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Bertrand Cantat

chanteur français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cantat.
Bertrand Cantat
Bertrand Cantat avec Detroit en 2014 1 (cropped).jpg
Bertrand Cantat en 2014.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
PauVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
1980 -
Nom de naissance
Bertrand Lucien CantatVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
  • Xavier Cantat
  • Anne Cantat (morte en Janvier 2018)
Conjoint
Enfant
  • Alice Cantat
  • Milo Cantat
Autres informations
Membre de
Instrument
Label
Genre artistique
Condamné pour
Homicide involontaire (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de détention

Bertrand Cantat est un chanteur et musicien français, né le à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.

Chanteur de Noir Désir, de ses débuts jusqu'en 2010, le groupe rencontre un grand succès. Durant ces années, Cantat est connu pour son écriture poétique, ses interprétations puissantes et son engagement à gauche. Il tue sa compagne, Marie Trintignant, en 2003 à Vilnius en Lituanie lors d'une dispute, ce qui lui vaut d'être condamné à huit ans de réclusion. À la suite de l'obtention de sa liberté conditionnelle, en 2007, puis totale en 2011 et la dissolution de Noir Désir en 2010, il fait un retour progressif à la scène, au travers de participations en duo, avec d'autres artistes, ou de collaborations théâtrales, avant de fonder un nouveau groupe, Détroit.

Sommaire

BiographieModifier

Origines et familleModifier

Bertrand Cantat naît à Pau d'un père parachutiste de la guerre d'Indochine qui est retourné dans le civil, et d'une mère institutrice puis femme au foyer[1]. Il passe sa jeunesse en Normandie, d'abord à Lillebonne où il habite dans le quartier de Fontaine Bruyère, puis à Pont-Audemer. Il fréquente le collège Louis-Pasteur.

Déménageant de la région du Havre, sa famille s'installe à Bordeaux en 1980[1]. Bertrand a un frère d'un an son aîné, Xavier, devenu photographe puis élu écologiste en 2008 à la mairie de Villeneuve-Saint-Georges et compagnon de Cécile Duflot[2], et une sœur cadette, Ann, photographe (morte en janvier 2018[3]).

Vers l’âge de onze ans, il écoute le groupe américain MC5, alors que ses parents ne passent que très peu de disques, essentiellement de la musique classique, Georges Brassens et Jacques Brel, poussant plus leurs enfants à la lecture[1]. À treize ans, il commence à écrire des textes. Il découvre à cette période les Doors. L’arrivée du punk l’encourage à jouer dans un groupe. Par la suite, il se passionne pour le Gun Club, formation de Jeffrey Lee Pierce.

1980 à 1988 : Formation et débuts de Noir DésirModifier

En classe de seconde au lycée Saint-Genès à Bordeaux, à l'âge de seize ans, il rencontre Serge Teyssot-Gay, dix-sept ans, et, grâce à une petite annonce, les autres futurs membres du groupe Noir Désir : Denis Barthe qui joue de la batterie et Frédéric Vidalenc de la basse. Bertrand Cantat à l’époque ne sait jouer d’aucun instrument, il opte donc pour le chant. Le jeune groupe bordelais se baptise un temps Psychoz, d'inspiration new wave — avec lequel il gagne un tremplin rock organisé par FR3. 6.35 sera un autre nom puis Noirs Désirs (au pluriel). Bertrand Cantat répète avec ses amis en amateur entre 1981 et 1984.

Au cours de ces premières années, Noir Désir se produit dans les bars de Bordeaux, notamment au Chat Bleu. En ce début des années 1980, Bordeaux foisonne de groupes : Camera Silens, Parfum de Femme, Réverbère, Stillettos, Les Exemples, Gamine, Les Standards, Strychnine, Nightshift, etc. Jusqu’en 1984, il y a une forte émulation entre les formations, de nombreux concerts et même un festival, « les Boulevards du Rock ».

En 1986, Noir Désir réalise une maquette. Theo Hakola, ancien chanteur d’Orchestre rouge, et à l’époque leader de Passion Fodder, l’écoute et décide d’aider le groupe. Par son intermédiaire, les Bordelais rencontrent Philippe Constantin de chez Barclay et signent un contrat pour un an renouvelable sous le nom Noir Désir (au singulier). Theo Hakola produit par ailleurs le premier album du groupe Où veux-tu qu'je r'garde ? en 1987. En deux mois, ce premier essai se vend à 5 000 exemplaires. Noir Désir tourne en France et se produit à Paris, notamment au Rex Club.

1988 à 2002 : Succès de Noir DésirModifier

En 1988, le groupe prolonge son contrat avec Barclay. À la fin de l’année, ils enregistrent, à Bruxelles, leur premier véritable album. Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient), produit par Ian Broudie (leader des Lightning Seeds, et connu pour avoir façonné le son d'Echo and the Bunnymen), paraît en 1989. L’énergie du deuxième opus est plus contenue, maîtrisée que celle du précédent. Aux sombres héros de l'amer entre au Top 50, et le disque se vend à plus de 150 000 exemplaires. Face à ce succès, Noir Désir refuse de faire sa promotion dans les émissions grand public à la télévision. Le groupe préfère se défendre sur scène, accompagné par le violoniste François Borie, et s’embarque pour une longue tournée en France (à Paris, Élysée Montmartre et Olympia à guichets fermés, Eurockéennes de Belfort, Francofolies de La Rochelle, Printemps de Bourges, etc.), URSS, Canada, et Tchécoslovaquie. En concert, Noir Désir donne son maximum et Bertrand aborde la scène comme une séance de chamanisme. Il alterne transes et périodes plus calmes.

Il doit s'arrêter de chanter en 1989 lorsque, déjà éprouvé par des cordes vocales endommagées, il tombe en syncope sur scène lors d'un concert (à Besançon). Finalement, il devra être opéré en 1994 après la très intense tournée de l'album Tostaky.

Du ciment sous les plaines sort en février 1991. Sans promotion ni tube, l’album se vend à plus de 120 000 exemplaires. Noir Désir reprend la route en compagnie de François Borie, jusqu’en juillet 1991, avec plusieurs passages à guichets fermés à l'Élysée Montmartre à Paris, un détour par Bruxelles et par Tōkyō. Le groupe en sort éreinté et Bertrand Cantat rencontre de sérieux problèmes avec ses cordes vocales. Noir Désir s’octroie alors de longues vacances. Bertrand, lui, s'en va quelque temps au Mexique.

Tostaky (contraction de todo está aquí[4]) paraît début décembre 1992. La voix de Cantat est moins placée en avant que précédemment. Tostaky (le continent) entre à la première place du Top 50 et l’album est disque d’or peu de temps après sa sortie.

En novembre 1996, l'album 666.667 Club, paraît ; Fred Vidalenc est remplacé par Jean-Paul Roy à la basse. Musicalement, ce nouvel opus navigue entre morceaux rock (Fin de siècle, L'Homme pressé, Un jour en France, Comme elle vient, Lazy, etc.) et d’autres aux tempos plus lents (À la longue, Ernestine avec Félix Lajkó au violon, À ton étoile, Septembre en attendant composé par Fred Vidalenc). Akosh S. joue du saxophone, de la bombarde et de la clarinette basse sur certains titres. Il y apporte une touche de free jazz et donne des consonances orientales à l’instrumental 666.667 Club ouvrant l’album. Début 1998, 666.667 Club dépasse les 700 000 ventes. Noir Désir participe à Aux suivants, disque hommage à Jacques Brel, et il reprend Ces gens-là.

En décembre 1998, Bertrand Cantat participe à la Black session de Yann Tiersen et interprète À ton étoile avec un quatuor à cordes (cet enregistrement sort en novembre 1999). Il tourne également aux côtés d’Akosh S..

Bertrand multiplie les collaborations : avec Alain Bashung, Volontaire sur Climax, album compilation de ce dernier paru en 2000, avec Têtes Raides (L’Iditenté sur Gratte poil en 2000), Brigitte Fontaine (Bis Baby Boum Boum avec tout le groupe sur Kékéland, et L'Europe sur Des visages des figures en 2001), Denez Prigent sur la chanson Daouzek huñvre (douze rêves) tiré de l'album Irvi, etc.

Le groupe reprend, en 2001, Le Roi de Georges Brassens sur l'album hommage Les Oiseaux de passage. Dès juillet 2001, le single Le vent nous portera, ballade avec Manu Chao à la guitare et Akosh S. à la clarinette, envahit les ondes, précédant la sortie de l'album Des visages des figures en septembre.

En 2003, il fait ses premiers pas en tant qu'acteur dans le court métrage La Petite Fille de Licia Eminenti aux côtés de Garance Clavel.

2003 : Homicide de Marie TrintignantModifier

Depuis fin 2002, Bertrand Cantat ne vit plus avec son épouse Krisztina Rády et entretient une relation tumultueuse avec Marie Trintignant. Le , au cours d'une dispute dans leur chambre d'hôtel de Vilnius en Lituanie, Bertrand Cantat lui assène quatre gifles (selon le témoignage du chanteur)[5], « 19 coups, dont 4 à la face, donnés à poings fermés » (selon les médecins légistes baltes)[6], à l'origine d'une fracture du nez, de lésions internes et d'un œdème cérébral[7]. Bertrand Cantat la porte alors jusque dans son lit. En pleine nuit, il appelle au téléphone Vincent Trintignant, le frère de Marie, lui expliquant qu'il l'a frappée. Celui-ci rejoint le chanteur et appelle les secours à 7 h 15 lorsqu'il prend conscience que sa sœur souffre d'hémorragies et est devenue aréactive. Marie Trintignant est admise à l'hôpital universitaire de Vilnius dans un coma profond. Les deux hommes l'accompagnent, puis Bertrand Cantat rentre à l'hôtel où il tente de se suicider à base de tranquillisants et d'antidépresseurs. Il subit à l'hôpital un traitement de désintoxication lourd[8]. Marie Trintignant, malgré son état critique, est rapatriée en France, où elle meurt de ses blessures le .

Les faits ayant eu lieu en Lituanie à Vilnius, il est condamné par la justice lituanienne le à huit ans d'emprisonnement pour « meurtre commis en cas d'intention indirecte indéterminée »[9]. L'affaire connaît une médiatisation et se traduit parfois en une passe d'armes par les médias entre Georges Kiejman, avocat des Trintignant, et Olivier Metzner, l'avocat de Bertrand Cantat (notamment lors de la parution en octobre 2003 du livre Marie, ma fille, réquisitoire contre le chanteur avant son procès)[10]. Le , Bertrand Cantat est transféré à la prison de Muret, près de Toulouse[11].

En 2007, pour bonne conduite, Bertrand Cantat bénéficie de plusieurs permissions de sorties très discrètes et dépose le une demande de libération conditionnelle à laquelle le parquet ne s'oppose pas. Le , celle-ci est accordée[11]. Libéré, après avoir purgé la moitié de sa peine, il s'engage à se soumettre à des mesures de contrôle judiciaire et d'assistance psychologique pendant un délai d'un an[12] et à ne pas s'exprimer publiquement sur l'affaire Trintignant[13]. La mère de la victime, Nadine Trintignant, s'est opposée à cette libération par l'envoi d'une longue lettre au juge d'application des peines, ainsi qu'au Figaro, dans laquelle elle déplore « un signal négatif » donné à l'opinion publique, en matière de violences faites aux femmes[12].

Le , son contrôle judiciaire prend fin, sa condamnation se trouvant, huit ans après l'homicide, entièrement purgée[14].

Depuis 2008Modifier

Noir Désir est en pause entre 2003 et 2008 à la suite de l'incarcération de Bertrand Cantat. Le 12 novembre 2008, le groupe propose deux nouveaux morceaux en téléchargement gratuit sur son site officiel : un titre inédit, Gagnants / Perdants puis une reprise du Temps des cerises. Pour cette reprise, le morceau est enregistré avec Estelle et Romain Humeau à la basse et à la batterie, Serge Teyssot-Gay à la guitare et Bertrand Cantat au chant. Selon un message laissé sur le site, « La chanson, Gagnants / Perdants a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel [de crise économique], politique et humain dans toute l’acception du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition ».

