Balustrade

élément architectural

Une balustrade, dans le domaine des éléments d'architecture, est une rangée de balustres fixés entre un socle et une tablette formant appui, et constituant un garde-corps ajouré, à vocation de sécurité et participant au style des constructions.

Balustrade d'escalier, au musée national de Prague.
Élément décoratif de balustrade à la maison Losseau.

DescriptionModifier

La balustrade constitue une barrière installée à hauteur d'appui souvent ajourée, faisant fonction de garde-corps, comme la balustrade d'un balcon, d'une passerelle (rambarde), d'une rampe d'escalier ou d'une barrière d'un pont (garde-fou, de parapet). Son but est donc de prévenir les chutes.

Elle n'a parfois qu'un rôle d'ornement, de décoration, comme en couronnement de façade.

On distingue :

  • les balustrades intérieures, destinées à garnir le devant des galeries, des tribunes ;
  • les balustrades extérieures, disposées à l'extrémité des terrasses dallées des édifices ou sur les chéneaux des combles.

Par extension et analogie, une balustrade désigne :

  • une clôture ajourée ou non, à hauteur d'appui le long d'un escalier, d'une terrasse, d'un pont, etc. ;
  • dans le domaine ferroviaire, le plancher où se tient le mécanicien à l'arrière de la locomotive, qui est garni des deux côtés d'une clôture, à hauteur d'appui, pour le garantir d'une chute ;
  • dans le domaine de la marine, un garde-corps à jour placé à hauteur d'appui sur l'avant d'une dunette et aux fronteaux des gaillards ;
  • une rampe[1].
 
Balustrade de la cathédrale de Rouen, dessin d'Eugène Viollet-le-Duc.

D'abord en construites en bois ou mur d'appui en pierre, les balustrades sont ensuite évidés sous forme d'arcatures surmontées d'une assise. Le style des balustrades est tributaire de la dureté de la pierre et des régions. On ajoute dès le XIIIe siècle des chéneaux pour faciliter l'écoulement des eaux de pluie vers des gargouilles.

HistoireModifier

La balustrade, élément majeur de l'architecture classique, était pourtant inconnue des Grecs et des Romains de l'Antiquité. En revanche, les formes balustres sont familières dans les pieds des chaises et des tables représentées dans les bas-reliefs romains. L’application à l’architecture n'est apparue qu'à la Renaissance italienne et, en particulier, au quattrocento (xve siècle siècle italien), d'abord sur les balcons des palais de Venise et de Vérone. Les balustrades formées alors de colonnettes, sont comme une alternative à l’arcade miniature[2].

L'historien de l'art Rudolf Wittkower, s'il reste prudent sur l'inventeur de la balustre, constate que c'est l'architecte Giuliano da Sangallo qui utilise plus systématiquement la balustrade, notamment sur la terrasse et les escaliers de la villa des Médicis à Poggio a Caiano (vers 1480). Par la suite, Sangallo passe le motif à Bramante (son Tempietto, 1502), et à Michel-Ange. À travers eux, les balustrades gagneront une large place au XVIe siècle[2].

Notes et référencesModifier

  1. « Balustrade », gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le 17 mai 2019).
  2. a et b « Balustre », sur HiSoUR Art Culture Histoire, (consulté le )

BibliographieModifier

  • Eugène Viollet-le-Duc, Encyclopédie médiévale, Paris, Georges Bernage, , p. 144-157.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier