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Brandebourg-Prusse
'Brandenburg-Preußen' (de)

1618-1701

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Les territoires du Brandebourg-Prusse au sein et à l'extérieur du Saint-Empire en 1618.
Informations générales
Statut

Monarchie, union personnelle entre les entités suivantes :

Capitale Berlin et Königsberg (actuelle Kaliningrad)
Langue Bas prussien (bas allemand oriental)
Religion Luthéranisme, catholicisme
Histoire et événements
27 août 1618 Le prince-électeur de Brandebourg Jean III Sigismond hérite du duché de Prusse et forme une union personnelle : le Brandebourg-Prusse.
1618-1648 Guerre de Trente Ans : le Brandebourg-Prusse perd la moitié de sa population.
24 octobre 1648 Traités de Westphalie : acquisition de Magdebourg, Halle, Minden, Kamien, ainsi que de la Poméranie orientale.
4 mai 1653 Traité de Stettin : la Suède et le Brandebourg-Prusse revendiquent le duché de Poméranie et finissent par conserver respectivement la Poméranie occidentale et la Poméranie orientale.
1655-1660 Première Guerre du Nord : alliance temporairement avec la Suède.
28-30 juillet 1656 Bataille de Varsovie : victoire de la Suède et du Brandebourg-Prusse contre la Pologne-Lituanie.
20 novembre 1656 Traité de Labiau : la Suède reconnait la souveraineté du prince-électeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg sur le duché de Prusse.
19 septembre 1657 Par le traité de Wehlau, le roi de Pologne renonce à sa suzeraineté sur le duché de Prusse en contrepartie de sa désunion avec la Suède. Le « duc en Prusse » Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg devient « duc de Prusse ».
1675-1679 Guerre de Scanie : traité de Saint-Germain-en-Laye : restitution de la Poméranie suédoise.
8 novembre 1685 Édit de Potsdam : 20 000 huguenots français sont accueillis.
16 novembre 1700 Traité de la Couronne : en échange d'une aide militaire contre Louis XIV, Léopold Ier du Saint-Empire érige le duché de Prusse en royaume.
18 janvier 1701 Frédéric III, prince-électeur de Brandebourg et duc de Prusse, devient Frédéric Ier « roi en Prusse ».
26 décembre 1701 Couronnement de Frédéric Ier de Prusse.
Prince-électeur de Brandebourg
(1er) 1608-1619 Jean III Sigismond de Brandebourg
1619-1640 Georges-Guillaume Ier de Brandebourg
1640-1688 Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg
(De) 1688-1701 Frédéric III de Brandebourg
Duc en Prusse (Duc de Prusse après 1657)
(1er) 1618-1619 Jean III Sigismond de Brandebourg
1619-1640 Georges-Guillaume Ier de Brandebourg
1640-1688 Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg
(De) 1688-1701 Frédéric III de Brandebourg

Entités suivantes :

Le Brandebourg-Prusse (en allemand : Brandenburg-Preußen), parfois aussi évoqué État de Brandebourg-Prusse[1], est le nom d'une union personnelle européenne regroupant dès 1618 la marche de Brandebourg et le duché de Prusse, l'union des deux États consistant dans l'unité du souverain de la dynastie des Hohenzollern. Il a été à l'origine de la création de l'union réelle du royaume de Prusse lorsque le margrave Frédéric III a été couronné roi en Prusse à Königsberg le .

Sommaire

HistoireModifier

Depuis la fin du Moyen Âge, l'électorat de Brandebourg, s'étendant de l'Altmark sur la rive ouest de l'Elbe jusqu'à la Nouvelle-Marche à l'est de l'Oder, était sous la souveraineté d'une branche cadette des Hohenzollern. L'un d'eux, Joachim III Frédéric en 1605 devint régent du duché de Prusse, un fief du royaume de Pologne, après que son cousin Albert-Frédéric de Prusse (issu lui aussi d'une branche des Hohenzollern) était atteint d'une aliénation mentale. Le fils aîné de Joachim Frédéric, le prince Jean III Sigismond de Brandebourg avait déjà, en 1594, épousé Anne de Prusse, fille d'Albert-Frédéric et de Marie-Éléonore de Clèves, héritière du duché de Clèves.

 
Portrait de l'électeur Jean Sigismond de Brandebourg, vers 1610.

La réussite de cette politique matrimoniale des Hohenzollern s'est rapidement annoncée après l'arrivée de Jean Sigismond au gouvernement de Brandebourg et la régence en Prusse, succédant à son père en 1608. À la mort du duc Jean-Guillaume de Clèves le , la guerre de Succession de Juliers face au comte palatin Philippe-Louis de Neubourg a éclaté, laquelle prendra fin par le traité de Xanten signé le  : l'électeur de Brandebourg reçut le duché de Clèves, ainsi que le comté de La Marck et le comté de Ravensberg en Westphalie. Pour la première fois, la maison de Brandebourg acquiert des possessions dans l'ouest de l'Empire.

En 1618, deux événements déterminants pour l’histoire des Hohenzollern eurent lieu :

  • d’une part, le beau-père de Jean Sigismond, Albert Frédéric, duc de Prusse, meurt sans héritier mâle survivant. Avec l'accord du roi Sigismond III de Pologne, l'électeur de Brandenbourg hérite alors du duché de Prusse créant ainsi une union personnelle entre les deux entités qui durera pendant quatre-vingt-trois années.
  • d’autre part la guerre de Trente Ans se déclenche à la défenestration de Prague.

Un an plus tard, Jean Sigismond meurt et son fils Georges-Guillaume Ier hérite de l’électorat de Brandebourg et le duché de Prusse. Il s'attache à consolider le règne sur les acquisitions de son père ; néanmoins, les différentes régions éloignées ne sont pas encore un ensemble homogènen. Du fait de sa politique indécise, le Brandebourg est décimé par la guerre, il sert de principal champ de bataille entre les troupes impériales et les forces suédoises. Mais aussi un début de révolte se manifeste parmi les parlements provinciaux. En 1638, Georges-Guillaume transféra sa résidence à Königsberg en Prusse où il mourut deux ans plus tard.

 
Frédéric-Guillaume de Brandebourg, portrait de Govert Flinck, vers 1652.

Le nouveau électeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg sera surnommé, privilège rare, le Grand Électeur. D’éducation protestante, il a étudié dans les Provinces-Unies, il se montre soucieux de créer un État unitaire des différents territoires et surtout d’atténuer les particularismes entre les seigneurs de ses fiefs. Il apparaît a posteriori comme le fondateur de la Prusse moderne.

Par la paix de Westphalie conclue en 1648, la guerre de Trente Ans prend fin. Lors des traités, Frédéric-Guillaume obtient le droit de succession dans la principauté archiépiscopale de Magdebourg avec la résidence de Halle, ainsi que les anciens princes-évêchés d’Halberstadt et de Minden (la nouvelle principauté de Minden), mais aussi la Poméranie ultérieure et l'ancien évêché de Cammin sur la côte Baltique. Toutefois, ses territoires étaient très éloignées et entourées par des puissances fortes : l'Empire suédois au nord, le royaume de Pologne à l'est, la France à l'ouest et la monarchie de Habsbourg au sud. Brandebourg, le cœur de ses domaines, est dévasté ; Berlin, la capitale, a perdu 9 000 habitants sur les 13 000 d’avant la guerre, la population totale a diminué de moitié, dans certaines régions des deux tiers.

Au vu de la situation, l'électeur Frédéric-Guillaume mis au point une attitude prudente entre les grands pouvoirs. Pendant la première guerre du Nord, en 1655, il lutte contre les Suédois mais doit reconnaître leur suprématie dans le duché de Prusse. Peu après, il partait en campagne avec le roi suédois Charles X Gustave contre le roi de Pologne, Jean II Casimir Vasa, culminant à la bataille de Varsovie en 1656. Pour prix de son alliance, Charles X Gustave par le traité de Labiau du reconnaît la souveraineté de l'électeur. L'année suivante, le traité de Wehlau amena la paix avec la Pologne et Frédéric-Guillaume obtient du roi Jean II Casimir l’affranchissement de la suzeraineté sur la Prusse par le traité de Wehlau. Le duché obtient definitivement son autonomie par le traité d'Oliva signé le .

 
L'État de Brandebourg-Prusse après 1648.

Dans le domaine de la politique intérieure, le Grand Électeur unifie tous ses territoires en les soumettant à l’impôt permanent et en instaurant une armée permanente de 30 000 hommes, troisième d’Europe par sa qualité. Un collège de conseillers (Geheimer Rat) siégant au château de Berlin sous la présidence de Frédéric-Guillaume, décide des affaires les plus importantes du pays, et édicte notamment les ordonnances et les lois. Aux alentours de 1680, son gouvernemnt crée une société à charte, la compagnie africaine brandebourgeoise qui fonde une petite colonie en Afrique occidentale, Gross Friedrichsburg sur la Côte de l'Or.

Habilement, par l'édit de Potsdam en 1686, le Grand Électeur concède des terres et des avantages financiers aux immigrants, dont 20 000 protestants français qui quittent la France après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685. Il accueille ce sang nouveau dont son État a bien besoin, et Berlin doit beaucoup à ces hommes. À la fin du XVIIIe siècle, le tiers des habitants de Berlin est d'origine française[2].

À la mort de Frédéric-Guillaume en 1688, le Brandebourg-Prusse était devenu la deuxième puissance au sein du Saint-Empire, après l'Autriche. L'arrivée au pouvoir de son fils Frédéric III de Brandebourg en 1688, constituera un tournant pour l'État, puisque sa seule ambition est de se faire couronner roi de Prusse. D’abord réticent, l’empereur Léopold Ier est contraint d’accepter, afin de bénéficier de l’aide militaire du Brandebourg dont il a cruellement besoin pour la guerre de Succession d'Espagne ; par le « traité de la Couronne », l’Empereur accorde finalement le droit si longtemps convoité : le 18 janvier 1701, Frédéric III de Brandebourg, électeur du Saint-Empire romain germanique, devient Frédéric Ier de Prusse, le royaume de Prusse est né.

HéritageModifier


Histoire du Brandebourg et de la Prusse
Marche du Nord
Jusqu'au XIIe siècle
Vieux-Prussiens
Jusqu'au XIIIe siècle
Marche de Brandebourg
1157–1618 (1806)
Ordre Teutonique
1226–1525
Duché de Prusse
1525–1618
Prusse royale
1466–1772
Brandebourg-Prusse
1618–1701
Royaume en Prusse
1701–1772
Royaume de Prusse
1772–1918
État libre de Prusse
1918–1947
Territoire de Memel
(Lithuanie)
1920–1939 /depuis 1945
Brandebourg
(Allemagne)
1947–1952 / depuis 1990
Territoires restitués
(Pologne)
1918/depuis 1945
Oblast de Kaliningrad
(Russie)
depuis 1945

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Andrea Schulte-Peevers, Berlin, Lonely Planet, Place Des Editeurs, 2015.
  2. Denis Bocquet & Pascale Laborier, Sociologie de Berlin, La Découverte, 08/09/2016.