En dehors de ce message, le groupe fait le choix d'une politique de silence médiatique et ses membres comme sa maison de disques refusent de commenter la sortie de ces morceaux.

Krisztina RádyModifier

Bertrand Cantat rencontre sa future épouse, Krisztina Rády, lors du Sziget Festival à Budapest en 1993. Le couple a deux enfants : Milo (né en 1997) et Alice (née en 2002). Malgré la séparation du couple en 2003, Krisztina Rády soutient Cantat lors de son procès pour l'homicide de Marie Trintignant. Le couple se reforme à la libération du chanteur. Le , Krisztina Rády se suicide, chez elle, dans le quartier Nansouty de Bordeaux, alors que Cantat est présent dans la maison familiale[15].

Une éventuelle responsabilité de Cantat, alors encore sous contrôle judiciaire, dans la mort de Krisztina Rády a rapidement été écartée, à la suite de l'autopsie du corps le , qui a confirmé le suicide par pendaison. De plus, une lettre d'adieu de la défunte a été retrouvée, dont le contenu n'a pas été rendu public par le parquet de Bordeaux « par respect pour ses proches et sa famille ».

En 2013, un ouvrage de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard[16] relance la polémique en reproduisant des messages téléphoniques laissés par Krisztina Rády sur le répondeur de ses parents, évoquant le comportement violent de son compagnon, alors en liberté conditionnelle[17].

Le 30 novembre 2017, plusieurs journaux font état de nouvelles accusations de violences conjugales à l'encontre du chanteur (notamment contre Krisztina Rády)[18],[19],[20]. Le JDD révèle en juin 2018 que le parquet de Bordeaux a ouvert une nouvelle enquête préliminaire[21],[22]. Au même moment, son retour sur scène est vu comme une provocation[23],[24].

Le 06 juillet 2018, la justice annonce que la plainte déposée contre Bertrand Cantat par l'association féministe Femme et libre concernant le suicide de Krisztina Rady est classée sans suite. La procureure de la République de Bordeaux déclare que « les investigations menées n’ont pas permis de caractériser que le suicide de Krisztina Rady était en relation avec des violences physiques et psychologiques commises sur elle par Bertrand Cantat »[25]. Suite à cette accusation, le chanteur dépose plainte en août 2018 pour dénonciation calomnieuse contre Yael Mellul, la présidente de l'association Femme et Libre[26].

Retours sur scèneModifier

Le , Bertrand Cantat remonte sur scène lors du festival Les Rendez-vous de Terres Neuves à Bègles. Sans ses trois acolytes de Noir Désir, il accompagne ses amis du groupe Eiffel pour trois chansons (À tout moment la rue, puis en clôture du concert Le Temps des cerises et Search and Destroy)[27]. Le , le site de Télérama annonce que Cantat (seul) doit enregistrer dans un studio parisien un duo avec Brigitte Fontaine, Les Vergers (titre de 1975), qui figurera sur le disque L'un n'empêche pas l'autre sorti en 2011[28].

Le , le guitariste Serge Teyssot-Gay annonce son départ de Noir Désir. Le lendemain, le batteur Denis Barthe annonce la fin du groupe[29],[30],[31].

Par la suite, dans un livre paru en 2012, Denis Barthe déclare que la fin de Noir Désir a été provoquée par un dîner qui avait réuni les membres du groupe en novembre 2010. Au cours de cette soirée, selon le témoignage de Denis Barthe, « D’un coup, dans la discussion, Bertrand a complètement changé et s’est comporté comme une ordure. (...) Il s’est positionné comme une victime. Vilnius, ce n'était pas de sa faute... Comme si Marie avait glissé sur une savonnette. Kristina ce n'était pas de sa faute, elle était malheureuse, etc. Il nous a tous accusés d’avoir besoin de sa notoriété ». L'attitude de Bertrand Cantat, ce soir-là, aurait directement entraîné le départ de Serge Teyssot-Gay deux jours plus tard. Le guitariste avait alors évoqué des « désaccords émotionnels, humains et musicaux » et un « sentiment d’indécence »[31].

Le , Bertrand Cantat remonte sur une scène parisienne avec le groupe Shaka Ponk lors du rappel de leur concert au Zénith de Paris. Ils ont interprété le titre Palabra mi amor, duo disponible sur leur album The Geeks and the Jerkin'socks, ainsi qu'une reprise de John Lennon, Instant Karma.

Théâtre : le « Cycle des femmes »Modifier

Le , Le Devoir, un quotidien de Montréal, annonce que Bertrand Cantat, Pascal Humbert, Bernard Falaise et Alexander MacSween ont écrit la musique du spectacle de Wajdi Mouawad Le Cycle des femmes : trois histoires de Sophocle qui sera présenté lors du festival d'Avignon puis au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) de Montréal[32],[33]. Cette invitation d'intégrer Bertrand Cantat à la pièce crée la controverse à Avignon où, par absence de coordination des différents organisateurs, Jean-Louis Trintignant est lui aussi programmé avant qu'il ne se retire[34] (tout comme le fit Bertrand Cantat quelques heures plus tard « par respect pour la douleur » de Jean-Louis Trintignant[35]), et au Québec[36]. À la suite de cette controverse, le TNM annonce que Bertrand Cantat ne montera pas sur la scène du théâtre[37]. Un des motifs de la vive réaction au Québec tient au fait que Bertrand Cantat jouerait dans des pièces qui parlent de femmes et qui évoquent la violence faite aux femmes[38]. Finalement, c'est au Rocher de Palmer à Cenon, près de Bordeaux, que ce projet voit le jour, du 28 juin au 2 juillet[39]. Le 17 novembre 2011, la musique du spectacle sort dans un album publié par les éditions Actes Sud sur les plateformes de téléchargement légal sous le titre Chœurs, sans la reprise toutefois du titre Les Vergers de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem (utilisé sur scène pendant l’enterrement d’Antigone).

La trilogie Des Femmes, suivie des autres tragédies de Sophocle mises en scène par Wajdi Mouawad, sera également jouée avec Bertrand Cantat les 28 et 30 juin 2015 au Théâtre Le Manège de Mons, dans le cadre de Mons 2015[40].

Collaborations et projets diversModifier

Le 30 janvier 2012, Bertrand Cantat rejoint Brigitte Fontaine sur la scène du Trianon pour interpréter en duo Les Vergers, ainsi que Bis Baby Boum Boum, et lors du rappel Soufi, où il se substitue à Grace Jones[41]. Bertrand Cantat participe également à l'enregistrement en Afrique de Folila, le nouvel album du duo malien Amadou et Mariam prévu pour le , sur lequel il est présent sur six titres, notamment Oh Amadou.

Au festival des Eurockéennes de Belfort, le 29 juin 2012, il est présent au début et à la fin du concert d'Amadou et Mariam, chantant sur plusieurs titres soit dans les chœurs, soit en solo ; puis quelques heures plus tard, il remonte sur scène avec le groupe Shaka Ponk pour interpréter avec eux le titre Palabra mi amor. Il se produit également avec ce groupe pour trois chansons lors de leur concert à Bercy en janvier 2013 (reprises de Avec le temps de Léo Ferré, de Gimme Shelter des Rolling Stones, et Palabra Mi Amor). Les 29 et 30 mars 2013, il participe à la reprise au Cent Quatre du spectacle Dernières nouvelles de Frau Major en hommage à Alain Bashung où il interprète Comme un Lego.

Un nouveau groupe : DétroitModifier

 
Bertrand Cantat en concert avec Détroit en 2014 à Amiens.

Le mercredi , le quotidien 20 minutes annonce dans son édition suisse que Bertrand Cantat est sur le point de reformer un groupe avec Pascal Humbert, ancien membre du groupe 16 Horsepower et actuel membre de Wovenhand et Lilium[42].

Le parait la chanson Droit dans le soleil, le premier titre du nouveau groupe Détroit formé par Bertrand Cantat et Pascal Humbert dont le premier album intitulé Horizons, annoncé depuis 2011, est sorti le 18 novembre 2013[43]. La Cigale - double album live - paraît le 3 novembre 2014. Cet enregistrement comprend des titres de Détroit et de Noir Désir.

En 2014, Détroit se produit lors d'une tournée française, qui passe notamment par le festival des Vieilles Charrues, les Eurockéennes de Belfort, Terres du son et plusieurs Zénith en France.

La bande originale du film de Bouli Lanners, Les Premiers, les Derniers, est composée et interprétée par Pascal Humbert, avec une participation de Bertrand Cantat. L'enregistrement s'est tenu en mars 2015 au studio La Chapelle à Waimes, dans l'est de la Belgique[44],[45].

Un retour en soloModifier

Le 6 octobre 2017, le titre L'Angleterre est lancé[46]. Cette chanson politique parlant du Brexit et des migrants cherchant à atteindre l'Angleterre est le premier extrait de l'album Amor Fati. Bertrand Cantat est accompagné de Pascal Humbert et de Bruno Green, qui avaient participé à l'aventure Détroit. Un second extrait, Anthracitéor, est sorti le 10 novembre 2017, accompagné d'un clip vidéo. L'album sort le 1er décembre 2017, et il est composé de 11 chansons.

Mais la sortie du titre L'Angleterre et de l'album sont entachés par le contexte de l'affaire Weinstein et la dénonciation des violences envers les femmes, surtout avec la parution de deux articles polémiques autour du chanteur : Les Inrockuptibles et Le Point.

L'hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles est critiqué pour le mettre sur sa couverture en raison de son passé judiciaire. Cantat s'exprime en ces termes : « Ça prend beaucoup de place, ça m'occupe chaque seconde. Mais on finit par retrouver un semblant de vie. Comme je ne connais pas le déni, je ne m'échappe pas. Je reste très seul avec tout ça . [J' accepte mon] destin. [...] Ça ne veut pas dire que je vis sans regrets, sans remords. Il m'a fallu tout prendre, assumer les conséquences de mes actes. J'ai toujours été d'une clarté totale sur l'acceptation de mon jugement, de ma condamnation [47] ».

Deux jours avant la sortie de l'album, l'hebdomadaire d'information Le Point publie une enquête contenant de nouvelles accusations de violences contre Bertrand Cantat. Ces accusations reposent sur divers témoignages, dont celui d'un ancien membre de Noir Désir, s'exprimant sous couvert d'anonymat[48]. Les membres du groupe démentent tous avoir fourni ce témoignage et l'avocat de Bertrand Cantat annonce un prochain dépôt de plainte pour diffamation ou injure[49],[50].

Des voix se font entendre, notamment de la part d’associations féministes[51], pour dénoncer le retour sur scène et la mise en lumière de l’artiste. Le , après l'annulation de certains de ses concerts en raison des polémiques, le chanteur se retire des festivals d'été et publie une tribune sur Facebook[52]. Lors de son dernier concert le 10 juin à Bruxelles, il annonce qu'il met un terme à sa carrière artistique[53].

ÉcritureModifier

Bertrand Cantat développe une écriture personnelle et poétique inspirée par Baudelaire, Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud et Maïakovski[1]. Il évolue, à partir de l'album Tostaky, vers des textes plus concis et imagés. Certains textes figurant dans 666.667 Club, sont ouvertement politiques : il dénonce la montée du Front national dans Un jour en France, le culte de la réussite et de la vitesse dans L'Homme pressé, la mondialisation dans Fin de siècle.

Prises de positions et actions politiquesModifier

Les membres de Noir Désir, Bertrand Cantat en tête, utilisent leur notoriété pour exprimer et défendre leurs convictions politiques. Dans les années 1990, Bertrand Cantat revendique une « liberté de penser » et présente des sympathies pour certaines idées des mouvements libertaires, sans adhésion dogmatique[54], notamment avec un soutien à la CNT (Confédération nationale du travail) en 2000[55], puis une orientation politique qui s'oriente vers un rejet de la mondialisation et donc un rapprochement des mouvements altermondialistes[54] ainsi qu'un rejet des thématiques du Front national. Il critique également vivement l'Union européenne avec la chanson L'Europe. L'un des nombreux exemples est un concert à Toulon — ville alors dirigée par le Front national — en 1997. Bertrand Cantat réitère ces actions avec le groupe, mais aussi en solo lors d'une soirée à l'Institut d'études politiques de Bordeaux en avril 1999, invité par les étudiants.

En avril 1999, Bertrand Cantat marque son opposition aux lois relatives à l'immigration et se produit avec le groupe pour un concert de soutien au GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), sur l’initiative de Rodolphe Burger de Kat Onoma. Têtes Raides les rejoignent dans cette aventure, qui a donné lieu à plusieurs concerts pour la liberté de circulation. En 2002, Bertrand Cantat et Noir Désir improvisent, avec les Têtes Raides, Dominique A, Yann Tiersen et Rodolphe Burger, quatre concerts en France en réaction à la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle.

Lorsque son groupe reçoit la Victoire de la musique pour l'album rock de l'année et le clip de l'année le , Bertrand Cantat prend la parole pour haranguer le groupe Vivendi — dont dépend leur maison de disques Universal — et son président, Jean-Marie Messier. Il lui reproche une certaine récupération de leur nom comme alibi culturel quant à la diversité dont se prévaut le premier label français. Cet incident marque les esprits avec cette phrase [56]: « Et si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n'est décidément pas du même monde ! ».

DiscographieModifier

SoloModifier

Avec Noir DésirModifier

Avec DétroitModifier

Avec Akosh S.UnitModifier

Avec Wajdi MouawadModifier

ParticipationsModifier

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c et d Marc Besse, Noir Désir à l'envers, à l'endroit, éditions Ring, 2012 (ISBN 979-1091447027), p. 35 et 37.
  2. « Xavier Cantat, le mari de... Cécile Duflot », Paris Match, 9 août 2010.
  3. Voir sur sudouest.fr.
  4. « tout est là » en espagnol
  5. Jugement du TGI de Toulouse reprenant le déroulement des faits et la condamnation
  6. Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard, « La justice lituanienne », Le Parisien, 20 février 2004.
  7. [1], sur leparisien.fr, 29 octobre 2003
  8. Stéphane Bouchet, Frédéric Vézard, Bertrand Cantat, Marie Trintignant : l'amour à mort, Archipel, , p. 129.
  9. Il s'agit de la qualification lituanienne du meurtre. Cf. Jugement du TGI de Toulouse reprenant le déroulement des faits et la condamnation dans Le Figaro.
  10. Stéphane Bouchet, Frédéric Vézard, Bertrand Cantat, Marie Trintignant : l'amour à mort, Archipel, , p. 135.
  11. a et b Jugement du 15 octobre 2007 ,du juge de l'application des peines du TGI de Toulouse, minute no 2007/964
  12. a et b Bertrand Cantat, le chanteur du groupe Noir Désir, obtient la liberté conditionnelle, Le Monde en ligne du 15 octobre 2007
  13. Loi Perben II
  14. « Bertrand Cantat aura purgé la totalité de sa peine jeudi », Le Monde, 28 juillet 2010.
  15. tu/2010/01/10/01011-20100110FILWWW00132-l-ex-femme-de-cantat-s-est-suicidee-rtl.php « Suicide de l'ex-femme de Cantat (RTL) », Le Figaro, 10 janvier 2010.
  16. Bouchet Stéphane et Vézard Frédéric, Marie Trintignant - Bertrand Cantat : l’amour à mort, éditions Archipel, Paris, 2013.
  17. L'ex-femme de Bertrand Cantat l'accuse, Laurent Chabrun, L'Express du 25 juin 2013.
  18. « Bertrand Cantat, enquête sur une omerta - Le Point », sur lepoint.fr, (consulté le 30 novembre 2017).
  19. Le JDD, « Bertrand Cantat : une ex-avocate veut relancer l’enquête sur le suicide de l'épouse du chanteur », lejdd.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  20. Le Point.fr, « Bertrand Cantat : de nouveaux éléments sur le suicide de son ex-femme ? », Le Point,‎ (lire en ligne)
  21. Le JDD, « Bertrand Cantat : la justice rouvre l'enquête sur la mort de son ex-femme », lejdd.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « Bertrand Cantat visé par une plainte concernant la mort de sa femme Krisztina Rady », sur Le Monde.fr (consulté le 3 juin 2018)
  23. http://www.purepeople.com/article/bertrand-cantat-la-lettre-de-suicide-de-kristina-rady-devoilee_a289450/1
  24. http://www.linternaute.com/actualite/personnalites/1177125-kristina-rady-ce-que-l-on-sait-de-sa-mort-pourquoi-bertrand-cantat-veut-parler/
  25. « Suicide de son ex-épouse: la plainte contre Bertrand Cantat classée sans suite », sur leparisien.fr,
  26. « Bertrand Cantat porte plainte contre la féministe Yael Mellul », sur lefigaro.fr,
  27. : Bertrand Cantat retrouve la scène sous haute sécurité, La Dépêche du Midi,
  28. telerama.fr
  29. Noir Désir, c'est terminé lexpress.fr, 30 novembre 2010
  30. Noir Désir est mort dans Libération Next du 30 novembre 2010.
  31. a et b La fin de Noir Désir, racontée de l'intérieur, Libération, 18 octobre 2012
  32. Bertrand Cantat sur la scène du TNM dans Le Devoir du 4 avril 2011.
  33. Bertrand Cantat, du Noir au tragique dans Libération du 6 avril 2011.
  34. Bertrand Cantat ne jouera ni à Avignon ni au Canada dans Télérama du 1er juillet 2011.
  35. « Des femmes », 7 heures de réflexion par René Solis dans Libération du 22 juillet 2011.
  36. Bertrand Cantat au TNM: Mouawad se tait, le TNM «dépassé» dans La Presse du 6 avril 2011.
  37. Michel Bélair, « Cantat ne foulera pas les planches au Canada », Le Devoir,
  38. Micheline Carrier, « Cantat et TNM - La cérémonie du pardon », Sisyphe,
  39. M-A.K., « Bertrand Cantat : À Cenon, c'est oui ! », Yahoo! Actualités,
  40. « Le dernier jour de sa vie - Wajdi Mouawad », sur Mons2015 (consulté le 11 décembre 2015)
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AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Noir(s) Désir(s), biographie de Noir Désir, éditions Verticales, 1999 (ISBN 2-84335-047-6)
  • Noir Désir, l'expérience des limites, entretiens avec Bertrand Cantat de Dominique-Emmanuel Blanchard et Jean Yssev, éditions le Bord de l'eau, 2002 (ISBN 978-2-911803-54-3)
  • Un Noir Désir, Bertrand Cantat, biographie de Andy Vérol, éditions Scali, 2008 (ISBN 978-2-35012-231-1)
  • Noir Désir, Bertrand Cantat, Un destin rock, biographie de Bertrand Cantat, signée par Pierre Mikaïloff, guitariste du groupe Les Désaxés et journaliste rock, et préfacé par Jean Fauque, éditions Alphée, 2009
  • Noir Désir, le vent les portera, biographie de Bertrand Cantat et de son groupe Noir Désir, d'Andy Vérol, éditions Pylône, juin 2009 (ISBN 978-2-917-57705-9)
  • Bertrand Cantat, Entre éthique du dégagement et immanence du contrôle , biographie de Bertrand Cantat, signée par Thomas Roussot, éditions l’Harmattan, 2011 (ISBN 978-2-296-55573-0)

Liens externesModifier