7. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=Ekk-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwinpsrRhdbgAhUImhQKHcO4A64Q6AEILjAB#v=onepage&q=Ergu%C3%A9-Armel&f=false
  8. La chapelle Notre-Dame du Drennec se trouve à Clohars-Fouesnant
  9. Chanoines Paul Peyron et Jean-Marie Abgrall, "Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon : Clohars-Fouesnant", Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie, 1901-1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099853/f67.image
  10. Lénaïg Gravis, "Les grandes affaires criminelles du Finistère", De Borée éditions, 2008 [ (ISBN 978-2-84494-808-3)]
  11. Marie-Paule et Bernard Kernéis, Les écoles de hameaux : deux programmes d' envergure à la fin du XIXe siècle dans le Finistère, revue "Le Lien", Centre généalogique du Finistère, n° 151, septembre 2019. Site des auteurs http://www.roch-gad.eu
  12. Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, (ISBN 2-909924-78-5)
  13. http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/lanroz1_cle2a3469.pdf
  14. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=34467
  15. http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89869, notice THÉPOT Yves par François Prigent, version mise en ligne le 29 octobre 2010, dernière modification le 29 octobre 2010.

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