Albert Dupontel

acteur, réalisateur, scénariste et humoriste français
Albert Dupontel
Description de cette image, également commentée ci-après
Albert Dupontel en 2013.
Nom de naissance Philippe Guillaume
Naissance (56 ans)
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Acteur
Réalisateur
Scénariste
Humoriste
Films notables voir filmographie
Site internet albertdupontel.com

Albert Dupontel, de son vrai nom Philippe Guillaume[1], est un acteur, réalisateur, scénariste et humoriste français né le à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Jusqu'à l'âge de 20 ans, Philippe Guillaume vit à Conflans-Sainte-Honorine avec ses parents. Son père, originaire de Trégomeur[2] (Côtes-d'Armor), est médecin[3], et sa mère est dentiste. Âgé de quatre ans et demi, il est renvoyé de l'école maternelle, la directrice se plaignant de son refus de toute discipline[4]. Durant son cursus primaire à l'école Paul-Bert de Conflans, il pratique la gymnastique[3] et le judo.

Après avoir obtenu son baccalauréat en 1982, il fait quatre ans d'études médicales à l'UFR de médecine de l'université Paris-Diderot (CHU Bichat-Claude Bernard). Stagiaire dans le service de neurochirurgie à un poste pas très intéressant, il s’ennuie et le déserte souvent pour aller au cinéma[4]. Son chef de service ne validant pas son stage, du fait de ces absences, il renonce à poursuivre en médecine [4]. Il s'inscrit ensuite à un cours de théâtre dirigé par Yves Pignot et choisit alors comme nom de scène Albert Dupontel ; il souhaite en effet préserver sa famille et particulièrement son père[5],[4].

Il suit ensuite une formation de deux ans (1986-1988) à l'École du théâtre national de Chaillot, sous la direction d’Antoine Vitez. Il commence alors à écrire des sketchs pour se défouler[6]. Durant cette période, il joue de petits rôles. Il est brièvement (une dizaine de jours) l'élève d'Ariane Mnouchkine, dont l'enseignement l'a cependant marqué et lui a servi plus tard dans sa carrière. Elle lui propose d'entrer dans sa compagnie de théâtre, mais il décline la proposition, étant réticent à faire partie d'une structure collective[7].

Révélation sur scène et débuts au cinéma (1990-1999)Modifier

En 1990, Albert Dupontel écrit les Sales Histoires, une série d’histoires brèves pour Canal+[8]. Son ton grinçant est nouveau et tranche radicalement avec ce qui se fait à l’époque[9].

En , il commence par des prestations scéniques d'humoriste en one man show au théâtre Graslin à Nantes. La même année, il tourne une série de spots publicitaires pour la Lada Samara[10],[11]. Un temps de vaches maigres, jusqu'à ce qu'il soit remarqué par Patrick Sébastien, à qui il a envoyé une cassette vidéo, qui l'invite dans son émission télévisée Sébastien c'est fou (devenant son producteur par la suite), ce qui le fait accéder à la reconnaissance du grand public. Il se produit ensuite avec succès dans de nombreuses salles parisiennes, avec son spectacle intitulé le Sale Spectacle[12], notamment au théâtre Tristan-Bernard (avec entre-autres les sketchs cultes « Le Bac », « Rambo » ou « La Reproduction »).

En 1992, Albert Dupontel se produit à L'Olympia avec le Sale spectacle 2 et remporte un grand succès avec notamment ses sketchs « Burt » le super-flic, « Les Pourris d'Or », « La Pause » ou « le Hard-Rockeur » malvoyant, Alphonse in the Dark. Toutefois, il ne fait de la scène que « pour bouffer », comme il dit, car son projet à long terme, c'est le cinéma.

Toujours en 1992, Albert Dupontel se lance dans la mise en scène avec Désiré, son premier court métrage. En tant que comédien, il apparaît dans des films tels que Un héros très discret ou Chacun pour toi avec Jean Yanne. Grâce à l'argent gagné avec ses spectacles, il se lance dans la réalisation et son premier film, Bernie (1996), obtient un grand succès. Le film suscitera l'enthousiasme de nombreuses personnalités, comme les membres des Monty Python Terry Jones et Terry Gilliam, ou encore Robin Williams qui fit même une petite parodie du film pour l'édition collector du DVD[13].

En 1999, il réalise Le Créateur, toujours entouré de la même équipe. Le Créateur est cependant un échec et compte peu d'entrées au cinéma.

Acteur et retour à la réalisation (2000-2008)Modifier

En 1999, Michel Deville lui offre son premier grand rôle sérieux dans La Maladie de Sachs. Son interprétation est saluée par une première nomination aux Césars[14]. Albert Dupontel tourne plusieurs films par an entre 2001 et 2005, entre comédie et drame. En 2002, il monte de nouveau les marches du festival de Cannes pour défendre Irréversible : le film est entouré d'une grande polémique en raison de sa violence[15].

 
Albert Dupontel en 2013 à l'avant-première du film 9 mois ferme.

Il commence à travailler sur son troisième long métrage, Enfermés dehors[14]. En 2004, il est à l'affiche de plusieurs films dont Le Convoyeur et Un long dimanche de fiançailles. La recherche de financement pour sa troisième réalisation est compliquée. En 2005, après avoir essayé de produire le film aux États-Unis, puis par une production franco espagnole[16], il trouve finalement plusieurs partenariats en France. France 2 accepte de financer le film mais souhaite ses spectacles en DVD[17]. Les spectacles à l'Olympia et au théâtre Tristan Bernard sont donc édités en 2005. Exigeant, Dupontel reste un peu en marge de la profession, refusant les facilités du show business. En 2006, sort Enfermés dehors, où il est à la fois réalisateur et acteur principal.

Il parvient à réaliser un film d'action burlesque et déjanté, faisant à nouveau l'admiration de Terry Gilliam et Terry Jones, qui participent brièvement au film[18].

De 2006 à 2008, il multiplie les apparitions au cinéma, avec trois films par an. Il a notamment le premier rôle dans Président, Odette Toulemonde, Chrysalis, L'Ennemi intime et Deux Jours à tuer, pour lequel il est de nouveau nominé aux Césars dans la catégorie meilleur acteur.

Réalisateur récompensé (depuis 2009)Modifier

En 2009, il réalise Le Vilain, une fable drolatique qui permet à Catherine Frot de faire une composition de personne âgée. Le film est un succès (près d'un million de spectateurs[19]) et lui permet d'annoncer un nouvel opus pour 2011.

Entretemps, il refait l'acteur pour Bertrand Blier dans Le Bruit des glaçons (2010), avec Jean Dujardin pour partenaire, puis, en 2011, pour Gustave Kervern et Benoît Delépine, avec cette fois-ci Benoît Poelvoorde en co-vedette dans Le Grand soir, seul film français primé lors du festival de Cannes 2012.

En , il commence le tournage de son nouveau film 9 mois ferme, une comédie sur l'amour impossible entre un prisonnier (incarné par Dupontel) et une juge enceinte (incarnée par Sandrine Kiberlain qui obtiendra le César de la meilleure actrice pour ce rôle). Le film sort en et totalise plus de 2 millions de spectateurs, tout en étant très bien accueilli par la presse. Dupontel reçoit même le César du meilleur scénario original lors de la 39e cérémonie des César[20],[21].

En 2017, Au revoir là-haut est l'adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013. Tourné avec plusieurs techniques créatives, dont la colorimétrie, Au revoir là-haut dépasse le million de spectateurs en salles après deux semaines et jette un regard nouveau sur la Première Guerre mondiale. Au terme de son exploitation, le film enregistre plus de deux millions d'entrées (2 391 472[22]), ce qui en fait son plus gros succès (juste devant les 2 172 243 entrées de 9 mois ferme[23]). Il obtient pour ce film les César de la meilleure réalisation et de la meilleure adaptation (avec Pierre Lemaître) lors des Césars 2018.

Location de l'hôtel FortunyModifier

ADCB Films, société de production créée par Albert Dupontel et Catherine Bozorgan, a loué de à puis de à l'Hôtel Fortuny, un hôtel particulier sis au 9, rue Fortuny dans le 17e arrondissement de Paris à des fins uniquement professionnelles : préparation, tournage, post production, montage, promotion. Plusieurs scènes du film 9 mois ferme puis de Au revoir là-haut y ont été tournées[24].

Le bâtiment est un ancien lycée classé monument historique, laissé à l'abandon depuis 2010 en raison de son état de délabrement[25],[26]. Le loyer, fixé à 1 200 euros, qui a été établi par une convention définie par le conseil régional d'Île-de-France alors présidé par Jean-Paul Huchon et la Commission du film d'Île-de-France, paraît aux yeux de certains commentateurs étonnamment bas[27],[24]. En , le conseil régional d'Île-de-France, dirigé cette fois-ci par Valérie Pécresse (élue en ), décide de déclasser l'hôtel Fortuny du domaine public en vue de le vendre[25]. C'est alors que la « polémique » sur le loyer surgit dans la presse[27],[24]. La région Île-de-France souhaitait néanmoins attendre la fin du bail pour envisager la vente de l'immeuble, afin de ne pas perturber le tournage du film Au revoir là-haut[28]. En , l’immeuble est restitué par ADCB films, comme prévu par la convention initiale[27],[24]. En , le conseil régional engage la procédure de cession de l'immeuble. La SCI Louison Bobet se porte acquéreur et obtient le bien en [29].

Style et influencesModifier

Dupontel considère Charlie Chaplin comme une référence, étant à ses yeux le seul classique du cinéma, qui a l'élégance de faire rire avec des histoires dramatiques. Le réalisateur Terry Gilliam fait également partie des influences d’Albert Dupontel et il fait un caméo dans ses films Enfermés dehors et 9 mois ferme. Par ailleurs, il ne considère pas Raymond Depardon comme une source d'inspiraton mais concède que son œuvre lui a inspiré le scénario de 9 mois ferme et plusieurs personnages[30].

Vie privéeModifier

Très discret sur sa vie privée, il a partagé la vie de l'actrice Claude Perron pendant plusieurs années. Il est père d'un enfant.[31],[32]

Collaborateurs réguliersModifier

ActeursModifier

Equipe techniqueModifier

ProductionModifier

SpectaclesModifier

FilmographieModifier

ActeurModifier

CinémaModifier

Courts-métragesModifier

  • 1992 : Désiré d'Albert Dupontel : le médecin
  • 1996 : Je suis ton châtiment de Guillaume Bréaud

TélévisionModifier

Réalisateur et scénaristeModifier

Autres participationsModifier

En 1996, il prête sa voix à Papoo, père de famille dans Les Enfants du futur, une fable orale écrite par Alan Simon[33].

DistinctionsModifier

 
Albert Dupontel au festival de Cannes 2012.

RécompensesModifier

NominationsModifier

DécorationModifier

FestivalModifier

Il est, depuis sa création en 2012, parrain de War on Screen, le festival international du film de guerre de Châlons en Champagne[34].

En , il est président du jury du Festival international du film grolandais de Toulouse. Il y décerne un prix spécial à Wrong Cops de Quentin Dupieux.[réf. souhaitée]

Il a monté plusieurs fois les marches du festival de Cannes : un héros très discret (1996), Irréversible (2002), le Grand Soir (2012).

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Philippe Guillaume dit Albert Dupontel nommé au grade de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres en janvier 2007. »
  2. Johan Moison, « Albert Dupontel et la crêpière de Tregomeur », sur France Bleu Armorique, (consulté le 6 septembre 2016)
  3. a et b Il a raconté cet épisode dans l'émission Tout le monde en parle du 10 avril 2004 [voir en ligne] à 1:38 (archive INA).
  4. a b c et d Comme raconté par Dupontel dans l’émission Master Classe du 14 avril 2014 sur France 5 [voir en ligne].
  5. Interview dans l'émission Eclectik, France Inter, 22 mai 2011.
  6. « Albert Dupontel et JM Ribes, pour "Chacun pour toi" », sur ina.fr, archive vidéo, le cercle de minuit,
  7. « Albert Dupontel dans Hep Taxi ! », RTBF.be, 20 octobre 2013.
  8. Théo Denmat, « Le sale sketch d’Albert Dupontel », sur SoFoot.com, (consulté le 20 avril 2020)
  9. Romain Le Vern, « Du trash Bernie au fédérateur Au revoir là-haut, le parcours bigarré d’Albert Dupontel », sur le site de LCI, (consulté le 18 avril 2020)
  10. Publicité pour la Lada Samara sur YouTube.
  11. Série complète des pubs de la Lada Samara avec A. Dupontel, sur culturepub.fr.
  12. a b c d et e Romain Le Vern, « Du trash Bernie au fédérateur Au revoir là-haut, le parcours bigarré d’Albert Dupontel », sur LCI, (consulté le 9 mars 2020)
  13. « Bernie », sur Libération.fr
  14. a et b T. D., « Dupontel médecin de campagne », Le Parisien, (consulté le 9 mars 2020)
  15. « « Irréversible » : malaises pendant la projection officielle », sur le parisien,
  16. « Claude Perron et Albert Dupontel », sur ina.fr, Emission Tout le monde en parle du 1/04/2006
  17. Emission "On ne peut pas plaire à tout le monde" du 20 mars 2005 présentée par Marc Olivier Fogiel
  18. Interview de Terry Gilliam et Terry Jones à propos d'Enfermés dehors, Albertdupontel.com.
  19. 928 995 entrées selon la fiche du film sur Allociné.
  20. Académie des César, « Albert Dupontel, César 2014 du Meilleur Scénario Original pour 9 MOIS FERME », (consulté le 20 mars 2020)
  21. Katia Rimbert, « "9 mois ferme", ce soir sur France 2, ou le rôle qui a valu un César à Sandrine Kiberlain », sur LCI (consulté le 20 mars 2020)
  22. « Au revoir là-haut (See You Up There) (2017) », sur JP's Box-Office (consulté le 18 avril 2020)
  23. « 9 mois ferme (9 Month Stretch) (2013) », sur JP's Box-Office (consulté le 18 avril 2020)
  24. a b c et d « Paris : Dupontel rendra en décembre l'immeuble loué à bas prix à la Région », Le Parisien.fr, 14 septembre 2017.
  25. a et b [PDF] Compte rendu de séance du conseil régional d'Île-de-France, septembre 2017.
  26. Albert Dupontel présente ce lieu comme « vétuste, inhabitable et inhabité » : « Émission « Clique x » Albert Dupontel - Canal+ »,
  27. a b et c « Albert Dupontel délogé d'un hôtel particulier par Valérie Pécresse », RTL.fr, 16 septembre 2017.
  28. [PDF] Procès verbal de la séance du 21 et 22 septembre 2017 (voir page 133), iledefrance.fr.
  29. [PDF] Rapport pour la commission permanente du Conseil Régional, septembre 2018, iledefrance.fr.
  30. Ursula Michel, «Neuf mois ferme» d'Albert Dupontel: «Je veux raconter des rencontres improbables», sur Slate.fr, (consulté le 2 mars 2020)
  31. Prisma Média, « Albert Dupontel - La biographie de Albert Dupontel avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 28 mars 2020)
  32. « Claude Perron », sur Premiere.fr (consulté le 28 mars 2020)
  33. « Notice bibliographique pour Les Enfants du futur », sur le Catalogue général de la BNF (consulté le 30 juin 2020).
  34. « Le parrain du festival - Albert Dupontel », waronscreen.com (consulté le 10 août 2018).

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier